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Division de la fabrication, de la construction et de l'énergie

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LA CROISSANCE DES INDUSTRIES TEXTILES DE PREMIÈRE TRANSFORMATION AU CANADA SE MAINTIENT

Russell Kowaluk

 

Introduction

L’économie canadienne connaît un boom en 1997, mais on prévoit un ralentissement en 1998

Les perspectives d’avenir du secteur de la fabrication peuvent être évaluées par la demande intérieure et extérieure sur le marché de la consommation. La période de 1993 à 1997, qui succède à la dernière récession, s’est caractérisée par une expansion sans précédent des livraisons manufacturières, qui ont augmenté de plus de 40 %. Cependant, en 1998, la croissance économique manifeste maintenant des signes évidents d’affaiblissement. La demande extérieure et les investissements ont fléchi de manière significative, dans une large mesure en raison de la crise asiatique et des récents conflits de travail en Amérique du Nord, survenus plus tôt dans l’année. Les indicateurs pour les deux premiers trimestres de 1998 révèlent un ralentissement graduel de la croissance dans le secteur canadien de la fabrication. Par conséquent, il se peut que la demande intérieure fléchisse elle aussi compte tenu de la baisse de confiance, les Canadiens subissant les contrecoups d’un ralentissement mondial. Les dépenses d’investissement, un indicateur clé de la confiance des entreprises, ont connu des hausses marquées en 1996, mais elles ont reculé en 1997, et on prévoit que cette tendance à la baisse se poursuivra en 1998.

Néanmoins, certains indicateurs économiques restent positifs. Les taux d’intérêt se maintiennent près des minimums records malgré les pressions du marché qui les poussent à la hausse. En 1997 et 1998, l’inflation annuelle des prix (voir l’indice des prix à la consommation - IPC) s’est maintenue à des niveaux jamais vus depuis les années 1960, tandis que les exportations canadiennes aux États-Unis, notre principal partenaire commercial, ont continué d’augmenter, notamment en raison de la faiblesse persistante du dollar canadien. Au milieu des années 1990, les fabricants canadiens ont restructuré leurs activités et réoutillé leurs établissements pour s’assurer un avantage concurrentiel face à leurs concurrents étrangers; ils ont éliminé le gaspillage coûteux des ressources de façon à exploiter des entreprises rentables axées sur la maximisation des bénéfices.

Le présent rapport de recherche fait état des données de l’Enquête annuelle des manufactures (EAM) de 1996 et d’autres sources de données économiques qui indiquent des résultats positifs en 1997 et une situation plus incertaine en 1998.

  • Introduction – Affaiblissement des marchés mondiaux en 1998

L’année 1998 a été marquée par l’agitation de l’économie mondiale. Le fléchissement des marchés asiatique et latino-américain à la fin des années 1990 met à l’épreuve la résistance de la prospérité économique du Canada. Plusieurs des principaux partenaires commerciaux du Canada sont entrés dans une période de récession, et les fabricants font maintenant face à une réduction de la demande extérieure. Selon le communiqué de l’Enquête mensuelle sur les industries manufacturières (EMIM) du mois d’août 1998, les huit premiers mois de l’année ont été marqués par une augmentation des livraisons manufacturières totales de 1,8 % seulement, comparativement à une croissance de 7,1 % l’année précédente. La performance des industries textiles de première transformation est comparable à celle de l’économie dans son ensemble, la valeur des livraisons n’ayant augmenté que de 1,9 %, pour atteindre 2,68 milliards de dollars au cours de cette période. En date de mai 1998, les livraisons mensuelles de textiles de première transformation sont passées sous les niveaux maximums de production enregistrés en 1997. Le fléchissement des marchés étrangers pourrait également affaiblir la confiance des consommateurs au pays, ce qui pourrait freiner à l’avenir l’expansion des entreprises au Canada.

