Section 3 : Déchets solides

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Les déchets solides peuvent être dangereux ou non dangereux et proviennent de nombreuses sources, y compris les sources résidentielles, commerciales, institutionnelles et industrielles. Les déchets urbains solides sont réglementés par les provinces et les territoires et gérés par l'industrie de la gestion des déchets au moyen de contrats attribués aux autorités municipales ou régionales. En revanche, les déchets solides provenant de procédés industriels peuvent être manipulés directement par le producteur et éliminés sur terre ou dans l'eau.

Déchets urbains solides

Les emballages utilisés, les restes de nourriture, les vieux ordinateurs et les journaux résultant des activités des entreprises et des ménages sont autant d'exemples de déchets urbains solides. Les déchets résidentiels sont produits par les ménages et peuvent être ramassés par la municipalité ou par des entreprises privées de gestion des déchets ou bien transportés par les ménages aux installations de collecte, de recyclage et d'élimination. Les déchets non résidentiels comprennent les déchets non dangereux provenant de sources industrielles, commerciales et institutionnelles ainsi que les déchets produits par les travaux de construction et de démolition.

Les déchets urbains solides peuvent être gérés par élimination dans des sites d'enfouissement ou des incinérateurs ou bien être récupérés au recyclage ou au compostage. La récupération des déchets peut réduire la demande d'énergie et de nouvelles ressources grâce à la réutilisation de matériaux déjà produits (par exemple, l'aluminium, le verre, le plastique et le papier). Par conséquent, elle peut également réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Entre 2002 et 2008, l'élimination des déchets urbains solides a légèrement augmenté, passant de 769 kilogrammes à 777 kilogrammes par habitant. Durant la même période, la récupération des déchets solides est passé de 212 kilogrammes à 254 kilogrammes par habitant (Encadré : « Champ d'observation de l'Enquête sur l'industrie de la gestion des déchets »).

Les déchets solides peuvent avoir diverses répercussions sur l'environnement, selon la façon dont ils sont gérés. Par exemple, l'élimination des déchets peut concourir à la contamination des sols et des eaux, tandis que le méthane qui n'est pas capté dans les sites d'enfouissement s'ajoute aux émissions de gaz à effet de serre (Encadré : « Sites d'enfouissement et incinération »).

Champ d'observation de l'Enquête sur l'industrie de la gestion des déchets

Sauf indication contraire, la section 3.1, Déchets urbains solides est fondée sur des données tirées de l'Enquête sur l'industrie de la gestion des déchets : secteur des entreprises et des administrations publiques 1 .

Les estimations présentées dans cette section portent seulement sur les déchets traités par les entreprises ou les administrations locales qui font partie de l'industrie de la gestion des déchets selon le Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN). Les déchets non traités par l'industrie de la gestion des déchets ne sont pas inclus dans le champ de l'enquête.

Par exemple, les déchets gérés sur place par les entreprises ou les ménages ne sont pas compris dans les estimations. La majeure partie des déchets résidentiels sont pris en charge par les municipalités ou les entreprises privées, mais une quantité appréciable de déchets non résidentiels sont gérés sur place par les producteurs industriels ou transportés directement vers les transformateurs secondaires, tels que les usines de pâtes et papiers.

En outre, les estimations ne comprennent pas les matières traitées en vue de leur réutilisation ou de leur revente (par exemple, la ferraille ou les vêtements usagés vendus en gros) ou les matières qui ont été recueillies par un système de consigne (par exemple, les conteneurs d'aliments et de boissons et les pneus).

Les déchets agricoles ne sont pas couverts par ces enquêtes. Ces déchets sont habituellement gérés dans l'exploitation agricole ou par les soins d'entreprises spécialisées qui ne sont pas classées dans l'industrie de la gestion des déchets selon le SCIAN.

L'industrie de la gestion des déchets au Canada

Divers services sont offerts par l'industrie de la gestion des déchets, dont la collecte et le transport des déchets destinés à l'élimination et à la récupération (recyclage et compostage), l'exploitation d'installations d'élimination des déchets dangereux et non dangereux, l'exploitation de stations de transfert, l'exploitation d'installations de recyclage et de compostage et le traitement des déchets dangereux.

