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Division de la fabrication, de la construction et de l'energie

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INDUSTRIES DES BOISSONS

Peter Zylstra

FAITS SAILLANTS 1995

  • Les industries des boissons ont poursuivi la lente remontée qu’elles avaient amorcée après deux années de recul, en 1989 et 1990. Leurs livraisons ont atteint 6,8 milliards de dollars, en hausse de 1,4% par rapport à l’année précédente et de 21% par rapport au creux de 5,6 milliards de dollars observé en 1990. On doit l’augmentation de 1995 à une hausse de 3% des ventes sur le marché intérieur, les exportations ayant baissé légèrement (graphique 1). Le grand groupe est aux prises avec une baisse de la consommation de boissons alcoolisées et avec un accroissement de la concurrence qui maintient les prix à un faible niveau sur le marché des boissons gazeuses.
  • Parce qu’elles représentent 1,7% des livraisons et 2,5% de l’apport au PIB1 de l’ensemble des industries manufacturières, les industries des boissons constituent un grand groupe de taille moyenne qui dessert avant tout le marché intérieur. La proportion de valeur que le grand groupe ajoute à l’ensemble des livraisons est relativement élevée et à la hausse. Cette proportion est passée de 57% à 62% depuis 1989, comparativement à environ 40% pour l’ensemble des industries manufacturières2. Étant donné la taille relativement réduite de la main-d'oeuvre, les salaires ne représentent qu'une faible proportion des livraisons du grand groupe, soit 8%, contre 12% pour l'ensemble des industries manufacturières.

Graphique 1: Livraisons et exportations des industries des boissons

STRUCTURE ET SITUATION DU GRAND GROUPE

Le grand groupe des industries des boissons3 est constitué de quatre industries. Celle de la bière est la plus importante, car elle représente habituellement près de la moitié de la valeur totale des livraisons. L'industrie des boissons gazeuses représente le tiers du total, tandis que l'industrie des produits de distillation et l'industrie du vin représentent le reste, soit 13 et 5%, respectivement. Au fil des années, ces proportions sont demeurées à peu près les mêmes, mais les produits de distillation ont perdu un peu de terrain au profit des boissons gazeuses et de la bière (graphique 2).

Graphique 2: Livraisons des industries des boissons, 1989 et 1994

Depuis 1990, la croissance de l’ensemble des industries des boissons résulte de facteurs opposés dans chacune des industries. En raison de la forte demande qui la caractérise, l'industrie des boissons gazeuses représente la plus importante source de croissance du grand groupe. Toutefois, la faiblesse des prix, causée par la concurrence interne, a posé un frein à des résultats qui, autrement, auraient pu être supérieurs.

Les trois autres industries produisent toutes des boissons alcoolisées, et leurs ventes au détail suivent, à long terme, une tendance à la baisse, à cause du recul de la consommation interne. Cette tendance résulte de changements démographiques et des attitudes adoptées par les consommateurs en matière de santé et de conscience sociale. Depuis 1990, la croissance de la valeur des ventes a atteint 10% dans ces industries, en raison d'une hausse de prix de 12%4 et en dépit d'une diminution des quantités vendues (graphique 3).

Graphique 3: Livraisons de boissons alcoolisées et de boissons gazeuses, en dollars courants et constants

RENDEMENT DU GRAND GROUPE

Les livraisons du grand groupe ont continué à augmenter légèrement après deux années de recul, en 1989 et 1990. Depuis lors, le total des livraisons a progressé régulièrement, pour atteindre une croissance totale de 21% et se chiffrer à 6,8 milliards de dollars en 1995, ce qui représente, pour la seule année 1995, une augmentation de 1,4%.

