Article
L'entreposage des fumiers au Canada
Introduction
Entreposage des fumiers et l’environnement
Types d’installations d’entreposage des
fumiers
Installations d’entreposage des fumiers sur
les fermes canadiennes
Résumé
Introduction
Cet article est le premier d'une série d'études intitulée
Gestion environnementale des fermes au Canada. La série
a pour objectif de publier les résultats de l'Enquête sur la gestion
agroenvironnementale de 20011 (EGA).
La série présente de l'information sur les pratiques agricoles
employées dans les fermes canadiennes par rapport à plusieurs
aspects agroenvironnementaux, comme les pratiques de gestion des fumiers, de
l'eau, des intrants chimiques, et les pratiques de gestion durable des sols.
Ce premier article décrit les caractéristiques des installations
d’entreposage des fumiers dans les fermes canadiennes en 2001. La discussion
porte plus particulièrement sur l’entreposage des fumiers des
bovins laitiers, des bovins de boucherie et des porcs qui, collectivement,
produisent la plus grande partie du fumier dans les fermes canadiennes.2 La
forme d’entreposage des fumiers varie selon la province en fonction de
l'importance relative des productions animales, des caractéristiques
des systèmes de production et des conditions environnementales dans
lesquelles ces systèmes ont évolué. Bien que l'analyse
mette surtout l’accent sur l'aspect national, elle couvre aussi certains
points saillants à l’échelon provincial (voir également
Tableaux de données). Par ailleurs, des données provinciales sont disponibles
sur demande pour une analyse plus approfondie.
L’analyse porte aussi sur certaines caractéristiques clés
des installations d’entreposage, comme les matériaux de construction
employés, la capacité, la distance des sources d'eau et l'adoption
des meilleures pratiques de gestion.
Remarque à l'intention des lecteurs :
Les lecteurs devraient prendre note que les résultats de
l’EGA sont insuffisants pour évaluer les risques environnementaux.
L’information recueillie par l’EGA vise à fournir
une description de l’ensemble des diverses pratiques agricoles
qui ont une incidence sur l’environnement. Des informations
additionnelles ainsi qu’une analyse plus exhaustive sont
requises pour apprécier pleinement le degré d’adoption
des pratiques de gestion agroenvironnementale par les producteurs,
et pour connaître leur impact (positif ou négatif)
sur l’environnement. Les lecteurs sont donc invités à faire
preuve de prudence dans l’interprétation des résultats
de l’EGA.
Dans une enquête précédente, l'Enquête
sur la gestion des intrants agricoles (EGIA) de 1995, des informations
similaires ont été recueillies relativement aux systèmes
d’entreposage des fumiers au Canada. Toutefois, les résultats
de l’EGA et l’EGIA ne sont pas directement comparables à cause
des différences touchant la conception de l'enquête,
la taille de l'échantillon et la formulation des questions. |
Entreposage des fumiers et l’environnement
Le Canada est un pays qui possède de vastes terres agricoles, d’abondantes
ressources hydriques et des régions agricoles productives. Pour ces
raisons, le Canada est devenu un grand producteur de bétail et de produits
d'origine animale. Selon les inventaires du bétail au 1er juillet 20013 , on évaluait le cheptel canadien à 15,4 millions de têtes
de bovins, dont 1,6 million de vaches et de taures laitières. De plus,
il y avait environ 1,2 million de moutons et d'agneaux, environ 14 millions
de porcs4 et 609 millions de poulets à griller.5 En outre, 26,3 millions
de poules pondeuses approvisionnent le pays en œufs.6 On dénombrait également
461 000 chevaux et poneys, 183 000 chèvres, 145 000 bisons, 128 000 élans
et cerfs, 8,1 millions de dindons et dindes, 5,3 millions de volailles de spécialité (surtout
des canards et des oies), 1,3 million de visons, 256 000 lapins et un vaste éventail
d'autres animaux qui fournissent une grande variété de viandes
et de produits d'origine animale. L'industrie du bétail est un secteur
important de l'agriculture canadienne; elle a généré des
recettes de 18,9 milliards de dollars en 2001, contribuant ainsi à 57,9
% des recettes monétaires agricoles totales (excluant les paiements
de programmes).
