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La gestion de l’approvisionnement en eau et de l’élimination des déchets des eaux usées constitue une préoccupation majeure au Canada comme ailleurs dans le monde. Cette préoccupation s’exprime notamment par l’émergence d’organisations communautaires et non gouvernementales qui militent pour la protection des ressources en eau (p. ex., Ottawa Riverkeeper, 2006). D’autres organisations se penchent sur les inquiétudes de la collectivité agricole face aux échanges intersectoriels d’eau (p. ex., Molle et Berkoff, 2006).

Au Canada, la responsabilité des questions relatives à la gestion de l’eau est toujours répartie entre différents ministères (p. ex., Environnement, Ressources naturelles, Santé, Agroalimentaire et Agriculture) et il est donc difficile de procéder à une gestion intégrée et de fournir des réponses coordonnées. Cette  situation émane  de  la  nature complexe des questions touchant à l’eau, car en plus d’être une ressource, l’eau « est également un habitat, un moyen de transport, un risque, une source d’énergie, un lieu d’élimination des déchets, une source de nourriture pour la faune ou les animaux d’élevage, un liquide de refroidissement, un obstacle à franchir et une attraction touristique » (Campbell, 2006). Par ailleurs, l’eau ne respecte ni les frontières nationales ou provinciales ni les limites municipales. Il en découle une inadéquation entre les frontières politiques établies et celles qui conviendraient mieux à une gestion efficace de l’eau.

Devant une telle situation, la question de nouvelles structures de gouvernance qui seraient responsables de la gestion de l’eau et dont les frontières spatiales correspondraient aux caractéristiques géographiques de l’alimentation en eau et de l’élimination des déchets (donc aux bassins hydrographiques naturels) fait de plus en plus parler d’elle. En outre, on propose de créer un Cadre stratégique pancanadien pour la gestion de l’eau douce (Campbell, 2006) et de mettre sur pied des institutions intégrées selon la géographie naturelle de l’approvisionnement en eau et de l’élimination des déchets (Ashton, 2006).

Des pas ont été faits dans cette direction. En Ontario, par exemple, la Loi sur l’eau saine (2006) applique une approche définie en fonction des bassins hydrographiques pour la planification de mesures de protection de toutes les sources d’eau potable. Sous les auspices du ministère de l’Environnement, les autorités compétentes de toute la province coordonnent désormais les mesures de protection des sources d’eau locales en fonction des limites des bassins hydrographiques.

Cette nouvelle approche introduit une dimension rurale-urbaine importante : les régions rurales et les régions urbaines sont réunies en une seule et même unité dans une plus large mesure que dans le cas des frontières politiques établies. En 2001, par exemple, 81 % de la population rurale au recensement vivait dans une région hydrographique où la population urbaine au recensement la dépassait en nombre (selon les données de Rothwell, 2006). De plus, cette dimension rurale-urbaine est accentuée par la nature même du système hydrographique. Un bassin hydrographique est une zone où des cours d’eau reliés les uns aux autres fonctionnent comme s’ils constituaient un système unique. L’activité en amont a des répercussions sur la qualité et la quantité de l’eau en aval et constitue donc un élément important du réseau d’ensemble et de l’interdépendance des régions rurales et urbaines du Canada. La qualité de l’eau et l’approvisionnement en eau et, particulièrement, la nécessité d’un approvisionnement sûr et fiable en eau potable sont des enjeux majeurs de la gérance environnementale.

Si les bassins hydrographiques deviennent les unités spatiales fondamentales de la gestion de l’eau, il sera sans doute nécessaire d’avoir des données démographiques et socioéconomiques fondées sur les mêmes caractéristiques géographiques. Dans un précédent Bulletin d’analyse – Régions rurales et petites villes du Canada (Rothwell, 2006), les données démographiques de base étaient présentées selon les bassins hydrographiques. La carte 1 de Rothwell (2006) illustrait chaque bassin en fonction de sa classification.

Ce bulletin pousse l’analyse plus loin en présentant certaines caractéristiques socioéconomiques de la population selon le type de bassin hydrographique. Tout comme dans le bulletin précédent (Rothwell, 2006), la distinction entre la population qui est désignée « rurale au recensement » et celle qui est désignée « urbaine au recensement » a été faite (encadré 1). Cette définition fait la distinction entre les populations qui vivent en campagne, plus précisément celles qui sont à l’extérieur des centres de 1 000 habitants ou plus, et celles qui y vivent. Cette distinction entre la population des campagnes et la population urbaine au recensement s’explique comme suit :

  1. Les habitants des campagnes sont plus susceptibles de puiser leur eau à leur propre source (c’est-à-dire qu’ils ne sont pas alimentés par un aqueduc municipal) et ils sont plus susceptibles d’utiliser une fausse septique pour l’élimination de leurs eaux usées;

  • Les habitants des campagnes sont plus susceptibles de prendre part à des activités de production ayant des répercussions sur la qualité de l’eau.
  • Ce bulletin ne traitera pas particulièrement du degré d’« intégration » d’une région rurale à un grand centre urbain (c’est‑à-dire la possibilité que les habitants d’une campagne résident à l’intérieur de la zone de navettage d’un grand centre urbain). Il portera plutôt sur la nature de l’établissement de la population –  rurale au recensement ou urbaine au recensement.

    Il importe de savoir qu’environ le tiers de la population rurale au recensement du Canada vit à la campagne, à l’intérieur de la zone de navettage d’un grand centre urbain (du Plessis et al., 2002, tableau E1 en annexe).

    Bien que la question incontournable soit celle de la gestion des bassins hydrographiques, les questions relatives à la gestion de l’eau ne seront pas directement abordées dans ce bulletin. Par contre, un profil des points communs et des distinctions entre les résidents des régions rurales et urbaines dans chaque type de bassin hydrographique sera tracé.