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AperçuDéfinition de l'industrie Définition de l'industrieCette description définit les établissements qui forment une industrie donnée. Les définitions sont tirées d'une classification industrielle appelée le Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN). Dans le SCIAN, les industries sont définies comme des regroupements d'établissements employant des procédés de production semblables. Cela signifie que les établissements sont regroupés dans les diverses industries en fonction de la similitude des structures d'entrées, des compétences de la main-d'oeuvre ou des procédés de production employés. Si les données disponibles permettent de le déterminer, l'activité ou la sortie associée à la valeur ajoutée la plus élevée est considérée comme l'activité principale de l'établissement. Dans les autres cas, l'activité principale est déterminée à l'aide d'autres variables comme l'emploi ou le revenu brut. Il convient de noter que le groupe d'établissements formant une industrie donnée peut varier au fil des ans, compte tenu de la création de nouveaux établissements, de la fermeture d'établissements ou simplement de la transformation des procédés de production. On établit aussi, dans le SCNC, une distinction entre les établissements appartenant au secteur des entreprises et ceux appartenant au secteur non commercial. Le secteur des entreprises englobe les établissements dont la production est vendue à des prix économiquement significatifs (c'est-à-dire à des prix qui exercent une influence significative sur les quantités que les producteurs sont prêts à offrir et sur les quantités que les consommateurs désirent acheter). Les établissements dont les biens et services sont offerts à des prix qui ne sont pas économiquement significatifs font partie du secteur non commercial. Pour des renseignements plus détaillés sur le SCIAN, les lecteurs sont invités à consulter le document Système de classification des industries de l'Amérique du Nord, Canada 1997, Statistique Canada, no 12-501 au catalogue, mars 1998. La définition des industries dans le présent rapport se fonde sur la version de 1997 du Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN). Production, offre, demandeUn sommaire de l'activité économique des industries, sous l'angle de l'offre et de la demande, est présenté ci-dessous. Les valeurs sont calculées à partir des tableaux annuels d'entrées-sorties et exprimées ici en millions de dollars courants. La production correspond à la valeur totale des biens et services produits par les établissements classés dans une industrie donnée. Le concept de production couvre tous les produits vendus, troqués ou fournis à d'autres établissements de la même entreprise ainsi que les produits fournis à d'autres unités institutionnelles soit gratuitement soit à des prix économiquement non significatifs. Sont également considérés comme faisant partie de la production les produits conservés par l'établissement producteur pour sa propre consommation finale, pour sa propre formation brute de capital fixe ou les produits qui s'ajoutent simplement aux stocks avant d'être vendus à une date ultérieure. Normalement, la production est déterminée lorsque le processus de production d'un bien ou d'un service est terminé. Dans certains cas, cependant, lorsque la durée de la production excède la période comptable, le concept de production couvre également la valeur des produits non finis. Ainsi, la production de gros biens comme les navires, les grues, les immeubles et les ponts peut prendre des mois, voire des années. Dans de tels cas, on considère que la production est continue, et les produits partiellement terminés sont consignés comme des travaux en cours. La valeur de la production peut être exprimée selon les prix incluant les taxes, excluant les taxes, incluant les recettes prenant la forme de subventions ou excluant les recettes prenant la forme de subventions. Le SCN 1993 recommande d'exprimer la valeur de la production en fonction du montant payé par l'acheteur au producteur, diminué de toute taxe à payer et augmenté de toute subvention à recevoir sur ce produit. C'est ce qu'on appelle la valeur aux prix de base. Au Canada, dans le cadre de ses enquêtes sur les industries, Statistique Canada demande aux producteurs d'évaluer leurs ventes selon les prix avant l'ajout de toute taxe sur les produits et, dans les cas où ils reçoivent des subventions publiques sur les produits, d'évaluer leurs produits selon les prix effectivement payés par les acheteurs et perçus par les producteurs. L'exemple suivant d'un système de transport fictif illustre ces différents modes d'évaluation. Supposons que les usagers d'un système de transport paient 0,90 $ pour un billet d'autobus et que ce prix comprend 0,05 $ de taxe. Supposons également que le coût de ce billet assumé par la commission de transport s'établit à 1,30 $, mais que l'administration municipale verse une subvention de 0,45 $ à la commission de transport pour l'aider à assurer le service. Le SCN 1993 fixera la valeur de la production de la commission de transport aux prix de base, c'est-à-dire à 1,30 $ par billet (0,85 $ payés par l'acheteur plus 0,45 $ de subventions publiques). Statistique Canada, en