Section 3 : Statistiques annuelles : Pressions exercées sur l'environnement du Canada

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Facteurs de changement

On considère comme facteurs de changement les conditions et les tendances qui déterminent le rapport entre l'activité humaine et l'environnement. La présente section porte sur la population, les conditions économiques, le transport, les ressources naturelles et les écosystèmes.

Population

La croissance, la répartition et la densité de la population constituent les principaux facteurs déterminant l'incidence de l'activité humaine sur l'environnement. La population du Canada a augmenté considérablement depuis 1901, alors que l'on dénombrait 5,4 millions de Canadiens (tableau 3.1). En 2006, ce chiffre avait presque sextuplé pour atteindre plus de 32 millions d'habitants. Cependant, cette progression n'a pas toujours été constante au fil du temps. En effet, deux périodes historiques sont caractérisées par un taux annuel élevé de croissance démographique. Au cours de la première, de 1901 à 1911, l'immigration massive s'est soldée par des taux de croissance annuels atteignant plus de 3 %. La seconde période de forte croissance a suivi la fin de la Deuxième Guerre mondiale et porte habituellement le nom de baby-boom. À la différence de ces deux périodes de croissance démographique, deux périodes de faible activité économique (soit de 1891 à 1901 et de 1931 à 1941) ont coïncidé avec une baisse des taux de croissance démographique. Depuis 1956, lorsque le taux de croissance annuel était à 3,3 %, les taux de croissance ont été à la baisse, fluctuant entre 0,8 % et 1,8 % de 1970 à 2006.

La croissance de la population canadienne est le fait de deux facteurs, à savoir l'accroissement naturel et la migration internationale nette. Depuis 1995-1996, la migration internationale nette est devenue une composante plus importante que l'accroissement naturel. En 2007-2008, la migration internationale représentait 67% de l'augmentation annuelle (tableau 3.2).

Les tableaux 3.3 et 3.4 montrent la population selon l'écozone, illustrant l'inégalité de la répartition de la population au Canada. En 2006, la densité moyenne de la population au Canada était de 359 personnes par 100 km2, ayant variée de 0,2 personnes par 100 km2 dans l'écozone de la Taïga de la Cordillère à 15 522,4 personnes par 100 km2 dans l'écozone des Plaines à forêts mixtes. (Tableau 3.3).

Dans le tableau 3.5, on montre les caractéristiques démographiques selon les régions de drainage. Le groupe de tableaux 3.6 présente une ventilation de la population selon la sous-aire de drainage.

Économie

L'économie constitue un important moteur pour ce qui est du changement environnemental. Le produit intérieur brut (PIB) correspond à la valeur totale des biens et services produits au Canada. En 2008, les industries productrices de biens, dont les industries des secteurs de la fabrication, de la construction et des ressources, représentaient 30 % du PIB et 23,5 % des emplois. Les branches productrices de services—qu'il s'agisse de vente en gros, de commerce au détail ou de soins de santé—constituaient l'autre tranche du PIB (70 %) et des emplois (76,5 %) (tableaux 3.7 et 3.8).

Le tableau 3.9 fait ressortir l'évolution de la composition des exportations et des importations entre 1973 et 2008. Au cours de cette période, la proportion que représentaient les produits de l'agriculture et de la pêche dans le chiffre total des exportations a baissé, passant de 13,9 % à 8,3 %, tandis que la part respective des produits forestiers est passée de 17,2 % à 5,2 %. Comme le Canada est en voie de devenir un important producteur d'énergie, les exportations d'énergie ont compensé l'écart—s'établissant à 9,4 % des exportations totales, en 1973, elles ont augmenté pour atteindre 25,7 % en 2008. Parallèlement, la proportion des importations d'énergie est passée de 5,7 % à 12,0 %.

Transport

Le transport joue un rôle essentiel pour assurer aux Canadiens et aux Canadiennes le bien-être social et économique qu'ils connaissent. Servant à l'acheminement des marchandises vers les marchés et au déplacement des personnes, il s'applique aussi bien au fret qu'au transport commercial de passagers et au transport privé.