Pour le secteur de la fabrication, 1997 a été une année de prospérité. Selon l’EMIM, les livraisons des textiles de première transformation ont atteint le seuil des 4 milliards de dollars en 1997, une hausse de 10,0 points. Le secteur canadien de la fabrication dans son ensemble a également enregistré une croissance vigoureuse de 6,9 %. Malgré les nombreux obstacles auxquels font face les marchés mondiaux à l’heure actuelle, le principal partenaire commercial du Canada, les États-Unis, bénéficie d’une stabilité économique, et sa demande d’exportations canadiennes se maintient, notamment en raison de la faiblesse persistante du dollar canadien par rapport à d’autres devises. Les fabricants de textiles de première transformation afficheront des taux plus élevés d’utilisation de la capacité (voir les taux d’utilisation de la capacité industrielle) en 1997 et en 1998, grâce aux dépenses d’investissement considérables des dernières années. Les taux d’intérêt canadiens restent à des niveaux avantageusement faibles, alors que l’inflation des prix se maintient juste au-dessus du seuil de 1 %. Ensemble, ces facteurs pourraient exercer une influence positive sur l’emploi. Au cours des neuf premiers mois de 1998, le taux de chômage s’est établi à 8,3 %, soit la moyenne la plus faible observée depuis la fin des années 1980. En 1997, le produit intérieur brut (PIB) au coût des facteurs pour l’ensemble des industries canadiennes a fait un bond imposant de 4,0 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, les bouleversements économiques récents ont provoqué un ralentissement de la croissance au cours des sept premiers mois de 1998. De janvier à juin, le PIB a augmenté de 2,9 % par rapport à la même période en 1997.

  • Contexte – l’Enquête annuelle des manufactures (EAM) de 1996

L’Enquête annuelle des manufactures est un recensement de toutes les entreprises canadiennes se livrant à des activités manufacturières. L’enquête de Statistique Canada recueille des renseignements relatifs aux activités manufacturières de quelque 36 000 établissements. Chacun de ces établissements est tenu de fournir des données sur ses activités manufacturières. Ces renseignements sont dépouillés et regroupés de façon à représenter l’ensemble des établissements d’une industrie donnée. Les statistiques sont recueillies annuellement pour chacune des 230 industries qui constituent le secteur canadien de la fabrication. Les livraisons, le coût des facteurs, les stocks ainsi que les salaires et traitements comptent parmi les principales statistiques dépouillées dans le cadre de cette enquête. Ces indicateurs sont des éléments clés permettant de mesurer la productivité et la santé de l’économie canadienne. (1)    

Le secteur de la fabrication comporte 22 grands groupes (GG), et le présent article analyse en détail l’un d’entre eux, le GG 18 – les industries textiles de première transformation. Dans la Classification type des industries de 1980 (CTI), les industries textiles de première transformation sont constituées de quatre groupes d’activité. Le système de classification représente les divers segments de l’économie canadienne et est conçu de façon à refléter la structure réelle des industries.

  • Les industries textiles de première transformation selon les groupes d’activité

Les industries textiles de première transformation sont l’une des plus petites catégories du système de classification pour ce qui est de la valeur des livraisons manufacturières. Ces industries sont dominées par un nombre restreint de grands conglomérats manufacturiers et jouent un rôle de chef de file en matière de progrès technologiques. Ce groupe d’industries produit une large gamme de fils, de filaments et de tissus, notamment le coton, les filaments chimiques, les fibres chimiques discontinues, les tissus à mailles et au crochet et la fibre de verre.