revanche, établira la valeur de la production à 0,85 $ par billet et désigne cette évaluation par le terme « valeur aux prix de base modifiés ». Dans la mesure où, au Canada, les taxes sur les produits sont beaucoup plus fréquentes et plus importantes que les subventions, la valeur de la plupart des produits est établie aux prix de base; font exception à cet égard quelques produits dont la valeur est établie aux prix subventionnés, et non aux prix augmentés des subventions. La majeure partie de la production dans les tableaux canadiens d'entrées-sorties est donc évaluée aux prix de base et, dans le cas des quelques industries qui reçoivent des subventions sur les produits, l'évaluation de la production est établie en fonction des prix de base modifiés. Si le SCNC ne se démarque que légèrement des lignes directrices du SCN 1993 par cette modification, il n'en reste pas moins que l'évaluation de la production aux prix de base modifiés présente l'avantage d'établir les prix des produits en fonction des prix observés, soit selon le montant perçu par le producteur et payé par l'acquéreur. Il s'agit des prix indiqués sur les factures, et l'évaluation des opérations est donc vérifiable au moyen des dossiers de l'entreprise. Dans le présent rapport, la valeur de la production est exprimée aux prix de base modifiés. La valeur ajoutée , comme on l'a noté plus haut, est la nouvelle valeur supplémentaire par laquelle une industrie augmente la valeur des entrées de matières et de services achetées à d'autres industries. En d'autres termes, c'est la partie de la production d'une industrie créée par cette même industrie. On calcule la valeur ajoutée en soustrayant, de la valeur de la production, la valeur des intrants intermédiaires, que ceux-ci soient achetés d'autres industries ou importés. Bien que la valeur de la production soit exprimée, au Canada, aux prix de base modifiés pour les quelques industries recevant des subventions sur leurs produits, la valeur ajoutée, quant à elle, est exprimée aux prix de base, c'est-à-dire exactement en fonction du concept recommandé par le SCN 1993. Par le passé, les estimations canadiennes de la valeur ajoutée étaient publiées au coût des facteurs (coût du travail et du capital), excluant les taxes nettes sur les facteurs de production (les taxes sur les facteurs de production moins les subventions sur les facteurs de production). À l'occasion de la révision historique de 2001, le SCNC a adopté la recommandation du SCN 1993 et établit depuis lors la valeur ajoutée aux prix de base. La valeur ajoutée aux prix de base est supérieure à la valeur ajoutée au coût des facteurs, utilisée antérieurement, d'un montant correspondant aux autres taxes sur les facteurs de production (l'impôt foncier et les charges sociales par exemple) moins les autres subventions sur les facteurs de production (pour la formation de la main-d'oeuvre par exemple). La valeur ajoutée aux prix de base d'un producteur correspond donc à la valeur de la production aux prix de base modifiés moins la consommation intermédiaire aux prix d'achat, plus toute subvention sur les produits versée au producteur. Ces concepts sont résumés dans l'exemple quantitatif suivant.
On préfère mesurer la valeur ajoutée aux prix de base parce que cette évaluation reflète mieux l'ensemble des coûts des facteurs de production assumés par les producteurs. La comparabilité internationale a également constitué un motif important de cette conversion, le passage à une évaluation aux prix de base permettant d'établir la valeur ajoutée par industrie au Canada selon les méthodes employées par les autres pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L'apport à l'ensemble de l'économie représente la contribution d'une industrie donnée au PIB total. L'apport au secteur représente l'importance relative de l'industrie au sein des industries regroupées en fonction des grandes catégories d'activité économique (par exemple, extraction minière, fabrication, construction) telles qu'elles sont définies dans le SCIAN. Les produits significatifs de l'industrie sont les biens et services les plus importants au chapitre de la valeur de la production. Dans de nombreux cas, les produits d'une industrie donnée sont également fabriqués par certains établissements classés dans d'autres industries. Dans certains cas, les établissements dont l'activité principale consiste à fabriquer les produits significatifs d'une industrie, et qui forment donc cette industrie, ne représentent qu'une faible part de la valeur totale de ces produits fabriqués au pays. Cette situation se manifeste lorsque d'autres établissements qui produisent également des quantités relativement importantes de ces mêmes produits mais seulement à titre d'activité secondaire sont classés dans d'autres industries. Comme on l'a noté plus haut sous la rubrique de la définition de l'industrie, l'activité principale d'un établissement s'entend de l'activité associée à la valeur ajoutée la plus élevée, et l'établissement est classé dans l'industrie correspondant à cette activité. Les activités secondaires s'entendent des activités que mènent les établissements en plus de leur activité principale. L'offre totale de ces produits représente la valeur totale des produits significatifs provenant de toutes