Les services de gestion des déchets sont fournis par l'une des deux sources, soit les organismes publics comme l'administration locale ou les conseils ou commissions de gestion des déchets et les entreprises privées qui concluent des contrats de fourniture de services de gestion des déchets avec les administrations locales ou les entreprises. En 2008, le nombre de travailleurs à temps plein dans l'industrie de la gestion des déchets s'élevait à 31 344, dont 81 % travaillaient dans le secteur des entreprises, le reste étant des employés des administrations publiques.

En 2008, les dépenses courantes totales des administrations locales au titre de la gestion des déchets solides s'élevaient à 2,6 milliards de dollars, ce qui représente une hausse de 1,1 milliard de dollars par rapport à 2002. La collecte et le transport représentaient 42 % de ces dépenses totales, l'exploitation des installations d'élimination, 18 % et les frais de déversement, 14 % (graphique 3.1).

Élimination

Mis à part quelques exceptions, les matières jetées aux ordures sont acheminées aux installations d'élimination des déchets où elles sont soit éliminées dans des sites d'enfouissement, soit incinérées. (Encadré : « Sites d'enfouissement et incinération » et encadré : « Transformation de déchets en énergie »).

En 2008, 25 871 310 tonnes de déchets solides produits par les Canadiens ont été éliminées (777 kilogrammes par habitant), soit une hausse de 7 % par rapport à 2002 (tableau 3.1). À l'échelon provincial, les plus fortes augmentations ont été observées en Alberta (39 %) et au Nouveau-Brunswick (16 %). La Nouvelle-Écosse a été la seule province à connaître une diminution des déchets destinés à l'élimination (-9 %).

En 2008, les déchets solides résidentiels représentaient le tiers de la quantité totale de déchets éliminés, proportion variant toutefois selon la province. À Terre-Neuve-et-Labrador, les sources résidentielles ont été à l'origine de 53 % des déchets éliminés, comparativement à 24 % en Alberta.

De 2002 à 2008, la quantité de déchets solides résidentiels éliminés est demeurée essentiellement stable, passant de 8 446 766 tonnes à 8 536 891 tonnes, ce qui représente une augmentation de 1 % (tableau 3.1). Par habitant, toutefois, elle a diminué de 5 % pour passer à 256 kilogrammes. En 2008, la quantité de déchets solides résidentiels éliminés par habitant a été la plus élevée à Terre-Neuve-et-Labrador (429 kilogrammes) et la plus faible en Nouvelle-Écosse (158 kilogrammes) (graphique 3.2).

Sites d'enfouissement et incinération

Au Canada, les déchets sont éliminés principalement dans les sites d'enfouissement. Le lixiviat et les gaz d'enfouissement sont les deux principales préoccupations environnementales en ce qui a trait aux sites d'enfouissement.

À mesure que le liquide coule dans le site d'enfouissement, il acquiert divers composants toxiques et polluants, en quantités importantes ou infimes; ce lixiviat peut contaminer l'eau souterraine et l'eau de surface. Les sites d'enfouissement sanitaires contrôlent les types et les quantités de déchets d'arrivée et sont munis de membranes et de systèmes de collecte et de traitement du lixiviat de manière à prévenir la contamination de l'eau et du sol.

Le gaz d'enfouissement résulte de la décomposition des matières organiques dans les sites d'enfouissement. Ce gaz se compose principalement de méthane, un gaz à effet de serre (GES) 21 fois plus puissant que le dioxyde de carbone en ce qui a trait au potentiel de réchauffement planétaire 2 . Il comprend également du dioxyde de carbone, de petites quantités d'azote et d'oxygène, et de faibles quantités de divers autres gaz. Les préoccupations au sujet des gaz d'enfouissement comprennent les incendies, les explosions, les dommages aux plantes et les odeurs désagréables 3 . En 2009, les émissions de méthane provenant des sites d'enfouissement ont été à l'origine de 22 % des émissions nationales de méthane et de 3 % des émissions totales de GES 4 . Le gaz d'enfouissement peut être capté et torché, ce qui transforme le méthane en dioxyde de carbone et en réduit l'odeur, ou être utilisé pour produire de l'électricité ou des combustibles de remplacement 5 . En 2009, 349 kilotonnes de méthane ont été captées et brûlées, dont la moitié a été utilisée à des fins énergétiques, tandis que le reste a été torché 6 .

