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Rapport de situation — septembre 2009

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Stocks canadiens de céréales au 31 juillet

Statistique Canada a mené une enquête auprès de 14 600 agriculteurs canadiens du 27 juillet au 4 août 2009 au sujet de leurs stocks de fin d’année au 31 juillet.

Au 31 juillet 2009, les stocks canadiens de blé de toutes catégories avaient augmenté de 50,0 % par rapport aux stocks de juillet 2008. Cette progression était en majeure partie attribuable à une importante production de blé en 2008, et s’est produite en dépit de la hausse des exportations et de la consommation intérieure de céréales fourragères. Les stocks se sont donc situés davantage dans la norme, après les bas niveaux records qu’ils avaient affichés en juillet 2008.

Les stocks totaux d’orge ont grimpé à 2,8 millions de tonnes, atteignant ainsi leur plus haut niveau depuis les trois dernières années. La production importante enregistrée en 2008 a créé des approvisionnements abondants. Cependant, les exportations ont régressé par rapport aux niveaux anormalement élevés affichés en 2007-2008, au moment où la perte envisagée du monopole détenu par la Commission canadienne des grains entraînait des ventes importantes d’orge fourragère. L’orge fourragère a connu une augmentation, la hausse des prix ayant rendu le maïs importé en rations moins concurrentiel; mais la diminution du nombre d’animaux a eu pour effet de freiner cette croissance.

Les stocks à la ferme d’avoine au 31 juillet, qui s’élevaient à 1,3 million de tonnes, ont fracassé un nouveau record, dépassant le dernier record de 1,0 million de tonnes enregistré en 1983. Alors que les approvisionnements en 2008-2009 se comparaient à ceux de l’année précédente, le déclin de la demande américaine et la baisse de la consommation de céréales fourragères à la ferme ont exercé une pression haussière sur les stocks totaux. Les agriculteurs ont été réticents pour la vente, les prix ayant connu un déclin considérable au cours de la campagne agricole 2008-2009.

Les exportations de seigle, particulièrement aux États-Unis et en Asie, ont chuté de plus de la moitié en 2008-2009 par rapport à l’année précédente, ce qui a eu pour effet de laisser une grande quantité de stocks à la ferme à la fin de la campagne agricole.

Les exportations de lin ont accusé du retard en 2008-2009 et les stocks de fin de campagne ont grimpé en dépit de la hausse de la consommation intérieure. Les stocks à la ferme ont regagné du terrain, après le très bas niveau affiché en 2008 par les stocks de fermeture.

La production record de canola en 2008 a donné lieu à des approvisionnements abondants en 2008-2009. Les stocks de fin d’année ont dépassé ceux de l’année précédente en dépit de la hausse considérable de la demande et de la quantité record de canola pour le broyage. Les stocks à la ferme se sont situés à un niveau largement supérieur à la moyenne quinquennale. Les approvisionnements abondants n’ont pas soulevé de préoccupations au sein de l’industrie étant donné la production réduite de 2009 et la construction et l’expansion de plusieurs usines de broyage dans l’Ouest canadien.

Les déficits de production ayant été enregistrés dans le monde entier ont entraîné une augmentation de la demande d’exportation pour la plupart des légumineuses à grains canadiennes. Comme le rythme des exportations est resté élevé tout au long de l’année, les stocks de pois sec ont terminé la campagne agricole à des niveaux légèrement supérieurs à la moyenne, et ce, malgré une production record. D’importantes exportations vers les marchés de la consommation humaine ont fait baisser les stocks de fermeture à un niveau inférieur aux prévisions initiales. Les approvisionnements de lentilles ont terminé la campagne agricole à des niveaux très bas, résultat d’une forte demande d’exportation pendant l’année. Par conséquent, on a pu constater un resserrement des approvisionnements au début de la campagne agricole 2009-2010. Les stocks de fermeture de moutarde étaient plus élevés que ceux de la campagne agricole précédente, mais encore bien inférieurs aux niveaux historiques. La hausse de la production a été annulée par une forte demande d’exportation. La baisse des stocks d’ouverture de graines de l’alpiste des Canaries a contribué à neutraliser l’accroissement de la production. Par conséquent, les stocks de fin d’année sont restés inférieurs à la moyenne quinquennale précédente pour une deuxième année consécutive. Une solide demande d’exportation a favorisé le resserrement des stocks, en dépit des répercussions exercées par le ralentissement économique mondial sur certaines ventes d’exportation. Le resserrement des stocks de graines de tournesol s’est maintenu, le recul de la production et la baisse des stocks d’ouverture ayant été compensés par une forte demande d’exportation. Par suite d’un creux de la production presque record, les stocks de pois chiches ont terminé l’année à des niveaux inférieurs à ceux de la campagne agricole précédente. Les exportations ont également été freinées par les prix mondiaux élevés des pois chiches et la disponibilité de substituts à meilleur marché.

