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Gestion agroenvironnementale au Canada

21-021-MIF
Volume 2003, numéro 1

L'entreposage des fumiers au Canada

Faits saillants

Article

Tableaux de données et graphiques

Méthodologie

Version PDF

Article

L'entreposage des fumiers au Canada

Introduction
Entreposage des fumiers et l’environnement
Types d’installations d’entreposage des fumiers
Installations d’entreposage des fumiers sur les fermes canadiennes
Résumé

Introduction

Cet article est le premier d'une série d'études intitulée Gestion environnementale des fermes au Canada. La série a pour objectif de publier les résultats de l'Enquête sur la gestion agroenvironnementale de 20011 (EGA).

La série présente de l'information sur les pratiques agricoles employées dans les fermes canadiennes par rapport à plusieurs aspects agroenvironnementaux, comme les pratiques de gestion des fumiers, de l'eau, des intrants chimiques, et les pratiques de gestion durable des sols.

Ce premier article décrit les caractéristiques des installations d’entreposage des fumiers dans les fermes canadiennes en 2001. La discussion porte plus particulièrement sur l’entreposage des fumiers des bovins laitiers, des bovins de boucherie et des porcs qui, collectivement, produisent la plus grande partie du fumier dans les fermes canadiennes.2 La forme d’entreposage des fumiers varie selon la province en fonction de l'importance relative des productions animales, des caractéristiques des systèmes de production et des conditions environnementales dans lesquelles ces systèmes ont évolué. Bien que l'analyse mette surtout l’accent sur l'aspect national, elle couvre aussi certains points saillants à l’échelon provincial (voir également Tableaux de données). Par ailleurs, des données provinciales sont disponibles sur demande pour une analyse plus approfondie.

L’analyse porte aussi sur certaines caractéristiques clés des installations d’entreposage, comme les matériaux de construction employés, la capacité, la distance des sources d'eau et l'adoption des meilleures pratiques de gestion.


Remarque à l'intention des lecteurs :

Les lecteurs devraient prendre note que les résultats de l’EGA sont insuffisants pour évaluer les risques environnementaux. L’information recueillie par l’EGA vise à fournir une description de l’ensemble des diverses pratiques agricoles qui ont une incidence sur l’environnement. Des informations additionnelles ainsi qu’une analyse plus exhaustive sont requises pour apprécier pleinement le degré d’adoption des pratiques de gestion agroenvironnementale par les producteurs, et pour connaître leur impact (positif ou négatif) sur l’environnement. Les lecteurs sont donc invités à faire preuve de prudence dans l’interprétation des résultats de l’EGA.

Dans une enquête précédente, l'Enquête sur la gestion des intrants agricoles (EGIA) de 1995, des informations similaires ont été recueillies relativement aux systèmes d’entreposage des fumiers au Canada. Toutefois, les résultats de l’EGA et l’EGIA ne sont pas directement comparables à cause des différences touchant la conception de l'enquête, la taille de l'échantillon et la formulation des questions.

Entreposage des fumiers et l’environnement

Le Canada est un pays qui possède de vastes terres agricoles, d’abondantes ressources hydriques et des régions agricoles productives. Pour ces raisons, le Canada est devenu un grand producteur de bétail et de produits d'origine animale. Selon les inventaires du bétail au 1er juillet 20013 , on évaluait le cheptel canadien à 15,4 millions de têtes de bovins, dont 1,6 million de vaches et de taures laitières. De plus, il y avait environ 1,2 million de moutons et d'agneaux, environ 14 millions de porcs4 et 609 millions de poulets à griller.5 En outre, 26,3 millions de poules pondeuses approvisionnent le pays en œufs.6 On dénombrait également 461 000 chevaux et poneys, 183 000 chèvres, 145 000 bisons, 128 000 élans et cerfs, 8,1 millions de dindons et dindes, 5,3 millions de volailles de spécialité (surtout des canards et des oies), 1,3 million de visons, 256 000 lapins et un vaste éventail d'autres animaux qui fournissent une grande variété de viandes et de produits d'origine animale. L'industrie du bétail est un secteur important de l'agriculture canadienne; elle a généré des recettes de 18,9 milliards de dollars en 2001, contribuant ainsi à 57,9 % des recettes monétaires agricoles totales (excluant les paiements de programmes).