Les tableaux 3.10, 3.11, 3.12 et 3.13 et le graphique 3.1 indiquent le tonnage de marchandises transportées par voie navigable, par chemin de fer, par camion et par avion. En 2006, 466,3 millions de tonnes de marchandises ont été transportées par eau, comparativement à 365,8 millions de tonnes par voie ferrée, 300,6 millions de tonnes par camion et 790 mille tonnes par voie aérienne. En tonnes-kilomètres—une mesure qui prend en compte le poids des marchandises et la distance parcourue—le transport par eau venait également au premier rang, en 2006, avec un trafic de 2,3 trillions de tonnes-kilomètres, par opposition à 357 milliards pour le transport ferroviaire, 189 milliards pour le camionnage et deux milliards pour le transport aérien.

Bien que la majorité du fret soit transportée par eau et par chemin de fer, l'importance relative du camionnage a progressé sensiblement. Un élément important de l'augmentation de la circulation des camions sur les routes est le concept de la livraison « juste à temps » —les pièces et les produits censés arriver selon les délais de livraison. Dans le cas de l'industrie du transport routier de marchandises pour compte d'autrui, entre 1989 et 2006, le tonnage de fret a augmenté de 59 %, alors que, exprimée en tonnes-kilomètres, la quantité de marchandises transportées a grimpé de 144 % (tableau 3.12).

Depuis le début du XXe siècle, le transport de fret par rail s'est accru de façon constante, sauf durant la Dépression (graphique 3.1). Bien que le transport ferroviaire de marchandises par personne ait fluctué considérablement pendant toute cette période, la tendance générale est demeurée stable.

Les plus récentes données publiées indiquent qu'en 2007, les transporteurs aériens canadiens ont transporté 55,1 millions de passagers (tableau 3.13). Les passagers-kilomètres réalisés en avion (obtenus en multipliant le nombre de passagers par la distance parcourue) ont augmenté, pour se situer à 130 milliards, en 2007. En 2007, 4,3 millions de passagers ont emprunté le train, alors que les passagers-kilomètres ont atteint plus de 1,4 milliard (tableau 3.11). En 2006, les traversiers ont transporté 38,4 millions de passagers, soit 11 % de moins que le niveau record (43,2 millions de passagers) enregistré en 1994 (tableau 3.10).

Entre 1999 et 2008, les immatriculations de véhicules automobiles ont augmenté de 20 %, pour s'établir à plus de 21 millions de véhicules. Depuis 1999, le nombre de véhicules pesant moins de 4 500 kg s'est accru de 3,1 million, pour atteindre 19,6 millions, ce qui représente 93 % de tous les véhicules automobiles routiers immatriculés (tableau 3.14). Au fur et à mesure de l'augmentation du nombre de véhicules sur les routes au cours du XXe siècle, le nombre de passagers par véhicule a baissé, passant de 8,6 en 1931, à près de 1,7 au milieu des années 1980 (graphique 3.2).

D'un bout à l'autre du Canada, l'automobile constitue de loin le mode de transport le plus utilisé pour se rendre au travail (tableau 3.15). Toutefois, il existe certaines différences régionales : par exemple, on utilise davantage le transport en commun à Toronto, à Montréal et à Ottawa-Hull; à Halifax et à Victoria plus de 10 % des gens se rendent au travail à pied; et à Victoria, 5,6 % des travailleurs se rendent au travail à bicyclette, soit plus que dans toute autre région métropolitaine de recensement (tableau 3.16).

En 2007, la plupart (69 %) des produits du pétrole utilisés pour le transport ont été vendus au détail à la pompe. Bien que la plus grande partie des ventes au détail à la pompe soit destinée aux particuliers, les utilisateurs de certains véhicules commerciaux, dont les taxis et les parcs de véhicules, achètent également du carburant au détail. Les industries du transport routier et urbain ont consommé 13 % de l'ensemble de ces produits, comparativement à 10 % dans le cas des transporteurs aériens, à 4 % pour les entreprises de transport par eau, et à 4 % dans le cas des entreprises de chemin de fer (tableau 3.17).

