Section 1 : Introduction
Consulter la version la plus récente.
Information archivée dans le Web
L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.
La terre, le sol, l’eau et le climat sont des éléments importants de l’infrastructure écologique qui sert de fondement à l’activité agricole au Canada. Dans certaines régions du pays, l’agriculture occupe une grande partie du paysage et, surtout dans les Prairies et des parties du sud de l’Ontario, il peut s’agir de la principale utilisation des terres. Néanmoins, toutes les terres ne conviennent pas à l’agriculture. Par ailleurs, une bonne partie des terres agricoles du Canada sont situées dans des régions où il y a de nombreuses autres utilisations concurrentielles des terres.
Bien que les villes, villages et routes du Canada (les zones bâties) couvrent seulement 0,1 % du paysage du pays, les pressions exercées par le développement peuvent entraîner la perte de terres agricoles de premier choix ainsi que de nombreux services et avantages écosystémiques précieux que les écosystèmes agricoles 1 apportent à la société : la création d’un habitat pour la faune, la régulation des débits d’eau, des espaces destinés aux activités de loisirs et aux plaisirs esthétiques.
L’agriculture contribue à la vie des Canadiens partout au pays, leur procurant des aliments et du travail, et aide à conserver le lien entre les gens et la terre. L’agriculture canadienne profite également aux habitants du monde entier.
Parallèlement, il est important de reconnaître les impacts environnementaux qui pourraient découler des activités agricoles : l’industrie agricole est le plus important consommateur d’eau au pays 2 , les éléments nutritifs contenus dans les engrais et le fumier peuvent altérer la qualité de l’eau 3 et certaines activités agricoles peuvent créer des émissions de polluants atmosphériques et des gaz à effet de serre 4 , 5 . De nombreux agriculteurs ont adopté des pratiques de gestion particulières pour éviter ou réduire ces impacts et restaurer ou améliorer les services écosystémiques.
Le cadre conceptuel des biens et services écosystémiques (figure 1.1) illustre la structure de cet article. Il porte sur : l’infrastructure écologique sur laquelle repose l’activité agricole (section 2), les biens et services écosystémiques provenant de l’agriculture (section 3), les principaux bénéficiaires de ces biens et services (section 4) ainsi que les répercussions environnementales et les activités de gestion associées à l’agriculture (section 5). Dans la section 6, nous présentons un exemple qui illustre comment les renseignements agricoles des quatre quartiers peuvent être intégrés en un système de comptes de l’environnement qui suit les lignes directrices internationales élaborées par l’Organisations des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO). Dans la section 7, la conclusion renferme une courte liste de domaines qui nécessitent des recherches plus approfondies. Un glossaire de la terminologie utilisée dans cette publication est disponible dans l’appendice B.
Figure 1.1 : Cadre conceptuel des biens et services écosystémiques pour l'agriculture
Les numéros annuels de L’activité humaine et l’environnement fournissent des données de nombreuses sources qui font le portrait statistique de l’environnement du Canada, en insistant sur l’activité humaine et sa relation avec les systèmes naturels : air, eau, sol, plantes et animaux. Chaque numéro contient des renseignements accessibles et pertinents sur un enjeu environnemental qui préoccupe les Canadiens.
L’article de 2014 « L’agriculture au Canada » renferme une foule de statistiques qui décrivent l’agriculture du point de vue des biens et services écosystémiques (voir l’encadré 1).
Note aux lecteurs
Bon nombre des statistiques de ce rapport sont présentées à l’aide de classifications géographiques axées sur les caractéristiques écologiques et hydrographiques de la surface de la terre, plutôt que sur des limites administratives telles que les provinces et les municipalités.
Dans le Cadre écologique du Canada, le pays est divisé en 15 écozones terrestres qui ont des caractéristiques écologiques communes, comme le climat, la physiographie, la végétation, le sol, l’eau, la faune et l’utilisation des terres (carte 1, appendice H, dans Statistique Canada, 2013. « Mesure des biens et services écosystémiques au Canada », L’activité humaine et l’environnement, no 16-201-X au catalogue). On peut diviser les écozones en 53 écoprovinces, 194 écorégions et 1 021 écodistricts, chacun se caractérisant par d’autres niveaux de détail des caractéristiques écologiques régionales. Selon les données du Recensement de l’agriculture, les fermes sont situées dans 8 des 15 écozones du Canada.
Dans la classification des régions de drainage de Statistique Canada, le pays est divisé selon les cours d’eau qui se drainent dans cinq aires de drainage océaniques : l’océan Pacifique, l’océan Arctique, l’océan Atlantique, la baie d’Hudson et le golfe du Mexique. Ces aires sont ensuite subdivisées en 25 régions de drainage (carte 1.2, dans Statistique Canada, 2010. « Offre et demande d’eau douce au Canada », L’activité humaine et l’environnement, no 16-201-X au catalogue), qui couvrent toutes les terres et tous les lacs et rivières d’eau douce intérieurs du pays. Les régions de drainage reposent sur le regroupement de 974 sous-sous-aires de drainage 6 . On retrouve des fermes dans 22 des 25 régions de drainage du pays.
Encadré 1 : Qu’est-ce que les biens et services écosystémiques?
Les écosystèmes sont des communautés d’organismes (des espèces vivantes comme les plantes, les animaux et les micro-organismes) en interaction et leur environnement physique qui fonctionnent ensemble, comme une unité. Les écosystèmes produisent une vaste gamme de biens et services dont les gens profitent, collectivement appelés les biens et services écosystémiques (BSE). Voir le rapport approfondi sur la comptabilité et l’évaluation des écosystèmes, Statistique Canada, 2013. « Mesure des biens et services écosystémiques au Canada », L’activité humaine et l’environnement, no 16-201-X au catalogue.
