Revenus et dépenses des exploitations agricoles – Revue annuelle, 2009

Avertissement Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Les estimations présentées dans cette publication comprennent les exploitations agricoles non constituées en société et les organisations communautaires agricoles dont le revenu brut d'exploitation s'élève à 10 000 $ ou plus et les exploitations agricoles constituées en société dont le revenu brut d'exploitation s'élève à 25 000 $ ou plus.

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen a augmenté de 3,4 % en 2009

Selon les dossiers fiscaux, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes canadiennes a augmenté de 3,4 % par rapport à 2008 pour se chiffrer à 47 057 $ en 2009. Après la déduction pour amortissement (DPA) 1 , le bénéfice net d'exploitation agricole moyen de ces fermes a également connu une croissance durant cette période pour atteindre 20 569 $ (tableau explicatif 1).

Dans cette revue annuelle, le bénéfice net d'exploitation agricole représente la somme des deux composantes suivantes:

  1. le revenu net du marché représente les revenus d'exploitation totaux moins les dépenses d'exploitation totales moins les paiements de programme nets.
  2. les paiements de programme nets correspondent aux paiements de programme et aux produits d'assurance moins les prélèvements ou les cotisations de stabilisation (prélèvements publics). Les paiements de cessation provenant du Compte de stabilisation du revenu net, les paiements reçus du Programme de démarrage d'Agri-investissement et les retraits du compte Agri-investissement ne sont pas compris dans les paiements de programme pour les fermes non constituées en société.

En 2009, le revenu net moyen du marché a progressé de 17,6 % pour atteindre 34 760 $, surtout grâce aux revenus plus élevés provenant de la vente de céréales et d'oléagineux. L'augmentation des revenus moyens tirés des produits assujettis à la gestion de l'offre (produits laitiers, volailles et oeufs) et des pommes de terre ont aussi contribué à la hausse. La baisse des revenus moyens provenant des bovins et des porcs ainsi que la hausse des dépenses d'exploitation moyennes ont, quant à elles, ralenti la croissance du revenu net moyen du marché. La hausse des dépenses d'exploitation moyennes 2  a été stimulée par l'augmentation des dépenses au titre des cultures (notamment les engrais et la chaux, et les semences et les plants) ainsi que par la hausse de la plupart des composantes des dépenses générales. Toutefois la hausse des dépenses d'exploitation moyennes a été modérée par la baisse des dépenses nettes de carburant pour les machines, les camions et les automobiles et des dépenses reliées aux intérêts débiteurs nets.

Les revenus provenant des céréales et des oléagineux ont crû à la faveur de la hausse des mises en marché de la plupart des principales céréales et graines oléagineuses, les producteurs ayant puisé dans leurs stocks accumulés lors de la récolte exceptionnelle de 2008. Après avoir culminé en 2008, les prix 3  des céréales et des oléagineux ont chuté, en partie à cause d'une production mondiale supérieure à la moyenne en 2008 qui a porté les stocks à des niveaux élevés.

La situation inverse s'est produite avec les pommes de terre. Les prix ont augmenté en réaction au ralentissement de la production nord-américaine de pommes de terre en 2008, ce qui a entraîné une augmentation des revenus provenant de la vente de pommes de terre.

Les difficultés des éleveurs des secteurs des bovins de boucherie et des porcs se sont poursuivies en 2009. Les revenus provenant des bovins et des porcs ont diminué à la suite d'un net repli des exportations de bêtes alors que la réglementation sur l'étiquetage obligatoire du pays d'origine (COOL 4  pour « Country of Origin Labelling ») est entrée dans sa première année complète de mise en application aux États-Unis. Parmi les autres facteurs qui expliquent la chute des exportations, citons la force du dollar canadien et le ralentissement économique mondial qui a restreint l'accès au crédit pour les producteurs et qui a réduit la demande des consommateurs en viandes rouges. La perception à l'égard du virus H1N1 (grippe porcine) a également eu une incidence négative sur les marchés 5 . En 2009, le nombre de bovins et de porcs expédiés aux États-Unis a diminué de plus de 30 % par rapport aux niveaux enregistrés en 2008.

Dans le secteur assujetti à la gestion de l'offre, on a observé des hausses similaires des revenus provenant des ventes de produits laitiers et des revenus provenant des ventes de volailles et d'oeufs. Ces hausses, réalisées dans la foulée de l'augmentation des prix des produits laitiers, des oeufs et de la volaille et de l'intensification des mises en marché des produits laitiers et des oeufs, ont permis d'atténuer quelque peu la baisse des revenus moyens au titre du bétail.

Les dépenses d'exploitation moyennes ont connu une croissance de seulement 0,5 % en 2009 par rapport à 2008, grâce aux importantes diminutions des dépenses nettes de carburant pour les machines, les camions et les automobiles et des dépenses reliées aux intérêts débiteurs nets. Les prix de plusieurs intrants agricoles essentiels ont régressé après avoir culminé pendant une bonne partie de 2008, alors que s'achevait la période de progression rapide des prix des produits de base.

Les dépenses nettes en carburant ont reculé de 19,5 % en 2009, les prix du carburant diesel ayant fléchi de 35,6 % 6 , en moyenne, en 2009, après avoir crû de 33,9 % en 2008, selon l'Indice des prix des produits industriels (IPPI) 7 . Après avoir atteint des sommets à l'été de 2008, les prix du carburant diesel ont poursuivi leur descente pendant tout le premier trimestre de 2009, avant de retourner graduellement à leurs niveaux de décembre 2008. Les prix de l'essence ont, quant à eux, diminué de 24,5 % 8  en 2009, selon l'IPPI. Le prix du carburant a régressé dans la foulée de la réduction rapide et importante de la demande d'énergie à la suite de la récession économique mondiale en 2009 9 .

Les dépenses nettes en intérêts versés par les producteurs agricoles ont diminué de 13,1 % en 2009, alors que les taux d'intérêt ont poursuivi leur descente au cours des quelques premiers mois de 2009 et qu'ils sont demeurés en deçà des niveaux enregistrés en 2008 pour le reste de l'année 10 .