Les préoccupations à l'égard de la santé et de l'environnement liées au fumier augmentent à mesure que l'industrie du bétail prend de l'expansion et s'intensifie. C'est particulièrement vrai lorsque le bétail est produit en grand nombre dans des aires confinées, comme dans les parcs d'engraissement de bovins, les porcheries ou les poulaillers qui abritent des élevages intensifs. Le fumier est perçu comme une source potentielle de pollution de l'air et de l'eau, d'où l'adoption de réglementations plus strictes sur l'emplacement des exploitations d'élevage et sur l’entreposage ou la manutention des fumiers dans diverses provinces et municipalités.

Face aux préoccupations grandissantes et aux nouveaux règlements, les producteurs adoptent de plus en plus des pratiques et des technologies agricoles qui visent à réduire les risques liés à l’entreposage et à la manutention des fumiers, tout en utilisant davantage les éléments nutritifs des fumiers.

Selon les meilleures pratiques de gestion (MPG)7 pour l’entreposage des fumiers, un bon système devrait empêcher le ruissellement, protéger les eaux souterraines et de surface, réduire les odeurs et la pollution de l'air, fournir une capacité d’entreposage suffisante jusqu'à l'épandage sécuritaire au champs et réduire les pertes d’éléments nutritifs pendant l’entreposage. Toutes les méthodes d’entreposage des fumiers, que ce soit pour le fumier liquide ou pour le fumier solide ou semi-solide, comportent des MPG qui leur sont propres pour tenter de réduire les risques pour l'environnement. Les agriculteurs doivent tenir compte de plusieurs facteurs pour choisir l’installation la plus appropriée, comme les coûts, l'efficacité, la teneur en eau du fumier, la capacité des installations de satisfaire aux besoins actuels et futurs et l'emplacement de l’installation d’entreposage par rapport aux cours d'eau, aux puits ou aux résidences des voisins, et cela en prenant également en compte la réglementation locale.

Types d’installations d’entreposage des fumiers

Les installations d’entreposage des fumiers ont évolué avec le temps par suite de l'apparition d’exploitations d'élevage plus grandes et plus intensives, de percées technologiques et des pressions populaires en faveur d'une production agricole respectueuse de l'environnement.


Plusieurs choix s'offrent aux agriculteurs canadiens pour entreposer le fumier sur leur exploitation. Certaines options réduisent plus efficacement les risques pour l'environnement que d'autres. Cet éventail de possibilités correspond aux différents types d’animaux élevés et aux systèmes de production en place. Il y a deux types fondamentaux d’installations d’entreposage :

les installations d’entreposage de fumier liquide (comme les fosses à parois de béton, les citernes en acier et les citernes fabriquées d'autres matériaux; avec ou sans couvercle; sous le bâtiment ou à l'extérieur; les fosses en terre, les lagunes avec ou sans revêtement);

les installations d’entreposage de fumier solide (comme le fumier en litière accumulé dans une étable, le fumier entreposé à l’extérieur en tas au sol ou sur une dalle de béton; à couvert ou à découvert; avec ou sans retenue de l’écoulement).

