Quels sont les problèmes rattachés à la production de statistiques sommaires sur la productivité?

Avertissement Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

a) Avec les concepts?

Les Comptes canadiens de la productivité produisent plusieurs mesures différentes de la croissance de la productivité. Tandis que les mesures de la productivité partielle sont plutôt simples à comprendre, elles ont été dépassées dans le monde de l'analyse pratique par la mesure plus complexe de la productivité multifactorielle (PMF). Bien que cette mesure soit maintenant devenue la norme chez les experts9, la PMF est un concept analytique découlant de l'utilisation de certaines hypothèses concernant la nature de l'économie. Étant un concept analytique, la productivité multifactorielle est plus difficile à comprendre pour les utilisateurs moins spécialisés des produits de Statistique Canada. Les hypothèses intégrées au cadre comptable de la croissance signifient que sa validité aux yeux de certains utilisateurs repose sur l'acceptation de ces hypothèses.

Les Comptes canadiens de la productivité ont répondu à ces questions en donnant des descriptions détaillées de la méthode utilisée pour élaborer les mesures10 et en permettant de savoir jusqu'à quel point d'autres approches donnent des mesures sensiblement différentes de la croissance de la PMF11.

Un autre problème important concernant les estimations de la productivité multifactorielle c'est qu'elles saisissent ce que nous ne pouvons expliquer : elles représentent un facteur résiduel calculé une fois que d'autres facteurs mesurables ont été pris en considération. Pour certains analystes, cela ne constitue pas un problème puisqu'ils veulent une mesure des facteurs externes qui sont imposés à une économie par des progrès technologiques non incorporés. Mais encore là, nous avons besoin d'être éclairés sur les facteurs sous-jacents qui pourraient être derrière cette composante; des changements à la taille des usines ou aux économies rattachées à la durée du cycle de production, une réorganisation des entreprises relativement à la délocalisation et à l'impartition, de nouvelles technologies, un capital intangible. Afin de répondre aux demandes dans ces domaines, Statistique Canada a présenté des études utilisant des microdonnées des entreprises dans chacun de ces secteurs12.

b) Avec la mesure?

Dans une économie aussi large et diversifiée que celle du Canada, calculer une statistique sommative pour la productivité qui, en 2005, récapitule les efforts de 16,2 millions de travailleurs oeuvrant dans des milliers d'établissements qui ont une production d'environ 1,4 milliards de dollars représente une tâche herculéenne. C'est ce que fait Statistique Canada dans son programme de la productivité, qui utilise un ensemble de sources de données intégrées produites par le Système de comptabilité nationale.

Statistique Canada produit des statistiques sur la productivité dans le cadre d'un programme de production régulier. Ce n'est pas comme dans le cas de nombreux autres pays; il ne s'agit pas d'un exercice de recherche occasionnel. Le processus de production pour les Comptes canadiens de la productivité est intégré au Système de comptabilité nationale. Les Comptes de la productivité jouent un rôle important en tant qu'intégrateur de données provenant de différentes sources au sein de l'organisme.

Les comptes nationaux intégrés de Statistique Canada donnent les fondements sur lesquels reposent les comptes de la productivité. Étant donné qu'ils sont intégrés sous plusieurs dimensions, soit la demande, le revenu et les comptes des industries, ainsi que les tableaux détaillés des entrées-sorties, les comptes de la productivité prennent appui sur des fondements solides. Par exemple, les estimations de la productivité qui ont recours à la demande sont compatibles avec celles utilisant les industries.