Les dépenses moyennes en aliments pour animaux se sont accrues de 0,7 % en 2009 par rapport à 2008. Toutefois, cette tendance ne reflète pas la tendance observée pour les dépenses totales en aliments pour animaux, qui ont fléchi de 1,7 %. Cette situation peut s'expliquer en partie par le fait que le nombre de fermes ayant des revenus compris entre 10 000 $ et 249 999 $ (-3 410 fermes, soit -2,5 %) a subi un recul plus important que le nombre de fermes ayant des revenus de 250 000 $ et plus (-885 fermes, soit -1,9 %). Les prix des céréales fourragères ont reculé en 2009, après avoir atteint un sommet en 2008 11 . Cette diminution, combinée à la baisse des stocks de bétail, a entraîné le repli des dépenses totales en aliments pour animaux.

Les dépenses moyennes en engrais ont augmenté de 8,5 % en 2009, les prix des engrais ayant enregistré un net repli. Toutefois, ce repli n'a commencé qu'à partir de juin, lorsque l'ensemencement du printemps était presque terminé et que les agriculteurs avaient déjà acheté une bonne partie de leurs engrais pour l'année. Selon l'IPPI, les fabricants d'engrais ont vu leurs prix chuter de 14,5 % 12  dans les six derniers mois de 2009 par rapport à la première partie de l'année. Les prix ont progressé de 19,9 % au premier semestre de 2009 par rapport à la même période en 2008 mais ils ont régressé de 23.9 % au second semestre par rapport au même semestre en 2008. En moyenne, les prix des engrais ont reculé de 5,2 % en 2009. La chute du prix des cultures, conjuguée à la disponibilité restreinte du crédit en raison du ralentissement économique mondial, a entraîné une réduction de la demande mondiale d'engrais. Par conséquent, l'équilibre du marché mondial des engrais s'est relâché, ce qui a entraîné un recul des prix en 2009. La baisse rapide et importante des prix de l'énergie ont également contribué à la baisse du prix des engrais 13 .

La dépréciation du dollar canadien qui avait commencé en août 2008 s'est poursuivie au premier trimestre de 2009. Puis le dollar canadien a commencé sa progression, atteignant 97 cents américains à la mi-octobre, avant de clore l'année à près de 96 cents américains 14 . Alors que le niveau annuel moyen du dollar canadien a régressé de 6,5 % en 2009 15 , le dollar canadien a connu une appréciation de 17 % par rapport au dollar américain à la fin de 2009 (fondé sur le cours au comptant à midi mensuel de la Banque du Canada) 16 . Cette appréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain a touché les agriculteurs canadiens, particulièrement ceux qui ont exporté leurs produits vers les États-Unis et qui ont été payés sur la base de prix fixés en dollars américains. La faiblesse relative du dollar américain par rapport au dollar canadien a eu pour effet de corriger à la baisse leurs prix équivalents en dollars canadiens et, par conséquent, de réduire les revenus des agriculteurs.

Les conséquences des principaux problèmes qui ont touché le secteur agricole canadien en 2009 peuvent être illustrées en comparant les proportions de fermes ayant enregistré un revenu net du marché négatif en 2008 et en 2009. Le secteur des fruits et des noix a affiché la plus forte augmentation de la proportion de fermes aux prises avec des pertes de revenu net du marché. La diminution la plus importante a été enregistrée par les fermes spécialisées dans les autres cultures de légumes et de melons (sauf de pommes de terre) et par celles spécialisées dans l'élevage de porcs (tableau explicatif 2).

Les fermes du secteur porcin ont toutefois continué de déclarer une perte de revenu net du marché dans une plus grande proportion que celles des autres secteurs. Près de 60 % des fermes de ce secteur ont affiché des pertes en 2009. Les pertes moyennes de ces fermes se chiffraient à 258 693 $ en 2009, comparativement à 277 776 $ en 2008.

Les paiements de programme nets moyens versés à tous les types de fermes ont diminué de 22,9 % par rapport à 2008 pour se situer à 12 296 $ en 2009. Ce recul était en grande partie attribuable à l'importante réduction des paiements dans le cadre des programmes fédéraux et provinciaux de Gestion des risques de l'entreprise compte tenu de la performance marquée du secteur des plantes oléagineuses et des céréales. La forte diminution des versements au titre du Programme canadien de stabilisation du revenu agricole 17  (PCSRA), alors que nous assistons à l'élimination progressive de ce programme, a largement dépassé la hausse des paiements dans le cadre des programmes Agri-stabilité et Agri-investissement 18 . On assiste également à un recul progressif des paiements effectués dans le cadre du Programme de paiement au titre des coûts de production et de certains programmes provinciaux tels que le Paiement ontarien aux horticulteurs et aux éleveurs de bovins et de porcs, et le Programme ontarien de soutien au titre des coûts. L'augmentation des paiements provinciaux de stabilisation et des paiements d'assurance-récolte, de même que l'aide récente issue de certains programmes provinciaux tels que le « Saskatchewan Cattle and Hog Support Program » ont aidé à atténuer la baisse.

En 2009, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen s'inscrivait dans une fourchette allant d'un déficit de 1 719 $ pour les fermes ayant affiché des revenus de 10 000 $ à 49 999 $ à un profit de 237 333 $ pour celles ayant gagné 500 000 $ et plus.

En 2009, la marge d'exploitation moyenne 19  de toutes les fermes canadiennes s'établissait à 15,5 cents par dollar de revenu, en hausse par rapport à 15,1 cents en 2008. Les marges d'exploitation moyennes ont connu une variation se situant entre un déficit de 6,8 cents par dollar de revenu pour les fermes dont les revenus allaient de 10 000 $ à 49 999 $ et un profit de 20,3 cents par dollar de revenu pour les fermes ayant affiché des revenus de 250 000 $ à 499 999 $.

