15-001-XIF Produit intérieur brut par industrie Juin 2001 |
En juin, l'activité économique a reculé de 0,2 %, ce qui a largement effacé la progression de 0,3 % enregistrée le mois précédent. Il s'agit de la plus forte baisse mensuelle depuis plus d'un an.
La diminution de la production de biens a ramené ce secteur aux niveaux atteints en février 2000. Une nouvelle baisse significative de la fabrication de produits électroniques, le repli des activités d'exploration minière et la contraction des services du secteur public sont les principales causes du recul de l'économie en juin. Le secteur financier a fléchi, la performance du marché boursier s'étant relâchée. Le commerce de gros s'est également replié, la demande d'ordinateurs poursuivant son déclin, tandis que le commerce de détail est resté à peu près stable.
En juin, les meilleurs résultats économiques ont été observés chez les fournisseurs de services de communication, qui continuent de jouir d'une croissance soutenue.
La baisse de la production manufacturière a plus que neutralisé la hausse du mois précédent
Après s'être accrue de 0,7 % en mai, la production manufacturière totale a diminué de 1,0 % en juin, en raison de nouvelles baisses de la production de biens électroniques. Les fabricants de papier et de produits connexes ainsi que de bois de construction ont également réduit sensiblement leur production, tandis que la production automobile a légèrement fléchi. Le secteur a démontré une faiblesse généralisée, 14 des 22 grands groupes, à l'origine de 52,3 % de la production manufacturière totale, ayant reculé en juin. Ces baisses ont été partiellement contrebalancées par l'expansion des industries d'aéronefs, de produits chimiques et de matières plastiques.
La production de biens électroniques a diminué de 5,8 % en juin, la tendance de déclin marqué, interrompue en mai, s'étant poursuivie. La plus forte baisse a été relevée dans l'industrie du matériel de télécommunications (-14,3 %), dont la production a diminué de 50 % depuis novembre 2000. Les fabricants d'ordinateurs et de périphériques, qui avaient réussi à maintenir leur production au cours des derniers mois, ont enregistré une baisse, soit la deuxième en importance depuis près de trois ans. La production d'équipements à fibres optiques ainsi que de pièces et de composants électroniques a également diminué de façon considérable. Les stocks de produits électriques et électroniques ont continué de s'accumuler dans les entrepôts des fabricants, ce qui laisse entrevoir la possibilité de nouvelles réductions de la production. Compte tenu des ventes, les stocks de produits finis de ces fabricants ont atteint leur niveau le plus élevé depuis une décennie.
La production de papier et de produits connexes a chuté de 2,9 % en juin; il s'agit d'une septième baisse en dix mois. Ce repli est largement attribuable à l'effondrement de la demande de pâte et de papier journal résultant du ralentissement de l'économie américaine. Les exportations de ces biens ont diminué de 13,3 % depuis le début de l'année, malgré les baisses appréciables des prix.
La production de bois scié est tombée de 3,4 % en juin, soit une première baisse en trois mois. L'incertitude entourant l'issue du conflit sur le bois d'œuvre résineux avec les États-Unis a poussé bon nombre de scieries canadiennes à suspendre ou à réduire la production de bois de construction en juin. La menace d'une imposition rétroactive de droits compensateurs aux importateurs américains a forcé de nombreux acheteurs à temporiser, ce qui s'est traduit par une contraction de la demande de bois canadien.
Après trois mois de reprise, la fabrication de produits automobiles a accusé un recul de 0,4 % en juin. La production des usines de montage d'automobiles a diminué de 1,0 % en juin. La production de pièces d'automobiles n'a pratiquement pas bougé, alors que la production de moteurs et d'assemblages de câbles électriques a fléchi après avoir enregistré des hausses au cours des deux mois précédents. Ces baisses ont été contrebalancées par la croissance de l'industrie des pièces et des accessoires en matière textile pour les véhicules automobiles, croissance attribuable à l'ouverture de nouvelles usines et à l'expansion d'installations existantes. La reprise des ventes d'automobiles au premier semestre aux États-Unis, après les résultats désastreux du quatrième trimestre, explique dans une large mesure le gonflement de la demande de véhicules fabriqués au Canada au cours des mois précédents.