L’industrie des fibres chimiques et des filés de filaments (CTI 1811) et les autres industries des filés et tissus tissés (CTI 1829) dominent les industries textiles de première transformation du Canada pour ce qui est de la capacité de livraison, et cette situation s’est fort peu modifiée au cours des quinze dernières années. (Voir le Graphique 1. Part de marché des livraisons selon la classe d’activité de la CTI). Près des trois quarts des livraisons canadiennes sont attribuables à ces deux classes d’activité, les établissements rangés sous la rubrique 1829 de la CTI accaparant 41,3 % du marché. Les modifications apportées à la base de sondage de Statistique Canada en 1996 ont entraîné une légère baisse de la part des livraisons effectuées par les établissements de la classe 1811 de la CTI; cette classe continue néanmoins d’occuper une place prépondérante comme en témoignent ses livraisons d’une valeur supérieure à 1,1 milliard de dollars. La valeur des livraisons de l’industrie des tissus larges, à mailles (CTI 1831) a augmenté pour se chiffrer à plus de 600 millions de dollars en 1996, tandis que l’industrie de la filature et du tissage de la laine (CTI 1821) s’est classée au quatrième rang, la valeur de ses livraisons s’établissant à 336 millions de dollars. En 1996, toutes les classes d’activité ont enregistré une hausse de la valeur des livraisons, exception faite de l’industrie des fibres chimiques et des filés de filaments (CTI 1811) qui a accusé un recul à ce chapitre principalement en raison du remaniement de l’enquête.

  • Le nombre d’établissements reste stable

On a recensé, dans le cadre de l’EAM de 1996, 176 établissements de fabrication de textiles de première transformation au Canada, soit une légère baisse par rapport à l’année précédente (-2,3 %) mais un nombre relativement constant au cours des trois dernières années. Parmi les 22 grands groupes du secteur de la fabrication, seules les industries du tabac (GG 12) comptent moins d’établissements. Les fermetures d’usine, les fusions et la réduction des effectifs ont affaibli le secteur qui a vu le nombre de ses établissements diminuer de plus de 20 % par rapport au sommet récent de 223 atteint en 1990. Plus de 90 % des entreprises manufacturières de ce groupe sont établies dans l’Est du Canada, principalement au Québec (109 sociétés) et en Ontario (54 sociétés).

  • Révision de la base de sondage

L’instinct de survie pousse les fabricants dynamiques à se préoccuper de l’expansion, des créneaux de marché, de l’efficacité de la fabrication et des avantages concurrentiels pour obtenir et conserver leur part de marché. Par conséquent, Statistique Canada révise et met à jour sa base de sondage afin de continuer à obtenir des estimations justes. Il peut arriver, à l’occasion, que ces mises à jour aient une incidence considérable sur les catégories d’activité.

Les résultats de l’EAM de 1996 indiquent qu’il est nécessaire de modifier constamment la base de sondage pour tenir compte de la transformation des principaux produits fabriqués par les établissements manufacturiers. Les divers fabricants peuvent être reclassés dans un autre grand groupe s’ils modifient leur production, soit les principaux biens qu’ils produisent. Les groupes d’activité peuvent constituer des réseaux enchevêtrés et, souvent, les entreprises fabriquent divers produits regroupés dans plusieurs classes d’activité. Lorsqu’un établissement augmente la production d’un bien relevant d’une autre catégorie à tel point que ce produit se classe au premier rang des livraisons, l’établissement peut passer dans une autre catégorie d’activité pour assurer la justesse des déclarations.

Les modifications de cette nature apportées à la base de sondage ont entraîné une réduction considérable des livraisons de l’industrie des fibres chimiques et des filés de filaments (CTI 1811), ce qui s’est traduit, en 1996, par une croissance de la valeur des livraisons du GG 18 inférieure à ce qu’on avait prévu. Bien que la productivité des industries textiles de première transformation continue de suivre une tendance à la hausse, la mise à jour de la base de sondage vient amplifier le ralentissement de la production enregistré en 1996. Les classes 1821, 1829 et 1831 de la CTI ont toutes affiché une croissance satisfaisante, et les résultats de l’EMIM de 1997 indiquent également une tendance à la hausse.