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes spécialisées dans la culture de plantes oléagineuses et de céréales a augmenté pour une quatrième année consécutive en 2009

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes dont l'activité principale était la culture de plantes oléagineuses et de céréales a augmenté pour une quatrième année consécutive en 2009, enregistrant une hausse de 3,3 % par rapport à 2008 pour atteindre 64 336 $ (tableau explicatif 3). Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen a progressé en 2009, l'accroissement du revenu net moyen du marché s'étant avéré supérieur au recul des paiements de programme nets moyens. Une fois rajusté pour la DPA, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen a, quant à lui, diminué de 2,3 % pour s'établir à 33 512 $.

Le revenu net moyen du marché des fermes productrices de céréales et d'oléagineux a continué de croître en 2009 mais à un rythme beaucoup plus lent qu'en 2008. Il a progressé de 9,8 % pour atteindre 58 512 $, en grande partie à la faveur de la hausse des revenus moyens provenant des ventes de canola et de soja. La diminution des revenus moyens provenant des avances en espèces nettes (incluant les versements de la Commission canadienne du blé déclarés sur les relevés) ainsi que le recul des revenus moyens provenant des ventes de maïs-grain et d'avoine ont atténué la croissance du revenu net moyen du marché. La hausse des dépenses au titre des cultures a également concouru à ralentir la progression du revenu net moyen du marché. La baisse des dépenses nettes en carburant pour les machines et en intérêts versés par les producteurs a réduit quelque peu la pression exercée sur les producteurs de céréales et d'oléagineux.

Les revenus moyens provenant des céréales et des oléagineux ont progressé à la faveur de la hausse des mises en marché, alors que les prix étaient fortement en baisse. Les prix des céréales et ceux des oléagineux 20  que les producteurs ont touché en 2009 étaient inférieurs respectivement de 22,8 % et 13,0 % aux niveaux de 2008. Après avoir culminé au milieu de 2008, les prix des céréales et ceux des oléagineux 21  ont reculé dans le sillage de la hausse des stocks due à l'augmentation de la production de 2008 et à l'instabilité des marchés financiers et économiques mondiaux. Les prix des céréales ont poursuivi leur descente en 2009, avec des baisses marquées en août et en septembre. Ensuite, ils sont demeurés relativement stables. En décembre 2009, les prix des céréales avaient diminué de 44,2 % par rapport au sommet de juin 2008. Les prix des oléagineux ont, quant à eux, fluctué avant de diminuer de façon marquée en septembre 2009. En décembre 2009, les prix étaient inférieurs de 31,8 % par rapport au sommet atteint en juillet 2008. En août, il était prévu que la production mondiale de blé diminue mais demeure à son deuxième plus haut niveau jamais atteint. Ces projections, conjuguées à des stocks d'entrée plus importants, ont fait augmenter les attentes quant aux approvisionnements pour la nouvelle campagne agricole 22  et ont exercé des pressions à la baisse sur les prix. Après une saison de croissance difficile à l'été 2009 23 , le temps sec et tempéré en septembre a stimulé la croissance des cultures et a contribué au bon déroulement de la récolte. Au début de septembre, les rendements déclarés par les producteurs canadiens pour la plupart des cultures étaient plus élevés que ceux déclarés lors de l'enquête provisoire sur la production menée à la fin de juillet. Les rapports sur la production canadienne et mondiale de céréales et d'oléagineux continuaient d'hausser les prévisions de la production et des approvisionnements subséquents 24 , ce qui a eu pour effet d'accentuer les pressions sur les prix. En octobre, toutefois, de mauvaises conditions climatiques dans l'ensemble de l'Amérique du Nord avaient soulevé d'autres inquiétudes en ce qui avait trait au déroulement de la récolte. En 2009, la production canadienne des principales céréales et plantes oléagineuses 25  a diminué de 8,1 % par rapport à 2008 pour se situer à 69,8 millions de tonnes métriques. Des conditions climatiques favorables aux États-Unis et dans d'autres régions du monde ont résulté en une forte production mondiale de céréales et d'oléagineux et à une augmentation subséquente des stocks mondiaux.

Les paiements de programme nets moyens versés aux fermes productrices d'oléagineux et de céréales étaient en baisse de 35,1 % par rapport à 2008 pour se situer à 5 824 $ en 2009. En moyenne, ces fermes comptaient sur les paiements de programme nets pour seulement 9,1 % de leur bénéfice net d'exploitation. Cela représente un renversement de situation comparativement à l'année 2006, alors que cette part avait atteint 92,3 %.

En 2009, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes de culture de plantes oléagineuses et de céréales a affiché une variation se situant entre 3 285 $ pour les petites exploitations dont les revenus étaient compris entre 10 000 $ et 49 999 $ et 284 149 $ dans le cas des grandes exploitations qui ont déclaré des revenus de 500 000 $ et plus.

En 2009, la marge d'exploitation moyenne des fermes faisant la culture de céréales et d'oléagineux a atteint 24,6 cents par dollar de revenu, soit une légère hausse par rapport à 24,3 cents en 2008. Les plus petites exploitations agricoles ont déclaré des marges d'exploitation plus faibles que celles des grandes fermes, ce qui rend compte des gains d'efficacité relatifs inhérents à de grandes exploitations. En 2009, 26,1 cents par dollar du revenu des fermes ayant affiché des revenus de 500 000 $ et plus sont allés à l'exploitation, comparativement à 11,9 cents dans le cas des fermes dont les revenus se situaient entre 10 000 $ et 49 999 $.

Les exploitations d'élevage de bovins de boucherie ont subi de nouveau une perte de revenu net moyen du marché alors que les exportations canadiennes et les niveaux d'abattage de bovins et de veaux étaient en baisse

Après avoir augmenté pendant deux années consécutives, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes d'élevage de bovins de boucherie a diminué en 2009. Il se situait à 10 598 $, en baisse de 21,5 % par rapport à 2008, les paiements de programme nets moyens ayant reculé de 20,0 %. Ces fermes ont subi une perte au titre du revenu net du marché pour une septième année consécutive, mais celle-ci a diminué, passant de 1 723 $ en moyenne en 2008 à 1 580 $ en 2009 (tableau explicatif 4). Après rajustement pour la DPA, le bénéfice net d'exploitation moyen a lui aussi reculé, passant d'un profit de 234 $ en 2008 à un déficit de 2 371 $ en 2009.

