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Valeur ajoutée et création d'emplois liées aux exportations de produits fabriqués canadiens vers les États-Unis : mise à jour à partir des données de 2024 sur la valeur ajoutée des exportations

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Introduction

Le programme sur la valeur ajoutée des exportations (VAE) de Statistique Canada fournit des estimations tant du montant du produit intérieur brut (PIB) que du nombre d’emplois attribuables à la production de biens et de services destinés à l’exportation. Ces données fournissent un cadre complet qui permet d’évaluer l’importance des exportations pour l’économie canadienne.

Les données VAE fournissent également une base qui permet de quantifier le degré d’intégration transfrontalière au sein des secteurs axés sur le commerce, comme la fabrication, qui dépendent fortement des expéditions transfrontalières. Ces secteurs à forte intensité d’exportation contribuent généralement de manière importante au PIB de l’ensemble de l’économie et emploient un nombre important de travailleurs bien rémunérés dans des postes à forte valeur ajoutée. Les exportations ont créé 3,9 millions d’emplois en 2024 — tant de manière directe au moyen de la fabrication de produits destinés à l’exportation que de manière indirecte au moyen de l’achat de biens et de services auprès de fournisseurs nationaux qui ont contribué à ces exportations.

En 2024, 15,9 % du PIB du Canada était attribuable à la production d’exportations à destination des États-Unis, ce qui représentait plus de 2,5 millions d’emplois. Ces dernières années, la demande des États-Unis a contribué à la création d’emplois, en particulier dans les secteurs axés vers le commerce, comme la fabrication.

De 2020 à 2024, le nombre total d’emplois dans le secteur de la fabrication a augmenté de 229 000. Environ 70 % de cette augmentation nette — soit environ 161 000 emplois — sont directement ou indirectement attribuables à la fabrication de produits destinés à l’exportation. Et la majeure partie de cette croissance de l’emploi (139 000 emplois au total) est attribuable à la demande des États-Unis pour ces biens et services.

Le rôle important que joue la demande des États-Unis dans la création de la valeur ajoutée et dans la croissance de l’emploi au Canada rend compte de l’établissement de chaînes d’approvisionnement hautement intégrées qui ont soutenu l’activité économique des deux côtés de la frontière. Sur les 922 milliards de dollars d’exportations provenant de la production canadienne en 2024, 644 milliards de dollars (70 %) étaient destinés aux États-Unis. La production de ces exportations à destination des États-Unis a nécessité à son tour 118 milliards de dollars d’importations en provenance des États-Unis. En outre, des composantes importées des États-Unis d’une valeur de 34 milliards de dollars supplémentaires ont été intégrées dans des exportations canadiennes à destination d’autres marchés.

Les produits fabriqués au Canada ont représenté un élément important de ces chaînes d’approvisionnement intégrées. En 2024, les fabricants canadiens ont expédié des biens aux États-Unis dont la valeur s’est établie à 324 milliards de dollars et plus du quart de ce montant rendait compte de composantes importées des États-Unis.

Le présent article met en lumière les données VAE de 2024 en ce qui a trait aux produits fabriqués au Canada et fournit des estimations détaillées pour les producteurs de fer, d’acier et d’aluminium ainsi que pour les usines de montage de véhicules automobiles et les fournisseurs de pièces — des industries de la fabrication qui ont été directement touchées par l’imposition de droits de douane importants en mars 2025 sur les exportations canadiennes à destination des États-Unis.

Fabrication

En 2024, 113 milliards de dollars de valeur ajoutée du secteur de la fabrication s’expliquaient par la demande des États-Unis pour des exportations de produits fabriqués au Canada, représentant environ 694 000 d’emplois. Ce montant représentait 42,4 % de la valeur ajoutée totale du secteur de la fabrication et 41,0 % des emplois rémunérés. 

La dépendance des fabricants canadiens à l’égard du marché des États-Unis a peu changé de 2020 à 2024 (graphique 1). Au cours de cette période, environ la moitié des emplois du secteur de la fabrication reposait sur la demande intérieure. L’autre moitié de ces emplois reposait sur la demande étrangère dont la majeure partie provenait des États-Unis.