les sources et utilisables au Canada. La production intérieure représente la valeur totale des produits significatifs mis au point par l'ensemble des établissements au Canada, qu'ils soient classés dans cette industrie ou non. Le terme « intérieure » indique que la production est faite sur le territoire canadien, peu importe que les facteurs de production appartiennent à des Canadiens ou à des non-résidents. On ajoute les importations pour terminer le portrait de l'offre. Ce tableau donne une mesure de la part de marché détenue par une industrie pour ses principaux produits et indique le degré de concurrence livrée par d'autres industries, qu'elles soient canadiennes ou étrangères. Les principaux utilisateurs des produits significatifs sont les acquéreurs qui consomment la plus grande partie de la production de l'industrie. Parmi les principaux acquéreurs peuvent figurer d'autres industries intérieures qui utilisent ces produits comme intrants intermédiaires dans leurs propres procédés de production. Si une proportion importante de la production de l'établissement producteur est fournie à un autre établissement classé dans la même industrie pour que ce dernier l'utilise à titre d'intrants intermédiaires dans ses propres procédés de production, l'industrie elle-même compte aussi au nombre des principaux utilisateurs. Parmi les autres utilisateurs importants, notons les ménages, les administrations publiques, les entreprises et les résidents d'autres pays, qui achètent ces produits à des fins de consommation finale ou de formation brute de capital fixe. La description des flux des produits primaires d'une industrie vers les principaux utilisateurs vise à cerner la relation entre l'activité productrice de l'industrie, d'une part, et les industries consommatrices ainsi que les besoins (ou la propension à acheter) des diverses catégories de la demande finale, d'autre part. Projecteur mensuelLa description de la mesure de la valeur ajoutée mensuelle en prix constants est présentée sous cette rubrique. Avant de discuter la méthode de mesure de la valeur ajoutée mensuelle, il convient de présenter une brève description de la méthodologie des estimations annuelles établies dans le cadre des tableaux d'entrées-sorties. Sauf pour les deux dernières années, les estimations annuelles du PIB par industrie sont établies à partir de données provenant généralement d'enquêtes annuelles ou de recensements et de données administratives (fiscales). Pour les deux dernières années complètes de même que pour les périodes infra-annuelles, l'absence de données pertinentes, particulièrement de données sur les intrants intermédiaires, ne permet pas de calculer la valeur ajoutée, et les estimations du PIB pour ces périodes sont des projections fondées sur des indicateurs de remplacement, par exemple, la production ou les entrées de main-d'oeuvre. Ces indicateurs sont habituellement obtenus à partir d'enquêtes mensuelles. Bien que les estimations annuelles et mensuelles de la valeur ajoutée soient fondées sur les mêmes concepts, définitions et systèmes de classification, les méthodologies employées pour les deux ensembles de statistiques s'appuient sur des sources de données et des techniques différentes. Par conséquent, la valeur ajoutée annuelle fondée sur les entrées-sorties et les totaux annuels des estimations mensuelles produites indépendamment ne sont pas identiques. On élimine les écarts entre les deux ensembles d'estimations en intégrant les séries mensuelles aux valeurs annuelles fondées sur les entrées-sorties annuelles. Ce « processus d'intégration », appelé « étalonnage », consiste à distribuer les valeurs annuelles entre les périodes infra-annuelles en fonction des taux de croissance des estimations mensuelles. Dans le cas des dernières années, lorsque les tableaux d'entrées-sorties ne sont pas encore disponibles, les estimations de la valeur ajoutée mensuelle sont des projections qui présentent des taux de croissance mensuels semblables à ceux des indicateurs mensuels. Les estimations annuelles de la valeur ajoutée sont calculées à partir des tableaux d'entrées-sorties entièrement équilibrés. La méthode de calcul varie selon que l'industrie appartient au secteur des entreprises ou au secteur non commercial. Comme on l'a mentionné précédemment, le secteur des entreprises englobe les établissements dont la production est vendue à des prix économiquement significatifs (c'est-à-dire des prix qui exercent une influence significative sur les quantités que les producteurs sont prêts à offrir et sur les quantités que les consommateurs désirent acheter). Puisque les industries du secteur des entreprises vendent leurs produits et achètent leurs intrants intermédiaires sur le marché, on dispose généralement de données sur toute la gamme des entrées et des sorties (production). On peut donc mesurer la valeur ajoutée dans les industries du secteur des entreprises par calcul résiduel, en soustrayant la valeur des intrants intermédiaires de la valeur de la production. Comme on l'a indiqué antérieurement, le calcul commence par l'évaluation de la production aux prix de base modifiés. L'évaluation des intrants intermédiaires, en revanche, est fondée sur les prix d'achat. Les prix d'achat correspondent aux montants effectivement