Section 5 : Émissions atmosphériques
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Les émissions atmosphériques peuvent avoir une vaste gamme de répercussions. Par exemple, les émissions des véhicules influent sur la qualité de l'air urbain; les émissions industrielles toxiques de soufre et d'oxydes d'azote peuvent entraîner des pluies acides; les chlorofluorocarbures, les hydrochlorofluorocarbures et d'autres substances appauvrissent la couche d'ozone; les émissions de dioxyde de carbone, de méthane et d'oxyde nitreux contribuent au changement climatique. Les polluants atmosphériques ont un effet néfaste sur l'air que nous respirons et peuvent également avoir une incidence sur les sols et les réseaux hydrographiques par le biais de dépôts d'acides. Les effets peuvent être locaux, régionaux ou mondiaux, puisque les polluants peuvent se déplacer sur de longues distances en fonction des vents dominants.
Principaux contaminants atmosphériques
Les principaux contaminants atmosphériques (PCA) sont ceux pour lesquels le gouvernement a établi des normes de qualité de l'air ambiant. Ils comprennent les oxydes de soufre, le monoxyde de carbone, les oxydes d'azote, les composés organiques volatils, les particules et l'ammoniac. Les PCA contribuent aux problèmes de qualité de l'air comme le smog et les pluies acides 1 .
Particules
Il s'agit d'une catégorie générale de polluants atmosphériques qui comprend diverses petites particules solides ou liquides de taille et de composition chimique variées. Les particules totales (PT) englobent toutes les particules d'un diamètre inférieur ou égal à 100 micromètres. Les particules de diamètre inférieur ou égal à 10 micromètres (P10) constituent un sous-ensemble de PT, tandis que les particules d'un diamètre inférieur ou égal à 2,5 micromètres (P2,.5) constituent un sous-ensemble de P10 2 . Les P2,5 sont les plus dangereuses pour la santé humaine car elles peuvent pénétrer plus profondément dans les poumons 3 .
Entre 1985 et 2009, les émissions de PT ont augmenté de 45 %, tandis que les émissions de P10 se sont accrues de 19 % et les émissions de P2,5 ont diminué de 13 % (graphique 5.1). En 2009, les sources ouvertes telles que les routes pavées et non pavées, la construction, l'agriculture et les incendies de forêt ont été à l'origine de 96 % des émissions de PT, de 93 % des émissions de P10 et de 72 % des émissions de P2,5 (tableau 5.1). Les sources industrielles se sont classées au deuxième rang des plus importantes sources d'émissions de P10,, l'extraction minière et l'exploitation en carrière, notamment, étant à l'origine du quart des émissions industrielles. Les sources non industrielles, plus particulièrement la combustion de bois de chauffage dans le secteur résidentiel, se sont classées au deuxième rang des plus grands émetteurs de P2,5 (voir 5.1.7 Émissions atmosphériques provenant de la consommation résidentielle de bois de chauffage).
Oxydes de soufre (SOx)
Les oxydes de soufre (SOx) sont un groupe de gaz dont le plus important est le dioxyde de soufre (SO2). Les principales sources sont la combustion de combustibles fossiles et la fusion du minerai 4 . En se dissolvant dans la vapeur d'eau atmosphérique, le SO2 produit des acides et interagit avec d'autres gaz et particules dans l'air pour former des sulfates 5 .
Entre 1985 et 2009, les émissions de SOx ont diminué de 60 % (graphique 5.2). Les sources industrielles ont été à l'origine de plus de 64 % des émissions de SOx en 2009, tandis que l'industrie de la fonte et du raffinage de métaux non ferreux et l'industrie de l'extraction de combustibles fossiles ont été à l'origine de près des trois quarts des émissions industrielles (tableau 5.1). En 2009, 26 % des émissions totales de SOx ont été attribuables à la production d'énergie électrique.
Oxydes d'azote (NOx)
Les oxydes d'azote sont des polluants atmosphériques constitués principalement d'oxyde nitrique (NO) et de dioxyde d'azote (NO2); ils sont produits par la réaction de l'azote (N2) et de l'oxygène (O2) dans l'air à température élevée dans les moteurs à combustion interne et dans les chaudières. Ils contribuent à la formation d'ozone troposphérique, de particules et de dépôts acides (y compris les pluies acides).
Les émissions de NOx ont diminué de 18 % entre 1985 et 2009 (graphique 5.2). Les transports ont été la principale source d'émissions d'oxyde de soufre, étant à l'origine de plus de la moitié des émissions en 2009. Les sources industrielles ont été les deuxièmes émettrices en importance (tableau 5.1).
Composés organiques volatils (COV)
Les composés organiques volatils (COV) comprennent ceux qui jouent un rôle dans les réactions photochimiques atmosphériques, sauf le méthane, l'éthane, l'acétone, le dichlorométane, le méthylchloroforme et plusieurs substances organiques chlorées 6 , 7 . Les COV sont des composés contenant du carbone qui ont une forte tendance à passer de l'état solide ou liquide à l'état gazeux dans des conditions environnementales normales. Ces composés contribuent à la formation d'ozone troposphérique, une composante du smog, ainsi qu'à la formation de P2,5 8 .