La teneur en matières solides des fumiers est généralement inférieure à 5 % pour le fumier liquide, entre 5 % et 20 % pour le fumier semi-solide (incluant le lisier pâteux) et plus de 20 % pour le fumier solide. La teneur en eau du fumier tel qu'excrété (urine et excréments) varie de 75 % chez la volaille à 85 % chez le porc. Ces proportions varient selon la quantité d'eau ou de litière qu’on y ajoute et son degré de séchage. Le fumier solide contient de la litière et s’écoule peu. On peut donc l’entasser et le manipuler comme un produit en vrac. Le fumier liquide contient peu de litière, ou pas du tout, et sa teneur en eau dépasse 88 %. L'encadré 1 renferme quelques exemples d’installations d’entreposage pour divers modèles de production et divers types de fumiers.

Encadré 1. Exemples d’installations d’entreposage de fumier liquide et de fumier solide

Les installations d’entreposage de fumier liquide sont utilisées surtout pour les animaux confinés et dont le fumier a une teneur en eau élevée. Par conséquent, on les trouve en général dans l'industrie porcine. Les installations d’entreposage de fumier solide sont grandement répandues dans les élevages de bovins de boucherie où les animaux passent une grande partie de leur temps à l'extérieur. Les installations d’entreposage du fumier solide sont courantes dans l'industrie laitière, quoique les installations d’entreposage de fumier semi-solide et liquide soient fréquemment utilisées dans ce secteur.


Installations d’entreposage des fumiers sur les fermes canadiennes

Types d’installations
Utilisation d’installations d’entreposage des fumiers liquide et solide ou semi-solide
Différences régionales
Matériaux de construction
Capacité d'entreposage de fumier liquide
Proximité des installations d'entreposage de fumier des sources d'eau
Meilleures pratiques de gestion (MPG)

Types d’installations

Les résultats de l'EGA montrent qu'en 2001, la plupart des exploitations ayant du bétail (68,8 %) avaient des installations d’entreposage de fumier solide ou semi-solide (tableau 1). Une faible proportion (7 %) des fermes employaient à la fois des installations pour fumier solide et des installations pour fumier liquide. Il faut souligner la proportion (24,2 %) des exploitations ayant du bétail qui n'avaient pas d’installation d’entreposage de fumier. Ces exploitations élèvent des animaux à l’extérieur, à longueur d'année, ou épandent le fumier directement sans l’entreposer.

En 2001, 16 885 exploitations ayant du bétail (14 %) employaient des installations d’entreposage de fumier liquide et 83 225 (68,8 %), des installations d’entreposage de fumier solide ou semi-solide (tableau 1).

Tableau 1. Fermes élevant
          du bétail selon les installations d'entreposage de fumier, Canada,
          2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Fermes élevant du bétail selon les installations d'entreposage de fumier, Canada, 2001

Parmi les fermes munies de l’un ou l’autre des systèmes d’entreposage des fumiers (liquide, solide ou semi-solide), celles élevant des porcs rapportaient la plus forte proportion (65,7 %) de structures d’entreposage du fumier liquide (tableaux 3, 4 et 5). En comparaison, les fermes élevant des bovins laitiers rapportaient 31% de ces structures d’entreposage. Par ailleurs, la quasi totalité des fermes élevant des bovins de boucherie entreposaient le fumier à l’état solide.

Utilisation d’installations d’entreposage des fumiers liquide et solide ou semi-solide

La proportion du cheptel élevé avec l'une ou l'autre installation est plus révélatrice que le nombre d’exploitations. En 2001, les fumiers de 42,7 % des bovins laitiers, de 6,1 % des bovins de boucherie et de 85,7 % des porcs étaient entreposés à l’état liquide (tableau 2). L’entreposage de fumier solide demeure le système d’entreposage dominant pour les bovins de boucherie (figure 1). Les installations d’entreposage du fumier solide ou semi-solide prédominaient (57,3 %) également dans l’élevage des bovins laitiers, bien que ce cheptel utilise une forme ou une autre d’entreposage de fumier liquide dans une proportion appréciable. Dans les élevages de bovins, l’installation la plus utilisée demeure un tas de fumier au sol, sans abri, qu'on utilisait pour 20,5 % des bovins laitiers et 47,1 % des bovins de boucherie. Pour le porc, l’installation d’entreposage la plus courante était le réservoir à découvert (30,4 %).