versés par les producteurs pour l'acquisition des biens et services intermédiaires. L'écart entre la valeur de la production aux prix de base modifiés et la valeur des intrants intermédiaires aux prix d'achat, augmenté du montant des subventions sur les produits, équivaut à la valeur ajoutée aux prix de base. Notons qu'une autre méthode de calcul de la valeur ajoutée annuelle en dollars courants par industrie aux prix de base consiste à faire la somme des salaires et traitements, du revenu supplémentaire du travail, des revenus mixtes et des autres excédents d'exploitation (la somme de ces postes représentant le PIB au coût des facteurs), plus les taxes moins les subventions sur les facteurs de production. Les industries du secteur non commercial regroupent les producteurs hors marché qui produisent des biens et services à l'intention des particuliers, des entreprises ou de la collectivité dans son ensemble. Leurs produits sont fournis gratuitement ou vendus à des prix qui ne sont pas économiquement significatifs (c'est-à-dire qui n'exercent pas une influence significative sur les quantités que les producteurs sont prêts à offrir et sur les quantités que les consommateurs désirent acheter). La mesure de la production des industries du secteur non commercial ne peut se fonder sur l'observation directe des opérations entre les acheteurs et les vendeurs sur le marché. Certaines des industries du secteur non commercial offrent des services à l'ensemble de la collectivité; il s'agit, par exemple, des services de défense, de police, d'incendie, des services correctionnels ou administratifs. Ces services sont utilisés collectivement par la société et sont généralement financés à partir des impôts perçus par les administrations publiques. Comme la consommation des services collectifs n'est pas représentée par des opérations d'échange en argent sur le marché, il n'est pas possible d'en déterminer la valeur marchande. D'autres industries du secteur non commercial produisent des biens et services susceptibles d'être vendus sur le marché, mais pour des raisons d'ordre social, économique ou politique, les industries non commerciales choisissent soit d'offrir ces produits et services gratuitement soit de les vendre à des prix qui ne sont pas économiquement significatifs. Les prix pratiqués permettent souvent de percevoir des recettes qui réduisent les coûts de production, mais ils ne correspondent pas nécessairement aux coûts totaux de production ou à la valeur marchande des produits. Étant donné que les prix économiquement non significatifs ne reflètent pas les coûts relatifs de production ou les préférences relatives des consommateurs, ils n'offrent pas un fondement adéquat pour l'évaluation de la production des industries du secteur non commercial. Les biens et services produits par les établissements non commerciaux sont donc évalués en fonction des coûts de production, y compris les dépenses en formation brute de capital fixe. Les estimations annuelles en prix constants de la valeur ajoutée des industries du secteur des entreprises sont calculées par la méthode dite de la double déflation. La double déflation consiste à déduire la valeur des intrants intermédiaires en prix constants de la valeur de la production (sorties) en prix constants. Les estimations des intrants intermédiaires et de la production (sorties) en prix constants sont obtenues par la déflation de chaque bien et service pris séparément en fonction de son propre indice de prix. Comme il n'est pas possible de recourir à la double déflation pour calculer le PIB en prix constants des industries non commerciales, on établit ces estimations en divisant la valeur courante du revenu du travail, de l'amortissement du stock de capital et des impôts par les indices de prix appropriés. Bien que la plupart des industries comptent des établissements qui appartiennent intégralement soit au secteur des entreprises soit au secteur non commercial, quelques-unes regroupent des établissements relevant des deux secteurs à la fois. Il s'agit notamment des industries de la radiodiffusion et de la télédiffusion, de l'enseignement et de la santé. Pour une description détaillée de la méthodologie des estimations annuelles, les lecteurs sont invités à consulter les documents suivants : La structure par entrées-sorties de l'économie canadienne 1961-1981 , Statistique Canada, no 15-510 au catalogue, La structure par entrées-sorties de l'économie canadienne en prix constants , Statistique Canada, no 15-511 au catalogue, Industries de services dans les comptes d'entrées-sorties du Canada (en prix courants) : sources de données et méthodes d'estimation , Statistique Canada, no 15-601 au catalogue, no 2 - hors série, et Guide pour exprimer les comptes d'entrées-sorties en prix constants - Sources et méthodes, Statistique Canada, no 15F0077GIF au catalogue, 2001. Les estimations mensuelles de la valeur ajoutée sont des projections calculées à partir d'un ensemble d'indicateurs de la production ou des intrants. Il est nécessaire de faire appel à cette méthode axée sur les mesures de projection, des renseignements mensuels complets sur la production et les intrants intermédiaires n'étant pas disponibles. Le calcul de la valeur ajoutée en fonction de l'écart entre