Les préoccupations à l'égard de la santé et de
l'environnement liées au fumier augmentent à mesure que l'industrie
du bétail prend de l'expansion et s'intensifie. C'est particulièrement
vrai lorsque le bétail est produit en grand nombre dans des aires confinées,
comme dans les parcs d'engraissement de bovins, les porcheries ou les poulaillers
qui abritent des élevages intensifs. Le fumier est perçu comme
une source potentielle de pollution de l'air et de l'eau, d'où l'adoption
de réglementations plus strictes sur l'emplacement des exploitations
d'élevage et sur l’entreposage ou la manutention des fumiers dans
diverses provinces et municipalités.
Face aux préoccupations grandissantes et aux nouveaux règlements,
les producteurs adoptent de plus en plus des pratiques et des technologies
agricoles qui visent à réduire les risques liés à l’entreposage
et à la manutention des fumiers, tout en utilisant davantage les éléments
nutritifs des fumiers.
Selon les meilleures pratiques de gestion (MPG)7 pour l’entreposage des
fumiers, un bon système devrait empêcher le ruissellement, protéger
les eaux souterraines et de surface, réduire les odeurs et la pollution
de l'air, fournir une capacité d’entreposage suffisante jusqu'à l'épandage
sécuritaire au champs et réduire les pertes d’éléments
nutritifs pendant l’entreposage. Toutes les méthodes d’entreposage
des fumiers, que ce soit pour le fumier liquide ou pour le fumier solide ou
semi-solide, comportent des MPG qui leur sont propres pour tenter de réduire
les risques pour l'environnement. Les agriculteurs doivent tenir compte de
plusieurs facteurs pour choisir l’installation la plus appropriée,
comme les coûts, l'efficacité, la teneur en eau du fumier, la
capacité des installations de satisfaire aux besoins actuels et futurs
et l'emplacement de l’installation d’entreposage par rapport aux
cours d'eau, aux puits ou aux résidences des voisins, et cela en prenant également
en compte la réglementation locale.
Types d’installations d’entreposage des fumiers
Les installations d’entreposage des fumiers ont évolué avec
le temps par suite de l'apparition d’exploitations d'élevage plus
grandes et plus intensives, de percées technologiques et des pressions
populaires en faveur d'une production agricole respectueuse de l'environnement.
Plusieurs choix s'offrent aux agriculteurs canadiens pour entreposer le fumier
sur leur exploitation. Certaines options réduisent plus efficacement
les risques pour l'environnement que d'autres. Cet éventail de possibilités
correspond aux différents types d’animaux élevés
et aux systèmes de production en place. Il y a deux types fondamentaux
d’installations d’entreposage :
les installations d’entreposage de fumier liquide (comme les fosses à parois
de béton, les citernes en acier et les citernes fabriquées d'autres
matériaux; avec ou sans couvercle; sous le bâtiment ou à l'extérieur;
les fosses en terre, les lagunes avec ou sans revêtement);
les installations d’entreposage de fumier solide (comme le fumier en
litière accumulé dans une étable, le fumier entreposé à l’extérieur
en tas au sol ou sur une dalle de béton; à couvert ou à découvert;
avec ou sans retenue de l’écoulement).
La teneur en matières solides des fumiers est généralement
inférieure à 5 % pour le fumier liquide, entre 5 % et 20 % pour
le fumier semi-solide (incluant le lisier pâteux) et plus de 20 % pour
le fumier solide. La teneur en eau du fumier tel qu'excrété (urine
et excréments) varie de 75 % chez la volaille à 85 % chez le
porc. Ces proportions varient selon la quantité d'eau ou de litière
qu’on y ajoute et son degré de séchage. Le fumier solide
contient de la litière et s’écoule peu. On peut donc l’entasser
et le manipuler comme un produit en vrac. Le fumier liquide contient peu de
litière, ou pas du tout, et sa teneur en eau dépasse 88 %. L'encadré 1
renferme quelques exemples d’installations d’entreposage pour divers
modèles de production et divers types de fumiers.
Encadré 1. Exemples d’installations d’entreposage
de fumier liquide et de fumier solide
Les installations d’entreposage de fumier liquide sont utilisées
surtout pour les animaux confinés et dont le fumier a une teneur en
eau élevée. Par conséquent, on les trouve en général
dans l'industrie porcine. Les installations d’entreposage de fumier solide
sont grandement répandues dans les élevages de bovins de boucherie
où les animaux passent une grande partie de leur temps à l'extérieur.
