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INDUSTRIES DE TABACPeter ZylstraFAITS SAILLANTS 1995
Graphique 1: Valeur des livraisons en dollars courants et constants (1986) STRUCTURE DES INDUSTRIESLe grand groupe des industries du tabac se divise en deux industries : celle du tabac en feuilles et celle des produits du tabac. La première traite les feuilles de tabac, cultivées pour la plupart en Ontario, et les soumet à un processus de maturation, puis livre la majeure partie de sa production à l'industrie des produits du tabac. En 1995, ses livraisons ont atteint 375 millions de dollars. La plus grande partie du traitement s'effectue en Ontario, une faible proportion de la production provenant de l'Île-du-Prince-Édouard et du Québec. L'industrie des produits du tabac se consacre à la fabrication de produits destinés à la consommation finale. Il s'agit de la plus importante des deux industries du grand groupe; elle représente 85% de la valeur totale des livraisons du grand groupe et 97% de la valeur manufacturière ajoutée. Les cigarettes sont le produit le plus important, représentant 91% de la valeur des livraisons (graphique 2). Parmi les autres produits figurent les cigares et le tabac haché fin. La majeure partie de la fabrication seffectue au Québec, une proportion moindre se retrouvant en Ontario. Graphique 2: Industrie des produits du tabac, valeur des ventes totales et des ventes de cigarettes RENDEMENT DE L'INDUSTRIEDepuis 1982, le grand groupe n'a enregistré que de faibles augmentations de la valeur de ses livraisons et, si l'on fait abstraction des prix, son volume de production en dollars constants a diminué de façon régulière (graphique 1). Cela sexplique par la diminution de la consommation de cigarettes et d'autres produits du tabac. Les courants sociaux et les préoccupations en matière de santé, chez les consommateurs, exercent une pression à la baisse sur la demande. Par ailleurs, en matière de politique de santé publique, les gouvernements ont adopté, au fil des ans, des dispositions législatives touchant l'étiquetage et la publicité et ont procédé à une augmentation constante de la taxe daccises et des taxes sur les cigarettes. Ces facteurs mis ensemble ont contribué à la diminution du nombre de cigarettes vendues jusqu'en 1993. Au fur et à mesure de l'augmentation des taxes, à partir de 1989, l'industrie a progressivement accru ses livraisons vers les États-Unis. En 1993, l'accroissement des exportations a fait augmenter, pour la première fois depuis 1981, le nombre total de cigarettes vendues, soit 48 milliards de cigarettes, une augmentation globale de 6% par rapport à l'année précédente (graphique 3). Ces résultats n'ont pas suffi à faire augmenter la valeur totale des ventes du grand groupe, qui ont chuté à deux milliards de dollars, soit 2% de moins qu'en 1992. À partir de février 1994, le gouvernement fédéral a décidé de réduire la taxe daccises. Bon nombre de gouvernements provinciaux ont emboîté le pas en adoptant des réductions équivalentes, et les ventes intérieures de cigarettes se sont immédiatement mises à grimper. Le total des ventes pour cette année a atteint 53 milliards de cigarettes, soit 12% de plus que l'année précédente, la valeur des livraisons atteignant 2,5 milliards de dollars, en hausse de 23%. Comme les prix et les taxes recommencent lentement à augmenter, le volume des ventes a légèrement fléchi en 1995 pour se fixer à 52 milliards de cigarettes, tandis que les ventes de lensemble des produits du tabac étaient en hausse de 1%. La valeur ajoutée par l'industrie est proportionnellement bien supérieure à la moyenne denviron 40%2 attribuée à lensemble des industries manufacturières. Cette proportion, en constante progression, a atteint 66% de la production en 1995. Pendant plusieurs années, l'utilisation de la capacité sest maintenue à un taux relativement faible de 70%, mais a grimpé jusquà 75% en 1994, pour redescendre à 74% en 1995. Graphique 3: Nombre de cigarettes vendues - ventes totales et exportations COMMERCE INTERNATIONALLa production canadienne est généralement destinée au marché intérieur et n'est pas très exposée à la concurrence extérieure. En règle générale, les exportations et les importations représentent respectivement autour de 6 et 3% du marché intérieur apparent. À la fin des années 80, cette tendance s'est modifiée; les fabricants canadiens de tabac ont commencé à exporter une proportion de plus en plus importante de leur production, principalement vers les États-Unis, pour maintenir la production au même niveau en dépit de l'augmentation des taxes et du recul des ventes au pays. Le nombre de cigarettes exportées, qui se situait en dessous de un milliard jusqu'en 1986, a plus que doublé en 1991 et 1992, et a presque doublé encore une fois en 1993, pour atteindre plus de 17 milliards (graphique 3). Une partie de ces exportations, dont lampleur na pu être mesurée, est toutefois revenue sur le marché intérieur canadien, plutôt que d'être consommée dans le pays de destination. Le