L'incinération comprend une vaste gamme de pratiques allant du brûlage en plein air aux processus de combustion contrôlée qui utilisent des systèmes d'incinération de déchets non conditionnés et d'autres types d'incinérateurs modernes dotés de dispositifs antipollution qui brûlent les déchets à des températures allant de 900 à 1 100 °C 7 . Moins de 5 % des déchets urbains solides éliminés sont incinérés au Canada 8 .

L'un des avantages de l'incinération est la réduction de la quantité de déchets à éliminer. Toutefois, l'incinération produit des déchets gazeux et des cendres et peut contribuer à la pollution atmosphérique. En 2009, l'incinération de déchets urbains a rejeté dans l'atmosphère 677 tonnes de particules (P) (0,004 % des émissions totales de P), 350 tonnes d'oxyde de soufre (SOx) (0,02 % des émissions totales de SOx), 1 364 tonnes d'oxyde d'azote (NOx) (0,06 % des émissions totales de NOx), 602 tonnes de composés organiques volatils (COV) (0,002 % des émissions totales de COV), 1 330 tonnes de monoxyde de carbone (CO) (0,01 % des émissions totales de CO) et 19 tonnes d'ammoniac (NH3) (0,004 % des émissions totales de NH39 .

Les dioxines et les furanes, qui sont des polluants organiques persistants, sont des contaminants éventuels produits par l'incinération. Ces produits chimiques toxiques biocumulatifs peuvent provenir d'une combustion incomplète associée à une technologie d'incinération inadéquate ou à la mauvaise utilisation d'un incinérateur 10 .

Le mercure est un autre contaminant biocumulatif potentiel qui peut être émis lorsque des articles contenant du mercure sont mis à l'incinérateur. Limiter la quantité de mercure dans les déchets ainsi que l'utilisation de matériel spécialisé de lutte contre la pollution atmosphérique a pour effet de réduire les rejets de mercure 11 .

En 2008, les déchets non résidentiels représentaient les deux tiers de l'ensemble des déchets solides éliminés. De 2002 à 2008, la quantité de déchets solides résidentiels éliminés a augmenté de 11 %, passant de 15 634 606 tonnes à 17 334 419 tonnes (tableau 3.1). Les plus fortes augmentations ont été observées en Alberta (52 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (21 %).

Transformation de déchets en énergie

Les installations de transformation des déchets en énergie sont des centrales très efficaces qui produisent de la chaleur et de l'électricité en utilisant comme combustible les déchets urbains solides, remplaçant ainsi l'énergie produite par les centrales classiques qui utilisent des combustibles fossiles tels que le charbon, le pétrole ou le gaz naturel.

Des sept installations d'incinération municipales au Canada, cinq produisent de l'énergie, brûlant environ 763 000 tonnes de déchets urbains solides. Environ 3 % des déchets éliminés ont été incinérés dans des installations de transformation des déchets en énergie en 2006 12 .

Récupération

Les déchets peuvent être récupérés des installations d'élimination et traités dans des installations de recyclage ou de compostage (Encadré : « Recyclage et compostage »).

Le taux de récupération moyen, soit la quantité de déchets récupérés en proportion des déchets produits, est passé de 22 % en 2002 à 25 % en 2008. En 2008, la Nouvelle-Écosse a affiché le taux de récupération le plus élevé des provinces, soit de 45 %.

En 2008, 8 473 257 tonnes de déchets solides ont été récupérées pour recyclage ou compostage, ce qui représente une augmentation de 28 % par rapport à 2002 (tableau 3.2). Au cours de cette période, les augmentations les plus importantes ont été observées au Nouveau-Brunswick (105 %) et en Nouvelle-Écosse (51 %), alors que le Manitoba a affiché une baisse de 21 %.

En 2008, 254 kilogrammes de déchets solides ont été récupérés par habitant, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2002. Les quantités les plus élevées de récupération des déchets solides par habitant ont été observées au Nouveau-Brunswick et en Colombie-Britannique, soit 358 kilogrammes et 343 kilogrammes, respectivement.