Les installations d’entreposage du fumier solide sont courantes dans
l'industrie laitière, quoique les installations d’entreposage
de fumier semi-solide et liquide soient fréquemment utilisées
dans ce secteur.
Installations d’entreposage des fumiers sur les fermes canadiennes
Types d’installations
Utilisation d’installations d’entreposage
des fumiers liquide et solide ou semi-solide
Différences régionales
Matériaux de construction
Capacité d'entreposage de fumier liquide
Proximité des installations d'entreposage
de fumier des sources d'eau
Meilleures pratiques de gestion (MPG)
Types d’installations
Les résultats de l'EGA montrent qu'en 2001, la plupart des exploitations
ayant du bétail (68,8 %) avaient des installations d’entreposage
de fumier solide ou semi-solide (tableau 1). Une faible proportion (7 %) des
fermes employaient à la fois des installations pour fumier solide et
des installations pour fumier liquide. Il faut souligner la proportion (24,2
%) des exploitations ayant du bétail qui n'avaient pas d’installation
d’entreposage de fumier. Ces exploitations élèvent des
animaux à l’extérieur, à longueur d'année,
ou épandent le fumier directement sans l’entreposer.
En 2001, 16 885 exploitations ayant du bétail (14 %) employaient des
installations d’entreposage de fumier liquide et 83 225 (68,8 %), des
installations d’entreposage de fumier solide ou semi-solide (tableau
1).
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Fermes élevant
du bétail selon les installations d'entreposage de fumier, Canada,
2001 |
Parmi les fermes munies de l’un ou l’autre des systèmes
d’entreposage des fumiers (liquide, solide ou semi-solide), celles élevant
des porcs rapportaient la plus forte proportion (65,7 %) de structures d’entreposage
du fumier liquide (tableaux 3, 4 et 5). En comparaison, les fermes élevant
des bovins laitiers rapportaient 31% de ces structures d’entreposage.
Par ailleurs, la quasi totalité des fermes élevant des bovins
de boucherie entreposaient le fumier à l’état solide.
Utilisation d’installations d’entreposage des fumiers
liquide et solide ou semi-solide
La proportion du cheptel élevé avec l'une ou l'autre installation
est plus révélatrice que le nombre d’exploitations. En
2001, les fumiers de 42,7 % des bovins laitiers, de 6,1 % des bovins de boucherie
et de 85,7 % des porcs étaient entreposés à l’état
liquide (tableau 2). L’entreposage de fumier solide demeure le système
d’entreposage dominant pour les bovins de boucherie (figure 1). Les installations
d’entreposage du fumier solide ou semi-solide prédominaient (57,3
%) également dans l’élevage des bovins laitiers, bien que
ce cheptel utilise une forme ou une autre d’entreposage de fumier liquide
dans une proportion appréciable. Dans les élevages de bovins,
l’installation la plus utilisée demeure un tas de fumier au sol,
sans abri, qu'on utilisait pour 20,5 % des bovins laitiers et 47,1 % des bovins
de boucherie. Pour le porc, l’installation d’entreposage la plus
courante était le réservoir à découvert (30,4 %).
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Installations d'entreposage
de fumier selon le type de bétail, Canada, 2001 |
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Figure 1 : Entreposage des
fumiers liquids et solide ou semi-solide selon le type de bétail,
Canada, 2001 |
Bovins laitiers
En 2001, on utilisait des installations d’entreposage de fumier liquide
pour 42,7 % des bovins laitiers et des installations d’entreposage de
fumier solide ou semi-solide pour 57,3 % de ces bovins (tableau 2). Un tas
de fumier au sol, sans abri, était la méthode d’entreposage
du fumier solide ou semi-solide la plus courante (20,5 %), suivi du système
de dalle à découvert avec retenue de l’écoulement
(12,3 %). Les réservoirs à découvert (17,2 %) et les lagunes
sans revêtement (11,9 %) étaient les méthodes d’entreposage
de fumier liquide les plus courantes pour les bovins laitiers.
Bovins de boucherie
Dans la production de bovins de boucherie, on trouve un éventail de
systèmes de production allant de petites exploitations de vache-veau
en pâturage libre à de grands parcs d'engraissement intensifs.