Le revenu net moyen du marché des fermes bovines s'est amélioré, la baisse des dépenses d'exploitation moyennes ayant plus qu'annulé la diminution des revenus moyens provenant de la vente de bovins et de veaux. Les coûts d'exploitation moyens ont régressé de 1,8 %, la baisse des dépenses générales, notamment les intérêts débiteurs nets, les travaux à forfait et la location de machines, et les salaires versés, ainsi que la baisse des dépenses nettes de carburant pour les machines ayant largement fait contrepoids à la hausse des aliments pour animaux et des achats de bovins 26 .

Les revenus moyens provenant de la vente de bovins et de veaux ont baissé en 2009, car les prix et les mises en marché ont régressé par rapport aux niveaux de 2008. Les problèmes liés à l'exportation (la force du dollar canadien et la réglementation COOL aux États-Unis) et à la réduction de l'accès au crédit pour les producteurs, ainsi qu'à la diminution de la demande de viande de la part des consommateurs en raison du ralentissement économique, ont exercé des pressions à la baisse sur les revenus 27 . La réglementation COOL a limité l'accès des bovins canadiens aux parcs d'engraissement et aux abattoirs, ce qui a entraîné une réduction des exportations d'animaux vivants vers les États-Unis. Les exportations canadiennes de bovins et de veaux vivants ont fléchi de 33,2 % par rapport à 2008 pour glisser à 1,1 million de têtes en 2009.

Au même moment, des revenus moins élevés provenant de l'abattage au pays, à la suite d'une diminution des mises en marché et des prix, ont également contribué à faire descendre les revenus provenant des bovins et des veaux. Le nombre de bovins de boucherie vendus pour l'abattage au pays a diminué de 3,1 % par rapport à 2008 et de 16,2 % par rapport au record de 4 millions de têtes établi en 2004.

En 2009, les prix des bovins vendus sur les marchés internationaux ont régressé de 6,9 % par rapport à 2008, poursuivant leur descente à la baisse amorcée en 2006. Les prix pour les bovins et les veaux d'abattage étaient de 0,4 % et 11,1 % inférieurs aux niveaux de 2008 respectivement. Par ailleurs, les prix des bovins et des veaux vendus sur les marchés intérieurs (+2,8 % et +5,3 % respectivement) ont augmenté, de même que les prix des veaux vendus sur les marchés internationaux (+10,1 %).

Les paiements de programme nets moyens versés aux fermes d'élevage de bovins de boucherie étaient en baisse de 20,0 % par rapport à 2008 pour se chiffrer à 12 178 $ en 2009. Cette baisse était en partie attribuable à des marges de référence 28  plus faibles découlant de la faiblesse du revenu depuis plusieurs années 29 .

En 2009, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes d'élevage de bovins de boucherie s'inscrivait quelque part entre un déficit de 4 559 $ pour les fermes de la catégorie de revenu la plus basse (10 000 $ à 49 999 $) et un profit de 138 595 $ pour les fermes de la catégorie de revenu la plus élevée (500 000 $ et plus).

En 2009, la marge d'exploitation moyenne était de 5,0 cents par dollar de revenu, soit une diminution de 1,2 cent par rapport à 2008. Les marges d'exploitation se situaient entre un déficit de 18,1 cents par dollar de revenu pour les fermes dont les revenus étaient compris entre 10 000 $ et 49 999 $ et un profit de 14,2 cents pour les fermes ayant déclaré des revenus compris entre 100 000 $ et 249 999 $. Les grandes exploitations (500 000 $ et plus), qui tendent à être des parcs d'engraissement à volume élevé et à faible marge, avaient une marge d'exploitation moyenne de 4,7 cents.

Après avoir enregistré une forte baisse en 2008, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes porcines s'est redressé en 2009

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes ayant pour activité principale l'élevage de porcs s'est redressé de 19,0 % par rapport à 2008 pour se situer à 34 000 $ en 2009 (tableau explicatif 5). Une fois rajusté pour la DPA, le bénéfice net d'exploitation moyen était toujours déficitaire en 2009 alors qu'il se chiffrait à -24 229 $.

Après avoir régressé pendant trois années consécutives, le revenu net moyen du marché des fermes porcines s'est amélioré, mais est demeuré déficitaire, passant d'une perte de 156 243 $ en 2008 à une perte de 109 813 $ en 2009 (graphique 1). Cette amélioration relative a été stimulée par la hausse des revenus moyens provenant des travaux à forfait et de la location de machines et par la baisse des coûts d'exploitation moyens, notamment les dépenses liées aux achats de porcs, aux aliments pour animaux, aux frais d'intérêts nets et au carburant. Le recul des revenus moyens provenant de la vente de porcs a freiné cette progression du revenu net moyen du marché.

Les revenus provenant des exportations de porcs vivants ont diminué pour une deuxième année consécutive en 2009, car les mises en marché ont reculé par rapport aux niveaux de 2008. Le nombre de porcs mis en marché sur le plan international a chuté de 31,7 % pour se situer à 6,4 millions de têtes en 2009. Ce chiffre est bien inférieur au sommet de 10 millions de têtes atteints en 2007. Cette diminution s'explique, entre autres, par les changements structurels qu'a subis la production porcine canadienne. En plus d'être confronté aux problèmes liés à l'exportation et à la demande, tout comme le secteur des bovins, le secteur des porcs a également eu à faire face aux problèmes liés au virus H1N1. Les restrictions frontalières touchant le porc nord-américain, suite aux préoccupations qui ont entourées le virus H1N1 en 2009, ont également nui aux exportations de porcs et de viande. Le nom de grippe porcine associé à ce virus a amené plusieurs pays à imposer des restrictions sur les importations.

