Données et définitions

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Encadré 1  Source des données

Les données utilisées dans la présente analyse proviennent du Recensement de la population de 2001 et sont agrégées au niveau de la subdivision de recensement (SDR). Pour chaque paire de SDR pour laquelle il existe du navettage, la base de données indique le total des déplacements et les déplacements pour chaque sexe. Les données sur la situation géographique d'une SDR (les coordonnées du centre géographique) et la classification de la SDR selon le type de zone (codes de ZIM) proviennent de Statistique Canada (2002b).

Pour plus d'information sur les données relatives au lieu de travail et au lieu de résidence, voir Statistique Canada (2002a).

Encadré 2  Définitions : Navettage

Aux fins de la présente analyse, un navetteur est une personne qui déclare un lieu de résidence dans une subdivision de recensement (SDR) et un lieu de travail dans une SDR différente qui est située à moins de 250 km de son lieu de résidence. Les données sur le lieu de travail et sur le lieu de résidence proviennent du long questionnaire du Recensement de la population. Comme le long questionnaire ne recense qu'un cinquième des ménages, les exigences de confidentialité et de fiabilité nous obligent à exclure les déplacements lorsqu'il y a moins de 20 navetteurs entre deux SDR (p. ex., pour un échantillon de moins de quatre navetteurs). La présente analyse porte essentiellement sur la nature des marchés du travail et leurs liens avec le navettage quotidien; pour cette raison, la définition de « navetteur » est limitée à quiconque travaille dans un rayon de 250 kilomètres de son lieu de résidence. Plus expressément, nous incluons dans notre base de données seulement les déplacements de navettage entre chaque paire de SDR dont les centres géographiques sont distants de moins de 250 km. Autrement dit, si les centres géographiques de deux municipalités sont éloignés de plus de 250 km, les déplacements de navettage éventuels entre ces municipalités ne sont pas pris en compte dans le navettage quotidien aux fins de la présente analyse.

Il faut mentionner que ce seuil de distance (250 km) n'exclut que 0,7 % de tous les déplacements de navetteurs figurant dans la base de données originale. Autrement dit, 99,3 % des navetteurs dans la base de données originale ont un lieu de résidence et un lieu de travail qui sont situés dans deux municipalités éloignées de moins de 250 km. Les personnes qui vivent et travaillent dans des municipalités éloignées de plus de 250 km sont un groupe marginal qui pourrait comprendre des personnes qui y travaillent de façon temporaire ou saisonnière, mais qui indiquent quand même leur lieu de résidence original dans le recensement, des travailleurs qui se déplacent constamment par avion et qui ont un lieu de résidence différent de leur lieu de travail. Mentionnons à titre d'exemple les mineurs ou les travailleurs de la construction qui sont transportés par avion sur un lieu de travail pour une durée de 7 à 10 jours et qui ensuite quittent par avion leur lieu de travail pour un certain nombre de jours.

Il faut mentionner également que la définition de navettage utilisée ici suppose que le travailleur franchit les limites d'une SDR lorsqu'il se rend au travail. Par conséquent, cette définition ne comprend pas les personnes qui se rendent au travail dans les limites de la même SDR, mais qui pourraient quand même se déplacer sur une assez longue distance pour aller travailler. Par ailleurs, cette définition comprendrait les personnes qui se déplacent sur une courte distance mais qui franchissent quand même les limites d'une SDR. La présente analyse vise à rendre compte des déplacements multidirectionnels (de-à). Il faut donc à cette fin qu'un espace continu soit réparti en unités géographiques distinctes. C'est pourquoi il y a aussi une certaine approximation dans le calcul des déplacements de navettage effectifs.

Selon notre définition du navettage, sur une population active nationale d'environ 14,7 millions de personnes, il y a environ 4,8 millions de travailleurs qui font du navettage. Cela signifie que 4,8 millions de travailleurs franchissent les limites d'une SDR lorsqu'ils se rendent au travail. En 2001, environ 8 % des travailleurs travaillaient à domicile (Statistique Canada, 2003). D'autres travailleurs se déplacent pour aller au travail mais ils ne franchissent pas les limites d'une SDR.

Pour parler des déplacements du point de vue de la municipalité à partir de laquelle le déplacement se produit, on parle de navetteurs sortants et de navettage sortant. Par conséquent, le pourcentage des navetteurs sortants est calculé par rapport à la population active ou aux déplacements dans la zone d'où proviennent les navetteurs. On parle de navetteurs entrants et de navettage entrant lorsqu'il s'agit des déplacements du point de vue de la municipalité qui reçoit les navetteurs. Par conséquent, le pourcentage de navetteurs entrants est calculé par rapport à la population active ou aux déplacements dans la zone qui reçoit les navetteurs.

Encadré 3 Définitions : Géographie

Une subdivision de recensement (SDR) est une municipalité (c.-à-d. une localité constituée en personne morale, une municipalité rurale, une ville, etc., selon la loi provinciale) ou son équivalent comme les réserves indiennes, les établissements indiens et les territoires non organisés. Dans le Recensement de la population de 2001, il y avait 5 600 SDR. Pour la description détaillée d'une SDR, voir Statistique Canada (2002a). Les SDR peuvent varier beaucoup pour ce qui est de la taille de la population — de quelques habitants jusqu'à plus de deux millions à Toronto. En outre, l'étendue géographique d'une SDR peut varier beaucoup — de moins d'un kilomètre carré pour une petite ville rurale jusqu'aux vastes étendues géographiques des territoires dits « non organisés » dans la partie nord de nombreuses provinces. Les données au niveau des SDR sont regroupées par type de secteur selon la classification des secteurs statistiques de Statistique Canada.