En 2008, les sources résidentielles ont été à l'origine de 51 % des déchets solides récupérés au Canada, le reste étant attribuable à des sources non résidentielles. Cette proportion différait selon la province, les sources résidentielles étant à l'origine des deux tiers des déchets solides récupérés en Ontario tandis que les déchets non résidentiels représentaient plus des trois quarts des déchets solides récupérés au Nouveau-Brunswick.

De 2002 à 2008, les déchets solides de sources résidentielles récupérés sont passés de 2 789 669 tonnes à 4 360 505 tonnes, ce qui représente une hausse de 56 %. Les déchets solides de sources non résidentielles récupérés ont augmenté de 7 %, passant de 3 851 879 tonnes à 4 112 752 tonnes (tableau 3.2).

Recyclage et compostage

Le recyclage est le procédé par lequel des matières comme le verre, le métal, le plastique ou le papier sont détournées du flux des déchets et retransformées en de nouveaux produits ou utilisées comme substituts de matières brutes.

Le compostage est un processus de décomposition des déchets organiques en substances plus simples par des micro-organismes comme des bactéries et des champignons. Le produit final est un humus stable ou compost pouvant être utilisé pour l'aménagement paysager, le jardinage ou à d'autres fins. Les déchets organiques qui peuvent être compostés comprennent les déchets de cuisine, les déchets de jardin, les résidus des cultures agricoles, les produits en papier, les boues d'épuration et le bois 13 .

Le recyclage et le compostage récupèrent les déchets destinés à l'élimination. En outre, le recyclage peut fournir une autre source de matières que l'extraction et l'exploitation de ressources vierges 14 .

La récupération, selon le type de déchet

En 2008, les matériaux organiques 15  représentaient, au poids, la plus grande proportion des déchets récupérés, soit 2 439 223 tonnes récupérées, ou 29 % du total des déchets récupérés, suivies du carton et du carton pour boîtes (17 %) et du papier journal (13 %) (tableau 3.3 et graphique 3.3).

Entre 2002 et 2008, la quantité de matières organiques récupérées a augmenté de 1 128 433 tonnes, ce qui représente une augmentation de 86 %. La quantité de matières plastiques récupérées s'est également accrue rapidement (126 %) bien que ces matières représentent une proportion beaucoup plus petite de l'ensemble des déchets récupérés.

Déchets dangereux

Les déchets dangereux sont ceux qui ne sont pas acceptés par les programmes de gestion des déchets et de recyclage ordinaires, habituellement parce qu'ils sont dangereux pour l'environnement ou parce qu'ils posent un danger pour la santé du personnel de collecte et de traitement. Les déchets dangereux peuvent présenter des caractéristiques telles que l'inflammabilité, la corrosivité ou la toxicité et avoir besoin d'un traitement spécial avant d'être éliminés ou recyclés.

Déchets ménagers dangereux

Les déchets ménagers dangereux peuvent inclure les ampoules fluorescentes compactes (AFC) et les tubes fluorescents, qui tous deux contiennent du mercure; les batteries et piles qui contiennent des acides et des métaux lourds comme le cadmium et le lithium; les appareils électroniques tels que les téléphones cellulaires et les téléviseurs; les peintures et les diluants; et les médicaments. Ces articles devraient être apportés à un centre de stockage des déchets dangereux ou à un centre de récupération, ou retournés aux fournisseurs ou détaillants pour traitement et élimination sécuritaires.

Parmi les 58 % des ménages qui avaient des batteries 16  dont ils voulaient se débarrasser en 2009, 42 % les avaient jetées aux ordures (tableau 3.4). En outre, les ménages avaient souvent des médicaments, de la peinture ou des diluants dont ils voulaient se défaire, mais la majorité ont retourné ces articles de façon sécuritaire aux fournisseurs ou les ont apportés à un site de stockage des déchets ou à un centre de récupération.