Valeur des livraisons – La valeur des livraisons continue d’augmenter

Les industries du grand groupe 18 ont déclaré des livraisons d’une valeur de 3,5 milliards de dollars pour 1996, une progression de 2,3 % par rapport à 1995, et une quatrième hausse consécutive. Les industries textiles de première transformation forment l’une des plus petites catégories du secteur de la fabrication; elles se classent au 19e rang parmi les 22 grands groupes et représentent moins de 1 % de l’ensemble des livraisons manufacturières. Après correction pour l’inflation et considérant l’indice des prix des produits industriels (1992=100), la valeur des livraisons s’est accrue de 1,2 % pour atteindre 3,2 milliards en dollars constants. Il s’agit là d’un recul considérable par rapport à l’augmentation de 5,2 % observée l’année précédente. (Voir le Graphique 2. Valeur des livraisons (1992=100) et emploi)

Dans l’ensemble du secteur de la fabrication, la valeur des livraisons a progressé de 2,5 % pour l’année, tandis que, en dollars constants, elle a enregistré une hausse de 2,1 %. Bien que les résultats des industries textiles de première transformation soient comparables à ceux de l’ensemble du secteur de la fabrication, on perçoit des signes de ralentissement de la production en 1996, compte tenu du fléchissement de la demande de produits industriels. Ce ralentissement survient après plusieurs années de croissance vigoureuse.

  • La tendance à la hausse de la valeur ajoutée se maintient

Le concept de la valeur ajoutée constitue un indicateur clé de l’activité manufacturière. En 1996, la valeur ajoutée, soit la valeur que les fabricants ajoutent aux marchandises des livraisons finales, a connu une sixième augmentation annuelle consécutive. Cette hausse marquée de 8,7 % a porté la valeur ajoutée à 1,7 milliard de dollars, tandis que le secteur de la fabrication dans son ensemble a enregistré une progression de 2 % à ce chapitre.

La tendance à la hausse que suivent les industries textiles de première transformation témoigne des efforts soutenus déployés par ce secteur pour accroître son efficacité et pour maintenir sa capacité de production. Ces efforts se manifestent clairement dans la valeur ajoutée par travailleur. En dépit de la réduction du nombre de travailleurs, la valeur ajoutée par travailleur a bondi de 10,9 % en 1996 comparativement à une croissance de 2,7 % dans l’ensemble du secteur de la fabrication.

  • Les industries textiles de première transformation restent concentrées dans l’Est du Canada

Historiquement, la majorité des industries textiles de première transformation du Canada se retrouvent au Québec et en Ontario. La proximité des principaux marchés intérieurs et étrangers, principalement les États-Unis, a favorisé la concentration de ces industries dans l’Est du Canada. Considérant la part de marché, 96 % des livraisons des textiles de première transformation proviennent de l’Est du Canada, et l’on observe une prépondérance indéniable du Québec (51,9 % des livraisons) et de l’Ontario (40,2 %). Globalement, ces industries ont affiché un taux annuel de croissance de 2,3 %, bien que ce taux varie d’une province à l’autre. La valeur des livraisons des établissements du Québec a grimpé de 150 millions de dollars pour se chiffrer à 1,8 milliard de dollars en 1996, tandis que celle des établissements de l’Ontario a diminué, partiellement en raison de la restructuration de la base de sondage. Les Maritimes et le Manitoba ont enregistré des augmentations marquées de la productivité, hausses attribuables en partie à la reclassification des établissements et à l’expansion des installations industrielles.

Commerce international - Les exportations canadiennes continuent sur leur lancée

«La valeur des échanges mondiaux visant les textiles et les vêtements a atteint 313 milliards de dollars en 1996, plus de 3,2 fois le montant enregistré en 1980. Il s’agit là d’un taux annuel de croissance d’un peu plus de 9 %.»(2) La réforme des échanges commerciaux s’est amorcée avec la signature de l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis (ALE) de 1989 et de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) de 1994, qui ont donné lieu à la réduction graduelle par les États-Unis et le Mexique des tarifs touchant les importations. À titre de membre de l’organisation mondiale du commerce, le Canada s’est engagé à réduire les tarifs et les contingents sur les textiles. La mondialisation des marchés, qui a libéralisé les échanges commerciaux, s’est révélée avantageuse pour les fabricants canadiens en raison de la faiblesse du dollar, tandis que la réduction des tarifs leur a donné accès à une gamme plus large de matières premières. Selon la Société pour l’expansion des exportations (SEE), «les secteurs des télécommunications, de l’aérospatial et des textiles du Canada connaîtront une croissance vigoureuse des exportations, attribuable dans une large mesure à l’innovation technologique, à des facteurs de productivité très concurrentiels et à leur réputation pour ce qui est de la grande qualité de leurs produits et services.»(3)