Les revenus provenant des porcs d'abattage au pays ont également régressé en 2009, la baisse des prix des porcs d'abattage ayant plus qu'annulé la faible hausse des mises en marché. L'abattage au pays a augmenté pour une deuxième année consécutive, mais est demeuré bien inférieur au sommet de 22,9 millions de têtes atteint en 2004. En 2009, 21,8 millions de porcs ont été abattus, soit 0,7 % de plus qu'en 2008. Malgré la diminution des stocks de porcs depuis 2006, l'abattage est demeuré relativement élevé en 2009 car un plus grand nombre de porcelets ont été engraissés jusqu'au poids d'abattage au Canada plutôt que d'être exportés vers les fermes d'engraissement aux États-Unis. La capacité d'abattage s'est accrue, surtout dans les Prairies, mais elle demeure insuffisante. Les prix des porcs d'abattage ont diminué de 3,9 % de 2008 à 2009. Depuis 2004, ils ont reculé de 28,3 %. En contrepartie, les prix des porcs vendus sur les marchés intérieurs et internationaux ont rebondi en 2009, progressant de 2,0 % et de 11,0 % respectivement par rapport à 2008.

Au 1er janvier 2010, les stocks de porcs des producteurs canadiens étaient en baisse de 2,8 % par rapport au 1er janvier 2009 pour glisser sous les 12 millions de têtes 30 . Les stocks se situaient à 11,8 millions de têtes, le plus bas niveau depuis 1997. Le troupeau reproducteur, qui diminue de façon constante depuis 2005, a reculé de 4,5 % entre le 1er janvier 2009 et le 1er janvier 2010. Les stocks de truies et de jeunes truies étaient à leur plus bas niveau depuis 2000. De plus, le nombre de truies censées mettre bas au Canada au cours des trimestres suivants était en baisse.

Les stocks de porcs ont régressé depuis 2006. Au cours des trois années qui ont précédé le printemps 2009, les producteurs de porcs ont été confrontés à des problèmes importants. Parmi ceux-ci, notons des prix d'aliments pour animaux record, une devise canadienne forte, la hausse des coûts énergétiques et les faibles prix du porc dans le monde. Ces facteurs auxquels s'ajoutent la réglementation COOL aux États-Unis et le ralentissement économique ont entraîné la restructuration et la fermeture de fermes au Canada. La flambée du virus H1N1 au printemps 2009 a entraîné une baisse continue des prix du porc. Au printemps 2009, le Conseil canadien du porc (CCP) a demandé, au nom de l'industrie, l'aide du gouvernement fédéral pour soutenir les producteurs qui se retirent de l'industrie. En juin 2009, le CPP a présenté au gouvernement du Canada un plan de transition stratégique 31 .

Le 15 août 2009, le gouvernement du Canada a annoncé un programme de restructuration pour les producteurs de porcs. Celui-ci prévoyait la création d'un fonds de réserve pour perte sur prêts 32 , d'un fonds de commercialisation 33  et d'un programme de transition pour aider les producteurs à quitter l'industrie. Le Programme de transition pour les exploitations porcines 34 , similaire au Programme de réforme des porcs reproducteurs de 2008 35 , facilite la réduction du troupeau porcin du Canada.

En 2009, les paiements de programme nets moyens versés aux éleveurs de porcs ont chuté de 22,2 % par rapport à 2008 pour s'établir à 143 813 $. Malgré cette baisse, les paiements de programme nets ont épongé la perte du revenu net moyen du marché.

En 2009, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes du secteur porcin se situait entre un déficit de 1 892 $ pour les fermes dont les revenus allaient de 10 000 $ à 49 999 $ et un profit de 55 228 $ pour les fermes ayant gagné des revenus de 500 000 $ ou plus.

Du point de vue de la rentabilité, les fermes d'élevage de porcs ont présenté des marges bénéficiaires qui variaient entre un déficit de 7,0 cents par dollar de revenu pour les fermes ayant affiché des revenus entre 10 000 $ et 49 999 $ et un profit de 19,7 cents par dollar de revenu pour celles dont les revenus se situaient entre 100 000 $ et 249 999 $. Les grandes exploitations (500 000 $ et plus) affichaient des marges d'exploitation qui atteignaient en moyenne 2,4 cents. En 2009, 30,3 % des exploitations porcines ont enregistré une marge d'exploitation négative (-11,3 cents par dollar de revenu en moyenne) comparativement à 31,8 % des fermes en 2008 et à 19,5 % des fermes en 2005. Globalement, les fermes spécialisées dans l'élevage des porcs ont affiché une marge d'exploitation moyenne de 2,8 cents par dollar de revenu, ce qui représente une amélioration par rapport à 2008 alors que celle-ci n'était que de 1,8 cent.

Hausse du bénéfice net d'exploitation moyen pour la plupart des autres types de fermes

À l'exception des fermes dont l'activité principale était la culture de fruits et de noix, les autres types de fermes du secteur de l'horticulture et celles du secteur assujetti à la gestion de l'offre ont affiché une croissance du bénéfice net d'exploitation moyen en 2009.

Secteur assujetti à la gestion de l'offre

Les fermes du secteur de la volaille et des oeufs et les fermes du secteur laitier ont affiché des hausses de leur bénéfice net d'exploitation agricole moyen mais pour des raisons différentes.

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes d'élevage de volailles et de production d'oeufs s'est amélioré pour une troisième année consécutive dans le sillage de la baisse des coûts de production moyens

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes d'élevage de volailles et de production d'oeufs a augmenté pour une troisième année consécutive en 2009, montant de 5,9 % pour atteindre 132 278 $ (tableau explicatif 6). Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen a progressé, car la croissance du revenu net moyen du marché a largement dépassé la baisse des paiements de programme nets moyens. Après rajustement pour la DPA, le bénéfice net d'exploitation moyen a progressé de 9,4 % au cours de la même période pour s'élever à 83 113 $.

Le revenu net moyen du marché a atteint 122 890 $ en 2009, en hausse de 9,6 % par rapport à 2008, car la baisse des coûts de production moyens, notamment les achats de volailles et d'oeufs, les intérêts débiteurs nets et le combustible de chauffage, a annulé la baisse des revenus moyens provenant des ventes de volailles et d'oeufs. L'accroissement des dépenses moyennes pour les aliments pour animaux, pour les cultures, et pour les travaux à forfait et la location de machines a ralenti la progression du revenu net moyen du marché.

