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Description de l’indicateur
Utilisation de l’indicateur
Calcul de l’indicateur
L’indicateur des émissions de gaz à effet de serre montre les tendances, à l’échelle nationale, provinciale, territoriale et sectorielle, des émissions des six principaux gaz à effet de serre anthropiques (d’origine humaine) : le dioxyde de carbone, le méthane, l’oxyde nitreux, l’hexafluorure de soufre, les perfluorocarbures (PFC) et les hydrofluorocarbures (HFC).
Cet indicateur est fondé sur des données tirées directement du Rapport d’inventaire national (RIN) de 2006 préparé par Environnement Canada, intitulé Inventaire canadien des gaz à effet de serre : 1990–2004, Sources et puits anthropiques de gaz à effet de serre au Canada. À titre de pays signataire de l’Annexe I (pays développés) de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Canada doit préparer et présenter chaque année un inventaire national des sources et des puits anthropiques de gaz à effet de serre.
Comme la mesure directe des émissions de toutes les sources à l’échelle nationale serait une tâche fastidieuse, la CCNUCC exige que tous les pays dressent, tiennent, actualisent et publient un inventaire national en utilisant des méthodes comparables d’estimation des émissions.
On décrit au tableau explicatif 1 les six gaz à effet de serre pris en compte et leurs principales sources canadiennes. Les émissions provenant de sources naturelles (décomposition des matières, respiration des plantes et des animaux, cheminées volcaniques et thermiques, etc.) et l’absorption des émissions par des puits naturels (forêts, océans) ne sont pas prises en compte par cet indicateur.
On présente des valeurs obtenues à l’échelle nationale, provinciale, territoriale et sectorielle pour cinq secteurs économiques : l’énergie, les procédés industriels, l’utilisation de solvants et d’autres produits, l’agriculture et les déchets. Les émissions totales des provinces et des territoires n’incluent pas les émissions attribuables à la consommation des halocarbures ou les émissions fugitives des raffineries, étant donné que les données sur les activités associées à ces sources ne sont disponibles qu’à l’échelle nationale. Les données estimatives sur les émissions associées à l’utilisation de produits minéraux, tels que le calcaire, la dolomite, le carbonate de sodium et le magnésite, ne sont pas disponibles à l’échelle provinciale ou territoriale. Les émissions des procédés de production d’ammoniac sont inscrites sous la rubrique « production indifférenciée » pour chaque province et territoire (Environnement Canada, 2006).
Le tableau explicatif 2 décrit les principales sources d’émissions de gaz à effet de serre utilisées pour le calcul de cet indicateur, réparties par secteur économique.
Bien que l’indicateur des émissions des gaz à effet de serre s’applique aux principales sources, il ne prend pas en compte certaines sources d’émissions parce qu’elles sont exclues du RIN. Comme elles contribuent pour relativement peu à la quantité totale des émissions, ces exclusions ne nuisent pas à l’intégrité de l’inventaire dans son ensemble. On présente une analyse détaillée des sources exclues dans l’annexe 5 du RIN (Environnement Canada, 2006).
Les données se rapportant à l’affectation des terres, aux changements dans l’affectation des terres et au secteur forestier sont exclues des totaux nationaux du RIN et ne font donc pas partie du rapport des ICDE. Le rapport de la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie intitulé Indicateurs canadiens en matière d'environnement et de développement durable recommande que l’indicateur des émissions de gaz à effet de serre exclue les sources et les puits des changements dans l’affectation des terres et de la foresterie (Table ronde nationale sur l'environnement et l’économie, 2003).
L’indicateur des émissions de gaz à effet de serre permet de suivre les progrès réalisés par le Canada en vue de réduire ses émissions et d’atteindre ses objectifs en matière de performance environnementale. La mesure de l’indicateur des émissions de gaz à effet de serre conjointement à celle d’indicateurs de la performance économique, par exemple le produit intérieur brut (PIB), devrait contribuer à étayer la prise de décisions à l’échelle nationale pour le développement durable. On a utilisé des ventilations sectorielles et géographiques qui doivent faciliter l’élaboration des politiques et les plans de réduction des émissions.
Les données qui ont servi à calculer l’indicateur proviennent directement du RIN et n’ont subi aucune autre transformation par la suite. L’inventaire est conforme aux méthodes approuvées à l’échelle internationale qui ont été élaborées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour évaluer les émissions des six gaz à effet de serre du tableau explicatif 1. Les lignes directrices du GIEC (www.ipcc-nggip.iges.or.jp/public/gl/invs1.htm) ont été approuvées et formulées dans le cadre d’un processus international qui prévoit des commentaires d’experts nationaux, la mise à l’essai de méthodes par l’établissement d’un inventaire préliminaire, des études nationales, des ateliers techniques et régionaux, ainsi que l’apport de groupes ad hoc d’experts (GIEC, 1997).