Cette dernière légère augmentation annuelle des livraisons de boissons est bien inférieure à la croissance de 12,4% affichée par l'ensemble des industries manufacturières, et peut être attribuée au raffermissement du marché intérieur. Bien que les ventes intérieures de boissons (5,8 milliards de dollars) aient progressé de 3%, les exportations ont fléchi de 0,6%, pour atteindre 1 milliard de dollars. Sur le plan du PIB, la croissance des industries des boissons (+1,3%) était également inférieure à celle de l'ensemble des industries manufacturières (+4,5%).

Ce recul des livraisons a coïncidé avec de fortes dépenses d’immobilisation et avec des taux inférieurs d’utilisation de la capacité, laquelle utilisation avait régressé à 66% en 1991. Bien qu’il se soit lentement rétabli, depuis, pour atteindre 82% en 1995, le taux d’utilisation de la capacité demeurait néanmoins en deçà du rendement moyen des industries productrices de biens, qui s’établissait à 85%5. En outre, le taux d’utilisation de la capacité n’a pas progressé suffisamment pour motiver l’accroissement de l’investissement en nouveaux actifs. Les dépenses d’immobilisation on avoisiné les 330 millions de dollars pendant trois ans, après avoir atteint un sommet de 367 millions de dollars en 1990, mais sont tombées à 269 millions de dollars en 1995.

Comme les deux autres industries de boissons alcoolisées, l'industrie de la bière est aux prises avec une demande intérieure dont la tendance est à la baisse. La consommation de bière par habitant a chuté au Canada, passant de 80 litres en 1985 à 65 litres en 1995 (graphique 4). De plus, le volume des ventes dépend des conditions météorologiques. En 1992, par exemple, les ventes de bière furent moins importantes, en partie à cause d'un été relativement peu clément.

De toute manière, la croissance de la valeur des livraisons s'est maintenue, grâce à des augmentations de prix. Les livraisons ont atteint 3,4 milliards de dollars en 1995, à la hausse de près de 5% par rapport à l'année précédente et de près des deux tiers depuis 1985. Avec la fin de la plupart des guerres commerciales, les exportations de bière ont augmenté considérablement (+38%) en 1994 et, en dépit d’un recul en 1995 (-8%), sont demeurées bien au-dessus du niveau antérieur.

La bouteille est toujours le contenant de bière le plus populaire. Un peu moins des trois quarts de la bière était vendue en bouteilles en 1995, même si cette proportion se résorbe lentement, depuis le chiffre de 86% atteint en 1985. En plus de la prolifération des nouvelles marques, deux nouvelles tendances se dessinent dans l'industrie : les micro-brasseries et la fabrication domestique. Le nombre de micro-brasseries produisant des bières artisanales ou haut de gamme a augmenté, passant de quatre en 1984 à 40 en 1995, mais leur part de marché demeure toujours sous la barre des 5%. Les fabricants de bière domestique réduisent également de façon mineure la demande de produits offerts par les grandes brasseries.

Graphique 4: Livraisons des brasseurs et consommation par habitant

Dans l'industrie des boissons gazeuses, la demande a augmenté de façon régulière. Les livraisons étaient en hausse de plus de 40% par rapport à 1990; étant donné que cette industrie représentait le tiers des livraisons du grand groupe, elle était à l'origine de la moitié de l'augmentation. Toutefois, la concurrence a freiné les hausses de prix, auxquelles on ne peut attribuer que 2% de la hausse de 40%.

Le volume des livraisons de boissons gazeuses a continué à augmenter en 1995; en dépit d’un léger fléchissement des prix, la valeur des ventes a atteint 2,4 milliards de dollars. Les hausses de prix ont été faibles, ces dernières années, en raison de l’intensification de la concurrence. Les marques nationales se sont efforcées de reprendre les parts de marché que les marques de distributeur leur avaient enlevées et ce, en baissant leurs prix, en augmentant la publicité, en améliorant les emballages et en concluant, avec les chaînes de magasins d'alimentation, des ententes sur l'utilisation de l'espace d'étalage.