La production d'aéronefs a continué de croître, grâce aux commandes d'aéronefs-navettes. Après deux mois de déclin, la fabrication de produits chimiques a augmenté de 0,8 %, la hausse de la production de matières plastiques, de résines et de produits pharmaceutiques ayant plus que compensé la baisse de la fabrication de produits organiques d'usage industriel et de produits chimiques agricoles. Les fabricants d'autres produits en plastique ont également accru leur production en juin.
Diminution de la production du secteur minier
La production minière a dégringolé de 2,6 % en juin après avoir chuté de 2,3 % en mai. La majeure partie du recul est imputable à une deuxième baisse substantielle des activités de forage et de montage, la production de ce secteur ayant diminué pour revenir à des niveaux d'activité plus normaux à la suite du sommet atteint en avril grâce à des conditions météorologiques favorables. Malgré les deux baisses successives, la performance exceptionnellement forte en avril a tout de même produit une forte avance au deuxième trimestre. La production de pétrole brut a reculé pour une troisième fois en autant de mois, ce dernier repli s'expliquant surtout par des arrêts d'exploitation non planifiés dans de grands établissements. Un arrêt d'exploitation a également forcé le secteur des mines de fer à céder une partie du terrain gagné en mai en raison de la fin d'une grève.
Les grèves et le recensement font fléchir le secteur public
Les services du secteur public ont accusé une baisse de 0.3% en juin. Les facteurs qui s'étaient conjugués pour stimuler l'activité du secteur public en mai (soit le retour au travail des grévistes et les opérations massives de recrutement d'employés temporaires pour assurer le dénombrement dans le cadre du recensement de 2001) ont eu un effet contraire en juin.
Une nouvelle vague de grèves a déferlé, 12 000 membres du personnel infirmier, employés hospitaliers et autres employés de soutien ayant débrayé en Saskatchewan, tandis que 14 000 employés d'hôpitaux ont entrepris des grèves tournantes en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse. En juin, les activités de l'administration fédérale ont baissé jusqu'aux niveaux enregistrés en avril, les travaux de dénombrement effectués par les 37 000 employés temporaires s'étant terminés à la fin du mois de mai.
La faiblesse des marchés boursiers fait reculer le secteur financier
Le secteur financier s'est replié de 0,4 % en juin; il s'agit là d'une première baisse après trois mois d'expansion. La diminution du volume des transactions et des cours boursiers a eu une incidence défavorable sur les sociétés de fonds communs de placement et sur les maisons de courtage. Ces dernières ont également ressenti les effets négatifs du ralentissement sensible des nouvelles émissions de titres, bien que la reprise des nouvelles émissions d'obligations ait permis de compenser partiellement ce repli.
Relâchement du commerce de gros et stagnation du commerce de détail
Le déclin persistant du commerce de gros de biens et de services informatiques et logiciels s'est poursuivi en juin et a contribué à la baisse globale de 0,3 % du commerce de gros relevée pendant le mois. Après la croissance presque ininterrompue de la dernière décennie, les importations d'ordinateurs et de périphériques ont stagné au cours des derniers mois, en raison de la contraction de la demande d'ordinateurs personnels exprimée par les consommateurs. Les autres composantes du commerce de gros ont obtenu de meilleurs résultats, la distribution d'automobiles et de produits alimentaires ayant soutenu le secteur.
En juin, le commerce de détail a peu bougé pour un deuxième mois d'affilée. Les ventes d'automobiles, tout comme les ventes des grands magasins, sont restées aux niveaux observés en mai. En revanche, les magasins de meubles ont affiché une hausse des ventes après avoir marqué une pause en mai.
Les compagnies de téléphone stimulent le secteur des communications
Le secteur des communications a progressé de 1,0 % en juin, poursuivant ainsi la forte tendance à la hausse qui lui a permis de maintenir un taux de croissance annuel supérieur à 10 % au cours des deux dernières années. Les entreprises de téléphone demeurent la principale source de croissance de ce secteur, la demande de services interurbains et de téléphonie cellulaire continuant d'augmenter.