Les revenus moyens provenant des ventes de volailles et d'oeufs ont régressé de 0,9 % en 2009 par rapport à 2008, mais cette tendance n'est pas représentative de la hausse observée des revenus totaux provenant de la vente de ces produits, qui ont progressé de 4,1 %. Ce phénomène peut s'expliquer en partie par une plus forte augmentation du nombre de fermes affichant des revenus de 10 000 $ à 249 999 $ (+190 fermes ou +16,1 %) que du nombre de fermes ayant des revenus de 250 000 $ et plus (+20 fermes ou +0,7 %) 36 . Les revenus totaux provenant des volailles et des oeufs ont grimpé dans la foulée de l'augmentation des prix moyens des volailles et des oeufs et de l'intensification des mises en marché des oeufs.

Les paiements de programme nets moyens versés aux fermes d'élevage de volailles et de production d'oeufs ont chuté de 26,5 % de 2008 à 2009 et ont ainsi ralenti la progression du bénéfice net d'exploitation agricole moyen.

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes d'élevage de volailles et de production d'oeufs a affiché une variation se situant entre un déficit de 4 848 $ pour les fermes dont les revenus allaient de 50 000 $ à 99 999 $ et un profit de 236 328 $ pour les fermes de la catégorie de revenu supérieure (500 000 $ et plus).

En 2009, les fermes spécialisées dans l'élevage de volailles et la production d'oeufs ont déclaré une marge d'exploitation moyenne de 12,8 cents par dollar de revenu, ce qui représente une légère amélioration par rapport aux 12,0 cents par dollar de revenu enregistrés en 2008. Les fermes aux revenus compris entre 10 000 $ et 49 999 $ et celles aux revenus compris entre 50 000 $ et 99 999 $ ont éprouvé des difficultés alors qu'elles ont affiché des marges d'exploitation négatives (-12,2 cents par dollar de revenu et -6,4 cents respectivement). Il s'agit de fortes baisses comparativement aux profits de 1,1 cent par dollar de revenu et de 16.4 cents qu'elles avaient enregistrés en 2008. Les fermes ayant affiché des revenus de 250 000 $ à 499 999 $ ont déclaré la marge bénéficiaire moyenne la plus élevée en 2009, soit 14,3 cents par dollar de revenu.

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes du secteur laitier a continué de progresser en 2009

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes ayant pour activité principale l'élevage de bovins laitiers et la production laitière a crû de 2,0 % par rapport à 2008 pour se chiffrer à 105 590 $ en 2009 (tableau explicatif 7). Il a ainsi poursuivi son ascension régulière qui avait débuté en 1996. Après rajustement pour la DPA, le bénéfice net d'exploitation moyen des fermes laitières a régressé pour une deuxième année consécutive. Il a glissé de 1,1 % pour se situer à 55 217 $ en 2009.

Le revenu net moyen du marché des fermes du secteur laitier a augmenté de 0,9 % par rapport à 2008 pour atteindre 96 511 $ en 2009, la progression des revenus moyens tirés de la vente de produits laitiers et, dans une moindre mesure, de la vente de cultures, ayant plus qu'annulé la montée en parallèle des coûts de production moyens. Les dépenses d'exploitation moyennes se sont accrues dans le sillage de l'augmentation des dépenses pour le bétail (principalement les aliments pour animaux, les suppléments, la paille et la litière, et les achats de bovins) et des dépenses générales (principalement les salaires versés, les travaux à forfait et la location de machines, et les dépenses au titre de la commercialisation). La hausse des coûts de production moyens a été atténuée par la diminution des dépenses au titre des intérêts débiteurs nets et au titre du carburant pour les machines, les camions et les automobiles. Les revenus provenant du lait et de la crème ont augmenté à la faveur de l'augmentation des prix moyens et des mises en marché.

Après avoir chuté en 2008, les paiements de programme nets moyens versés aux fermes du secteur laitier ont augmenté de 14,7% en 2009, contribuant ainsi à la hausse du bénéfice net d'exploitation agricole moyen.

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes du secteur laitier variait entre 8 391 $ pour les petites exploitations dont les revenus étaient compris entre 10 000 $ et 49 999 $ et 212 903 $ pour les grandes exploitations ayant des revenus de 500 000 $ et plus.

Dans l'ensemble, la marge d'exploitation moyenne des fermes laitières s'établissait à 21,4 cents par dollar de revenu en 2009, en recul par rapport à 22,1 cents en 2008. Les marges d'exploitation s'échelonnaient à l'intérieur d'une fourchette allant de 20,7 cents par dollar de revenu pour les fermes ayant gagné 500 000 $ et plus à 30,7 cents dans le cas des fermes dont les revenus se situaient entre 10 000 $ et 49 999 $.

Secteur de l'horticulture

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des producteurs de pommes de terre a continué de croître en 2009, en raison de la vigueur des prix

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes productrices de pommes de terre a progressé pour une troisième année consécutive en 2009. Le bénéfice net d'exploitation moyen s'établissait à 198 220 $, en hausse de 20,2 % par rapport à 2008, en raison de la hausse du revenu net moyen du marché (tableau explicatif 8). Le bénéfice net d'exploitation moyen, après rajustement pour la DPA, a bondi de 41,6 % pour atteindre 102 259 $ en 2009.

Le revenu net moyen du marché des fermes productrices de pommes de terre a grimpé de 54,1 % par rapport à 2008 pour atteindre 128 397 $ en 2009, car la hausse des revenus provenant de la vente de pommes de terre a surpassé, à elle seule, l'augmentation des coûts de production, notamment les engrais et la chaux, les pesticides, les semences et les plants, les travaux à forfait et la location de machines, et les salaires versés.

Les revenus provenant des pommes de terre ont grimpé, un repli de la production nord-américaine de pommes de terre à l'automne 2008 ayant fait monter les prix en 2009. De 2007 à 2008, la production annuelle de pommes de terre avait régressé de 5,8 % au Canada 37  et de 6,7 % aux États-Unis 38 . Une réduction de la superficie récoltée et une faible baisse des rendements dans les deux pays s'étaient soldées par un recul de la production. La production automnale aux États-Unis, qui représente environ 91 % de la production annuelle, avait diminué de 6,9 % par rapport à la même période en 2007. Les mises en marché moyennes ont, quant à elles, reculé de 5,5 % en 2009.