la valeur des intrants intermédiaires et la valeur de la production doit se fonder sur des données recueillies uniquement dans le cadre d'enquêtes annuelles. Par conséquent, le calcul de la valeur ajoutée mensuelle doit s'appuyer sur une base de données moins complète, généralement constituée à partir des enquêtes mensuelles. Les enquêtes mensuelles ne visent pas tous les biens et services produits par une industrie donnée, pas plus qu'elles ne couvrent l'ensemble des producteurs d'un bien ou service donné; elles ne recueillent habituellement que des renseignements très restreints sur les intrants intermédiaires. Néanmoins, les enquêtes mensuelles fournissent suffisamment de données sur chaque industrie pour produire des indicateurs adéquats du mouvement mensuel de la production ou des intrants. La méthode des mesures de projection se fonde sur une hypothèse de base selon laquelle les variations de la production ou des intrants reflètent, dans une marge acceptable, les taux de croissance de la valeur ajoutée. En prix constants, cette hypothèse est raisonnable, puisque les progrès technologiques qui permettent la production de quantités différentes de biens ou services à partir d'une même quantité d'intrants prennent généralement du temps à se manifester. La modification des procédés de production (par exemple, le passage de la production de biens requérant un degré élevé de transformation à la production de biens requérant un degré moins élevé de transformation ou encore la substitution d'une entrée par une autre), peut toutefois causer des divergences dans la relation entre la valeur ajoutée et la production. En outre, il se peut que les indicateurs fondés sur de grandes catégories de produits ou de matières ne permettent pas toujours de révéler les variations de la valeur ajoutée avec exactitude. L'importance de ces divergences dépend du degré d'homogénéité des industries. Plus la production d'une industrie est diversifiée, plus la valeur ajoutée est sensible à la transformation de la composition des produits. La production est l'indicateur substitutif le plus souvent utilisé. Habituellement, l'estimation de la variation de la valeur ajoutée en prix constants au moyen de l'indicateur de la production donne une approximation adéquate de la variation de la valeur ajoutée en prix constants. Bien que l'utilisation du seul indicateur de la production puisse introduire un biais dans les résultats si les intrants intermédiaires mesurés en prix constants ne varient pas proportionnellement à la production en prix constants, il s'agit d'une méthode acceptable d'estimation de la valeur ajoutée en dollars constants en l'absence de données mensuelles sur les intrants intermédiaires. Environ les deux tiers du PIB total sont calculés à partir des indicateurs de la production. Lorsque des données sur la production ne sont pas disponibles, les entrées de main-d'oeuvre servent d'indicateur substitutif. Dans la plupart des cas, l'estimation de la variation de la valeur ajoutée à partir de la variation des entrées de main-d'oeuvre est assujettie aux types d'hypothèses et de contraintes s'appliquant à un indicateur de production. Bien que les séries axées sur la main-d'oeuvre suivent généralement de près le travail réellement effectué, elles ne tiennent pas compte des changements au chapitre de la productivité. Si, par exemple, on accroît l'efficacité des procédés de production grâce au perfectionnement des compétences, à l'augmentation ou à l'amélioration des biens d'équipement, l'indicateur axé sur la main-d'oeuvre sous-estimera la croissance de la valeur ajoutée. Dans la mesure où les employeurs tendent à ne pas adapter leur main-d'oeuvre qualifiée aux fluctuations à court terme de la demande, les entrées de main-d'oeuvre peuvent être stables alors que la valeur ajoutée varie dans les faits. Malgré les problèmes potentiels qu'elles présentent, les variations de la rémunération des employés en taux de salaire constant ou simplement les variations du nombre d'employés permettent d'obtenir une estimation assez précise de la variation de la valeur ajoutée en prix constants à court terme. Environ le quart du PIB total est estimé à partir des entrées de main-d'oeuvre. Dans le cas de quelques industries, on utilise conjointement des indicateurs de la production et des entrées de main-d'oeuvre, tandis que dans d'autres cas, on adopte une méthode indirecte plutôt qu'une mesure plus directe des entrées ou de la production. C'est le cas, par exemple de l'industrie du transport par camion. La production de cette industrie est estimée à partir des recettes brutes provenant des achats directs de services de transport de marchandises par des industries pour fins d'utilisation intermédiaire. Ces dépenses des entreprises sont projetées en fonction du mouvement de la production des industries consommatrices. On suppose que le montant versé au chapitre du transport par camion représente un pourcentage fixe de la production d'une industrie donnée. La construction résidentielle constitue un autre exemple à cet égard. L'estimation de la production de cette industrie est fondée sur la valeur des travaux mis en place chaque mois. Cette valeur mensuelle est déterminée au moyen des données sur les mises en chantier, les logements