Les producteurs de bœuf utilisent rarement des installations d’entreposage
et de manutention de fumier liquide parce que le fumier de bovins a une teneur
en eau relativement faible et que les animaux sont habituellement élevés à l'extérieur. À l’échelon
national, 93,9 % des bovins de boucherie élevés sur des fermes
munies de système d’entreposage des fumiers utilisaient des installations
d’entreposage du fumier solide (tableau 2) en 2001. La méthode
d’entreposage de fumier solide la plus répandue en production
bovine était le tas de fumier au sol, sans abri (47,1 %), suivi de l’accumulation
du fumier en litière accumulée dans une étable ou un enclos
(30,7 %).
Porcs
Les fermes porcines constituent les fermes d’élevage les plus
munies d’installations d’entreposage de fumier liquide. Cette forme
d’entreposage a été utilisée pour 85,7 % des porcs
en 2001 (tableau 2). Les installations avec réservoir prédominent
dans la production porcine. Plus de la moitié des porcs étaient élevés
dans des exploitations munies de l’un ou l’autre système
de réservoir, soit les réservoirs à découvert (30,4
% des porcs), les réservoirs sous caillebotis (21,2 %) ou les réservoirs à couvert
scellé (5,2 %). Environ le quart des porcs étaient élevés
dans des exploitations munies de lagunes, que ce soit des lagunes sans revêtement
(12,4 %) ou avec revêtement (11,7 %).
Taille de l'exploitation
La taille de l'exploitation est une variable importante dans l’analyse
des systèmes d’entreposage de fumier puisque les grandes exploitations
font généralement face à des pressions sociales plus fortes
et des réglementations plus sévères concernant la gestion
des fumiers. Dans l'analyse, les fermes ayant des bovins laitiers, des bovins
de boucherie et des porcs sont divisées en petites et grandes exploitations,
en fonction du nombre d'animaux.
Selon les données de l'EGA présentées au tableau 3, les
fermes ayant 47 vaches et taures laitières ou plus7 déclaraient
une proportion plus élevée (35,7 %) d’installations d’entreposage
de fumier liquide que les fermes ayant un plus petit troupeau laitier (6,8
%). Cependant, les installations d’entreposage de fumier solide ou semi-solide
prédominent dans les fermes laitières, peu importe la taille
de leur troupeau. En ce qui concerne les fermes ayant un petit ou un grand
cheptel de bovins, la forme d’entreposage la plus utilisée était
le tas de fumier au sol, sans abri (tableau 4). Pour les fermes ayant des porcs,
la grande majorité des installations d’entreposage de fumier liquide
(84,6%) se trouvaient sur des fermes ayant un troupeau de grande taille (566
porcs ou plus) tandis que 56,2 % des installations d’entreposage de fumier
solide se trouvaient sur des fermes ayant un plus petit troupeau (tableau 5).
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Installations d'entreposage
de fumier dans les fermes laitières, selon la taille du troupeau,
Canada, 2001 |
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Installations d'entreposage
de fumier dans les fermes bovines, selon la taille du troupeau, Canada,
2001 |
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Installations d'entreposage
de fumier dans les fermes porcines, selon la taille du troupeau, Canada,
2001 |
Différences régionales
On observe des différences importantes d'une province à l'autre
quant à la proportion de fermes qui utilisent des systèmes d’entreposage
de fumier liquide, par rapport à solide et semi-solide. Ces différences
s’expliquent surtout par les élevages différents qu'on
y pratique, par l'intensité de la production du bétail et par
la réglementation locale en matière d'environnement. De toutes
les provinces, le Québec affichait la proportion la plus élevée
d'exploitations agricoles possédant des installations d'entreposage
de fumier liquide (36,2 %) en raison de l'importance des productions porcine
et laitière. Par contre, l'Alberta et la Saskatchewan avaient la proportion
la plus faible de fermes entreposant du fumier liquide, soit 4,5 % et 2,1 %
respectivement (tableau 6 et figure 2). Par ailleurs, la Saskatchewan (63,1
%), l'Alberta (55,7 %) et la Colombie-Britannique (51,4 %) avaient les proportions
les plus faibles de fermes entreposant du fumier solide ou semi-solide, tandis
que les provinces de l’Atlantique avaient les proportions les plus élevées,
soit 87,4 % des fermes ayant du bétail dans l’ensemble de cette
région.