Offre et demande américaines et mondiales

Le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) a prévu que la production mondiale de blé serait plus élevée en 2009-2010 que les prévisions du mois d’août, en raison des hausses provenant de l’UE-27, de la Russie, du Paraguay et de l’Afrique du Sud. Les prévisions de l’approvisionnement mondial de blé, basées sur une production accrue en 2009-2010, ont connu une hausse de 3,7 millions de tonnes métriques.

Selon les prévisions, la production mondiale de soya de 2009-2010 devait atteindre un niveau record de 243,9 millions de tonnes métriques, excédant de 1,9 million de tonnes les prévisions d’août, en raison de la croissance enregistrée aux États-Unis et au Brésil. Le broyage du soya américain a été revu à la hausse de 0,5 million de tonnes métriques, en raison de l’augmentation prévue des exportations de tourteau de soya. Selon les prévisions, les stocks de fermeture de soya américains devaient s’établir à 6,0 millions de tonnes métriques, une progression de 0,3 million par rapport aux prévisions d’août.

Selon les prévisions, la production mondiale de maïs de 2009-2010 devait atteindre 794,1 millions de tonnes métriques, en hausse par rapport à août, les prévisions de stocks de fermeture ayant diminué de 139,1 millions de tonnes métriques en raison de l’utilisation accrue pour l’alimentation des animaux et d’une forte demande d’exportation. La production américaine de maïs de 2009-2010 devait s’établir à 329,0 millions de tonnes métriques, soit 4,9 millions de plus qu’en août, les rendements attendus ayant affiché une hausse dans la majeure partie de la ceinture de maïs. Les approvisionnements américains de maïs devaient atteindre un niveau record de 372,4 millions de tonnes métriques, soit une progression de 7,7 millions de tonnes métriques par rapport au précédent sommet, enregistré en 2007-2008.

Baisse de la production australienne de canola

Le Australian Bureau of Agriculture and Resources Economics (ABARE) a estimé que la production de canola pour la campagne agricole de 2009-2010 s’élèverait à 1,9 million de tonnes métriques, dépassant la production de 2008-2009, qui s’était établie à 1,7 million de tonnes métriques. Le canola regagne peu à peu du terrain suite à la grande sécheresse ayant sévi l’année dernière. Il y a quelques années, la production de canola australienne avait atteint jusqu’à 4,0 millions de tonnes métriques.

L’achat d’ABB par Viterra est approuvé

En septembre, les actionnaires d’ABB Grain Ltd. ont voté avec une écrasante majorité pour l’acceptation de l’offre d’achat en espèces et en actions de Viterra. La dernière étape était l’approbation — généralement accordée le lendemain — par la Cour fédérale d’Australie. Le jour où l’annonce a été faite, les actions de Viterra ont gagné quelques cents pour clôturer la journée à 9,35 $.

Viterra Inc. a également annoncé l’acquisition de Lakeside Fertilizer, une division de XL Foods Inc. et le plus grand détaillant indépendant d’engrais et de produits chimiques agricoles de l’Alberta. XL Foods Inc., qui fait partie du groupe d’entreprises Nilsson Bros. est le plus grand transformateur de boeuf au Canada à être détenu et exploité par des Canadiens.