En 2006, les industries du transport de voyageurs par autobus et du transport en commun exploitaient presque 62 000 véhicules, dont 61 % d'entre eux servaient au transport scolaire et au transport d'employés, et 26 %, au transport en commun. Durant la même période, les véhicules de transport en commun ont utilisé 52 % du carburant diesel que consommaient ces industries, alors que les autobus scolaires et les autobus servant au transport d'employés ont consommé 28 % du carburant diesel (tableau 3.18 ).

Ressources naturelles

Cette section porte sur l'une des principales sources des répercussions sur l'environnement, soit l'utilisation des ressources naturelles. Les statistiques présentées ici sur l'agriculture, la pêche, l'exploitation forestière, les ressources minérales et les ressources énergétiques, permettent de comprendre le rôle que joue le Canada en tant que fournisseur de ressources naturelles.

Agriculture

Cultures agricoles et élevage ont contribué 1,6 %, ou 20 milliard de dollars au PIB global en 2008 (tableau 3.19). Au Canada, le nombre de fermes a augmenté entre 1871 et 1941 de 367 862 à 732 832. Depuis cette période, leur nombre a diminué. En 2006, on comptait 229 373 fermes au Canada (tableau 3.20). Le graphique 3.3 montre que, même si la superficie agricoles est demeurée stable à 68 millions d'hectares, la superficie des terres en culture a augmenté pour s'établir à 36 millions d'hectares. La taille moyenne d'une ferme est passée de 113 hectares en 1951 à 295 hectares en 2006.

Les graphiques 3.4 et 3.5 présentent la production de certaines grandes cultures et petites céréales, tandis que le graphique 3.6 montre les stocks de bétail.

Pêches

Malgré les baisses des stocks de poisson enregistrées vers la fin du XXe siècle, les pêches canadiennes continuent de jouer un rôle important dans les collectivités du Canada atlantique et celles de la Colombie-Britannique. Les industries de la pêche ont contribué pour 0,17 %, ou 2,1 milliards de dollars au PIB global en 2008 (tableau 3.21) et ils employaient plus de 46 000 personnes en 2008, représentant 0,27 % de l'emploi total au Canada (tableau 3.22).

Les exportations et les importations de poisson et de produits du poisson sont présentées dans le tableau 3.23. En 2008, le Canada continue d'être un exportateur net de ces produits, avec des exportations de 4,2 milliards de dollars et des importations de 1,9 milliard de dollars.

Après avoir baissé progressivement au début des années 1990, la prise totale des pêches maritimes est demeurée relativement stable s'établissant en 2007 de presque 1,0 million de tonnes, soit une valeur de presque 1,9 milliards de dollars (tableau 3.24). En 2007, la production aquacole était 170 000 tonnes, soit une valeur approximative de 837 millions de dollars (tableau 3.25).

Exploitation forestière

Les billes et billots—la matière première à partir de laquelle sont fabriqués le bois d'oeuvre, le contreplaqué et autres produits du bois—représentent la majeure partie du bois récolté dans les forêts tous les ans, le reste étant constitué, en grande partie, du bois à pâte (tableau 3.26). La Colombie-Britannique continue de dominer l'industrie forestière, ayant récoltée plus de 44 % du volume total de bois coupé en 2006. Le Québec, l'Alberta et l'Ontario ont récolté un autre 43 % du total (tableau 3.27).

En 2008, le produit intérieur brut (PIB) attribuable à l'industrie des produits forestiers a baissé, pour se fixer à 18,5 milliards de dollars ou 1,5 % du PIB total (tableau 3.28).

Le nombre d'emplois dans l'industrie des produits forestiers a régressé pour une huitième année consécutive, tombant à 162 000, en 2008 (tableau 3.29).

Entre 1991 et 2000, les exportations de produits forestiers se sont constamment accrues, mais, depuis lors, la tendance est à la baisse—celles-ci s'élevaient à 26 milliards de dollars en 2008. La part des exportations totales représentée par les produits forestiers a diminué, passant de 16,1% en 1989, à 5,4 % en 2008 (tableau 3.30).