Tableau 2. Installations d'entreposage
          de fumier selon le type de bétail, Canada, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Installations d'entreposage de fumier selon le type de bétail, Canada, 2001

Figure 1 : Entreposage des
          fumiers liquids et solide ou semi-solide selon le type de bétail,
          Canada, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Figure 1 : Entreposage des fumiers liquids et solide ou semi-solide selon le type de bétail, Canada, 2001

Bovins laitiers

En 2001, on utilisait des installations d’entreposage de fumier liquide pour 42,7 % des bovins laitiers et des installations d’entreposage de fumier solide ou semi-solide pour 57,3 % de ces bovins (tableau 2). Un tas de fumier au sol, sans abri, était la méthode d’entreposage du fumier solide ou semi-solide la plus courante (20,5 %), suivi du système de dalle à découvert avec retenue de l’écoulement (12,3 %). Les réservoirs à découvert (17,2 %) et les lagunes sans revêtement (11,9 %) étaient les méthodes d’entreposage de fumier liquide les plus courantes pour les bovins laitiers.

Bovins de boucherie

Dans la production de bovins de boucherie, on trouve un éventail de systèmes de production allant de petites exploitations de vache-veau en pâturage libre à de grands parcs d'engraissement intensifs. Les producteurs de bœuf utilisent rarement des installations d’entreposage et de manutention de fumier liquide parce que le fumier de bovins a une teneur en eau relativement faible et que les animaux sont habituellement élevés à l'extérieur. À l’échelon national, 93,9 % des bovins de boucherie élevés sur des fermes munies de système d’entreposage des fumiers utilisaient des installations d’entreposage du fumier solide (tableau 2) en 2001. La méthode d’entreposage de fumier solide la plus répandue en production bovine était le tas de fumier au sol, sans abri (47,1 %), suivi de l’accumulation du fumier en litière accumulée dans une étable ou un enclos (30,7 %).

Porcs

Les fermes porcines constituent les fermes d’élevage les plus munies d’installations d’entreposage de fumier liquide. Cette forme d’entreposage a été utilisée pour 85,7 % des porcs en 2001 (tableau 2). Les installations avec réservoir prédominent dans la production porcine. Plus de la moitié des porcs étaient élevés dans des exploitations munies de l’un ou l’autre système de réservoir, soit les réservoirs à découvert (30,4 % des porcs), les réservoirs sous caillebotis (21,2 %) ou les réservoirs à couvert scellé (5,2 %). Environ le quart des porcs étaient élevés dans des exploitations munies de lagunes, que ce soit des lagunes sans revêtement (12,4 %) ou avec revêtement (11,7 %).


Taille de l'exploitation

La taille de l'exploitation est une variable importante dans l’analyse des systèmes d’entreposage de fumier puisque les grandes exploitations font généralement face à des pressions sociales plus fortes et des réglementations plus sévères concernant la gestion des fumiers. Dans l'analyse, les fermes ayant des bovins laitiers, des bovins de boucherie et des porcs sont divisées en petites et grandes exploitations, en fonction du nombre d'animaux.

Selon les données de l'EGA présentées au tableau 3, les fermes ayant 47 vaches et taures laitières ou plus7 déclaraient une proportion plus élevée (35,7 %) d’installations d’entreposage de fumier liquide que les fermes ayant un plus petit troupeau laitier (6,8 %). Cependant, les installations d’entreposage de fumier solide ou semi-solide prédominent dans les fermes laitières, peu importe la taille de leur troupeau. En ce qui concerne les fermes ayant un petit ou un grand cheptel de bovins, la forme d’entreposage la plus utilisée était le tas de fumier au sol, sans abri (tableau 4). Pour les fermes ayant des porcs, la grande majorité des installations d’entreposage de fumier liquide (84,6%) se trouvaient sur des fermes ayant un troupeau de grande taille (566 porcs ou plus) tandis que 56,2 % des installations d’entreposage de fumier solide se trouvaient sur des fermes ayant un plus petit troupeau (tableau 5).