Les agriculteurs argentins sont en difficulté

En Argentine, une sécheresse qui dure depuis un an a considérablement aggravé la situation de l’économie agricole. Les agriculteurs demandent le soutien de leur gouvernement central. Durant la majeure partie de 2008, des manifestations de grande envergure et bien organisées ont bloqué les routes et les ports, ce qui a eu pour effet de paralyser les exportations. Des mesures semblables ont encore cours présentement en Argentine. Les agriculteurs argentins ont organisé un mouvement de contestation de huit jours contre les politiques agricoles du gouvernement, contestation qui s’est manifestée sous la forme d’un refus de livrer leurs produits. Les membres d’organisations d’agriculteurs ont interrompu les ventes de boeuf, de soya et de céréales pendant la grève. La dernière grève a été déclenchée par un veto exercé par le président du pays, par l’entremise duquel il s’opposait à des lois en vertu desquelles les agriculteurs des régions les plus durement frappées par la sécheresse auraient été exemptés des taxes portuaires sur les produits agricoles.

La nouvelle usine d’éthanol de GreenField

L’ouverture officielle de la nouvelle usine d’éthanol de GreenField à Johnstown (Ontario) a eu lieu le 9 septembre. La capacité annuelle de Johnstown est d’environ 200 millions de litres, ce qui en fait la plus grande usine d’éthanol de maïs au Canada. GreenField Ethanol est le principal producteur du pays et possède d’autres installations à Chatham, Hensall et Tiverton, en Ontario, et à Varennes, au Québec.

Prix

Le 27 septembre, la Commission canadienne du blé (CCB) a publié ses plus récentes perspectives de rendement (PDR) pour la campagne agricole 2009-2010. Par rapport au mois précédent, les valeurs du blé ont connu des variations s’échelonnant entre une baisse de 13 $ la tonne métrique et une hausse de 3 $ la tonne métrique, selon le grade et la teneur en protéines. Les PDR du blé dur de mouture ont affiché un déclin de 25 $ la tonne métrique et celles de l’orge brassicole ont régressé de 12 $ la tonne métrique par rapport au mois d’août. Enfin, les PDR de l’orge fourragère portée au compte A ont chuté de 9 $ la tonne métrique.

En septembre, les prix à terme du canola de Winnipeg affichaient une baisse qui reflétait les pertes encourues sur les marchés internationaux des graines oléagineuses et de l’huile végétale. Le canola a également fléchi sous l’effet de ralentissement imputable à la plus grande croissance que prévu de la récolte de canola.

Les prix à terme du soya ont été négociés latéralement pendant la majeure partie du mois de septembre, mais ont terminé le mois à la hausse. Les prix du soya ont tout d’abord connu une pression à la baisse exercée par les prévisions de cultures importantes et les conditions météorologiques favorables. Au milieu du mois, les prix ont grimpé sous l’impulsion d’un risque de gel susceptible d’affecter les superficies en culture du Midwest et de réduire le potentiel de rendement.

Les prix à terme du maïs ont augmenté par rapport au mois d’août, à la faveur de la robustesse des marchés extérieurs, tels que le pétrole brut, les actions et le dollar américain. Les prix du maïs ont également été soutenus par la croissance tardive des cultures.

Les prix à terme du blé ont diminué sous l’effet de la pression exercée par les approvisionnements mondiaux, dont l’abondance était attribuable à une augmentation de la production mondiale.

Les marchés des pois de grande culture ont perdu de la vigueur au même rythme que la progression de la récolte à l’échelon mondial. Les retards qu’accusaient les récoltes canadiennes ont permis aux exportateurs d’Europe centrale de conquérir une part du marché indien. Les négociants indiens n’ont pas attendu que les entreprises de négoce d’État vendent plus de produits aux enchères. Ils ont plutôt profité de l’occasion pour acheter des pois jaunes d’Europe à des prix concurrentiels. Il a aussi été signalé que les produits américains seraient en vente à moindre prix au début de septembre, ce qui a exercé davantage de pression sur les prix canadiens. Les rapports provenant d’Australie se sont montrés optimistes quant aux perspectives des récoltes de cette année, en raison d’une bonne pluviosité ayant eu cours au début de l’hiver.