Par exemple, les plantes et les arbres des écosystèmes forestiers produisent de l’air pur, tandis que les milieux humides filtrent et contrôlent l’écoulement des eaux, offrant de l’eau propre et une protection contre les inondations. Les écosystèmes agricoles contribuent à la production d’aliments, en fournissant des sols fertiles, en assurant la pollinisation et en procurant des services de régulation antiparasitaire, avec d’autres apports d’engrais, de pesticides, d’énergie et de main-d’oeuvre des agriculteurs. Ces différents écosystèmes peuvent également offrir des avantages récréatifs et esthétiques, entre autres choses.
On peut classer les BSE en services d’approvisionnement, de régulation et culturels.
- Les services d’approvisionnement produisent les biens sur lesquels les gens comptent, notamment les cultures, le bétail, le poisson ou le bois.
- Les services de régulation, comme la régulation du climat, des débits d’eau et de la qualité de l’air, découlent de la capacité des écosystèmes à contrôler les cycles climatiques, hydrologiques et biochimiques, ainsi que les processus biologiques.
- Les services culturels offrent aux humains des avantages psychologiques, intellectuels et symboliques dont ils profitent dans leurs loisirs, en acquérant des connaissances, en pratiquant des activités de relaxation et par leur réflexion spirituelle.
On reconnaît parfois une autre catégorie, appelée « services de soutien », qui souligne le fait que de nombreux processus et fonctions sous-jacents des écosystèmes sont nécessaires pour produire tous les autres services écosystémiques. Ces services sont considérés être des extrants intermédiaires qui circulent à l’intérieur et entre les écosystèmes et qui contribuent à la production des extrants écosystémiques finaux dont les humains profitent.
Divers types d’écosystèmes offrent divers types de BSE. Par exemple, les terres cultivées peuvent produire une gamme et une quantité assez différentes de BSE si on les compare aux forêts ou aux milieux humides. La capacité d’un écosystème à produire des BSE peut subir l’incidence de l’activité humaine, qu’elle soit positive ou négative 7 .
Ce qu’il faut savoir sur cette étude
Ce rapport fait un usage généralisé des données provenant des cinq sources suivantes :
Le Recensement de l'agriculture : Le Recensement de l'agriculture recueille un large éventail de données sur le secteur agricole, par exemple, le nombre d'exploitations et d'exploitants agricoles, les superficies cultivées, les formes juridiques, les pratiques de gestion des terres, le nombre d'animaux d'élevage et les superficies en culture, les dépenses et les revenus d'exploitation, le capital agricole et les machines, le matériel et l'équipement agricoles. Ces données fournissent une description complète de l'industrie agricole au Canada tous les cinq ans aux échelles nationale, provinciale et infraprovinciale. Pour obtenir plus de renseignements, voir Statistique Canada, 2012. À propos du Recensement de l’agriculture, www.statcan.gc.ca/ca-ra2011/110002-fra.htm.
L'Enquête sur la gestion agroenvironnementale : L'Enquête sur la gestion agroenvironnementale de 2011 a été réalisée afin de recueillir de l'information sur les pratiques agricoles dans les fermes de cultures et de bétail du Canada. L'enquête était axée sur l'épandage de fumier, l'application de pesticides, le pâturage et la mise en oeuvre de plans agroenvironnementaux au cours de l'année civile 2011. L'enquête aide Agriculture et Agroalimentaire Canada à mesurer la performance environnementale du secteur agricole. Pour obtenir plus de renseignements, voir Statistique Canada, 2012. Enquête sur la gestion agroenvironnementale (EGA), http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SDDS=5044.
L'Enquête sur les ménages et l'environnement : L'Enquête sur les ménages et l'environnement mesure les pratiques et les comportements des ménages canadiens en matière d'environnement qui ont à voir avec la qualité de l'air, de l'eau et du sol. Elle vise aussi à recueillir des données permettant d'établir et d'améliorer trois grands indicateurs de l'environnement, à savoir la qualité de l'air, celle de l'eau et les émissions de gaz à effet de serre. Pour obtenir plus de renseignements, voir Statistique Canada, 2014. Enquête sur les ménages et l’environnement (EME), http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SDDS=3881.
Données interpolées du Recensement de l’agriculture : Étant donné que les unités de recensement ne sont ni le reflet ni l’équivalent d’unités biophysiques du paysage (les écorégions, les pédo-paysages ou les aires de drainage, par exemple), Agriculture et Agroalimentaire Canada, en collaboration avec la Division de l’agriculture de Statistique Canada, a mis au point un processus de réaffectation des données du Recensement de l’agriculture aux géographies environnementales telles que les aires de drainage. Pour obtenir plus de renseignements, voir Gouvernement du Canada, 2013. Données interpolées du Recensement de l’agriculture, http://donnees.gc.ca/data/fr/dataset/1dee8513-5c73-43b6-9446-25f7b985cd00.
L'Enquête sur l'eau dans l'agriculture : L'Enquête sur l'eau dans l'agriculture est menée afin de recueillir des renseignements sur l'utilisation de l'eau d'irrigation, sur les méthodes et les pratiques d'irrigation, et sur les sources et la qualité de l'eau utilisée à des fins agricoles dans les fermes canadiennes. Les résultats aideront les exploitants agricoles, les gouvernements et la population canadienne à avoir une meilleure compréhension de la demande en eau et de la façon dont elle est utilisée dans les exploitations agricoles canadiennes. Pour obtenir plus de renseignements, voir Statistique Canada, 2012. Enquête sur l’eau dans l’agriculture (EEA), http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SDDS=5145.
- Date de modification :