Tableau 3. Installations d'entreposage
          de fumier dans les fermes laitières, selon la taille du troupeau,
          Canada, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Installations d'entreposage de fumier dans les fermes laitières, selon la taille du troupeau, Canada, 2001

Tableau 4. Installations d'entreposage
          de fumier dans les fermes bovines, selon la taille du troupeau, Canada,
          2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Installations d'entreposage de fumier dans les fermes bovines, selon la taille du troupeau, Canada, 2001

Tableau 5. Installations d'entreposage
          de fumier dans les fermes porcines, selon la taille du troupeau, Canada,
          2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Installations d'entreposage de fumier dans les fermes porcines, selon la taille du troupeau, Canada, 2001

Différences régionales

On observe des différences importantes d'une province à l'autre quant à la proportion de fermes qui utilisent des systèmes d’entreposage de fumier liquide, par rapport à solide et semi-solide. Ces différences s’expliquent surtout par les élevages différents qu'on y pratique, par l'intensité de la production du bétail et par la réglementation locale en matière d'environnement. De toutes les provinces, le Québec affichait la proportion la plus élevée d'exploitations agricoles possédant des installations d'entreposage de fumier liquide (36,2 %) en raison de l'importance des productions porcine et laitière. Par contre, l'Alberta et la Saskatchewan avaient la proportion la plus faible de fermes entreposant du fumier liquide, soit 4,5 % et 2,1 % respectivement (tableau 6 et figure 2). Par ailleurs, la Saskatchewan (63,1 %), l'Alberta (55,7 %) et la Colombie-Britannique (51,4 %) avaient les proportions les plus faibles de fermes entreposant du fumier solide ou semi-solide, tandis que les provinces de l’Atlantique avaient les proportions les plus élevées, soit 87,4 % des fermes ayant du bétail dans l’ensemble de cette région.


La Colombie-Britannique, l’Alberta et la Saskatchewan affichaient les proportions les plus élevées de fermes sans installation d’entreposage de fumier, soit 43,2%, 42,6% et 35,6% respectivement. Il est à noter que l’Alberta et la Saskatchewan sont aussi les provinces où le nombre de fermes de bovins de boucherie est le plus élevé au Canada. L'absence d'installation d'entreposage de fumier pourrait s'expliquer par le fait que bon nombre d'entreprises de vache-veau élèvent leurs animaux à l'extérieur tout au long de l’année, en pâturage libre. Ces exploitations n'auraient habituellement pas besoin d'installations d'entreposage de fumier.

Tableau 6. Fermes élevant
          du bétail selon le type de fumier entreposé, Canada et
          provinces, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Fermes élevant du bétail selon le type de fumier entreposé, Canada et provinces, 2001

Figure 2. Installations d’entreposage de fumier dans les fermes élevant
  du bétail, Canada et provinces, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Figure 2. Installations d’entreposage de fumier dans les fermes élevant du bétail, Canada et provinces, 2001

La figure 2 montre des différences importantes d'une province à l'autre quant à la proportion des exploitations utilisant des installations d'entreposage de fumier liquide par rapport à des installations de fumier solide ou semi-solide. Toutefois, lorsqu'on compare les proportions selon les types de bétail et leur nombre, les différences entre les provinces n’étaient pas aussi marquées (figures 3 à 5). Par exemple, la production laitière utilisait desinstallations d'entreposage de fumier solide ou semi-solide plus fréquemment que des installations d'entreposage de fumier liquide, et cela dans toutes les provinces, sauf en Colombie-Britannique et à Terre-Neuve-et-Labrador. Dans chaque province, la production de bovins de boucherie utilisait surtout des installations d'entreposage de fumier solide ou semi-solide tandis que la production porcine utilisait surtout des installations d'entreposage de fumier liquide.