Autres branches d'activité
En juin, le secteur de la construction a affiché une croissance de 0,2 %, l'expansion des travaux de génie et de réparation ayant été essentiellement neutralisée par la réduction des activités de construction résidentielle et non résidentielle. L'affaiblissement de l'économie s'est fait sentir dans le secteur des services de transport, lequel a fléchi de 0.1%. La croissance des services aux entreprises a été entravée par la diminution de la demande de services informatiques.
Deuxième trimestre de 2001
L'activité économique a augmenté de 0,3 % au deuxième trimestre, ce qui est mieux que la progression de 0,1 % du trimestre précédent, mais nettement en deçà de la croissance moyenne de 0,9 % observée en 2000.
Un rebondissement partiel dans la fabrication d'automobiles et un trimestre exceptionnel dans l'exploration minière ont propulsé l'économie. Les détaillants et les agences immobilières ont profité de la vigueur des ventes d'automobiles et de maisons. Une flambée de l'activité boursière a aiguillonné le secteur des services financiers, tandis que la demande de services de communications a poursuivi sa croissance.
Par contre, le marasme qui a caractérisé la production de biens électroniques a provoqué un troisième repli consécutif de la production manufacturière totale. La baisse de l'activité dans le secteur de la construction et un ralentissement économique marqué du côté des services ont aussi limité la croissance. Le commerce de gros, qui a diminué au cours du trimestre, a été entravé par un affaiblissement continu des ventes d'ordinateurs et de services connexes depuis le début de l'année. Le secteur des services aux entreprises a continué de perdre de la vitesse, affichant la plus faible croissance trimestrielle en trois ans. Les grèves du secteur public dans l'éducation et les services publics ont aussi entravé la croissance de l'économie au cours de la période d'avril à juin.
L'effondrement de la production de biens électroniques efface la hausse dans l'industrie de l'automobile
La production manufacturière totale s'est repliée de 0,2 %, pour un troisième recul consécutif au deuxième trimestre. La baisse de production des produits électriques et électroniques est un grand facteur de cette diminution, mais la production a aussi baissé dans le cas de la machinerie, des meubles et du papier et des produits connexes. Au total, quatorze des vingt-deux grands groupes industriels, représentant 53,3 % de la production manufacturière totale, ont subi un recul au cours de la période d'avril à juin. C'était par contre le plus faible des trois reculs, la fabrication ayant été soutenue par une reprise partielle de la production d'automobiles. Les fabricants d'aliments et de matières plastiques ont aussi accru leur production au cours du trimestre.
La production de biens électroniques a reculé de 8,5 % au deuxième trimestre de 2001, ce qui constitue un repli important, quoique moindre, par rapport à la baisse de 12,7 % du trimestre précédent. Alors que les fabricants de matériel de télécommunications ont fait état de la plus forte chute de production, ceux d'équipements à fibres optiques et d'autres pièces et composants électroniques ont aussi été frappés durement par la chute de la demande de matériel de technologie de pointe. Même les producteurs d'ordinateurs et de périphériques, qui avaient jusqu'ici largement réussi à maintenir leur niveau de production, ont accusé un deuxième recul consécutif. L'ensemble de l'industrie n'a pas encore vu la correction indispensable des stocks que les coupes importantes de production devaient en principe amener : la valeur des biens dans les entrepôts des producteurs a en réalité augmenté au cours des deux derniers trimestres, ce qui laisse présager d'autres compressions de production.
La fabrication d'automobiles et de pièces a épongé une partie de cette diminution, la vigueur de la demande américaine d'exportation ayant obligé les usines de montage d'automobiles à intensifier leur production de voitures. Les ventes unitaires au sud de la frontière ont connu une progression importante au cours du premier semestre de l'année, et les intentions d'achat des consommateurs américains sont demeurées élevées, entraînant une augmentation de la demande des modèles populaires construits au Canada. La hausse résultante de 6,7 % de la production de voitures et de camions a été un grand facteur de la croissance de 6,5 % des exportations.
Le secteur minier est aiguillonné par l'accroissement de l'activité d'exploration
Le secteur minier a accru sa production de 1,6 % au deuxième trimestre, grâce surtout à des conditions météorologiques favorables. Le temps plus sec que la normale en avril, saison habituellement pluvieuse qui favorise l'embourbement du matériel minier, a été un pactole pour l'activité de forage et de montage, qui a connu une flambée de 16,2 % au cours du trimestre.