En général, on utilise les mêmes méthodes d’estimation des émissions pour les divers gaz et les différentes activités humaines. Les émissions sont évaluées en multipliant les données1 sur les activités par les coefficients d’émission2 spécifiques. Dans son expression la plus simple, le calcul se fait comme suit :
Émissions = données sur l'activité × facteur d'émission |
Les lignes directrices du GIEC fournissent diverses méthodes de calcul pour une émission donnée. Les méthodes de calcul des gaz sont classées en « niveaux », selon les différents degrés d’activité et de précision technologique. La même structure générale est employée, mais le degré de précision du calcul peut varier. Ainsi, les méthodes « de niveau 1 » sont généralement très simples et exigent moins de précisions et de connaissances que celles « de niveau 3 », qui sont les plus compliquées. Par exemple, la production d’électricité et de chaleur peut être évaluée selon trois méthodes différentes. La méthode de niveau 1 nécessite un calcul du bilan massique fondé sur les données statistiques cumulatives nationales (ou régionales) sur la consommation des combustibles de base. La méthode de niveau 2, fondée sur l’utilisation du combustible pour chaque industrie et secteur de l’économie, nécessite le calcul des émissions par type de source. La méthode de niveau 3 utilise des données propres à la source et ne convient que pour un petit nombre de sources principales d’émissions.
Cette structure par niveaux a pour but d’encourager les pays à travailler avec le plus grand degré de précision possible, tout en permettant aux pays qui ne disposent pas de données détaillées de produire des estimations. Les méthodes des niveaux 2 et 3 devraient produire des estimations plus exactes des émissions, mais elles nécessitent plus de ressources parce qu’elles exigent habituellement la collecte de données plus précises et une connaissance plus approfondie des technologies.
Le tableau explicatif 3 présente un aperçu des méthodes de divers niveaux employées pour calculer certaines émissions canadiennes de gaz à effet de serre. Il montre que le choix du type de méthode du GIEC dépend fortement de la disponibilité des données pour l’élaboration des facteurs d’émission.
Tableau explicatif 3 Types de méthodes employées pour calculer les émissions canadiennes de gaz à effet de serre de sources choisies
Pour illustrer les variations et complexités des méthodes de calcul, les deux sections suivantes présentent des exemples des méthodes employées pour calculer les émissions de gaz à effet de serre. Le premier exemple donne un aperçu des méthodes employées pour calculer les émissions provenant de la combustion de combustibles, tandis que le deuxième montre comment les émissions de méthane sont calculées pour les vaches laitières et les bovins de boucherie du Canada.
Le secteur de l’énergie inclut les émissions de tous les gaz à effet de serre résultant de la production et de l’utilisation de combustibles dans le but principal de produire de l’énergie. Les émissions de ce secteur sont classées soit comme des émissions dues à la combustion de combustibles, soit comme des émissions fugitives3.
Pour tous les sous-secteurs de l’énergie, on évalue les émissions de la combustion des combustibles avec l’équation suivante :
Émissions = quantité de combustible brûlé × facteur d’émission par unité de combustible |
Les données sur l’utilisation énergétique des combustibles ayant servi à évaluer les émissions attribuables à la combustion sont tirées du Bulletin sur la disponibilité et l’écoulement d’énergie (Statistique Canada, 2005; annuel). Les facteurs d’émission propres aux combustibles et à la technologie utilisés pour calculer les émissions se trouvent dans l’annexe 13 du RIN (Environnement Canada, 2006). Ces facteurs, fondés sur la quantité de combustible brûlée, sont subdivisés selon le type de combustible utilisé.
L’équation s’applique à tous les secteurs sources; toutefois, des méthodes plus détaillées sont souvent employées. Les émissions dues à la combustion de combustibles et attribuées au secteur des transports, par exemple, sont calculées à l’aide du modèle canadien des émissions mobiles de gaz à effet de serre du Canada (Mobile Greenhouse Gas Emission Model - MGEM05). Ce modèle sert à subdiviser les statistiques sur les combustibles en 23 catégories qui représentent la quantité estimée de combustibles consommée par les véhicules ayant des caractéristiques d’émissions semblables, déterminées en fonction du type et de l’année du modèle du véhicule, ainsi que de son combustible. On trouvera une analyse détaillée de cette méthode dans la section 3.1.3 du RIN (Environnement Canada, 2006).