Dans le domaine des boissons gazeuses, les ventes de produits à faible teneur en calories se sont stabilisées, ces dernières années, et représentent un peu plus de 20% de l'ensemble des livraisons. Au détriment des contenants réutilisables, la proportion de boissons vendues dans des contenants non réutilisables (surtout des bouteilles de plastique de format familial) a fait un bond pour atteindre plus de la moitié du total et même dépasser les canettes, dont l'utilisation a régressé, pour atteindre 45% (graphique 5). Le recours accru aux contenants non réutilisables résulte d’un changement de politique adopté par les provinces et du succès des programmes de recyclage mis en place par les municipalités.

Graphique 5: Contenants de boisson gazeuse : bouteilles réutilisables, bouteilles non réutilisables et canettes

COMMERCE INTERNATIONAL

La majeure partie des industries des boissons, surtout les brasseurs et les producteurs de boissons gazeuses, sont orientés vers le marché intérieur. Quatre-vingt-cinq pour cent des produits des industries des boissons sont écoulés au pays. La valeur des exportations du grand groupe atteint presque le milliard de dollars, tandis que les importations se chiffrent à 0,9 milliard de dollars6. Les guerres commerciales auxquelles se sont livrés les fabricants de bière et de boissons gazeuses, à partir de 1990, avaient pour la plupart pris fin en 1994, ce qui s'est traduit, cette année-là, par une augmentation de 20% de la valeur des exportations. Toutefois, en 1995, la valeur des exportations a accusé une baisse de 6%. Un produit, le whisky, représente à lui seul une forte proportion des exportations, soit près de la moitié du total.

Les marchés extérieurs ont énormément d'importance pour les entreprises de distillation du Canada. Le whisky de seigle représente les trois quarts des spiritueux produits par cette industrie, tandis que les deux tiers de ce volume sont exportés vers les États-Unis (graphique 6).

Graphique 6: Livraisons des boissons alcoolisées, par distillation

Les vineries canadiennes ne dominent qu'une part de plus en plus modeste du marché intérieur du vin. En 1995, cette part avait diminué à moins de 15% (graphique 7). Malgré tout, les livraisons de produits canadiens augmentent lentement, les ventes de cette industrie ayant progressé de 6%, pour atteindre 322 millions de dollars en 1995. Les négociants canadiens offrent des produits et des mélanges de meilleure qualité, et les vins de qualité supérieure ont donné, depuis 1993, un coup de pouce aux exportations de l'industrie comme aux ventes intérieures.

Graphique 7: Ventes de vins au détail, à l'intérieur et à l'extérieur du Canada

EFFECTIF

L'effectif manufacturier de ce grand groupe a diminué de plus du quart depuis 1988 (année où l'on y dénombrait plus de 17 000 personnes), pour se fixer à moins de 13 000 personnes en 1995. Après avoir dégringolé de plus de 7% en 1994, l'effectif a encore baissé de 1% en 1995, tandis que l'effectif manufacturier de l'ensemble des industries manufacturières augmentait de près de 2 et de 4% pendant ces années-là.

On doit ce recul à la baisse de la demande de boissons alcoolisées et à la réduction du nombre de brasseries classiques. Ce dernier facteur résulte de l'abaissement des barrières commerciales interprovinciales, qui a commencé en 1991, et des économies d’échelle qui s’ensuivirent.

Bien qu'elle fut moins nombreuse, la main-d'oeuvre des industries des boissons jouissait de salaires relativement élevés et affichait une forte productivité. Après avoir diminué en 1993, le salaire horaire moyen a augmenté de 3% dans chacune des deux années subséquentes. Le salaire a atteint 20 $ l'heure, en 1995, comparativement à 14 $ dans l'ensemble des industries manufacturières.

La production par travailleur a progressé pour la troisième année consécutive, atteignant 532,000 $, en hausse de 18% par rapport au sommet antérieur de 452 000 $, atteint en 1991. Ce taux de productivité est l'un des plus élevés parmi les industries manufacturières, dont le taux moyen atteignait 284,000 $ en 1995.