La Colombie-Britannique, l’Alberta et la Saskatchewan affichaient les
proportions les plus élevées de fermes sans installation d’entreposage
de fumier, soit 43,2%, 42,6% et 35,6% respectivement. Il est à noter
que l’Alberta et la Saskatchewan sont aussi les provinces où le
nombre de fermes de bovins de boucherie est le plus élevé au
Canada. L'absence d'installation d'entreposage de fumier pourrait s'expliquer
par le fait que bon nombre d'entreprises de vache-veau élèvent
leurs animaux à l'extérieur tout au long de l’année,
en pâturage libre. Ces exploitations n'auraient habituellement pas besoin
d'installations d'entreposage de fumier.
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Fermes élevant
du bétail selon le type de fumier entreposé, Canada et
provinces, 2001 |
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Figure 2. Installations d’entreposage
de fumier dans les fermes élevant du bétail, Canada et
provinces, 2001 |
La figure 2 montre des différences importantes d'une province à l'autre
quant à la proportion des exploitations utilisant des installations
d'entreposage de fumier liquide par rapport à des installations de fumier
solide ou semi-solide. Toutefois, lorsqu'on compare les proportions selon les
types de bétail et leur nombre, les différences entre les provinces
n’étaient pas aussi marquées (figures 3 à 5). Par
exemple, la production laitière utilisait desinstallations d'entreposage
de fumier solide ou semi-solide plus fréquemment que des installations
d'entreposage de fumier liquide, et cela dans toutes les provinces, sauf en
Colombie-Britannique et à Terre-Neuve-et-Labrador. Dans chaque province,
la production de bovins de boucherie utilisait surtout des installations d'entreposage
de fumier solide ou semi-solide tandis que la production porcine utilisait
surtout des installations d'entreposage de fumier liquide.
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Figure 3. Installations d’entreposage
de fumier utilisées par les bovins laitiers, Canada et provinces,
2001 |
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Figure 4. Installations d’entreposage
de fumier utilisées par les bovins de boucherie, Canada et provinces,
2001 |
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Figure 5. Installations d’entreposage
de fumier utilisées par les porcs, Canada et provinces, 2001 |
Matériaux de construction
On emploie plusieurs matériaux différents dans la construction
d'installations d'entreposage de fumier liquide. Il s'agit d'un point important à considérer
dans l'évaluation des risques environnementaux liés à ces
installations parce que certains matériaux assurent une meilleure retenue
que d'autres. Au Canada, les installations qui ont un fond et des parois de
béton se retrouvaient sur la plupart des fermes (77,2 %) entreposant
du fumier liquide (tableau 7). Les installations faites de terre compactée
se retrouvaient sur 26,1 % des fermes entreposant du fumier liquide. Les réservoirs
en acier se retrouvaient sur 7,6 % des fermes entreposant du fumier liquide,
tandis que les installations construites avec des matériaux nouveaux,
et plus particulièrement les géomembranes, ne se retrouvaient
que sur 0,6 % de ces fermes.
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Matériaux
de contruction employés pour le fond et les parois des installations
d'entreposage de fumier liquide, Canada, 2001 |
En ce qui concerne la couverture des installations d'entreposage de fumier
liquide, 75,7 % des exploitations possédant ce genre d'installations
n’avaient ni couverture ni toiture en 2001 (tableau 8). Dans l'ensemble,
28,2 % des fermes qui entreposaient du fumier liquide avaient des installations
couvertes de diverses façons, réduisant ainsi les risques environnementaux
comme les odeurs, les émissions de gaz à effet de serre et les
débordements causés par des précipitations abondantes.
La plupart de ces fermes (22,5 %) étaient munies d'une couverture rigide
et permanente sur leurs installations d’entreposage du fumier liquide.
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Toiture ou couverture
sur les installations d'entreposage de fumier liquide, Canada, 2001 |
Capacité d'entreposage de fumier liquide
La capacité des installations d'entreposage de fumier liquide est aussi
un facteur important pour évaluer les risques environnementaux. Une
capacité plus grande réduit la nécessité de faire
l'épandage du fumier liquide dans des conditions peu propices, comme
au cours de l'hiver, et elle facilite l'utilisation des éléments
nutritifs du fumier à une étape plus favorable de la croissance
des cultures.