Les émissions de COV (sauf de sources naturelles) ont diminué de 26 % entre 1985 et 2009 (graphique 5.2). En 2009, les sources naturelles ont été à l'origine de 92 % des émissions de COV, tandis que les sources industrielles et les transports ont été les deuxième et troisième émetteurs en importance (tableau 5.1).
Monoxyde de carbone (CO)
Le monoxyde de carbone est un gaz toxique, inodore et incolore, libéré principalement par la combustion incomplète de combustibles fossiles 9 .
Les émissions de CO ont diminué de 43 % entre 1985 et 2009 (graphique 5.1). En 2009, les transports ont été à l'origine des émissions les plus élevées de CO en 2009 (tableau 5.1).
Ammoniac (NH3)
L'ammoniac (NH3) est un gaz incolore provenant principalement de la gestion des déjections du bétail et de la production d'engrais. Il se combine avec les sulfates et les nitrates pour former des P2,5 et peut aussi jouer un rôle dans la nitrification et l'eutrophication des écosystèmes aquatiques 10 .
Les émissions de NH3 ont augmenté de 13 % entre 1985 et 2009 (graphique 5.2). En 2009, les sources ouvertes, particulièrement l'agriculture, ont été à l'origine de près de 90 % des émissions de NH3 (tableau 5.1).
Émissions atmosphériques provenant de la consommation résidentielle de bois de chauffage
La combustion du bois peut produire divers polluants, dont des particules, des oxydes d'azote, du monoxyde de carbone, des composés organiques volatils, des dioxines et furanes et des hydrocarbures aromatiques polycycliques 11 .
En 2009, la combustion résidentielle de bois de chauffage a été à l'origine de 9 % des émissions de P2,5, soit la principale source d'émissions après les sources ouvertes (tableau 5.1). Le chauffage au bois résidentiel a été également à l'origine de 7 % des émissions de monoxyde de carbone en 2009.
L'efficacité du chauffage au bois dépend dans une large mesure du type de foyer au bois ou de poêle à bois utilisé. Les foyers ont tendance à être inefficaces. Les poêles encastrables et les poêles et fournaises à bois hermétiques sont plus efficaces. En 2007, le bois et les granulés de bois ont été à l'origine de 13 % de l'énergie totale consommée par les ménages canadiens (tableau 5.2).
Émissions industrielles de polluants atmosphériques
En 2009, les principaux contaminants atmosphériques représentaient près de 99 % des polluants atmosphériques émis par les installations industrielles selon l'Inventaire national des rejets de polluants (tableau 5.3).
Les substances le plus souvent émises dans l'atmosphère comprennent le dioxyde de souffre (1 308 230 tonnes), le monoxyde de carbone (866 724 tonnes) et les oxydes d'azote (698 015 tonnes).
En 2008, la majorité des dépenses en immobilisations engagées pour la prévention de la pollution et la lutte contre la pollution ont été affectées à la prévention ou à la réduction des émissions de polluants atmosphériques. Près de 1,4 milliard de dollars ont été investis dans les procédés et les technologies de lutte contre la production visant à réduire les émissions atmosphériques, tandis que les dépenses en immobilisations au chapitre des procédés et des technologies de prévention de la pollution ont totalisé 422,2 millions de dollars (tableau 5.4).
L'industrie des produits minéraux non métalliques (97 %) et l'industrie des métaux de première transformation (94 %) ont consacré la part la plus importante de leurs investissements totaux à la réduction de la pollution et à la lutte contre la pollution visant à réduire les émissions atmosphériques. Ces deux industries ont également consacré la plus grande part de leurs investissements totaux à la prévention de la pollution en vue de réduire les émissions atmosphériques, soit 81 % et 83 %, respectivement.
Gaz à effet de serre
En 2009, les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada ont atteint 690 mégatonnes, soit une augmentation de 17 % par rapport à 1990 (tableau 5.5). L'augmentation a été attribuable à la hausse des émissions des secteurs énergétique, des transports (les transports routiers en particulier) ainsi que de l'extraction minière et de l'extraction de pétrole et de gaz. Les émissions de GES des industries manufacturières, provenant des procédés industriels et de l'industrie de la fabrication de produits chimiques ont diminué au cours de la période. Le CO2 est de loin le GES dont les émissions sont les plus importantes (graphique 5.3).
En 2009, la plus importante source d'émissions de GES était les activités de production et de consommation d'énergie, y compris les émissions directes de la combustion de combustibles fossiles ainsi que les émissions fugitives provenant de l'extraction du charbon et de l'exploitation du pétrole et du gaz naturel (graphique 5.4).
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