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Réparer ou remplacer : que font les Canadiens avec leurs vieux téléphones cellulaires et leurs vieux ordinateurs?

par Gordon Dewis, Division de la statistique de l’environnement et de l’énergie, Statistique Canada
Date de diffusion : le 15 février 2022

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Contexte

Au cours des dernières années, la réparation de téléphones cellulaires et d’ordinateurs endommagés est devenue de plus en plus difficile, car les appareils sont plus petits et plus complexes. Des problèmes courants comme des écrans fissurés et des piles déchargées peuvent amener les consommateurs à remplacer les appareils endommagés ou inutilisables plutôt qu’à les réparer puisque les coûts de ces deux options sont souvent semblables, du moins lorsque la réparation est encore une option.

Bien que tous les téléphones cellulaires fonctionnent avec des piles, le remplacement de ces dernières n’est plus un principe simple comme il l’était auparavant. Même s’il existe encore certains modèles de téléphone cellulaire dont la pile peut être facilement remplacée, bon nombre de modèles disponibles actuellement nécessitent une formation et des outils spécialisés pour les remplacer, en supposant que les piles et les outils soient facilement accessibles (Rosborough, 2021).

L’incapacité de réparer facilement des appareils comme des téléphones cellulaires a comme conséquence que les consommateurs n’ont d’autre choix que de les remplacer par de nouveaux appareils, ce qui se traduit par l’élimination des vieux appareils. Compte tenu des matériaux qu’ils contiennent, ils ne peuvent pas être éliminés dans le flux de déchets; ces appareils doivent plutôt être traités comme une forme de déchets dangereux et éliminés au moyen d’un programme spécial.

En réponse à cette situation, des mouvements populaires qui défendent le droit à la réparation ont vu le jour dans certains pays, et des projets de loi exigeant que les fabricants produisent des appareils plus faciles à entretenir pour les utilisateurs tout en rendant accessibles et abordables les pièces de rechange, les outils et les manuels de réparation ont été proposésNote  Note  et parfois adoptés dans certains paysNote  .

Dans le cadre de son objectif d’appuyer la transition vers une économie plus circulaire, le gouvernement du Canada a entrepris un certain nombre d’initiatives, notamment une stratégie nationale visant à encourager l’élaboration de processus de conservation de la valeur des produits au CanadaNote  Note  . Les processus de conservation de la valeur comprennent la refabrication, le reconditionnement, la réparation et la réutilisation, qui sont des moyens de prolonger la durée de vie d’un produit dans l’économie et de réduire le volume de produits qui se retrouvent parmi les déchets.

En novembre 2021, Apple a annoncé la création d’un programme de réparation libre-service en réponse à la pression des groupes populaires en faveur du droit à la réparationNote  . Dans un premier temps, le programme sera disponible aux États-Unis à partir de 2022 et permettra aux propriétaires de modèles récents de téléphones cellulaires fabriqués par Apple d’effectuer des réparations courantes comme la réparation d’écran et de pile. Les personnes qui auront recours au programme auront la possibilité de retourner les vieilles pièces pour être remboursées.

Un sondage d’opinion publique mené en 2019 révèle que, dans l’ensemble, 75 % des Canadiens appuieraient un projet de loi sur le droit à la réparation (Innovative Research Group, 2019). Selon le rapport, plus les personnes se sont familiarisées avec la politique, plus leur niveau d’appui était élevé.

En 2010, un propriétaire de téléphone cellulaire au Canada utilisait généralement son appareil pendant environ 33 mois avant de le remplacer (Entner, 2013). Durant les années qui ont précédé cette année-là, la durée moyenne entre les remplacements a augmenté (graphique 1). Certes, il est important de se rappeler qu’il s’agit d’une moyenne et que certaines personnes conservent leur appareil beaucoup plus longtemps.

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon (titres de rangée) et Nombre de mois avant le remplacement(figurant comme en-tête de colonne).
Nombre de mois avant le remplacement
2007 29,5
2008 30,8
2009 31,8
2010 33,0

Statistiques canadiennes

L’Enquête sur les ménages et l’environnement de Statistique Canada est menée tous les deux ans et porte sur les pratiques environnementales des ménages canadiens. Depuis le cycle de 2009, l’enquête comprend des questions dans lesquelles on demande aux ménages répondants s’ils ont produit certains types de déchets électroniques, notamment des téléphones cellulaires et des ordinateurs, et d’indiquer la façon dont ils se sont débarrassés de ces appareils.