volume total des ventes na pas bougé outre mesure, car l'augmentation des exportations s'est accompagnée de diminutions équivalentes des ventes intérieures. Cette expansion exceptionnelle sest estompée brusquement quand la taxation a été modifiée, début 1994. Le nombre de cigarettes exportées est passé de 17 milliards en 1993 à 7 milliards en 1994, puis à 5 milliards en 1995. La valeur des exportations est passée de plus de 800 millions de dollars en 1993 à moins de 200 millions de dollars en 1994 et 1995, une diminution similaire à celle des exportations destinées au marché américain (graphique 4). Graphique 4: Valeur des exportations (totales et vers les États-Unis) et des importations EFFECTIFEn 1995, la rémunération des travailleurs de la production a atteint 128 millions de dollars, tandis que le nombre de ces travailleurs se situait à 2 428. Au chapitre de leffectif, la taille des industries du tabac est dailleurs la plus faible de tous les grands groupes du secteur manufacturier. Leffectif des industries du tabac a diminué d'environ 6% en 1995, tandis que celui de lensemble des industries manufacturières a augmenté de près de 4%. Le nombre de travailleurs de la production des industries du tabac, qui se situait à 2 874 en 1989, n'a effectivement pas cessé de diminuer depuis. Même si la main-d'oeuvre est peu nombreuse, elle est relativement plus qualifiée que celle des autres industries manufacturières, les fabricants des produits du tabac versant des salaires supérieurs à la moyenne. En 1995, le taux de rémunération (27,53 $ l'heure) était presque deux fois plus élevé que celui de l'ensemble des industries manufacturières. Le taux de lindustrie du tabac a fléchi de près de 2% en 1995, après avoir augmenté de 11% en 1994. Compte tenu du degré dautomatisation des processus de fabrication de l'industrie, la production par travailleur varie mais demeure aussi relativement élevée. Elle a diminué, en dollars constants, pour passer de 559 000 $ en 1989 à 471 000 $ en 1993, mais a fait un bond pour atteindre un sommet de 608 000 $ en 1994. Elle sest abaissée de nouveau en 1995, mais de façon marginale, pour se fixer à 606 000 $, soit encore bien au-dessus du niveau de 284 000 $ affiché par lensemble des industries manufacturières. Comme la chute du salaire annuel moyen est supérieure à celle de la production par travailleur, le coût unitaire de la main-doeuvre (salaires divisés par la production) a diminué de 4%. DÉVELOPPEMENTS PROCHAINSComparée au reste du secteur manufacturier, lindustrie du tabac est une industrie à valeur ajoutée et à productivité élevées. La demande de produits du tabac est assez inélastique, mais elle se trouve dans une tendance à la baisse à plus long terme, en raison des préoccupations de santé associés à la consommation de tabac et des législations qui sensuivent. Les poursuites judiciaires à lencontre des producteurs risquent finalement de se répercuter sur lindustrie nord-américaine. Malgré la forte croissance enregistrée en 1994, lindustrie se retrouve progressivement dans la situation qui prévalait avant 1990, où le volume des ventes baissait et les exportations étaient faibles. Toutefois, les données de lEnquête mensuelle sur les industries manufacturières indiquent une croissance de 11% en dollars courants pour les livraisons de 19963 et une hausse cumulative de 6% de janvier à octobre 1997. Une croissance cumulative de 3%4 en 1996 et une hausse supplémentaire de 3% de janvier à août 1997 représentent une hausse de la valeur des livraisons en dollars constants, c'est-à-dire après correction en fonction de l'Indice des prix des produits industriels. Lapport de lindustrie au PIB réel a baissé de 1% en 1996, pour sétablir à 574 millions de dollars. Des prix à la consommation plus bas en 1994 ont entraîné une hausse du nombre de cigarettes produites (+20%), mais la production a encore une fois baissé en 1995 (-7%) et en 1996 (-3%)5. La superficie des champs de tabac de toutes sortes, indicateur clé, indiquait une chute de 15% en 1994, suivie dune autre baisse de 3% des récoltes de 1995, qui serviront à la production de 1996. Renvois
Cet article a été rédigé par Peter Zylstra. Peter travaille à Statistique Canada comme économiste à la Division de la fabrication, de la construction et de lénergie. Vous pouvez obtenir plus dinformation sur le secteur manufacturier canadien en consultant la publication, Industries des boissons et du tabac (32-251-XPB). Cette publication est publiée annuellement au coût de $40 au Canada et au coût de 40 $ US à lextérieur du Canada. Pour commander cette publication et dautres publications de Statistique Canada téléphonez au 1-800-267-6677, 1-800-889-9734 ou via lInternet à : Commander. De linformation sur les données manufacturières ou sur les séries chronologiques peut être obtenue auprès de lunité de dissémination, Division de la fabrication, de la construction et de lénergie au (613) 951-9497 ou via l'Internet : manufact@statcan.gc.ca
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