Les prix des pommes de terre ont enregistré une hausse de 21,4 % 39  de 2008 à 2009, la tendance à la hausse des variations des prix d'une année à l'autre entamée en mars 2008 s'étant poursuivie en 2009 40 . Parmi les facteurs qui ont contribué à l'augmentation des prix, relevons la hausse des prix contractuels pour la transformation des pommes de terre et les efforts déployés par l'industrie de la pomme de terre pour harmoniser l'offre et la demande afin de réduire les effets néfastes du surapprovisionnement sur les prix du marché. Cette situation a fait en sorte que la superficie ensemencée en pommes de terre est en baisse au Canada depuis 2003. En 2009, la superficie ensemencée a reculé de 2,6 % par rapport à l'année précédente. La réduction de 3,7 % de la superficie récoltée, qui a été légèrement compensée par une hausse de 1,1 % du rendement, s'est soldée par un repli de 2,6 % de la production. De 2003 à 2009, la superficie ensemencée en pommes de terre a régressé de 19,1 %. Aux États-Unis, cependant, la production de pommes de terre a augmenté de 3,9 % en 2009, surtout en raison de meilleurs rendements.

L'expansion de l'industrie de la pomme de terre canadienne présente une corrélation avec la fluctuation du dollar canadien par rapport à la valeur de la devise américaine. Les fluctuations du taux de change et la demande pour des produits congelés ont fortement étayé l'expansion de l'industrie de la pomme de terre canadienne, principalement pour la période de 1993 à 2002, pendant laquelle la valeur du dollar canadien était faible. Depuis 2003, le taux d'expansion a ralenti, en partie à cause de la vigueur du dollar canadien. La baisse de la demande pour des pommes de terre de transformation, l'augmentation des coûts de transport et les programmes de réduction de la superficie sont d'autres facteurs qui sous-tendent ce ralentissement du taux d'expansion 41 .

En 2009, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes de culture de pommes de terre a varié entre un déficit de 1 655 $ pour les exploitations ayant affiché des revenus d'exploitation bruts de 10 000 $ à 49 999 $ et un profit considérable de 345 242 $ pour celles qui ont déclaré des revenus de 500 000 $ et plus.

En 2009, les fermes productrices de pommes de terre ont déclaré une marge d'exploitation moyenne de 17,9 cents par dollar de revenu, en hausse par rapport à 16,9 cents en 2008. Les marges d'exploitation s'échelonnaient entre un déficit de 6,0 cents par dollar de revenu pour les fermes aux revenus compris entre 10 000 $ et 49 999 $ et un profit de 30,0 cents dans le cas des fermes dont les revenus s'établissaient entre 50 000 $ et 99 999 $.

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes spécialisées dans la culture d'autres légumes et de melons a rebondi en 2009, par suite de la hausse des revenus provenant de la vente de légumes

Après avoir fléchi en 2007 et en 2008, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes spécialisées dans la culture d'autres légumes (à l'exception des pommes de terre) et de melons 42  a rebondi en 2009 pour atteindre 52 692 $, en hausse de 28,6 % par rapport à 2008 (tableau explicatif 9). Cette augmentation s'explique par le fait que la hausse vertigineuse du revenu net moyen du marché a fait largement contrepoids à la réduction des paiements de programme nets moyens. Rajusté pour la DPA, le bénéfice net d'exploitation moyen a grimpé de 85,2 % par rapport à 2008 pour se chiffrer à 26 341 $.

Le revenu net moyen du marché des fermes spécialisées dans la culture d'autres légumes et de melons a plus que doublé, ayant fait un bond de 116,0 % pour atteindre 33 579 $ en 2009, car la hausse des revenus provenant des ventes de légumes a amplement suffi à annuler la hausse des dépenses d'exploitation moyennes (principalement les dépenses au titre des cultures, les travaux à forfait et la location de machines, et les salaires versés).

Les revenus moyens réalisés sur la vente de légumes ont augmenté en raison de l'accroissement des revenus pour la plupart des types de légumes, particulièrement la laitue, le maïs sucré, les tomates cultivées en pleine terre, les asperges, les concombres cultivés en pleine terre et les carottes. Une augmentation des prix reçus et des quantités vendues a fait grimper les revenus tirés de la vente d'asperges et de concombres. La hausse des revenus provenant de la vente de maïs sucré et de tomates était attribuable à la hausse des prix, tandis que les revenus de la vente de laitues et de carottes ont augmenté en raison de l'accroissement des mises en marché.

En 2009, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes ayant pour activité principale la culture d'autres légumes et de melons s'échelonnait de 3 496 $ pour les petites exploitations dont les revenus étaient compris entre 10 000 $ et 49 999 $ à 219 539 $ pour les fermes ayant affiché des revenus de 500 000 $ et plus.

En 2009, la marge d'exploitation moyenne des fermes de culture d'autres légumes et de melons s'établissaient à 13,2 cents par dollar de revenu, en hausse par rapport à 10,9 cents en 2008. Les marges d'exploitation s'inscrivaient quelque part entre 9,2 cents par dollar de revenu pour les fermes dont les revenus se situaient entre 250 000 $ et 499 999 $ et 24,7 cents pour les fermes ayant affiché des revenus compris entre 50 000 $ et 99 999 $.

En 2009, les fermes de culture de fruits et de noix ont accusé une baisse de leur bénéfice net d'exploitation agricole moyen pour une deuxième année consécutive

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes dont l'activité principale était la production de fruits et de noix a diminué pour une deuxième année consécutive. Il a affiché une baisse de 29,0 % pour se situer à 22 389 $ en 2009 en raison surtout d'une chute du revenu net moyen du marché (tableau explicatif 10). Une fois rajusté pour la DPA, le bénéfice net d'exploitation a dégringolé de 70,0 % par rapport à 2008 pour se chiffrer à un maigre profit de 4 393 $.