Téléphones cellulaires

Les données de l’Enquête sur les dépenses des ménages révèlent que, bien que la quasi-totalité des ménages canadiens (99,1 %) (graphique 2) ait déclaré posséder un certain type de téléphone, seulement 54 % des ménages ont déclaré posséder un téléphone fixe en 2019, en baisse par rapport à la proportion observée en 2015 (71,9 %)Note  . Le nombre de ménages ayant déclaré posséder au moins un téléphone cellulaire a augmenté, passant de 86,1 % en 2015 à 91,3 % en 2019Note  . La même année, environ 70,1 % des ménages ont déclaré posséder un ou deux téléphones cellulaires, et 21,1 % des ménages ont déclaré avoir trois appareils ou plusNote  .

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
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Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019, calculées selon pourcentage des ménages unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
2015 2016 2017 2018 2019
pourcentage des ménages
Ménages possédant un téléphone (conventionnel ou cellulaire) 99,3 99,3 99,0 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 99,1
Ménages ayant un service téléphonique conventionnel 71,9 66,8 63,3 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 54,0
Ménages possédant des téléphones cellulaires 86,1 87,9 89,4 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 91,3
Ménages possédant un téléphone cellulaire 35,0 35,4 34,6 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 34,0
Ménages possédant deux téléphones cellulaires 33,7 33,7 34,4 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 36,1
Ménages possédant trois téléphones cellulaires ou plus 17,5 18,8 20,4 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 21,1

Comme le montre le graphique 3, au cours de la dernière décennie, environ 19 % des ménages canadiens ont déclaré posséder un téléphone cellulaire dont ils souhaitaient se débarrasser. Ce taux a légèrement augmenté pour se situer à environ 21 % en 2013 et en 2015, mais il est demeuré stable depuis 2017 (environ 17 %).

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
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Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3 Ménages possédant des téléphones cellulaires dont ils souhaitaient se débarrasser, calculées selon pourcentage des ménages unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Ménages possédant des téléphones cellulaires dont ils souhaitaient se débarrasser
pourcentage des ménages
2011 18
2013 21
2015 21
2017 17
2019 17

La proportion des ménages ayant déclaré avoir réparé ou vendu des téléphones cellulaires inutilisés est très faible depuis que Statistique Canada a commencé à recueillir des données sur ce sujet. Toutefois, cette proportion suit une tendance à la hausse depuis 2011 (graphique 4).

Élimination des téléphones cellulaires inutilisés

Une autre méthode par laquelle un ménage peut se débarrasser d’appareils inutilisés est de les donner. Depuis 2011, la proportion de ménages possédant un téléphone cellulaire inutilisé et ayant déclaré l’avoir donné a augmenté, passant de 8 % à 11 % (graphique 4).

Bien que l’Enquête sur les ménages et l’environnement ne demande pas aux répondants combien de téléphones inutilisés ils possédaient, il est possible de tirer certaines conclusions quant au nombre d’appareils en fonction du nombre de méthodes d’élimination utilisées. Certes, l’une des limites que présente cette approche est la possibilité qu’un ménage ait possédé plus d’un téléphone cellulaire inutilisé et qu’il ait eu recours à la même méthode d’élimination pour tous ses téléphones.

Conservation des téléphones cellulaires inutilisés

Certains ménages conservent les téléphones cellulaires inutilisés pour un certain nombre de raisons, comme d’attendre la journée de récupération des déchets dangereux pour les ménages ou avoir l’intention de les vendre ou de les donner.

Tableau de données du graphique 4 
Tableau de données du graphique 4
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Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4. Les données sont présentées selon (titres de rangée) et Réparé ou vendu et Donné, calculées selon pourcentage de ménages possédant un téléphone cellulaire inutilisé unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Réparé ou vendu Donné
pourcentage de ménages possédant un téléphone cellulaire inutilisé
2011 1 8
2013 2 9
2015 2 9
2017 4 9
2019 5 11

Ordinateurs

Selon les données de l’Enquête sur les dépenses des ménages, 83,2 % des ménages canadiens ont déclaré posséder un ordinateur en 2019Note  . Le taux de possession est demeuré relativement stable depuis 2015. Cette année-là, 84,5 % des ménages ont déclaré posséder un ordinateur. En 2016, le taux a baissé pour s’établir à 84,1 %Note  (graphique 5).