Figure 3. Installations d’entreposage de fumier utilisées par
  les bovins laitiers, Canada et provinces, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Figure 3. Installations d’entreposage de fumier utilisées par les bovins laitiers, Canada et provinces, 2001

Figure 4. Installations d’entreposage de fumier utilisées par
  les bovins de boucherie, Canada et provinces, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Figure 4. Installations d’entreposage de fumier utilisées par les bovins de boucherie, Canada et provinces, 2001

Figure 5. Installations d’entreposage de fumier utilisées par
  les porcs, Canada et provinces, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Figure 5. Installations d’entreposage de fumier utilisées par les porcs, Canada et provinces, 2001


Matériaux de construction

On emploie plusieurs matériaux différents dans la construction d'installations d'entreposage de fumier liquide. Il s'agit d'un point important à considérer dans l'évaluation des risques environnementaux liés à ces installations parce que certains matériaux assurent une meilleure retenue que d'autres. Au Canada, les installations qui ont un fond et des parois de béton se retrouvaient sur la plupart des fermes (77,2 %) entreposant du fumier liquide (tableau 7). Les installations faites de terre compactée se retrouvaient sur 26,1 % des fermes entreposant du fumier liquide. Les réservoirs en acier se retrouvaient sur 7,6 % des fermes entreposant du fumier liquide, tandis que les installations construites avec des matériaux nouveaux, et plus particulièrement les géomembranes, ne se retrouvaient que sur 0,6 % de ces fermes.

Tableau 7. Matériaux
          de contruction employés pour le fond et les parois des installations
          d'entreposage de fumier liquide, Canada, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Matériaux de contruction employés pour le fond et les parois des installations d'entreposage de fumier liquide, Canada, 2001

En ce qui concerne la couverture des installations d'entreposage de fumier liquide, 75,7 % des exploitations possédant ce genre d'installations n’avaient ni couverture ni toiture en 2001 (tableau 8). Dans l'ensemble, 28,2 % des fermes qui entreposaient du fumier liquide avaient des installations couvertes de diverses façons, réduisant ainsi les risques environnementaux comme les odeurs, les émissions de gaz à effet de serre et les débordements causés par des précipitations abondantes. La plupart de ces fermes (22,5 %) étaient munies d'une couverture rigide et permanente sur leurs installations d’entreposage du fumier liquide.

Tableau 8. Toiture ou couverture
          sur les installations d'entreposage de fumier liquide, Canada, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Toiture ou couverture sur les installations d'entreposage de fumier liquide, Canada, 2001

Capacité d'entreposage de fumier liquide

La capacité des installations d'entreposage de fumier liquide est aussi un facteur important pour évaluer les risques environnementaux. Une capacité plus grande réduit la nécessité de faire l'épandage du fumier liquide dans des conditions peu propices, comme au cours de l'hiver, et elle facilite l'utilisation des éléments nutritifs du fumier à une étape plus favorable de la croissance des cultures.

La plupart des fermes munies d’installations de fumier liquide avaient une capacité d’entreposage dépassant 250 jours (tableau 9). En 2001, 9 360 de ces exploitations (54,9 %) avaient une capacité d’entreposage de 251 jours ou plus. Par ailleurs, 1 690 exploitations (9,9 %) possédant des installations d'entreposage de fumier liquide avaient une capacité d'entreposage de plus de 400 jours. Cependant, une petite proportion (8,2 %) avaient une capacité d'entreposage de 100 jours ou moins.


Tableau 9. Capacité d'entreposage
          du fumier liquide, Canada, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Capacité d'entreposage du fumier liquide, Canada, 2001

En ce qui concerne les fermes porcines au Canada, près des deux tiers (65,1 %) des plus grandes fermes (1 595 porcs ou plus) avaient une capacité d'entreposage de plus de 250 jours, comparativement à 41,3 % des fermes ayant moins de 566 porcs, comme on peut le voir au tableau 10.

