Comparaisons de la productivité internationale

Avertissement Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Les données considérées comme étant adéquates pour certaines fins, c'est-à-dire qu'elles répondent à des normes de qualité acceptables dans un domaine, peuvent ne pas l'être pour d'autres fins. De plus, des statistiques peuvent être établies dans un but, mais les utilisateurs peuvent commencer à les utiliser dans un autre but, un but dans lequel elles n'ont pas été conçues et pour lequel leur utilisation est loin d'être idéale.

L'évolution du programme canadien de la productivité est un exemple d'une telle transition. Les comptes de la productivité de Statistique Canada ont été à l'origine conçus pour fournir des données sur les taux de croissance de la productivité au Canada, d'abord en ce qui a trait à la productivité du travail puis à la productivité multifactorielle (ce que les universitaires appellent souvent le facteur total). Dans un monde où la mondialisation prend de plus en plus d'importance, les demandes de comparaisons internationales de la part des utilisateurs ont augmenté. Produire des estimations qui répondent à des normes de qualité acceptables pour des comparaisons internationales représente un défi de taille.

Le programme de la productivité à Statistique Canada visait d'abord à fournir des produits d'information qui comparent les taux de croissance de la productivité Canada-États-Unis en choisissant des estimations propres aux États-Unis qui se rapprochent le plus des estimations canadiennes. Malgré les différences entre les sources utilisées par les deux pays, ces différences sont suffisamment stables dans le temps, de sorte qu'en général elles ne représentent pas un problème important pour les comparaisons des taux de croissance Canada-États-Unis.

Toutefois, les statistiques sommaires produites par les programmes officiels de mesure de la productivité des deux pays sont loin d'être idéales pour analyser les différences des niveaux de productivité. Les analystes ont utilisé les données auxquelles ont recours les programmes de croissance pour produire des comparaisons de niveaux d'un pays à l'autre.

Même si les données qui y étaient utilisées à cette fin n'étaient pas produites dans le but d'estimer les différences des niveaux, les organismes statistiques doivent répondre aux besoins des utilisateurs puisque la pertinence est un aspect important de la qualité du produit.

Au Canada, les utilisateurs ont demandé une orientation sur la qualité des comparaisons de la productivité Canada-États-Unis. Récemment, Statistique Canada a commencé une série d'études portant sur les autres méthodes qui peuvent être utilisées pour estimer le niveau de la productivité relative, tant la productivité du travail que la productivité multifactorielle. Statistique Canada a constaté que malgré la similarité relative des systèmes statistiques des deux pays, une meilleure harmonisation des sources de données et de la méthode utilisée est nécessaire pour produire de meilleures estimations du niveau relatif de la productivité CanadaÉtats- Unis.

Les études mentionnées ici ont souligné plusieurs problèmes relativement à de nombreuses tentatives antérieures visant à comparer les niveaux de la productivité du travail Canada-États- Unis16. D'abord, il arrivait que les études n'utilisaient pas des mesures du produit intérieur brut (PIB) qui étaient comparables. Le PIB est mesuré aux prix du marché, aux prix de base et au coût des facteurs. Et le niveau du PIB qui est produit par ces estimations peut varier jusqu'à 16 %. Ensuite, les comparaisons des niveaux du PIB d'un pays à l'autre doivent tenir compte des différences des niveaux des prix si on veut transformer les valeurs relatives de la production en niveaux relatifs de la production réelle. Pour ce faire, les parités de pouvoir d'achat (PPA) sont nécessaires et les PPA actuelles ne sont pas suffisamment précises pour produire des estimations des niveaux relatifs de la production étant donné les intervalles de confiance plutôt importants auxquels elles sont exposées. Enfin, et de façon plus importante, obtenir des estimations précises de l'entrée travail relatif pose des problèmes particuliers. Il y a des différences dans la façon de calculer l'intrant travail dans les programmes officiels de mesure de la productivité des deux pays, différences qui ont mené à un biais vers le bas considérable du niveau relatif de la productivité du travail au Canada lorsqu'il est basé sur les sources « officielles » de la productivité du travail de chaque pays. L'estimation du nombre total d'heures travaillées est le résultat de la multiplication du nombre d'emplois par le nombre d'heures travaillées par emploi. L'estimation du nombre d'heures travaillées par emploi que l'on obtient par le biais d'une enquête auprès de la main-d'oeuvre (ménages) est en général plus élevée que l'estimation qui provient d'une enquête auprès des employeurs. Le programme canadien de la productivité est basé sur la première estimation, tandis que le programme de la productivité des États-Unis est basé sur la dernière. Lorsque l'on utilise des sources comparables pour les deux pays (qu'il s'agisse d'enquêtes auprès des ménages ou des employeurs), l'intensité relative du travail au Canada augmente de 5 % à 10 % selon l'estimation obtenue des estimations officielles de chaque pays utilisées dans les programmes de croissance de la productivité.

 

16. Voir Baldwin et coll., 2005 et Maynard, 2007b.