Minéraux

Les industries des minéraux comprennent l'extraction et la production de minéraux métalliques comme le cuivre, l'or, le fer, le nickel, l'argent et le zinc; de combustibles minéraux, dont le charbon, le pétrole brut et le gaz naturel; et d'autres minéraux, notamment la potasse, le sable et le gravier. En 2008, les industries de l'extraction minière et de l'extraction de pétrole et de gaz ont contribué pour 4,6 % au PIB, tandis que les produits du pétrole et du charbon ainsi que certaines activités de première transformation des minéraux ont contribué pour un autre 1,0 % (tableaux 3.31 et 3.33).

En 2008, l'emploi total dans les industries de l'extraction minière et de l'extraction de pétrole et de gaz a atteint des effectifs de 202 225 personnes (tableau 3.32). Pour ce qui est de l'emploi total dans les industries de l'extraction minière et de l'extraction de pétrole et de gaz, la part de l'Alberta a grimpé de 47 % à 55 % depuis 1994.

En 2007, la valeur de la production de pétrole brut au Canada a atteint 57 milliards de dollars. Cette même année, on a extrait 52 milliards de dollars de gaz naturel, principalement dans les provinces de l'Ouest. La production de métaux représentait plus que 26 milliards de dollars (tableau 3.34). Dans les tableaux 3.35 et 3.36, on présente en détail les réserves ainsi que la production de certains minéraux.

Énergie

Les ressources énergétiques tels le charbon, le pétrole brut, le gaz naturel, l'hydroélectricité et l'uranium ont transformé la société, alimentant la croissance économique et l'activité industrielle. Elles nous ont fourni le moyen de chauffer et d'éclairer nos maisons, de voyager et de transporter facilement des marchandises.

Les Canadiens consomment plus que jamais de l'énergie. La consommation d'énergie a augmenté de 18 % depuis 1986, atteignant 354 gigajoules par habitant en 2007. Par contre, la consommation d'énergie par dollar de produit intérieur brut (PIB) rajusté (réel) en fonction de l'inflation a commencé à baisser après la crise du pétrole en 1974 (tableau 3.37).

Depuis 1980, la production d'énergie primaire a plus que doublé—17,0 millions de térajoules en 2007. Elle résulte de l'augmentation de la production de gaz naturel et de pétrole brut (tableau 3.38). Les produits énergétiques sont devenus une composante de plus en plus importante des exportations canadiennes. Entre 1980 et 2007, les exportations énergétiques sont passées de 2 068 pétajoules à 9 270 pétajoules (graphique 3.7). Dans l'intervalle, les prix records du pétrole brut ont incité encore davantage les producteurs d'énergie à accroître la production (graphique 3.8).

Le tableau 3.39 montre les réserves de ressources énergétiques du Canada, soit les réserves de charbon, de pétrole brut, de pétrole bitumineux, de gaz naturel et d'uranium. Les réserves établies de pétrole brut ont diminué de 29 % entre 1976 et 2007. À cause de ce déclin, la durée de vie de la réserve de pétrole brut est passée de 14 ans en 1976 à 9 ans en 2007. Contrairement aux réserves de pétrole brut, les réserves établies de pétrole bitumineux ont été multipliées par un facteur de vingt-trois entre 1976 et 2007.

En 2006, les centrales hydroélectriques, thermoélectriques, nucléaires, éoliennes et marémotrices ont produit 592 millions de mégawatt-heures d'électricité. Le Québec et la Colombie-Britannique ont été les plus grands producteurs d'énergie hydroélectrique, devant l'Ontario, Terre-Neuve-et-Labrador et le Manitoba. L'Ontario et l'Alberta ont été les principaux producteurs d'énergie thermoélectrique et l'Ontario a fourni 90 % de l'énergie nucléaire du Canada (tableau 3.40).