En 1997, les exportations totales des industries textiles de première transformation du Canada ont atteint un niveau record de 1,9 milliard de dollars, une augmentation de 16 % par rapport à l’année précédente, selon les chiffres de la Division du commerce international de Statistique Canada. (Voir le Graphique 3. Commerce international et part de marché) Les exportations, qui ont connu des hausses annuelles supérieures à 10 % depuis 1992, ont plus que triplé depuis 1989, l’année de la conclusion de l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis. Les usines de fibres ont été l’un des principaux bénéficiaires de la libéralisation des échanges, comme en témoigne la hausse marquée du commerce des fibres manufacturées et de la consommation de fibres conditionnées au Canada, au Mexique et aux États-Unis. La dépendance accrue des fabricants canadiens à l’égard du marché d’exportation au cours des dernières années a provoqué une nouvelle répartition de la part de marché des livraisons destinées à l’exportation. En 1996, les exportations, exprimées en pourcentage du marché canadien, ont augmenté pour atteindre 34,3 % comparativement à 8,2 % seulement 10 ans plus tôt. Le marché américain tient une place prépondérante dans l’orientation favorable aux exportations adoptée par les fabricants canadiens.

  • Les importations, elles aussi, enregistrent une hausse marquée

Depuis l’entrée en vigueur de l’ALÉNA, les industries ont profité d’une demande d’exportation vigoureuse et, par conséquent, la pénétration des importations sur le marché canadien a été soutenue. La valeur des importations des textiles de première transformation a bondi pour atteindre 3,3 milliards de dollars en 1997, en hausse de 18 %. Les importations sont restées relativement constantes en 1995 et en 1996, leur valeur s’établissant à 2,8 milliards de dollars. Par ailleurs, le déficit sur marchandises a considérablement diminué en 1996 (voir la balance commerciale), dans la mesure où la croissance annuelle des exportations a surpassé celle des importations. À l’inverse, et en dépit du rendement solide affiché par les exportateurs canadiens, le déficit s’est creusé de façon sensible en 1997. Ce déficit s’est accru de 20,6 % par rapport au niveau enregistré en 1996 pour atteindre 1,5 milliard de dollars. (Voir le Graphique 4. Balance commerciale internationale) Il est également possible d’apprécier la prédominance du commerce sur la fabrication sous l’angle de la mesure du marché canadien apparent. Bien que la part du marché canadien ait diminué de 1,6 % en 1996, on s’attend à ce qu’elle augmente en 1997 en raison d’une forte pénétration des importations et de la hausse prévue des livraisons.

Les dépenses d’investissement montent en flèche en 1996

La croissance économique est liée à l’accumulation du capital par le biais des investissements. Pour conserver un avantage concurrentiel dans une économie mondiale dynamique, les fabricants doivent accorder une grande importance à l’amélioration de leur stock de capital et à l’investissement dans ces fonds. En 1996, les dépenses d’investissement des fabricants de textiles de première transformation ont monté en flèche pour se chiffrer à 316,6 millions de dollars. (Voir le Graphique 5. Dépenses d’investissement et taux d’utilisation de la capacité). L’année précédente, ces dépenses avaient peu bougé et s’établissaient à 172,4 millions de dollars. Des intentions d’investissement aussi fortes témoignent de l’optimisme et de la confiance des industries canadiennes du textile; elles indiquent clairement que les entreprises croient à l’expansion future des activités. Le volet d’aménagement d’installations permanentes a également connu des hausses sensibles, les fabricants remplaçant les usines désuètes par des installations plus grandes et efficaces.

Parmi les principaux facteurs favorisant l’augmentation des dépenses d’investissement, notons la consommation intérieure accrue, les taux d’intérêt favorables, la libéralisation des échanges commerciaux et, par conséquent, l’amplification de la demande d’exportation.