Déchets électroniques

Étant donné l'accroissement rapide de la popularité des téléphones cellulaires, des ordinateurs, des téléviseurs et d'autres appareils électroniques, la gestion écologique de ces déchets de matériel électronique ou déchets électroniques à la fin de leur vie utile revêt une importance croissante. En 2009, 77 % des ménages avaient au moins un téléphone cellulaire, 82 % avaient au moins un ordinateur à la maison et 99 % avaient au moins un téléviseur couleur 17 . Bon nombre de ces produits contiennent du cuivre, de l'aluminium et de l'or, ainsi que des métaux comme le plomb, le mercure et le cadmium.

Les programmes de recyclage d'appareils électroniques aident à ne pas entasser ces appareils dans les sites d'enfouissement et à récupérer les ressources utiles 18 . Des programmes de recyclage des appareils électroniques existent actuellement en Colombie-Britannique (depuis 2007), en Alberta (2005), en Saskatchewan (2007), en Ontario (2009), en Nouvelle-Écosse (2007) et à l'Île-du-Prince-Édouard (2010). Depuis 2004, ces programmes ont permis de récupérer plus de 172 000 tonnes d'appareils électroniques en fin de vie utile à des sites d'enfouissement 19 .

En 2009, 36 % des ménages ont déclaré avoir des appareils électroniques dont ils voulaient se défaire (tableau 3.5). Ces ménages ont utilisé le plus souvent un site de stockage ou un centre de récupération pour éliminer les déchets électroniques (45 %), tandis que 22 % ont fait un don des produits électroniques dont ils voulaient se débarrasser. Vingt-huit pour cent des ménages avaient encore à la maison les appareils électroniques dont ils voulaient se défaire.

Les ménages en Saskatchewan étaient les plus susceptibles d'apporter les déchets électroniques à un site de stockage ou un centre de récupération (69 %) pour les éliminer. Les ménages à Terre-Neuve-et-Labrador (36 %), à l'Île-du-Prince-Édouard (35 %) et au Nouveau-Brunswick (34 %) étaient les plus susceptibles d'avoir encore des appareils électroniques dont ils voulaient se débarrasser.

Déchets radioactifs

La gestion des déchets radioactifs présente un défi particulier étant donné la toxicité à long terme de certains des sous-produits. Les déchets radioactifs à activité élevée, comme les combustibles nucléaires épuisés, présentent le risque le plus grand. Ces matières sont strictement réglementées, contrôlées et confinées. Les déchets radioactifs de moyenne et faible activité provenant de laboratoires de recherche ou de sols contaminés par le radium sont moins toxiques mais doivent néanmoins être surveillés.

Des déchets radioactifs sont produits au Canada depuis les années 1930. Le radium a été la première matière radioactive traitée et a été utilisé comme agent de luminescence dans des applications de génie. Aujourd'hui, les déchets radioactifs au Canada proviennent principalement de l'extraction, de la concentration, du raffinage et de la conversion de l'uranium, de la fabrication de combustible nucléaire, de l'exploitation de réacteurs nucléaires, de la recherche dans le domaine nucléaire ainsi que de la fabrication et l'utilisation de radio-isotopes.

La plus grande partie du stock accumulé de déchets faiblement radioactifs au Canada a été produite il y a de nombreuses années par les activités d'extraction minière et de transformation. On s'attend maintenant à ce que la quantité de déchets radioactifs de faible activité stockés n'augmente que modérément d'ici 2050. La plupart des déchets moyennement radioactifs sont produits par les activités de recherche et de développement nucléaires. En 2007, ces déchets s'accumulaient au taux annuel de 890 mètres cubes; il est prévu que ces stocks de déchets atteindront 79 000 mètres cubes d'ici 2050. On prévoit également une augmentation de plus du double de la quantité de déchets radioactifs à activité élevée provenant de la production d'énergie nucléaire au cours de cette période (tableau 3.620 .

Importations et exportations de déchets dangereux

La Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) (LCPE 1999) permet de mettre en place des règlements régissant les exportations et les importations de déchets dangereux, y compris les matières dangereuses recyclables.