En 2008, les centrales hydroélectriques ont produit 372 884 gigawatt-heures d'électricité pour atteindre 62 % du total de l'électricité produite au Canada (tableau 3.41). Le charbon, qui est la source prédominante de combustible pour la production thermique au Canada (tableau 3.42), compte pour 68 % de l'électricité produite par les centrales thermiques en 2006 (tableau 3.43). Dans l'ensemble du Canada, l'efficacité des centrales thermiques a varié de 20% à 35 %, selon le type de combustible utilisé (tableau 3.44).

Écosystèmes

L'activité humaine a eu une profonde incidence sur la structure et la fonction de nombreux écosystèmes, entraînant la transformation physique de zones naturelles et contribuant à la perte d'habitats ainsi qu'à l'extinction d'espèces animales et végétales. La présente section porte sur les incidences de l'activité humaine sur l'air, la terre, l'eau et la faune.

Air

L'atmosphère, soit l'enveloppe de gaz qui entoure la terre, se compose d'azote (78 %), d'oxygène (21 %), d'argon (0,9 %) et d'autres gaz. L'atmosphère nous fournit l'air que nous respirons, nous protège du rayonnement ultraviolet, influe sur la circulation de l'air et les variations climatiques et maintient une température clémente sur la terre.

L'activité humaine peut avoir des répercussions sur l'air et sur l'atmosphère. Les émissions des véhicules influent sur la qualité de l'air urbain; les émissions industrielles d'oxydes de soufre et d'oxydes d'azote peuvent entraîner des pluies acides; les chlorofluorocarbures, les hydrochlorofluorocarbures et d'autres substances appauvrissent la couche d'ozone; les émissions de dioxyde de carbone, de méthane et d'oxyde nitreux contribuent au changement climatique.

Les polluants atmosphériques ont un effet néfaste sur l'air que nous respirons et ont également une incidence sur les sols et le réseau hydrographique par le biais de dépôts acides et d'autres façons. Vu que les polluants se déplacent en fonction des vents dominants, leurs effets peuvent être locaux ou avoir une portée beaucoup plus grande. Les principaux contaminants atmosphériques sont ceux pour lesquels le gouvernement a établi des normes de qualité de l'air ambiant. En 2007, les principaux contaminants atmosphériques incluant l'anhydride sulfureux, le monoxyde de carbone, l'oxyde nitreux, les composés organiques volatils et les particules représentaient 97 % des polluants rejetés dans l'air par les installations industrielles (tableau 3.45).

Dans le tableau 3.46, les émissions des principaux contaminants atmosphériques sont ventilées selon la source, pour l'année 2006. Les sources industrielles ont été à l'origine des plus fortes émissions d'oxydes de soufre et de composés organiques volatils, et elles ont été les deuxièmes émettrices de particules en importance, derrière les sources à ciel ouvert. La plupart des émissions d'oxydes d'azote et de monoxyde de carbone ont été le fait des transports.

Les gaz à effet de serre contribuent à réguler le climat de la planète en piégeant l'énergie solaire que réfléchit la Terre. Les émissions de gaz à effet de serre résultant des activités humaines depuis les 200 dernières années ont accentué ce phénomène naturel, et pourraient influer sur les conditions climatiques à l'échelle mondiale. Si les principaux polluants atmosphériques subsistent dans l'environnement pendant une période de temps relativement brève (de moins d'un jour à quelques semaines), les conséquences des émissions de gaz à effet de serre peuvent être latentes pendant des périodes beaucoup plus longues.

Le tableau 3.47 permet de comparer, selon la source et pour les années 1990 et 2006, les émissions de gaz à effet de serre courants, soit le dioxyde de carbone, le méthane et l'oxyde d'azote. En 2006, le niveau des émissions de gaz à effet de serre a atteint 721 mégatonnes, soit une augmentation de 22 % par rapport à 1990, que l'on attribue à la hausse des émissions émanant de la production de chaleur et d'électricité et des émissions que produisent les industries des combustibles fossiles, les transports et l'exploitation minière. Dans le cas de l'industrie chimique et des industries manufacturières et de la construction, les émissions de gaz à effet de serre ont accusé une baisse.