parachevés et la valeur moyenne des permis de construction, selon le type de logement, par exemple, maisons individuelles, maisons jumelées, maisons en rangée et appartements. Pour un très petit nombre d'industries, on ne dispose d'aucun renseignement infra-annuel pertinent. Dans ces cas, les estimations mensuelles de la valeur ajoutée sont des répartitions des données repères annuelles fondées sur les entrées-sorties entre les périodes infra-annuelles. En l'absence totale de données infra-annuelles, la méthode la plus simple de calcul d'une série mensuelle dont le niveau est dicté par les données repères annuelles consisterait à diviser les valeurs annuelles par douze. Toutefois, cette méthode provoquerait des ruptures entre les mois de décembre et de janvier. Pour éviter de telles discontinuités artificielles, on emploie la méthode de la minimisation quadratique afin de trouver une série mensuelle adéquate, permettant une transition harmonieuse d'une année à la suivante. Dans le cas de la période la plus récente, pour laquelle les données repères d'entrées-sorties ne sont pas encore disponibles, les estimations mensuelles de la valeur ajoutée sont ajustées sur une ligne plus ou moins lisse qui poursuit la tendance générale de l'ensemble du processus de production au-delà des années visées par les entrées-sorties. Les cultures agricoles illustrent fort bien l'estimation de la valeur ajoutée mensuelle à partir des mesures annuelles de la production. La production agricole est un type particulier d'activité puisque le processus de production des céréales s'étale sur plusieurs mois. En outre, la production finale n'est déterminée qu'au terme des récoltes à l'automne. Comme dans le cas des autres industries dont les processus de production s'étalent sur plusieurs mois, voire des années, le concept de la production agricole mensuelle se fonde sur celui de la production continue, et la production mensuelle des grandes cultures est donc considérée comme une production partiellement réalisée. On traite alors la production mensuelle comme un ajout aux travaux en cours et on la mesure en répartissant la valeur des cultures annuelles sur une base mensuelle. Cette répartition est effectuée en deux étapes et s'appuie sur la méthode de la minimisation quadratique. Dans un premier temps, on obtient une série trimestrielle permettant une transition lisse d'une année à l'autre à partir des valeurs annuelles associées à chaque type de culture. Les années caractérisées par des récoltes exceptionnelles ou des sécheresses font l'objet d'un traitement spécial de sorte que la majeure partie de la production excédentaire ou insuffisante de ces années se reflète dans le trimestre des récoltes. On calcule ensuite, à partir de chacune des séries trimestrielles, une série mensuelle assurant une transition lisse d'un trimestre à l'autre, et ces estimations mensuelles des cultures de céréales servent de mesures de remplacement dans le système de projection mensuelle. Puisque les données annuelles sur les cultures céréalières ne sont disponibles qu'après les récoltes à l'automne, l'utilisation de telles données comme indicateurs de la production mensuelle pose le problème tout particulier de l'estimation de la valeur ajoutée dans les mois précédant la période des récoltes de l'année la plus récente. La solution adoptée dans le cadre du SCNC consiste à projeter la valeur annuelle estimée pour chaque type de céréales dans l'année en cours au moyen d'une série d'enquêtes probabilistes auprès des agriculteurs qui recueillent des données sur les intentions d'ensemencement, les superficies ensemencées et récoltées, le rendement, la production et les stocks pour les grandes cultures les plus importantes, etc. Les estimations initiales des cultures agricoles pour l'année en cours sont établies à partir des estimations de janvier. Elles s'appuient sur les données tirées des publications d'Agriculture et Agroalimentaire Canada intitulées Canada : perspectives des céréales et oléagineux et Canada : perspectives des légumineuses et cultures spéciales qui paraissent en février. On établit les prévisions des superficies récoltées en hectares pour chacune des cultures de même que du rendement en tonnes métriques par hectare, données à partir desquelles est calculée la production totale en milliers de tonnes métriques, selon la province. Les prévisions reflètent les tendances des superficies récoltées et des rendements, ajustées en fonction des conditions particulières des différentes provinces. Par exemple, en Saskatchewan et en Alberta, on a établi des prévisions de rendement inférieures aux tendances de 2004-2005 en raison des faibles réserves d'humidité du sol. De nouvelles prévisions effectuées en mai tiennent compte des résultats de l'enquête de Statistique Canada sur les intentions d'ensemencement, qui paraissent dans la publication Série de rapports sur les grandes cultures , no 22-002-XIB au catalogue. Par la suite, ces prévisions continuent de faire l'objet de diverses révisions réalisées à la lumière des données mises à jour recueillies dans les cycles subséquents de cette enquête, en juillet, septembre et novembre. Comme on l'a indiqué plus tôt, bien qu'une vaste gamme de données d'entrée soit utilisée pour mesurer la valeur