Les émissions nationales de méthane pour les vaches laitières et les bovins de boucherie sont calculées en utilisant les méthodes fournies par le GIEC et l’équation suivante :
Estimations des émissions de méthane pour l'industrie canadienne des vaches laitières et des bovins de boucherie |
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![]() |
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CH4 = |
Émissions de méthane dues à la fermentation entérique pour toutes les catégories d'animaux | |
| Pl = | Population d'animaux pour chacune des catégories ou sous-catégories de boins (I) | |
| EFl = | Facteur d'émission pour chaque catégorie de bovins (I)
|
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Les émissions de méthane des bovins canadiens sont calculées comme suit : |
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Étape 1 : |
On calcul les facteurs d'émissin pour diverses sous-catégories de bovins selon la méthode de niveau 2 du GIEC at d'après des informations spécifiques sur la sous-catégorie, l'état physiologique, l'âge, le sexe, le pids, la vitesse du gain pondéral, le niveau d'activité et le milieu de production de l'animal. | |
Étape 2 : |
On calcule ensuite, par province, les facteurs d'émissions pour chacune des sous-catégories suivantes de bovins (vaches laitières, génisses laitières, vaches d'élevage de boucherie, boeufs, veaux de l'année, génisses de remplacement, génisses de plus d'un an et bouvillons de plus d'un an), qui sont ensuite combinés de manière à obtenir le facteur d'émission national moyen pondéré. | |
Étape 3 : |
On calcule les émissions entériques nationales en multipliant le facteur d'émission par la population de la sous-catégorie de bovins correspondante, et on additionne ensuite les valeurs estimées pour toutes les sous-catégories de bovins. | |
Pour obtenir des renseignements plus détaillés sur les méthodes employées pour calculer les émissions dans chaque catégorie de sources, voir les chapitres 3 à 8 et les annexes 2 et 3 du RIN (Environnement Canada, 2006).
L’indicateur des émissions de gaz à effet de serre utilise les mêmes catégories de sources que le RIN, après une ventilation par sous-secteurs identique. Ce format de déclaration est accepté par tous les pays et regroupe les émissions dans les six secteurs suivants : énergie, procédés industriels, utilisation de solvants et d’autres produits, agriculture, affectation des terres, changements dans l’affectation des terres et foresterie, déchets. Chacune de ces catégories est ensuite subdivisée en secteurs et sous-secteurs, selon la grille de la CCNUCC, avec des différences mineures. L’indicateur des émissions de gaz à effet de serre ne tient pas compte des catégories affectation des terres, changements dans l’affectation des terres et foresterie. Le tableau explicatif 2 présente une liste de toutes les catégories de sources dont les émissions de gaz à effet de serre sont estimées par l’indicateur.
Les gaz à effet de serre n’ont pas la même capacité d’absorber la chaleur dans l’atmosphère en raison de leurs différentes propriétés chimiques et durées de séjour dans l’atmosphère. Par exemple, pour une période de 100 ans, comme le méthane possède 21 fois la capacité du dioxyde de carbone de piéger la chaleur dans l’atmosphère, son « potentiel de réchauffement planétaire » est de 21. Les émissions de gaz à effet de serre sont donc exprimées en « équivalents de dioxyde de carbone », que l’on calcule en multipliant la quantité des émissions d’un gaz en particulier par le potentiel de réchauffement planétaire de ce gaz. Le GIEC publie le potentiel de réchauffement planétaire pour chacun des gaz à effet de serre (tableau explicatif 4).
1. Les données sur l’activité se rapportent à la somme quantitative d’activité humaine ayant pour résultat des émissions durant une période donnée. Les données sur l’activité annuelles pour les sources de combustion, pas exemple, sont les quantités totales de combustible brûlé. Dans le secteur de l’agriculture, les données sur l’activité annuelles pour les émissions de méthane provenant de la fermentation entérique sont le chiffre total d’animaux par espèce.
2. Reposant sur des échantillons des données de mesure, les facteurs d’émission sont des taux représentatifs des émissions pour un niveau d’activité donné selon un ensemble donné de conditions d’exploitation. Ils représentent le taux d’émission moyen estimé d’un polluant donné d’une source donnée relativement aux unités d’activité.
3. Il s’agit des rejets de gaz, délibérés ou non, dus à la production de combustibles. Ils peuvent être attribuables notamment à la production, au traitement, au transport, au stockage et à l’utilisation des combustibles, mais ils ne comprennent les émissions attribuables à la combustion que si elles ne sont pas liées à une activité primaire (p. ex., le torchage du gaz naturel dans les installations de production pétrolière et gazière) (Environnement Canada, 2006).