Les coûts des facteurs restent stables

Au cours des dernières années, le secteur canadien de la fabrication a fait face à des fermetures d’usines et des fusions de même qu’à d’importantes pertes d’emplois résultant de l’énorme tâche de restructuration, de réduction des effectifs et d’innovation technologique entreprise dans le but de soutenir la concurrence sur les marchés extérieurs. Ce processus a permis de moderniser, de rentabiliser et d’informatiser le secteur par rapport à ce qu’il était il y a une décennie. Les industries textiles de première transformation ne font pas exception à cet égard. Malgré une hausse de la valeur des livraisons de 2,3 % en 1996, le coût global de fabrication est resté relativement stable à 2,5 milliards de dollars, en baisse de 1,8 % par rapport à l’année précédente. Les matériaux et les fournitures continuent de constituer la plus grande partie des coûts des facteurs pour le fabricant moyen; ils représentaient 69 % des coûts totaux en 1996.

Le coût de la main-d’œuvre est resté stable en 1996, après avoir enregistré des augmentations de 5 % pendant deux années consécutives. Ces résultats se comparent à ceux du secteur de la fabrication dans son ensemble qui a connu une hausse de 0,6 % du coût de la main-d’œuvre. Le coût actuel de la main-d’œuvre, estimé à 671,9 millions de dollars en 1996, représentait 26,7 % des coûts totaux. L’efficacité des opérations et la compression des dépenses ont donné lieu à cinq années consécutives marquées par une baisse du coût de la main-d’œuvre relativement à la production (une baisse de 2,3 % en 1996), tandis que les coûts des matériaux relativement à la production diminuaient également de 3 %. Le contrôle des coûts est essentiel à la compétitivité à l’échelle mondiale.

On s’attend à une hausse des taux d’utilisation de la capacité à la fin des années 1990   

La capacité industrielle s’est accrue au cours de la dernière année, et les niveaux de production n’ont pas suivi au même rythme, de sorte que les industries textiles de première transformation ont perdu un peu de terrain en 1996 au chapitre des taux d’utilisation de la capacité. Les établissements de ces industries ont été exploités à 83,0 % de leur capacité, un recul de 2,6 points par rapport à 1995. (Voir le Graphique 5. Dépenses d’investissement et taux d’utilisation de la capacité). Ce taux d’utilisation de la capacité se compare à celui de l’ensemble du secteur de la fabrication, et reste sensiblement supérieur à celui des industries des produits textiles (GG 19) qui s’établit à 74,0 % seulement. En dépit du léger recul enregistré en 1996, les dépenses d’investissement ont été considérables tout au long de l’année et, compte tenu de l’entrée en service des nouvelles capacités, on s’attend à ce que ces industries affichent une hausse de leurs taux d’utilisation en 1997 et en 1998.

Le marché du travail fléchit légèrement

En 1996, 19 459 salariés travaillaient dans les industries textiles de première transformation, une baisse de 2,8 % par rapport à l’année précédente qui succédait à deux années consécutives de croissance. (Voir le Graphique 2. Valeur des livraisons (1992=100) et emploi) Avant 1994, le nombre d’emplois diminuait graduellement par rapport au sommet de 29 600 salariés enregistré en 1983. Les progrès technologiques, les fusions et les fermetures d’usines de même que les mesures générales de réduction des coûts ont contribué aux pertes d’emploi, qui ont touché tout particulièrement les effectifs de production.

Les fabricants des textiles de première transformation ont engagé des sommes considérables dans l’automatisation et dans la modernisation du matériel au cours des dernières années, principalement au détriment de la main-d’œuvre. Si la réduction des effectifs a été substantielle, les salaires horaires moyens ont, quant à eux, suivi une tendance à la hausse. En 1996, le salaire horaire moyen s’est établi à 14,27 dollars, et bien qu’il reste inférieur de plus de 10 points à celui du secteur de la fabrication dans son ensemble (16,38 dollars), le taux de croissance des salaires dans les industries textiles de première transformation s’est classé au septième rang parmi les 22 grands groupes au cours de cette décennie. (Voir le Graphique 6. Comparaison des taux de salaire horaire - 1996). Dans la mesure où ces industries sont axées sur les technologies, les salariés sont devenus de plus en plus spécialisés, ce qui contribue à expliquer les demandes de hausses salariales.