Au cours des trois dernières années, l’accroissement de la production par travailleur a dépassé les augmentations salariales, de telle sorte que le coût unitaire de la main-d’oeuvre (salaires divisés par la production) s’est comprimé de façon régulière, soit de 13% en tout.

DÉVELOPPEMENTS PROCHAINES

Ce grand groupe d’industries continue de connaître une croissance relativement faible et une baisse marginale. Les données tirées de l’Enquête mensuelle sur les industries manufacturières7 indiquaient une hausse de 1,8% (en dollars courants) de la valeur des livraisons de produits manufacturés pour 1996, et une hausse de 2,9% de janvier à octobre 1997. L'Indice des prix de l’industrie des boissons a augmenté de 2,4% en 1996, et de 0,8% de janvier à août 1997. On s’attend à ce que le PIB en dollars constants baisse de 2% pour l’industrie et qu’il augmente de 1,4% pour l’ensemble du secteur manufacturier en 1996. Après l’expansion enregistrée en 1994 et la contraction survenue l’année suivante, les exportations connaissent une nouvelle reprise (de 10%) en 1996. Les dépenses d’investissement ont commencé à diminuer en 1994, et cette tendance s’est poursuivie jusqu’en 1995 (-20%). On s’attend aussi à ce que les dépenses prévues baissent encore de 16% en 1996.

Les perspectives à plus long terme diffèrent pour deux principales catégories de boissons, et l’on ignore l’incidence de cette situation sur la performance globale de ce grand groupe d’industries. En 1996, l’industrie des boissons gazeuses a annoncé des hausses de prix visant à compenser l’augmentation des frais d’emballage, et les ventes de bière sur le marché intérieur ont baissé de 2%. Avec la hausse de la consommation et des prix des boissons gazeuses, une bonne partie du potentiel de croissance pour ce grand groupe proviendrait, sans doute, du secteur des boissons gazeuses. La consommation intérieure de boissons alcoolisées par habitant continuera probablement à fléchir, mais, à cause de leur inélasticité, ces marchés pourraient se maintenir par des hausses de prix. Pour les deux catégories, il existe d’autres possibilités d’expansion sur les marchés d’exportation.


Renvois

  1. Produit intérieur brut par industrie, no 15-001-XPB au catalogue de SC.

  2. Industries manufacturières du Canada, no 31-203-XPB au catalogue de SC.

  3. Classification type des industries, no 12-501-XPB au catalogue de SC.

  4. Indices des prix de l'industrie, no 62-011-XPB au catalogue de SC.

  5. Taux d'utilisation de la capacité industrielle au Canada, no 31-003 au catalogue de SC.

  6. Les exportations et les importations par industrie ne sont pas publiées, mais il est possible de les obtenir en s'adressant à la Division du commerce international de Statistique Canada.

  7. Enquête mensuelle sur les industries manufacturières, no 31-001 au catalogue de SC.


Cet article a été rédigé par Peter Zylstra. Peter travaille à Statistique Canada comme économiste à la Division de la fabrication, de la construction et de l’énergie.

 Vous pouvez obtenir plus d’information sur le secteur manufacturier canadien en consultant la publication, Industries des boissons et du tabac (32-251-XPB). Cette publication est publiée annuellement au coût de $40 au Canada et au coût de 40$ US à l’extérieur du Canada. Pour commander cette publication et d’autres publications de Statistique Canada téléphonez au 1-800-267-6677, 1-800-889-9734 ou via l’Internet à : Commander. De l’information sur les données manufacturières ou sur les séries chronologiques peut être obtenue auprès de l’unité de dissémination, Division de la fabrication, de la construction et de l’énergie au (613) 951-9497 ou via l'Internet : manufact@statcan.gc.ca





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Date de modification : 2012-03-07 Avis importants