Sources de données

Les principales sources de données utilisées pour établir les comptes économiques de l’infrastructure sont les comptes macroéconomiques canadiens. L’utilisation de ces données pour construire les comptes économiques de l’infrastructure présente un certain nombre d’avantages. Premièrement, les comptes macroéconomiques canadiens respectent les cadres internationaux de présentation de l’information financière. C’est-à-dire que les données utilisées pour établir les comptes de l’infrastructure sont comparables, sur le plan international, aux concepts utilisés par d’autres pays. Par exemple, le concept d’investissement utilisé dans les comptes de l’infrastructure est le même que celui utilisé par le Bureau of Economic Analysis pour mesurer l’investissement aux États-Unis. Deuxièmement, les comptes macroéconomiques canadiens représentent l’un des produits statistiques de la plus haute qualité diffusés par Statistique Canada. Les données sont compilées en intégrant un grand nombre de statistiques économiques et sociales dans un cadre unique. Ce processus d’intégration (et de confrontation) oblige les économistes, les sociologues et les statisticiens de Statistique Canada à « équilibrer » les données en ajustant les estimations originales à l’aide de renseignements supplémentaires lorsqu’elles sont intégrées au cadre. Ce processus d’équilibrage met en lumière les problèmes de qualité des données dans les statistiques de base; on peut traiter ces problèmes lorsqu’on examine les données dans le cadre d’un système intégré. Les comptes de l’infrastructure bénéficient de ce processus d’intégration.

Les tableaux des ressources et des emplois (TRE) du Canada brossent un portrait détaillé de toute l’activité économique ayant lieu dans une région géographique. Ce sont de puissants outils analytiques qui résument la structure d’une économie et les liens entre les divers agents économiques. Ils sont présentés sous forme de tableaux illustrant les flux des biens et des services au sein de l’économie, depuis leur production ou leur importation jusqu’à leur consommation intermédiaire ou leur utilisation finale. Le tableau des ressources montre l’offre de produits provenant des industries nationales et des importations, tandis que le tableau des emplois suit l’utilisation de ces produits (leur consommation intermédiaire ou leur utilisation finale). On entend par « consommation intermédiaire » la consommation de biens et de services par les industries nationales pour produire d’autres produits. L’utilisation finale représente la consommation finale par les ménages, les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM), les administrations publiques, la formation de capital, les variations de stocks et les exportations. Les TRE comprennent également des mesures des revenus générés durant le processus de production.

Les données des TRE peuvent être utilisées pour mesurer des agrégats économiques comme le PIB. En outre, seuls les TRE fournissent une image cohérente et intégrée de l’économie sur le plan des industries et des produits. Toutes les activités liées à la production et à l’utilisation de l’infrastructure du Canada sont incluses dans ces tableaux. Le problème, de même que la raison pour laquelle il est nécessaire de créer des comptes de l’infrastructure, est que les données sont trop agrégées pour décrire clairement le rôle de l’infrastructure dans l’économie et que, par conséquent, d’autres sources de données sont nécessaires pour désagréger ces données. À bien des égards, les comptes économiques de l’infrastructure ne sont qu’une simple désagrégation des données contenues dans les TRE du Canada.

Les tableaux des entrées-sorties du Canada convertissent la dimension « produit » des TRE en code industriel. Ces tableaux symétriques (industrie par industrie) permettent de suivre les répercussions des dépenses d’une industrie sur d’autres industries ainsi que la dépendance des revenus de chaque industrie à d’autres industries et aux utilisations finales.

Des modèles des entrées-sorties sont utilisés pour étudier la relation entre les dépenses finales (comme l’investissement) et la production industrielle, la valeur ajoutée et les niveaux d’emploi, comme les répercussions des investissements dans les infrastructures sur la valeur ajoutée et l’emploi. Ces modèles sont souvent utilisés pour estimer les répercussions économiques d’un changement prévu dans les dépenses finales. Par exemple, le modèle des entrées-sorties peut simuler les répercussions d’un projet de construction en Colombie-Britannique sur la production, le PIB et l’emploi.

Le compte de stock de capital canadien est étroitement lié aux TRE du Canada parce qu’il est fondé sur le même système de classification et qu’il utilise les mêmes concepts liés à l’investissement et au patrimoine. Alors que les TRE donnent une image de la production de l’infrastructure et des investissements dans les infrastructures au cours de chaque période comptable, les comptes de stock de capital fournissent une mesure du stock d’infrastructure au Canada, de la dépréciation de ce stock et des investissements effectués pour maintenir ou accroître le stock.