Les prix des pois verts ont été soutenus par des rapports prévoyant des récoltes médiocres au Canada. Des échantillons ont montré les dégâts causés par la décoloration, des semences non mûries et une germination inégale. Par conséquent, on prévoit que la culture de pois verts sera de qualité inférieure.

Les prix des pois fourragers, de même que ceux des pois comestibles, ont enregistré une diminution en septembre. On prévoit qu’une pression continuera à s’exercer sur les prix en raison du manque de nouvelles demandes et des préoccupations reliées à la qualité.

Les marchés des lentilles ont subi une certaine pression liée à la récolte tout au long de septembre, ce qui a fait chuter les prix sous les niveaux observés au cours de l’été. Des prix élevés au début du mois ont stimulé les ventes effectuées dès la récolte. En outre, les producteurs ont commencé à honorer les contrats de livraison d’automne. Par conséquent, le marché a subi une pression à la baisse, les utilisateurs finaux ayant prévu un déclin du marché à moyen terme. La limitation de la capacité d’expédition a également exercé une pression sur les prix, alors que les transformateurs essayaient d’assurer un équilibre entre l’approvisionnement entrant et les possibilités d’exportations.

La récolte de la culture de lentilles du Canada était presque terminée, et la qualité était généralement bonne. On s’attendait à ce que l’augmentation des superficies et des rendements moyens donne lieu à une production plus élevée. Cette hausse a été annulée, dans une certaine mesure, par le fait que le Canada soit demeuré le seul pays à disposer d’approvisionnements en quantité abondante de lentilles exportables. Cette situation devrait perdurer au moins jusqu’en 2010, permettant une forte activité d’expédition jusqu’à Noël.

Les marchés de la moutarde ont commencé à montrer des signes d’affaiblissement à court terme, au moment où commençait la récolte. Les prix intérieurs sont restés relativement stables, en raison d’une forte demande intérieure. Cependant, selon les rapports, les cultures de moutarde d’Europe de l’Est sont en bon état. Les estimations de la production à la hausse en raison de l’augmentation de la superficie permettrait à ces pays de répondre aux besoins européens, réduisant ainsi la demande pour les produits canadiens cette année. Pour susciter une nouvelle demande afin de pouvoir maintenir les stocks dans des proportions gérables, les prix canadiens auront peut-être à connaître un déclin pour être en mesure de répondre aux offres européennes, qui se négociaient à des niveaux de 10 cents la livre inférieurs aux prix canadiens.

Les marchés des graines de tournesol pour l’huile ont continué de suivre les marchés du soya et du canola, perdant de la valeur à mesure que les marchés des produits de base faiblissaient. Un rythme de broyage plus lent et des stocks importants de graines oléagineuses ont également contribué à faire baisser les prix. On prévoyait que les prix de l’huile de tournesol restent pour l’instant inférieurs à ceux des huiles de soya et de canola. Selon les prévisions, une baisse de la production mondiale devrait aider l’huile de tournesol à remonter au prix fort, à l’approche la fin de la récolte et devant l’épuisement des stocks reportés.

Les graines de tournesol de confiserie ont continué d’être négociées à un prix largement supérieur à celui des graines de tournesol pour l’huile. Les stocks limités de l’ancienne récolte, des menaces persistantes de gel et une forte demande de la part des consommateurs ont supporté les prix tout au long de septembre. Le Canada est devenu un acteur clé sur le marché des graines de tournesol de confiserie, la production de graines de confiserie américaine ayant chuté et la production argentine ayant été considérablement réduite par la sécheresse. Par conséquent, les prix intérieurs devaient demeurer forts jusqu’à la fin de 2009 et au cours de la nouvelle campagne agricole.