Tableau 10. Capacité d'entreposage
          du fumier liquide sur les fermes porcines, Canada, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Capacité d'entreposage du fumier liquide sur les fermes porcines, Canada, 2001

Proximité des installations d'entreposage de fumier des sources d'eau

La proximité des installations d'entreposage de fumier des sources d'eau pourrait être un facteur important pour évaluer les risques environnementaux de contamination de l'eau par l’écoulement ou un autre problème de retenue des fumiers. Cependant, il y a d'autres facteurs importants à considérer, comme l'âge et l'état des installations, le type de sol, la texture du sol, la pente du terrain, et la présence de structures de retenue.

En général, les installations d'entreposage de fumier étaient bien à l'écart des sources d'eau, même si les installations d'entreposage de fumier liquide en étaient un peu plus près. La grande majorité des installations d’entreposage des fumiers (liquide et solide ou semi-solide) étaient situées à plus de 30 mètres (100 pieds) des sources d’eau (tableau 11).

Tableau 11. Proximité des
          installations d'entreposage de fumier des sources d'eau, Canada, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Proximité des installations d'entreposage de fumier des sources d'eau, Canada, 2001

Meilleures pratiques de gestion (MPG)

La question de l'entreposage adéquat du fumier est étroitement liée à l'adoption de MPG. À l'échelon national, 52,5% des répondants possédant des installations d'entreposage de fumier liquide considéraient qu’ils avaient entièrement mis en œuvre les MPG en matière de gestion des fumiers sur leur exploitation (figure 6). Pour les répondants possédant des installations d'entreposage de fumier solide ou semi-solide, la proportion était de 26,2%.


Figure 6. Meilleures pratiques de gestion (MPG) du fumier, Canada, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira. Figure 6. Meilleures pratiques de gestion (MPG) du fumier, Canada, 2001

Par ailleurs, les répondants de 23,3% des exploitations possédant des installations d'entreposage de fumier liquide ont déclaré ne pas être familiers avec les MPG en matière de gestion des fumiers dans leur région. Pour les répondants possédant des installations d'entreposage de fumier solide ou semi-solide, cette proportion était plus élevée, soit 44,4%.

Les exploitations ayant des installations d'entreposage de fumier liquide semblent afficher de meilleurs résultats que les exploitations ayant des installations d'entreposage de fumier solide ou semi-solide. Ce résultat est prévisible, compte tenu des procédures de gestion et de contrôle plus rigoureuses que nécessitent les installations d'entreposage de fumier liquide.

Résumé

Cet article fait le point sur les pratiques d’entreposage des fumiers dans les fermes ayant du bétail au Canada, en 2001. Un résumé des résultats est présenté ci-dessous.

Les résultats de l'EGA montrent que plus des deux tiers (68,8%) des exploitations ayant du bétail au Canada possédaient une installation d'entreposage de fumier solide ou semi-solide en 2001, tandis que 14 % possédaient une installation d'entreposage de fumier liquide. Par ailleurs, 24,2 % des exploitations ayant du bétail n'étaient munies d’aucune installation d'entreposage de fumier.

Le type d'installation d'entreposage varie beaucoup selon le type de bétail et la taille de l’exploitation. Lorsqu'on compare la proportion des animaux pour chaque type d’installation, plutôt que la proportion des exploitations, on constate qu'on utilisait une installation d'entreposage de fumier liquide pour 85,7 % des porcs et 42,7 % des bovins laitiers.

Les élevages de bovins de boucherie munis d’installations d'entreposage de fumier utilisaient presque exclusivement des installations d'entreposage de fumier solide. À l'échelon national, 93,9% des bovins de boucherie élevés dans des exploitations munies d’installations d'entreposage des fumiers utilisaient des installations de fumier solide.