Les grands centres urbains (GCU) sont composés de SDR classés en tant que parties des régions métropolitaines de recensement (RMR) et des agglomérations de recensement (AR). En 2001, on considérait qu'une RMR avait un noyau urbain de 100 000 habitants ou plus et comprenait toutes les SDR voisines dont 50 % ou plus de la population active résidente se déplaçait vers le noyau urbain de la RMR. Une AR avait un noyau urbain de 10 000 à 99 999 habitants et comprenait aussi les SDR voisines dont 50 % ou plus de la population active résidente se déplaçait vers le noyau urbain de l'AR.

  • Les grandes RMR sont des SDR qui font partie d'une RMR ayant une population totale de 500 000 habitants ou plus. En 2001, il s'agissait de Québec, Montréal, Ottawa-Gatineau, Toronto, Hamilton, Winnipeg, Calgary, Edmonton et Vancouver.
  • Les petites RMR sont des SDR faisant partie d'une RMR ayant une population de 100 000 à 499 999 habitants.
  • Les AR sont des SDR faisant partie d'une agglomération de recensement ayant une population de 10 000 à 99 999 habitants.

Les régions rurales et petites villes (RRPV) sont des SDR qui ne font pas partie d'une RMR ou d'une AR. Les RRPV sont également classées dans une zone d'influence métropolitaine (ZIM) comme suit :

  • ZIM forte : SDR dans une RRPV dont 30 % ou plus de la population active résidente fait la navette vers une RMR ou une AR;
  • ZIM modérée : SDR dans une RRPV dont 5 % à 29 % de la population active résidente fait la navette vers une RMR ou une AR;
  • ZIM faible : SDR dans une RRPV dont plus de zéro mais moins de 5 % de la population active résidente fait la navette vers une RMR ou une AR;
  • ZIM nulle : SDR dans une RRPV dont la population active ne se déplace pas vers une RRPV (ou dont la population active comprend moins de 40 travailleurs).

Les définitions de GCU et de SDR sont fondées sur l'activité de navettage vers une RMR ou  une AR. C'est donc que le volume de l'activité de navettage vers une RMR ou une AR et le type de ZIM à laquelle une SDR est attribuée sont directement en corrélation. Pour la même raison, une partie des résultats présentés dans la présente analyse confirment tout simplement les déplacements qui servent à produire cette classification. Par ailleurs, la classification des ZIM ne permet pas d'évaluer les déplacements qui se produisent entre diverses catégories de ZIM ou dans la même catégorie de ZIM. C'est là où les résultats de la présente analyse sont les plus révélateurs. Dans la présente étude, la classification des RMR et des AR est fondée sur la population totale de l'agglomération plutôt que sur la population dans le noyau urbain. Toute agglomération ayant une population totale supérieure à 100 000 est classée en tant que RMR; par conséquent, la plus petite RMR de la catégorie comprend 7 AR ayant une population de moins de 100 000 habitants dans son noyau urbain, mais une population supérieure à 100 000 habitants. En outre, pour des raisons pratiques, 16 SDR qui ne sont pas des AR dans les territoires, où il y a de petits déplacements vers une AR dans les territoires, ont été attribués à la catégorie de la ZIM forte. Toutefois, beaucoup ont été exclus dans l'analyse parce que moins de 20 personnes font la navette et/ou que la distance parcourue est de 250 km ou plus.

Est-ce que la définition de « rural » a un effet sur les résultats? Le découpage géographique utilisé dans la présente analyse a certaines conséquences pour les résultats. Comme nous l'avons mentionné ci-dessus, le découpage géographique comme tel est fondé sur une trajectoire donnée de l'activité de navettage. D'autres définitions de « rural » pourraient engendrer d'autres perspectives. Par exemple, il y a une autre définition qui est celle du « recensement rural » et qui tient compte de la population à l'extérieur des centres de 100 000 habitants ou plus et à l'extérieur des régions ayant une densité de population de 400 habitants ou plus au kilomètre carré (du Plessis et coll. 2001). Chaque SDR peut comporter des régions rurales de recensement et des régions urbaines de recensement. Essentiellement, la « région rurale de recensement » est la campagne à l'extérieur de chaque SDR. Dans la période de 1991 à 2006, plus du tiers des habitants des « régions rurales de recensement » du Canada vivaient dans une SDR qui faisait partie d'une RMR ou d'une AR (Bollman et Clemenson, à paraître). Par conséquent, l'utilisation de « région rurale de recensement » et de « région urbaine de recensement » permettrait de saisir les déplacements multidirectionnels dans une SDR (rural-urbain, rural-rural, etc.). Plus expressément, étant donné la définition de « rural » qui est utilisée, le navettage rural-rural présenté dans cette analyse comprend les déplacements entre les très petites municipalités et les villes comptant jusqu'à 10 000 habitants.

Pour en savoir davantage sur les définitions décrites ci-dessus, voir McNiven et coll. (2000) et Statistique Canada (2002a).