Bien que les coûts de la main-d’œuvre aient augmenté au cours des dernières années en réponse à la demande de travailleurs plus qualifiés, cette tendance à la hausse a été modérée. Les coûts de la main-d’œuvre exprimés en pourcentage de la valeur de production ont constamment diminué, passant de 23,1 % en 1991 à 19,2 % en 1996, comparativement à une moyenne de 16 % pour l’ensemble du secteur de la fabrication. Comme on l’avait prévu, la production par travailleur continue sa courbe ascendante amorcée en 1992 pour atteindre 226 382 dollars; elle reste, toutefois, inférieure à celle du secteur de la fabrication dans son ensemble qui s’est chiffrée à 318 416 dollars en 1996.     

Le coût des salaires et traitements dans les industries textiles de première transformation s’est élevé à 671,9 millions de dollars en 1996, soit le même niveau que l’année précédente. Le salaire annuel moyen des travailleurs affectés à la fabrication a augmenté de 4,9 % pour s’établir à 30 922 dollars comparativement à un salaire annuel de 34 507 dollars pour les travailleurs de la production dans l’ensemble du secteur de la fabrication. Le salaire annuel moyen des salariés non affectés à la production est demeuré inchangé par rapport à ce qu’il était en 1995 (48 479 dollars). Les fabricants de textiles de première transformation ont déployé des efforts considérables au cours des dernières années pour accroître les salaires et traitements versés aux salariés de façon à maintenir une main-d’œuvre qualifiée et concurrentielle face aux autres secteurs industriels de pointe.

 

Conclusion

Depuis les années 1960, de nouveaux centres de production de textiles ont commencé à s’établir en Asie et, au fil des ans, la part du marché des textiles de première transformation et des produits textiles revenant aux pays en développement a monté en flèche. «Au cours des deux dernières décennies, la production de textiles en Asie a pris de l’expansion et a enregistré un taux moyen de croissance de 3,6 % par année. Cependant, les pays industrialisés continuent de dominer la production mondiale de textiles, en raison des travaux majeurs de modernisation des centres de production qu’ils ont entrepris.»(4) Par conséquent, les changements structurels considérables, la modernisation des installations et le recrutement d’une main-d’oeuvre plus spécialisée au cours des dernières années ont constitué la tendance prédominante dans le secteur des textiles de première transformation qui fait face à une concurrence mondiale plus vive et à une demande de produits de première qualité.

Les résultats de l’Enquête annuelle des manufactures de 1996 révèlent les transformations d’envergure qui se sont produites dans ces industries. Les résultats de l’Enquête mensuelle sur les industries manufacturières de 1997 indiquent que le mouvement à la hausse se poursuit.


Définitions

Grand groupe 18 – Industries textiles de première transformation:
Les établissements des industries textiles de première transformation se livrent à des activités de fabrication de produits textiles de première transformation. Le grand groupe 18 – Industries textiles de première transformation comprend les quatre classes suivantes (codes à quatre chiffres) :

CTI

Matrice

Titre

1811

5424

Industrie des fibres chimiques et des filés de filaments

1821

5426

Industrie de la filature et du tissage de la laine

1829

5427

Autres industries des filés et tissus tissés

1831

5428

Industrie des tissus larges, à mailles

 

Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis de 1989 (ALE) (également désigné par le terme Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce – GATT):
L’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT ou ALE) prévoit la réduction ou l’élimination des tarifs visant diverses marchandises exportées entre le Canada et les États-Unis sur une période de six ans à compter de 1995. Dans un premier temps, le gouvernement canadien remplacera son système de contingents d’importation par des tarifs douaniers.