On peut mesurer le stock de capital de différentes façons, par exemple en répertoriant les stocks physiques ou leur valeur comptable. Cependant, la méthode la plus couramment utilisée par les organismes statistiques internationaux, y compris Statistique Canada, est la méthode de l’inventaire permanent (MIP). On préfère généralement la MIP puisqu’il s’agit d’une façon très souple de produire des séries chronologiques de stocks de capital. La méthode consiste essentiellement à ajouter l’investissement brut de chaque année (formation brute de capital fixe) au stock de capital de l’année précédente et à soustraire la consommation de capital fixe. Comme le stock doit être évalué aux prix actuels, le modèle nécessite des renseignements sur les prix afin d’amener le stock des années précédentes aux valeurs de la période en cours. De plus, comme le stock se détériore graduellement au fur et à mesure de son utilisation, des renseignements sur la durée de vie utile des actifs et leur amortissement sont requis. Les flux d’investissement bruts, les indices des prix, les durées de vie utile et les méthodes d’amortissement sont tous pris en compte dans le calcul du stock de capital du Canada.

Les renseignements sur la durée de vie utile et les profils âge-prix des actifs mis hors service qui sont recueillis par l’Enquête sur les dépenses en immobilisations et réparations sont utilisés pour établir des durées de vie utile moyennes modélisées économétriquement. Les estimations des durées de vie utile sont mises à jour et intégrées à la MIP périodiquement.

Divers indices de prix sont utilisés pour amener le stock aux prix de la période en cours. Ils comprennent les indices de prix des machines et du matériel, les indices de prix à l’importation et à l’exportation, les indices de prix des logements neufs, les indices de prix des matières brutes et les indices de prix d’autres industries et produits de base ainsi que des coûts de la main-d’œuvre. Tout comme pour le profil d’amortissement, les prix sont propres à l’actif et, comme il peut être difficile d’estimer les prix de certains types d’actifs, tels que les actifs d’ingénierie puisqu’ils ne sont pas souvent négociés sur le marché, on utilise également les pondérations des TRE pour estimer les prix.

L’Enquête sur les dépenses en immobilisations et réparations (EDIR) recueille des données sur les perspectives de dépenses en immobilisations pour l’année à venir et sur les dépenses des deux années précédentes. À l’occasion, lorsque les changements économiques en justifient le besoin, des données sur les perspectives révisées sont également recueillies pour l’année en cours. L’enquête recueille les données suivantes, qui sont pertinentes pour les comptes de l’infrastructure :

Le Programme de la statistique du commerce international de marchandises mesure les fluctuations du stock de ressources matérielles du Canada découlant du mouvement des marchandises qui entrent au pays et des marchandises qui en sortent. Lorsqu’on importe des marchandises au Canada ou qu’on en exporte du Canada, on doit les déclarer à l’Agence des services frontaliers du Canada, et on doit donner des renseignements sur la description et la valeur des marchandises, leur origine, le bureau de dédouanement ainsi que le mode de transport. La plupart de ces renseignements sont requis pour l’administration des douanes. On appelle généralement « statistiques sur le commerce établies sur une base douanière » les statistiques commerciales élaborées à partir des dossiers administratifs des douanes.

L’Enquête sur les infrastructures publiques essentielles du Canada recueille des renseignements statistiques sur le stock, l’état, le rendement et les stratégies de gestion des actifs relatifs aux infrastructures publiques essentielles que possèdent ou louent les divers ordres de gouvernement canadien ou autochtone. On y évalue les neuf actifs suivants relatifs aux infrastructures publiques essentielles :

Parmi les autres sources de données qui seront utilisées pour établir les comptes, on trouve les estimations de l’emploi selon la profession, qui sont tirées de l’Enquête sur la population active et du Recensement de la population. Cette information permettra de mieux comprendre l’utilisation de l’infrastructure selon la profession et la taille de la main-d’œuvre affectée à la production et à l’entretien de l’infrastructure du Canada.

De plus, les données du Programme de la statistique du logement canadien seront utilisées pour estimer l’utilisation de l’infrastructure selon l’emplacement géographique précis et les données du programme de la statistique des transports et d’autres programmes commerciaux seront quant à elles utilisées pour estimer l’utilisation de l’infrastructure par le secteur des entreprises.

Une dernière source importante de données sera constituée des données tirées des Statistiques de finances publiques de Statistique Canada, qui fournissent des estimations des dépenses publiques par objet et par niveau d’administration publique. Les Statistiques de finances publiques sont établies sur la base du cadre de comptabilité d’exercice, qui est internationalement reconnu pour la présentation des finances publiques. Ces données serviront à estimer la façon dont les Canadiens utilisent l’infrastructure publique.

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