La plupart des fermes munies d’installations de fumier liquide avaient
une capacité d’entreposage dépassant 250 jours (tableau
9). En 2001, 9 360 de ces exploitations (54,9 %) avaient une capacité d’entreposage
de 251 jours ou plus. Par ailleurs, 1 690 exploitations (9,9 %) possédant
des installations d'entreposage de fumier liquide avaient une capacité d'entreposage
de plus de 400 jours. Cependant, une petite proportion (8,2 %) avaient une
capacité d'entreposage de 100 jours ou moins.
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Capacité d'entreposage
du fumier liquide, Canada, 2001 |
En ce qui concerne les fermes porcines au Canada, près des deux tiers
(65,1 %) des plus grandes fermes (1 595 porcs ou plus) avaient une capacité d'entreposage
de plus de 250 jours, comparativement à 41,3 % des fermes ayant moins
de 566 porcs, comme on peut le voir au tableau 10.
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Capacité d'entreposage
du fumier liquide sur les fermes porcines, Canada, 2001 |
Proximité des installations d'entreposage de fumier des sources
d'eau
La proximité des installations d'entreposage de fumier des sources
d'eau pourrait être un facteur important pour évaluer les risques
environnementaux de contamination de l'eau par l’écoulement ou
un autre problème de retenue des fumiers. Cependant, il y a d'autres
facteurs importants à considérer, comme l'âge et l'état
des installations, le type de sol, la texture du sol, la pente du terrain,
et la présence de structures de retenue.
En général, les installations d'entreposage de fumier étaient
bien à l'écart des sources d'eau, même si les installations
d'entreposage de fumier liquide en étaient un peu plus près.
La grande majorité des installations d’entreposage des fumiers
(liquide et solide ou semi-solide) étaient situées à plus
de 30 mètres (100 pieds) des sources d’eau (tableau 11).
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Proximité des
installations d'entreposage de fumier des sources d'eau, Canada, 2001 |
Meilleures pratiques de gestion (MPG)
La question de l'entreposage adéquat du fumier est étroitement
liée à l'adoption de MPG. À l'échelon national,
52,5% des répondants possédant des installations d'entreposage
de fumier liquide considéraient qu’ils avaient entièrement
mis en œuvre les MPG en matière de gestion des fumiers sur leur
exploitation (figure 6). Pour les répondants possédant des installations
d'entreposage de fumier solide ou semi-solide, la proportion était de
26,2%.
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Figure 6. Meilleures pratiques
de gestion (MPG) du fumier, Canada, 2001 |
Par ailleurs, les répondants de 23,3% des exploitations possédant
des installations d'entreposage de fumier liquide ont déclaré ne
pas être familiers avec les MPG en matière de gestion des fumiers
dans leur région. Pour les répondants possédant des installations
d'entreposage de fumier solide ou semi-solide, cette proportion était
plus élevée, soit 44,4%.
Les exploitations ayant des installations d'entreposage de fumier liquide
semblent afficher de meilleurs résultats que les exploitations ayant
des installations d'entreposage de fumier solide ou semi-solide. Ce résultat
est prévisible, compte tenu des procédures de gestion et de contrôle
plus rigoureuses que nécessitent les installations d'entreposage de
fumier liquide.
Résumé
Cet article fait le point sur les pratiques d’entreposage des fumiers
dans les fermes ayant du bétail au Canada, en 2001. Un résumé des
résultats est présenté ci-dessous.
Les résultats de l'EGA montrent que plus des deux tiers (68,8%) des
exploitations ayant du bétail au Canada possédaient une installation
d'entreposage de fumier solide ou semi-solide en 2001, tandis que 14 % possédaient
une installation d'entreposage de fumier liquide. Par ailleurs, 24,2 % des
exploitations ayant du bétail n'étaient munies d’aucune
installation d'entreposage de fumier.
Le type d'installation d'entreposage varie beaucoup selon le type de bétail
et la taille de l’exploitation. Lorsqu'on compare la proportion des animaux
pour chaque type d’installation, plutôt que la proportion des exploitations,
on constate qu'on utilisait une installation d'entreposage de fumier liquide
pour 85,7 % des porcs et 42,7 % des bovins laitiers.