En 2010, 358 236 tonnes de déchets dangereux ont été importés au Canada (tableau 3.7), la grande majorité en provenance des États-Unis. Les importations de déchets dangereux destinés à des opérations d'élimination comprenaient des déchets solides inutilisables pour la récupération des métaux, des résidus industriels et d'autres substances dangereuses pour l'environnement. Les matières recyclables représentaient 59 % des importations totales de déchets dangereux et comprenaient des piles, des déchets métallifères, des liqueurs employées dans les procédés métallurgiques, des huiles de graissage usées et des résidus de fabrication 21 .

En 2010, 425 334 tonnes de déchets dangereux ont été exportés du Canada, dont 83 % étaient des matières recyclables (tableau 3.7). La majorité des matières recyclables dangereuses ont été envoyées vers des installations autorisées situées dans le nord-est et le centre des États-Unis 22 .

Résidus de ressources naturelles

Les résidus de ressources naturelles sont des sous-produits des procédés d'extraction et de production associés aux ressources naturelles, tels que les stériles provenant de l'exploitation minière.

Entre 2001 et 2008, la production de déchets résultant d'activités minières a augmenté de 55 % (tableau 3.8). La plus grande partie de la hausse de la production de déchets a été attribuable à une augmentation de la quantité de bitume brut traité dans le cadre des projets d'exploitation des sables bitumineux : les résidus solides et fluides des sables bitumineux se sont accrus de 78 %. Toutefois, la production de déchets provenant de la plupart des activités d'extraction minière a augmenté au cours de la même période.

L'augmentation de la quantité de déchets produits par l'exploitation minière peut s'expliquer en partie par la plus forte demande de minéraux. Entre 2003 et 2008, la hausse des cours mondiaux a entraîné une augmentation marquée de la valeur des actifs minéraux. La production minérale et la production de déchets qui y est associée sont étroitement liées aux cours mondiaux, la production augmentant ou diminuant selon que les cours des minéraux montent ou baissent.

Fumier de bétail

Le fumier de bétail 23  contient des éléments nutritifs essentiels à la croissance des plantes, comme l'azote et le phosphore, et est une source de matière organique, ce qui peut contribuer à réduire l'érosion des sols et à accroître leur capacité de rétention d'eau. Toutefois, il peut être une source de pollution entraînant des conséquences pour l'environnement et la santé humaine.

En 2006, le bétail canadien a produit plus de 180 millions de tonnes de fumier, ce qui représente une augmentation de 16 % depuis 1981 (tableau 3.9). Les bovins à viande étaient à l'origine de la plus grande proportion du fumier produit (38 %), suivis des vaches laitières (12 %), des veaux (12 %) et des génisses (12 %).

Immersion de déchets en mer

Environnement Canada délivre des permis d'immersion en mer de déblais de terre, de déblais de dragage de voies navigables, de déchets de poisson, de navires désaffectés et de matières organiques. Chaque permis fait l'objet d'un examen technique et d'un avis public. On ne délivre pas de permis s'il existe une solution de rechange pratique à l'immersion en mer.

Entre avril 2000 et mars 2011, 1 026 permis d'immersion en mer ont été délivrés au Canada (tableau 3.10) portant sur 43 380 716 tonnes de déchets. Environ 76 % de ces déchets étaient des débris dragués. Près des deux tiers des permis, selon le poids, ont été délivrés dans la région du Pacifique et du Yukon, permettant le déversement de 28 442 422 tonnes de déchets dans leurs eaux. La plupart des permis délivrés dans la région de l'Atlantique portaient sur des déchets de poisson.

Projets de polluants industriels dans le sol

L'Inventaire national des rejets de polluants (INRP) permet de mesurer le volume des polluants rejetés et éliminés par plus de 8 000 installations industrielles. Les rejets dans le sol sont ceux de polluants rejetés dans le sol à la suite de processus de production et de consommation dans l'économie. Certains rejets dans le sol peuvent ultérieurement entrer dans le réseau d'alimentation en eau 24 .

Les substances les plus souvent rejetées et éliminées dans le sol comprennent le sulfure d'hydrogène (639 425 tonnes), le manganèse (198 121 tonnes) et le phosphore (108 763 tonnes) (tableau 3.11). Les dix principales substances représentent plus de 93 % des polluants rejetés et éliminés dans le sol par les installations industrielles en 2009.

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