Les Comptes canadiens de productivité élaborent un ensemble de données intégrées sur la contribution des produits, des entrées, du travail et du capital au processus de production. Les Comptes canadiens de productivité de Statistique Canada produisent tout d'abord un ensemble de comptes de production intégrés, qui donnent le produit intérieur brut à partir de la demande finale et au niveau de l'industrie, un ensemble de comptes cohérents intégrés. Le Groupe de la productivité utilise cet ensemble de comptes intégrés pour produire une série d'estimations des services de travail et de capital qui correspondent aux estimations de la production. Par exemple, en ce qui touche le travail, le Groupe de la productivité choisit parmi des données provenant de diverses sources (il y a plusieurs sources, telles que l'enquête sur les ménages par rapport à celle auprès des employeurs, donnant chacune des estimations différentes des entrées travail), s'assure que les limites des sources de main-d'oeuvre s'alignent sur les limites des données de l'industrie et produit un ensemble d'entrées travail (en estimant les emplois et les heures travaillées séparément puis en les multipliant ensemble). Dans le cas des services de capital, le groupe utilise les données sur l'investissement provenant d'une enquête sur l'investissement, les rapproche et les modifie conformément aux limites du Système de comptabilité nationale, puis estime les services de capital en utilisant les taux de rendement qui proviennent des estimations des profits ou des excédents provenant des tableaux des entrées-sorties du Système de comptabilité nationale.

Le programme de la productivité de Statistique Canada garantit aussi l'assurance de la qualité de toutes les sources d'entrées en améliorant la cohérence générale de ces produits. L'analyse dans le cadre du programme de la productivité, comme c'est le cas ailleurs dans les Comptes nationaux, est en fait le prolongement de la nature particulière du processus de production. Le processus de production dans les Comptes canadiens de productivité combine des données provenant de diverses sources. Pour construire une série de données officielles, ce processus de production compare des données provenant d'une source (par exemple, valeur ajoutée par industrie) avec celles provenant d'une autre source (par exemple, entrées de travail). En bout de ligne, ce processus comparatif vise à ce qu'il y ait cohérence entre les diverses sources. Les données qui sont produites dans le cadre des enqu&eci0rc;tes sur la production sont assujetties à des erreurs de réponse et à des erreurs dues à la non-réponse. En examinant dans quelle mesure une série se compare à une autre (par exemple, dans quelle mesure les estimations sur l'emploi provenant de l'Enquête sur la population active se comparent à celles de l'Enquête sur l'emploi, la rémunération et les heures de travail), les analystes des Comptes de la productivité peuvent évaluer si l'erreur d'enquête dans l'une ou l'autre des sources de données est particulièrement importante pendant une période et adapter l'estimation la plus appropriée pour la création d'une série chronologique qui n'est pas seulement uniforme dans le temps, mais qui correspond également aux autres données utilisées dans les estimations de la productivité.

Les Comptes canadiens de productivité mettent au point et tiennent à jour une importante base de données en appui au programme de la productivité, base de données que certains appellent KLEMS (capital, main-d'oeuvre, énergie, matériaux et services). La base de données KLEMS incorpore des données de séries chronologiques sur la production brute, les entrées de matériel, les entrées de services, les achats énergétiques, le travail, l'investissement et le capital. Chacune de ces séries de données est calculée en dollars non indexés et en dollars indexés (constants). Un indice des prix en dollars historiques (valeur nominale) et en dollars réels (constants) est recueilli pour chacune de ces séries. Enfin, la base de données KLEMS classifie ces séries à l'aide de quatre niveaux d'agrégation correspondant aux niveaux S, M et L utilisés dans les Comptes des entrées-sorties de Statistique Canada.

 

9. Voir Economist, 2004.

10. Voir la Croissance de la productivité au Canada, no 15-204 au catalogue, et les diverses publications dans la série La revue canadienne de productivité, no 15-206 au catalogue.

11. Pour un examen de l'utilisation de techniques paramétriques comparativement aux techniques non paramétriques, voir Baldwin, Gaudreault et Harchaoui, 2001. Pour l'examen des répercussions de l'utilisation d'autres techniques pour estimer le coût du capital dans la production d'estimations des services de capital, voir Baldwin et Gu, 2007a. Pour l'examen des répercussions d'autres taux de dépréciation, voir Statistique Canada, 2007c.

12. Ces documents se retrouvent dans la série Documents de recherche sur l'analyse économique, la série Documents de recherche de la Direction des études analytiques et La revue canadienne de productivité, et sont résumés dans la section Mise à jour sur l'analyse économique du site Web de Statistique Canada.