Le tableau 3.48 présente l'utilisation directe d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre, par secteur, de 1990 à 2004. En 2005, les ménages ont été à l'origine de 22 % de l'utilisation d'énergie et de 15 % des émissions de GES.

Le groupe de tableaux 3.49 montre l'intensité énergétique mesurée en gigajoules par milliers de dollars de production et l'intensité de GES mesurée en tonnes d'équivalents en dioxyde de carbone par milliers de dollars de production, en 2004, pour 117 industries au Canada. Dans le groupe de tableaux 3.50, l'intensité énergétique et l'intensité de GES sont indexées à 1990 et les données sont présentées pour les mêmes industries. En 2004, parmi les 117 industries ayant fait l'objet d'un suivi, 73 % avaient augmenté leur efficacité énergétique et 78 % avaient diminué leurs émissions de GES par rapport aux niveaux de 1990.

Terres

Le Canada se classe au deuxième rang des plus grands pays du monde avec plus de 9,9 millions de km2 comme superficie de ses terres 1 . Celles-ci servent à de nombreuses utilisations, allant de l'agriculture et de l'exploitation forestière à l'aménagement urbain, de parcs et de zones de loisirs.

Le tableau 3.51 montre la répartition des terres forestières selon la province et le territoire. Dans le tableau 3.52, on montre les volumes de bois rond récolté de 1975 à 2007, tandis que dans le tableau 3.53, on présente la superficie incendiée des terres forestières productives et boisées de 1980 à 2007.

Les engrais et le fumier sont une source d'azote, de phosphore, de potassium et d'autres nutriants essentiels à la croissance des plantes. En outre, l'épandage de fumier fournit un apport de matière organique dont les sols ont besoin. Il faut veiller à ce que les engrais et le fumier soient épandus comme il se doit, de façon à minimiser le risque de ruissellement. En 2006, les agriculteurs canadiens ont utilisé des engrais sur plus de 253 000 km2 de terre en vue d'améliorer le rendement agricole, soit une augmentation de 6 % par rapport à 2001 (tableau 3.54). En 2006, on estime que le bétail a produit 181 millions de tonnes de fumier (tableau 3.55).

Les pesticides, qui comprennent les herbicides, les insecticides et les fongicides, sont utilisés pour contrôler les mauvaises herbes, les insectes et les maladies qui affectent les cultures. Le risque pour l'environnement est déterminé par la mobilité, la persistance et la toxicité des pesticides pour des organismes autres que ceux visés ainsi que par la quantité utilisée. Les graphiques 3.9 et 3.10 montrent la superficie de terres agricoles traitées par l'épandage de pesticides.

La base de données de l'Inventaire national des rejets de polluants permet de mesurer le volume des polluants rejetés sur les sites par plus de 8 000 installations industrielles. En 2007, le sulfure d'hydrogène représentait 63 % du tonnage des substances rejetées dans le sol (tableau 3.56).

Eau

Le Canada possède 20 % des réserves d'eau douce et 7 % des réserves d'eau renouvelables totales du monde; l'eau est donc l'une de ses précieuses ressources naturelles 2 . L'eau est utilisée pour la production d'électricité, le transport, les loisirs, l'irrigation, la fabrication et l'agriculture, ainsi que comme eau potable. La consommation d'eau par habitant au Canada est la deuxième plus élevée au monde 2 . En outre, nous déversons nos eaux usées municipales et nos déchets industriels dans les rivières, les lacs et les zones marines. Certaines des activités pour lesquelles l'eau est utilisée peuvent la rendre impropre à l'utilisation par l'homme ou par la faune.

La carte 3.1 montre la proportion d'eau douce de surface qui est utilisée par les Canadiens dans chacun des régions de drainage au Canada. Même s'ils ne représentent que 14 % du prélèvement total d'eau, la région de drainage de la Saskatchewan-Sud, de la Missouri et de l'Assiniboine et de la Rouge ainsi que celui de la Saskatchewan-Nord affichent les ratios les plus élevés de prélèvement d'eau à l'écoulement fluvial (tableau 3.57).