Les élevages de bovins de boucherie munis d’installations d'entreposage
de fumier utilisaient presque exclusivement des installations d'entreposage
de fumier solide. À l'échelon national, 93,9% des bovins de boucherie élevés
dans des exploitations munies d’installations d'entreposage des fumiers
utilisaient des installations de fumier solide.
Dans les secteurs laitier et porcin, les fermes ayant de plus grands troupeaux
avaient une proportion plus élevée d'installations d'entreposage
de fumier liquide tandis que les fermes ayant de plus petits troupeaux avaient
une proportion plus élevée d'installations d'entreposage de fumier
solide.
À l'échelon provincial, le Québec affichait la proportion
la plus élevée d’exploitations utilisant des installations
d'entreposage de fumier liquide (36,2%). Les provinces de l’Atlantique
affichaient la proportion la plus élevée d’exploitations
possédant des installations d'entreposage de fumier solide ou semi-solide
(87,4 %). L'Alberta et la Saskatchewan avaient les proportions les plus faibles
d'installations d'entreposage du fumier liquide (4,5 % et 2,1 % respectivement);
elles comptaient également parmi les provinces ayant les plus faibles
proportions d'installations d'entreposage de fumier solide ou semi-solide (55,7
% et 63,1 % respectivement). Les trois provinces les plus à l'ouest
avaient la proportion la plus élevée de fermes élevant
des animaux sans installation d'entreposage de fumier.
Plusieurs caractéristiques des installations d'entreposage des fumiers – par
exemple les matériaux de construction, la couverture de l’installation,
la proximité de sources d'eau, la capacité d’entreposage – sont
des facteurs importants pour évaluer les risques environnementaux liés à ces
installations. Les points saillants de ces caractéristiques sont les
suivants :
84,8 % des exploitations possédant des installations d'entreposage
de fumier liquide au Canada déclaraient que ces installations sont fabriquées
de béton ou d'acier. Le béton était le matériau
le plus fréquemment utilisé pour le fond et les parois des installations
d'entreposage de fumier liquide puisque 77,2 % des fermes l’ont utilisé;
75,7 % des exploitations possédant des installations d'entreposage
de fumier liquide n'avaient ni toiture ni couverture sur leur installation;
la grande majorité des fermes munies d’installations d'entreposage
de fumier (liquide et solide ou semi-solide) étaient situées à plus
de 30 mètres (100 pieds) des sources d’eau;
la plupart des fermes munies d’installations d’entreposage de
fumier liquide avaient une capacité d’entreposage dépassant
250 jours.
L’entreposage des fumiers est un aspect important de la gestion des
fumiers. Cependant, la gestion des fumiers englobe un vaste éventail
de pratiques agricoles, selon le type d'animaux élevés, la capacité financière
et les conditions agronomiques qui varient d'une région à l'autre.
Nous décrirons dans le prochain article de la série Gestion environnementale
des fermes au Canada d'autres pratiques agricoles concernant la gestion des
fumiers, telles que l’application et le traitement des fumiers.
1. Statistique Canada a mené l'EGA en mars 2002 pour le compte d'Agriculture
et Agroalimentaire Canada.
L'EGA fournit une large couverture des pratiques de gestion agricole qui ont
trait à des préoccupations environnementales dans tous les secteurs
de l'agriculture canadienne.
Les lecteurs qui voudraient en savoir plus sur la méthodologie employée
pour l'EGA pourront consulter l’annexe 1.
2. Cet article n'examine pas les installations d’entreposage
de fumier pour
la volaille et les autres élevages en raison des limitations des données.
3. Statistique Canada, Statistiques de bovins, vol. 2,
n°1, 2003, n° 23-012-XIF
au catalogue.
4. Statistique Canada, Statistiques de porcs, vol. 2, n° 2,
2003, n° 23-010-XIF
au catalogue.
5. Statistique Canada, Production de volailles et œufs,
2002, n° 23-202-XIB
au catalogue.
6. Source : Statistique Canada, Recensement de l'agriculture
de 2001.
7. Par meilleure pratique de gestion, on entend une pratique
de production ou de
gestion agricole qui contribuera à réduire les risques pour l'environnement
ou à tirer des avantages environnementaux de l'agriculture.
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