Affectées par la baisse des prix de plusieurs fruits et par l'accroissement des coûts de production (principalement les salaires versés et les dépenses au titre des cultures), les fermes spécialisées dans la culture de fruits et de noix ont vu leur revenu net moyen du marché descendre à 7 646 $ en 2009, un recul de 53,3 % par rapport à 2008.

En 2009, les revenus provenant de la vente de bleuets ont enregistré la diminution la plus importante, suivis par les revenus tirés de la vente de raisins, de canneberges et de pêches. Pour une deuxième année consécutive, les revenus provenant de la vente de bleuets ont régressé le plus à cause d'une chute considérable des prix. L'expansion de la production et de la superficie des bleuets au cours des quelques dernières années, non seulement au Canada et en Amérique du Nord, mais également dans d'autres pays, notamment l'Argentine, le Chili et la Chine, a exercé un effet d'entraînement sur les prix payés aux producteurs, qui ont chuté brutalement depuis 2007. À la suite de l'intensification de la production, on a constaté un renversement de la situation de l'offre et de la demande dans le secteur des bleuets, l'offre rattrapant, voire dépassant la demande tant sur le marché nord-américain qu'étranger 43 . Les revenus provenant de la vente de canneberges ont également régressé en 2009 en raison de la baisse des prix. Tout comme dans l'industrie du bleuet, l'expansion de la production et de la superficie des canneberges s'est poursuivie en 2009. Les industries canadiennes du bleuet et de la canneberge ont continué de bénéficier d'un marché solide. La demande pour les produits à base de bleuets et de canneberges a monté en flèche par suite de solides campagnes de marketing et d'études scientifiques qui ont révélé les bienfaits de ces fruits pour la santé, et qui ont contribué à accroître la prise de conscience des consommateurs et l'intérêt qu'ils portent à ces produits.

Les revenus provenant de la vente de raisins et de pêches ont diminué en raison d'un recul des prix et d'un ralentissement des mises en marché. La production de ces fruits a diminué en 2009. La superficie consacrée à la production de pêches a régressé, en partie en raison des programmes de replantation et de transition dans certaines provinces 44 . La superficie consacrée à la production de raisins au Canada a augmenté de plus de 17 % entre 2005 et 2009 45 , le succès des établissements vinicoles canadiens au cours des dernières années ayant contribué à bâtir la réputation du Canada quant à la production de vins reconnus à l'échelle internationale 46 . Toutefois, les producteurs de raisins de l'Ontario ont enregistré une chute de 22,7 % de la production en 2009. La saison de croissance en Ontario a été marquée par des températures plus froides que la moyenne et par des précipitations plus importantes que la normale. Un retard dans la croissance des fruits et un gel précoce ont entraîné la baisse de la production 47 .

En 2009, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes spécialisées dans la culture de fruits et de noix a varié entre un déficit de 3 279 $ pour les fermes dont les revenus se situaient entre 10 000 $ et 49 999 $ et un profit de 190 274 $ pour celles ayant affiché des revenus de 500 000 $ et plus. Du point de vue de la rentabilité, les fermes de ces deux groupes ont déclaré la marge d'exploitation moyenne la plus faible (-12,8 cents par dollar de revenu pour les fermes aux revenus compris entre 10 000 $ et 49 999 $) et la plus élevée (14,6 cents par dollar de revenu pour les fermes aux revenus de 500 000 $ et plus). Dans l'ensemble, la marge d'exploitation moyenne des fermes de culture de fruits et de noix était de 10,1 cents par dollar de revenu, soit 4,1 cents de moins qu'en 2008.

Le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des exploitations spécialisées dans la culture en serre et en pépinière et dans la floriculture a poursuivi sa progression en 2009

Après avoir rebondi en 2008 grâce aux paiements de programme versés aux producteurs, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des exploitations dont l'activité principale était la culture en serre et en pépinière et la floriculture a poursuivi sa lancée en 2009, cette fois grâce au revenu net moyen du marché. Le bénéfice net d'exploitation moyen a grimpé de 28,7 % par rapport à 2008 pour s'élever à 104 968 $ (tableau explicatif 11). Une fois rajusté pour la DPA, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen a progressé de 75,9 % par rapport à 2008 pour se situer à 44 398 $ en 2009.

Le revenu net moyen du marché a augmenté de 75,6 % par rapport à 2008 pour atteindre 73 982 $ en 2009. La croissance des revenus moyens tirés des produits de serre, de pépinière et de floriculture a largement effacé la faible hausse des dépenses d'exploitation moyennes, qui était due principalement aux dépenses au titre des cultures (notamment les semences et les plants, les conteneurs, et les engrais et la chaux). La diminution des dépenses pour le combustible de chauffage, les intérêts débiteurs nets, les pesticides et le carburant pour les machines a freiné la hausse des dépenses d'exploitation moyennes. La hausse des revenus provenant des produits a été étayée principalement par l'augmentation des revenus provenant des produits de floriculture et de serre, notamment les tomates et les concombres.

En 2009, le bénéfice net d'exploitation agricole moyen des fermes spécialisées dans la culture en serre et en pépinière et dans la floriculture a varié entre un déficit de 721 $ pour les fermes de la catégorie de revenu inférieure (10 000 $ à 49 999 $) et un profit considérable de 306 794 $ pour les fermes de la catégorie de revenu supérieure (500 000 $ et plus).

Du point de vue de la rentabilité, les fermes gagnant de 10 000 $ à 49 999 $ en revenus ont déclaré la marge d'exploitation moyenne la plus faible (-2,9 cents par dollar de revenu). Les fermes ayant affiché des revenus de 50 000 $ à 99 999 $ ont déclaré la marge d'exploitation moyenne la plus élevée (19,0 cents par dollar de revenu). Dans l'ensemble, la marge d'exploitation moyenne des exploitations de culture en serre et en pépinière et de floriculture se chiffrait à 10,8 cents par dollar de revenu en 2009, en hausse par rapport à 8,7 cents en 2008.