La région de drainage des Grands Lacs - Des Outaouais - Saint-Laurent présente également un prélèvement d'eau important, soit de 30,6 milliards de m3, utilisé principalement à des fins industrielles (89 %) et municipales (10 %). Par contre, 71 % du prélèvement total d'eau douce de surface dans la région de drainage de la Saskatchewan-Sud, de la Missouri et de l'Assiniboine et de la Rouge, s'élevant à 2,9 milliards de m3, a servi à des fins agricoles (tableau 3.57).

En 2007, l'ammoniac et le nitrate constituaient 90 % du tonnage total des substances rejetées dans l'eau (tableau 3.58). L'eau contaminée avec de hauts niveaux de nitrate ne peut pas être utilisée pour la consommation et l'ammoniac est toxique pour les poissons ainsi que pour d'autres organismes aquatiques.

Ressources fauniques

Le Canada abrite plus de 70 000 espèces sauvages, y compris les oiseaux, les poissons, les plantes vasculaires, les papillons, les libellules, les abeilles, les vers, les mousses et les champignons. Les Canadiennes et les Canadiens accordent énormément de valeur à ces espèces et à d'autres aspects de la nature. Malgré l'importance de la faune pour les Canadiens, nos activités ont considérablement réduit certaines populations fauniques. La chasse pratiquée par les premiers colons européens n'était pas réglementée et, dans certains cas, était excessive. Le défrichage et le drainage des terres au profit de l'agriculture, de l'exploitation forestière, de l'urbanisation, de voies de communication et du développement industriel ont entraîné la rupture de l'équilibre et la fragmentation des habitats. La pollution de certains habitats a créé des conditions défavorables à la vie et à la reproduction de bon nombre d'espèces.

Afin de prévenir la disparition d'espèces, il importe d'abord de savoir quelles espèces sont présentes au pays, où elles se trouvent et ce qu'elles font. La série Les espèces sauvages vise à fournir cet aperçu. Dans Les espèces sauvages 2005 : Situation générale des espèces au Canada, les résultats des évaluations de la situation générale de 7 732 espèces sont présentées. Les évaluations de la situation générale intègrent les meilleurs renseignements possibles afin de donner un aperçu de la situation de chaque espèce : taille et répartition des populations, menaces envers celles ci et tendances relatives à ces facteurs. Les rangs occupés par le Canada pour ces espèces sont résumés dans le tableau 3.59.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est un comité composé de spécialistes, qui évalue et désigne les espèces sauvages qui risquent de disparaître du Canada. En 2008, 36 espèces étaient disparues ou n'existaient plus à l'état sauvage au Canada, pendant que 238 étaient considérées en voie de disparition et que 146 autres étaient classifiées comme étant menacées (tableau 3.60).

La Loi sur les espèces en péril (LEP), est un outil essentiel à la conservation et à la sauvegarde de la diversité biologique au Canada. Elle vise à prévenir la disparition—de la planète ou du Canada seulement—des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées. Une fois qu'une espèce est inscrite à l'annexe 1, elle bénéficie de toutes les protections prévues à la LEP et du processus de préparation obligatoire de plans de rétablissement qui y est prescrit. La protection juridique des espèces fauniques au Canada en vertu de la Loi sur les espèces en péril est résumée dans le tableau 3.61.

Le tableau 3.62 montre les espèces disparues au Canada, incluant la date de disparition et la cause probable.

Même s'ils sont nombreux à préférer simplement observer la faune dans un milieu naturel, la chasse demeure une activité de loisirs populaire. Certaines personnes continuent à pratiquer la chasse et le piégeage pour assurer leur subsistance. En même temps, l'élevage d'animaux à fourrure continue à contribuer à l'économie canadienne. Le tableau 3.63 montre les prises estimées de certaines espèces de sauvagine y compris la bernache, le canard noir et le canard colvert. Les tableaux 3.64 et 3.65 ainsi que les graphiques 3.11 et 3.12 montrent le nombre et la valeur des récoltes des peaux d'animaux sauvages et d'élevage.

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