Le reste du secteur minier n'a pas réalisé la même croissance, victime d'une baisse de production des mines métalliques et non métalliques, dans le premier cas à cause d'une grève.
Le commerce de détail est stimulé par l'augmentation des ventes d'automobiles
Le commerce de détail a crû de 1,1 % au cours de la dernière période de trois mois, poursuivant essentiellement la robuste croissance amorcée au premier trimestre. Le gros de l'augmentation du trimestre observé est attribuable à un accroissement des ventes d'automobiles, à la faveur des programmes d'incitations que les concessionnaires ont continué d'offrir à leurs clients sous forme de généreuses remises sur les véhicules neufs. Les importations d'automobiles, qui sont la source d'approvisionnement de la plupart des concessionnaires canadiens, ont connu une croissance de 17,5 % au deuxième trimestre.
Sans les concessionnaires d'automobiles, la croissance du reste du secteur du commerce de détail a été essentiellement nulle. Les ventes de meubles ont diminué légèrement après un spectaculaire premier trimestre, tout comme les ventes des épiceries et des stations-services. L'augmentation des ventes des magasins de vêtements et des magasins spécialisés dans la vente de pièces d'automobile a fait partiellement contrepoids à cette diminution.
Le secteur financier est propulsé par les marchés des actions et des obligations
La production des services financiers a rebondi de 0,9 %, après avoir fléchi de 0,5 % au trimestre précédent, grâce à la reprise de l'activité boursière. L'augmentation du volume et de la valeur des échanges a fait l'affaire des sociétés de fonds communs de placement et de courtage. Un deuxième vigoureux trimestre de nouvelles offres d'obligations a partiellement compensé la rareté des nouvelles émissions d'actions qui a continué d'entraver l'activité des courtiers en valeurs mobilières.
L'affaissement des ventes d'ordinateurs fait du tort au commerce de gros
Le commerce de gros s'est replié de 0,6 % au deuxième trimestre, ce qui constitue le plus important recul trimestriel en plus de trois ans. La baisse des ventes d'ordinateurs et de services connexes s'est révélée le principal facteur de cette diminution, ayant largement compensé les hausses réalisées par les distributeurs d'aliments et les négociants en grains.
Les services aux entreprises continuent de perdre de la vitesse
La tendance de la croissance des services aux entreprises a continué de se stabiliser au deuxième trimestre, le PIB dans ce secteur n'ayant connu qu'une croissance comparativement restreinte de 0,6 %, la plus faible en trois ans. Le gros du ralentissement peut être attribué aux entreprises offrant des services de conseils en informatique et aux agences d'aide temporaire, dont le rythme de croissance jusqu'ici en 2001 n'a pas atteint la moitié de celui réalisé en 2000. Les entreprises offrant des services de publicité ont accusé une réduction absolue de leur activité. Le seul mouvement à la hausse a été observé dans les entreprises offrant des services juridiques et comptables, qui, grâce à la vigueur du marché de l'habitation, ont dépassé effectivement leur croissance de l'année précédente.
Le secteur public est touché par les grèves et le recensement
La production des services du secteur public progresse de 0,3 % au deuxième trimestre, mais l'augmentation n'a pas été suffisante pour effacer les hausses des quatre trimestres précédents. Les grèves des travailleurs des soins de santé en Saskatchewan, en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse, du personnel de soutien dans les écoles de l'Ontario et des fonctionnaires à Terre-Neuve ont toutes eu un effet de ralentissement sur la croissance pendant cette période. Cependant, le Recensement de la population de 2001 a partiellement compensé cet effet, l'opération ayant nécessité l'embauche massive de travailleurs temporaires pour le recensement de porte à porte, d'où une augmentation des services fédéraux.
Autres branches d'activité
Une baisse de la construction d'immeubles résidentiels et des travaux de génie et de réparation a entraîné un repli de 0,4 % de la production dans le secteur de la construction. Le repli de la construction résidentielle a été le premier depuis le marasme provoqué par les grèves du deuxième trimestre de l'an dernier. Les sociétés offrant des services de communications ont réalisé un autre excellent trimestre, grâce à la progression continue des services téléphoniques interurbains et cellulaires.
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