Dans les secteurs laitier et porcin, les fermes ayant de plus grands troupeaux avaient une proportion plus élevée d'installations d'entreposage de fumier liquide tandis que les fermes ayant de plus petits troupeaux avaient une proportion plus élevée d'installations d'entreposage de fumier solide.

À l'échelon provincial, le Québec affichait la proportion la plus élevée d’exploitations utilisant des installations d'entreposage de fumier liquide (36,2%). Les provinces de l’Atlantique affichaient la proportion la plus élevée d’exploitations possédant des installations d'entreposage de fumier solide ou semi-solide (87,4 %). L'Alberta et la Saskatchewan avaient les proportions les plus faibles d'installations d'entreposage du fumier liquide (4,5 % et 2,1 % respectivement); elles comptaient également parmi les provinces ayant les plus faibles proportions d'installations d'entreposage de fumier solide ou semi-solide (55,7 % et 63,1 % respectivement). Les trois provinces les plus à l'ouest avaient la proportion la plus élevée de fermes élevant des animaux sans installation d'entreposage de fumier.

Plusieurs caractéristiques des installations d'entreposage des fumiers – par exemple les matériaux de construction, la couverture de l’installation, la proximité de sources d'eau, la capacité d’entreposage – sont des facteurs importants pour évaluer les risques environnementaux liés à ces installations. Les points saillants de ces caractéristiques sont les suivants :

84,8 % des exploitations possédant des installations d'entreposage de fumier liquide au Canada déclaraient que ces installations sont fabriquées de béton ou d'acier. Le béton était le matériau le plus fréquemment utilisé pour le fond et les parois des installations d'entreposage de fumier liquide puisque 77,2 % des fermes l’ont utilisé;

75,7 % des exploitations possédant des installations d'entreposage de fumier liquide n'avaient ni toiture ni couverture sur leur installation;


la grande majorité des fermes munies d’installations d'entreposage de fumier (liquide et solide ou semi-solide) étaient situées à plus de 30 mètres (100 pieds) des sources d’eau;

la plupart des fermes munies d’installations d’entreposage de fumier liquide avaient une capacité d’entreposage dépassant 250 jours.

L’entreposage des fumiers est un aspect important de la gestion des fumiers. Cependant, la gestion des fumiers englobe un vaste éventail de pratiques agricoles, selon le type d'animaux élevés, la capacité financière et les conditions agronomiques qui varient d'une région à l'autre. Nous décrirons dans le prochain article de la série Gestion environnementale des fermes au Canada d'autres pratiques agricoles concernant la gestion des fumiers, telles que l’application et le traitement des fumiers.


1. Statistique Canada a mené l'EGA en mars 2002 pour le compte d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.
L'EGA fournit une large couverture des pratiques de gestion agricole qui ont trait à des préoccupations environnementales dans tous les secteurs de l'agriculture canadienne.
Les lecteurs qui voudraient en savoir plus sur la méthodologie employée pour l'EGA pourront consulter l’annexe 1.
2. Cet article n'examine pas les installations d’entreposage de fumier pour la volaille et les autres élevages en raison des limitations des données.
3. Statistique Canada, Statistiques de bovins, vol. 2, n°1, 2003, n° 23-012-XIF au catalogue.
4. Statistique Canada, Statistiques de porcs, vol. 2, n° 2, 2003, n° 23-010-XIF au catalogue.
5. Statistique Canada, Production de volailles et œufs, 2002, n° 23-202-XIB au catalogue.
6. Source : Statistique Canada, Recensement de l'agriculture de 2001.
7. Par meilleure pratique de gestion, on entend une pratique de production ou de gestion agricole qui contribuera à réduire les risques pour l'environnement ou à tirer des avantages environnementaux de l'agriculture.

L'entreposage des fumiers au Canada

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Date de modification : 2004-06-29 Avis importants