ajoutée par industrie, la couverture des données reste généralement incomplète. En outre, les concepts, les classifications, les conventions comptables et les méthodes d'évaluation au niveau des données d'entrée ne coïncident pas toujours avec ceux adoptés dans le cadre du SCNC. Par conséquent, les méthodologies s'appuyant sur des bases de projection, si complexes soient-elles, ne constituent que des compromis par rapport au modèle théorique pertinent. Le recours à un système de projection pour calculer la valeur ajoutée par industrie nécessite non seulement la mise en oeuvre rigoureuse des définitions et concepts de la comptabilité nationale du SCNC, mais aussi un examen continu des bases de projection et des méthodologies pour détecter les biais, les ruptures ou tout autre changement au chapitre de la cohérence et de la pertinence. Lorsqu'on le juge nécessaire, à la lumière de l'évaluation de la qualité du système de projection, des améliorations sont apportées aux méthodologies employées et, à l'occasion, de nouvelles bases de projection sont adoptées. L'analyse économique fournit l'une des principales rétroactions quant à la qualité et la cohérence des estimations de la valeur ajoutée. La base de projection est considérée comme fiable si les données économiques sont confirmées par les estimations de la valeur ajoutée, c'est-à-dire que les données sous-jacentes reflètent de façon constante les facteurs influant sur la production d'une industrie particulière, par exemple, les grèves, les contrats importants, les politiques et programmes publics. Dans la mesure où la qualité des estimations mensuelles de la valeur ajoutée par industrie dépend non seulement des données de base mais aussi de la qualité des transformations effectuées, comme la déflation, la désaisonnalisation et l'étalonnage, les bases de projection font l'objet d'évaluations périodiques sous ces angles également. L'analyse se fonde à la fois sur des méthodes d'évaluation quantitatives et non quantitatives. Les dimensions de la qualité pouvant être exprimées en termes quantitatifs sont évaluées à l'aide d'outils statistiques. L'analyse des révisions constitue un bon exemple à cet égard. Comme les révisions sont généralement associées à de meilleures données en raison des taux de réponse plus élevés, l'étude de la fréquence et de l'ampleur des révisions fournit des mesures importantes de la qualité. La qualité de la désaisonnalisation est évaluée par une méthode permettant de mesurer jusqu'à quel point les variations saisonnières sont identifiables dans la base de projection et le degré de saisonnalité résiduelle que l'on retrouve dans les estimations désaisonnalisées. Les valeurs de contrôle montrant une saisonnalité hautement identifiable et l'absence de saisonnalité résiduelle indiquent une désaisonnalisation de bonne qualité. L'analyse de régression est un autre outil statistique souvent employé pour examiner la relation entre les bases de projection mensuelles et les données repères annuelles provenant des entrées-sorties. Les évaluations non quantitatives de la qualité des indicateurs substitutifs sont, dans une large mesure, des évaluations subjectives de la pertinence conceptuelle des données de base mensuelles. DonnéesLes sources de données qui entrent dans le calcul mensuel de la valeur ajoutée sont consignées dans ce champ. Puisque le PIB par industrie mesure la production de tous les biens et services dans l'économie canadienne, on utilise une masse considérable de données provenant de centaines de sources différentes. Si la majorité des sources de données sont les enquêtes mensuelles menées par Statistique Canada ou par d'autres organismes gouvernementaux, les associations commerciales, les sociétés, les revues spécialisées, les marchés boursiers et divers sites Web d'organisations commerciales constituent également des sources de données précieuses. Le système de projection mensuelle s'appuie sur deux grandes catégories de données sur les biens et services : les quantités physiques et les valeurs nominales. Les quantités de biens s'entendent du nombre d'articles et de diverses caractéristiques physiques telles que le poids, le volume ou la longueur des produits. Ces unités servent normalement à décrire des quantités de produits homogènes, par exemple, tonnes de céréales, litres d'essence, etc. Dans le cas de produits complexes, toutefois, la description de la quantité produite prend la forme de divers attributs, et outre la taille, la couleur, la composition matérielle, la méthode de production, les attributs physiques d'un produit peuvent aussi inclure des caractéristiques qualitatives comme le lieu géographique et même l'objectif de la production. L'indicateur de quantité d'un service peut se fonder sur la quantité de biens ou le nombre de personnes touchés par le service, par exemple, le nombre d'usagers ou la quantité de biens transportés sur une distance donnée. La valeur nominale des biens entrant dans le calcul de la valeur ajoutée correspond généralement à la valeur en dollars courants des livraisons et des stocks constitués et, dans le cas des services, aux recettes et aux ventes du fournisseur des services. Les bases de projection axées sur les entrées s'appuient généralement sur le nombre d'employés intervenant