Tableau de données du graphique 5 
Tableau de données du graphique 5
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 5 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019, calculées selon pourcentage des ménages unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
2015 2016 2017 2018 2019
pourcentage des ménages
Ménages possédant un ordinateur domestique 84,5 84,1 84,1 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 83,2
Ménages possédant une connexion Internet à domicile 86,9 87,4 89,0 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 91,0
Ménages possédant une connexion Internet par un service téléphonique conventionnel vers un ordinateur 3,0 3,4 3,5 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 2,5
Ménages possédant une connexion Internet par un service téléphonique haute vitesse vers un ordinateur 25,9 25,2 26,1 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 26,5
Ménages possédant une connexion Internet par câble vers un ordinateur 42,0 42,0 43,7 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 46,0
Ménages possédant une connexion Internet sans fil 17,4 18,7 17,5 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 18,0
Ménages possédant d’autres types de connexion Internet 3,1 2,9 3,1 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 3,5

Bien que le niveau de possession soit demeuré relativement stable au cours des dernières années, la tendance du taux auquel les ménages ont déclaré posséder des ordinateurs dont ils souhaitaient se débarrasser est à la baisse, ce qui suggère que les ménages canadiens utilisent peut-être leurs ordinateurs plus longtemps qu’ils ne le faisaient par le passé.

Cependant, lorsqu’ils sont en possession d’un ordinateur à éliminer, ils ont tendance à ne pas les mettre à la poubelle. Comme le montre le graphique 6, seulement 3 % des ménages qui possédaient un ordinateur inutilisé en 2019 l’ont mis à la poubelle. Au lieu de cela, la majorité des ménages possédant des ordinateurs inutilisés les ont apportés à un dépôt de récupération. Cette option est en hausse depuis 2011.

Tableau de données du graphique 6 
Tableau de données du graphique 6
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 6. Les données sont présentées selon (titres de rangée) et Ménages possédant des ordinateurs inutilisés dont ils souhaitaient se débarrasser, Ordinateurs réparés ou vendus, Mis à la poubelle, Apportés à un dépôt de récupération et Rapportés au détaillant ou au fournisseur, calculées selon proportion des ménages unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Ménages possédant des ordinateurs inutilisés dont ils souhaitaient se débarrasser Ordinateurs réparés ou vendusTableau de données du graphique 6 Note 1 Mis à la poubelleTableau de données du graphique 6 Note 1 Apportés à un dépôt de récupérationTableau de données du graphique 6 Note 1 Rapportés au détaillant ou au fournisseurTableau de données du graphique 6 Note 1
pourcentage des ménages
2011 23 Note F: trop peu fiable pour être publié 3 52 7
2013 24 1 3 53 8
2015 26 1 3 56 9
2017 20 1 2 58 9
2019 16 2 3 63 9

Conclusion

Lorsqu’un appareil électronique, comme un téléphone cellulaire ou un ordinateur, est endommagé ou atteint la fin de sa vie utile, les utilisateurs font face au choix de réparer l’appareil ou de le remplacer. Les données de Statistique Canada laissent entendre que les ménages canadiens conservent leurs téléphones cellulaires et leurs ordinateurs plus longtemps qu’ils ne le faisaient 10 ans auparavant, comme en témoigne une diminution de la proportion de ménages qui souhaitent se débarrasser de l’un de ces appareils, alors que les niveaux de possession sont demeurés relativement stables.

Au cours des dernières années, des mouvements populaires qui défendent le droit des consommateurs de réparer des appareils en utilisant des pièces, des outils et des instructions officiels sont apparus. Certains pays ont proposé ou adopté des lois exigeant que les fabricants conçoivent leurs appareils pour qu’ils puissent être réparés. Au moins un fabricant a annoncé le lancement d’un service autorisé d’autoréparation en 2022.

Au Canada, le projet de loi d’initiative parlementaire C-272 a été accueilli favorablement au Parlement en juin 2021Note  , mais il est mort au Feuilleton en raison de l’élection de l’automne 2021.

Bibliographie

ENTNER, Roger. 2013. « International Comparisons: The handset replacement cycle », Recon Analytics, http://www.vaxination.ca/crtc/2012-557/recon_handset_study.pdf (site consulté le 3 août 2021).

INOVATIVE RESEARCH GROUP. 2019. « Right to Repair National Online Omnibus Survey », OpenMedia, Vancouver, https://openmedia.org/sites/openmedia.org/files/openmedia_right_to_repair_omnibus_questions_report_-_20190531.pdf (site consulté le 3 août 2021).

ROSBOROUGH, Anthony. 2021. « Canada needs right-to-repair legislation », Options politiques, https://policyoptions.irpp.org/magazines/may-2021/canada-needs-right-to-repair-legislation/ (site consulté le 3 août 2021).


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