Conformément aux dispositions de l’ALE, tous les tarifs entre le Canada et les États-Unis portant sur les vêtements (qui, à quelques exceptions près, variaient de 15 % à 25 % en 1988) ont été éliminés en janvier 1998 (ministère des Affaires étrangères, 1988).


Références

(1)  Statistique Canada. 1997. Enquête sur les manufactures, 1997- Lignes directrices et instructions.

(2) «CTI Annual Conference», Gordon Kearns. Textile, Revue canadienne du textile, volume 115, no 4 (juillet/août 1998). p. 27.

(3) «Textile shipments key in Canada’s export growth: EDC», Textile, Revue canadienne du textile, volume 115, no 1, janvier/février 1998). p. 11.

(4) «Globalization changes the fact of textiles and clothing industries», Textile, Revue canadienne du textile, volume 113, no 5 (hiver 1996/1997). p. 42.


Sources

  1. Statistique Canada, Division des prix. Prix à la consommation et indices des prix. (No 62-010-XPB au catalogue).
  2. Statistique Canada, Division du travail. Emploi, gains et durée du travail. (No 72-002-XPB au catalogue).
  3. Statistique Canada, Division du commerce international. Exportations par marchandise. (No 65-004-XPB au catalogue).
  4. Statistique Canada, Division de la mesure et de l’analyse des industries. Produit intérieur brut par industrie. (No 15-001-XPB au catalogue).
  5. Statistique Canada, Division des enquêtes-ménages. Statistiques chronologiques sur la population active, 1997. (No 71-201-XPB au catalogue).
  6. Statistique Canada, Division du commerce international. Importations par marchandise. (No 65-007-XPB au catalogue).
  7. Statistique Canada, Division des prix. Indices des prix de l’industrie. (No 62-011-XPB au catalogue).
  8. Statistique Canada, Division de la fabrication, de la construction et de l’énergie. Concepts et méthodes, juillet 1997. Enquête mensuelle sur les industries manufacturières. (No 31-001-XPB au catalogue).
  9. Statistique Canada, Système de comptabilité nationale. Comptes économiques provinciaux. (No 13-213-PPB au catalogue).
  10. Industrie Canada, Consumer Products Industries Branch, 1997. Sector Competitiveness Frameworks – Apparel Part I Overview and Prospects.
  11. Statistique Canada, Division des normes. Classification type des industries, 1980, (No 12-501-XPF au catalogue).
  12. Statistique Canada, Division de la fabrication, de la construction et de l’énergie. Enquête sur les manufactures, 1997 – Lignes directrices et instructions.
  13. Textile, Revue canadienne du textile, divers volumes et numéros, 1 Pacifique, Sainte-Anne-de-Bellevue, Québec.
  14. The Globe and Mail, divers numéros, 444, Front Street West, Toronto, Ontario.

Le présent article a été rédigé par Russell Kowaluk, économiste à la Division de la fabrication, de la construction et de l’énergie de Statistique Canada.

Pour de plus amples renseignements sur le secteur de la fabrication au Canada, veuillez consulter les publications Industries manufacturières du Canada : niveaux national et provincial (no 31-203-XPB au catalogue), édition annuelle disponible au coût de 68 $ le numéro au Canada et de 68 $ US à l’extérieur du Canada, et Produits livrés par les fabricants canadiens (no 31-211-XPB au catalogue), édition annuelle disponible au coût de 67 $ le numéro au Canada et de 67 $ US à l’extérieur du Canada. Vous pouvez commander cette publication et d’autres publications de Statistique Canada par téléphone au 1 800 267-6677, par télécopieur au 1 800 889-9734 ou par Internet.

Pour plus de renseignements sur les données ou les séries chronologiques du secteur de la fabrication, veuillez communiquer avec la Sous-section de la divulgation et de la diffusion, Division de la fabrication, de la construction et de l’énergie, au (613) 951-9497 ou par Internet à l’adresse suivante : manufact@statcan.gc.ca.  Pour les renseignements de la Division du commerce international téléphoner 1-800-294-5583 ou par Internet:  trade@statcan.gc.ca.





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Date de modification : 2001-04-17 Avis importants