dans le processus de production. DéflationCompte tenu de l'absence de données mensuelles sur les entrées et la production, on ne peut reprendre pour la déflation mensuelle la technique de la double déflation utilisée dans le système des entrées-sorties. On calcule plutôt les estimations mensuelles en prix constants, soit par l'évaluation des quantités en fonction des prix (ou valeurs unitaires) de l'année de base, soit par la neutralisation des effets des variations des prix dans les valeurs nominales à l'aide des indices de prix appropriés. Le choix de la technique de déflation est conditionné par la nature de la base de projection. L'évaluation en fonction de l'année de base consiste à faire la somme des quantités courantes évaluées aux prix d'une année de base. L'expression algébrique de la méthode de construction d'une série en prix constants est la suivante :
où q représente la quantité, p, le prix, t, la période courante et 0, la période de base. La sommation couvre toute la gamme des biens et services produits par une industrie donnée. Habituellement, pour chercher à réduire au minimum les biais causés par la transformation de la gamme des produits, l'unité de base de la production est définie au niveau le plus détaillé possible. Les biens ayant des caractéristiques physiques différentes et les produits de qualité diverse sont généralement considérés comme des produits différents et se voient attribuer des prix distincts. L'autre méthode permettant d'exprimer la valeur de la production courante aux prix d'une période antérieure déterminée est celle de la déflation par les prix. On élimine, par cette méthode, la variation des prix en divisant simplement la valeur courante d'un bien ou d'un service par un indice de prix approprié. Cette méthode est largement utilisée dans un grand nombre d'industries du secteur des services dont la production n'est pas mesurable en termes de quantité ou pour lesquelles des données sur les quantités ne sont pas disponibles. Elle est également employée dans de nombreuses industries manufacturières pour lesquelles les bases de projection de la production sont les livraisons et les stocks en prix courants. Les déflateurs des industries dans le système du PIB mensuel sont généralement des indices composites qui décrivent les mouvements de prix pour divers groupes de biens et de services produits par une industrie donnée. La majorité des déflateurs des industries sont des moyennes pondérées des indices des prix des produits et des indices des prix à la consommation (IPC). Ainsi, on calcule les déflateurs pour la production totale des industries manufacturières prises individuellement en pondérant les indices de prix des groupes principaux de produits (GPP) par la valeur de production de ces GPP dans chaque industrie. Les poids sont tirés des tableaux d'entrées-sorties. Pour la période sans tableaux d'entrées-sorties, soit la période des 32 à 43 derniers mois, les poids sont tirés du dernier tableau d'entrées-sorties disponible. Le calcul d'un indice agrégatif de prix It décrivant la variation des prix pour l'ensemble de la production d'une industrie donnée, est représenté par l'expression algébrique suivante :
où
est la valeur courante du produit i tirée des tableaux d'entrées-sorties, représente l'indice de prix du produit i, t est le mois courant, et i, la période de base. Ce type de déflateur sert surtout à déflater la production des industries manufacturières pour lesquelles on présume que la variation de la production en prix constants est représentée par les taux de croissance d'un mois à l'autre des livraisons manufacturières en prix constants ajustées en fonction de la variation des stocks en prix constants à différentes étapes de la production (produits en cours et produits finis). Les déflateurs des livraisons sont des moyennes pondérées des indices de prix des GPP, comme on l'a décrit précédemment, tandis que les déflateurs des stocks prennent la forme de moyennes mobiles du déflateur des livraisons. Dans le cas des stocks de produits en cours, le nombre de termes dans les moyennes mobiles correspond à la durée du processus de production, alors que ce nombre, dans le cas des produits finis, correspond à la période pendant laquelle un produit fini reste en stock. C'est ce qu'on appelle la période de rotation des stocks, soit le rapport moyen stocks-ventes que l'on calcule en divisant les stocks à la fin du mois par les ventes mensuelles. Puisque les stocks d'ouverture sont égaux aux stocks de fermeture du mois précédent, on utilise les déflateurs des stocks de fermeture du mois précédent pour déflater les stocks d'ouverture du mois en cours. Les estimations en prix constants de la production de nombreuses industries productrices de services sont établies par l'application des agrégations pondérées des divers indices des prix à la consommation (IPC) appropriés servant de déflateurs. Dans quelques cas isolés, comme l'industrie de la radiodiffusion et de la télédiffusion ou celle de la fabrication de matériel informatique et de périphériques, des indices de prix particuliers sont calculés à la lumière de l'observation des prix, par exemple, les tarifs publicitaires et les prix des importations. |
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