Graphique 1 Part des emplois par source de la demande, fabrication totale

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Fabrication (titres de rangée) et 2020, 2021, 2022, 2023 et 2024, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Fabrication 2020 2021 2022 2023 2024
pourcentage
Source : Statistique Canada, tableau 12-10-0100-01.
Demande intérieure 49,9 50,1 48,7 47,0 47,2
Demande des États-Unis 37,9 38,3 39,7 41,5 41,0
Autre demande étrangère 12,2 11,6 11,7 11,5 11,8

L’emploi dans le secteur de la fabrication diminue en 2025

L’emploi dans le secteur de la fabrication est resté relativement inchangé de 2023 à 2024, mais a commencé à diminuer en 2025 (tableau 14-10-0220 de Statistique Canada). De décembre 2024 à décembre 2025, l’emploi a reculé de près de 36 000 travailleurs (-2,3 %). L’emploi dans la fabrication de pièces pour véhicules automobiles a diminué de 9,3 %, tandis que l’emploi dans la fabrication de véhicules automobiles a baissé de 1,3 %. De plus, l’emploi dans la première transformation des métaux a reculé de 1,4 % avec l’emploi dans la sidérurgie ayant baissé de 8,7 %. L’emploi dans la production et la transformation d’alumine et d’aluminium a augmenté de 2,5 %.

Parallèlement, la valeur ajoutée réelle dans le secteur de la fabrication suit une tendance à la baisse depuis le milieu de l’année 2023 et a diminué de 2,4 % de décembre 2024 à décembre 2025 (tableau 36-10-0434-01 de Statistique Canada). Alors que la valeur ajoutée réelle des fabricants de véhicules automobiles a augmenté de 3,0 % au cours de cette période de 12 mois, celle des fabricants de pièces pour véhicules automobiles a diminué de 3,5 %. La première transformation des métaux a diminué de 7,1 %, en raison des baisses observées dans la production et la transformation d’alumine et d’aluminium (-19,5 %) ainsi que dans la sidérurgie (-4,3 %).

Selon les données de l’Enquête canadienne sur la situation des entreprises (premier trimestre de 2026), près du tiers (32,2 %) de toutes les entreprises, qu’elles fassent du commerce ou non, ont indiqué que l’imposition des droits de douane par les États-Unis sur les importations en provenance du Canada avait eu une incidence négative sur leur entreprise au cours de la dernière année. Dans le secteur de la fabrication, plus de la moitié (50,6 %) des entreprises ont déclaré que les droits de douane avaient eu une incidence négative sur leurs activités. Cependant, près du quart (23,2 %) des entreprises de la fabrication ont déclaré avoir enregistré une augmentation des ventes de leurs produits canadiens. Cette augmentation était bien au-dessus de la moyenne globale observée pour toutes les entreprises (12,4 %).

Les trois quarts des emplois dans le secteur de la fabrication automobile dépendent de la demande des États-Unis

En 2024, 4,0 milliards de dollars de la valeur ajoutée de l’industrie de la fabrication de voitures et de véhicules automobiles légers découlaient de la demande des États-Unis pour les exportations d’automobiles canadiennes, ce qui représentait environ 27 000 emplois. Ce montant représentait 76,4 % de la production automobile totale et 76,4 % des emplois rémunérés (graphique 2).

Graphique 2 Part des emplois par source de la demande, fabrication de voitures et de véhicules automobiles légers

Tableau de données du graphique 2
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Fabrication de voitures et de véhicules automobiles légers (titres de rangée) et 2020, 2021, 2022, 2023 et 2024, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Fabrication de voitures et de véhicules automobiles légers 2020 2021 2022 2023 2024
pourcentage
Source : Statistique Canada, tableau 12-10-0100-01.
Demande intérieure 22,6 17,5 24,7 16,3 21,0
Demande des États-Unis 74,8 79,0 72,3 81,1 76,4
Autre demande étrangère 2,6 3,5 3,0 2,6 2,6

Sur une base douanière, les exportations de véhicules automobiles à destination des États-Unis ont diminué de 9,6 % en 2025 par rapport à 2024 (tableau 12-10-0179-01 de Statistique Canada). Les exportations de véhicules automobiles à destination des pays autres que les États-Unis ont augmenté de 14,6 % au cours de cette période. Il y a eu une diminution globale de 8,4 % des exportations de véhicules automobiles, car plus de 93 % des exportations de véhicules automobiles sont destinées aux États-Unis. Une grande partie de ces diminutions reflète une baisse de la production, que les entreprises ont attribuée au réoutillage et aux pénuries de puces à l’automne. Parallèlement, les exportations de pièces pour véhicules automobiles vers les États-Unis ont augmenté de 2,3 % au cours de cette même période, tandis que les exportations vers des pays autres que les États-Unis ont diminué de 5,0 %.

Les deux tiers des emplois dans le groupe de la sidérurgie dépendent de la demande des États-Unis

En 2024, 3,4 milliards de dollars de la valeur ajoutée de l’industrie du groupe de la sidérurgie s’expliquaient par la demande des États-Unis pour les exportations canadiennes de fer et d’acier, représentant environ 9 800 emplois. Ce montant représentait 68,1 % de la valeur ajoutée totale du groupe de la sidérurgie et 67,0 % des emplois rémunérés (graphique 3).

Graphique 3 Part des emplois par source de demande, sidérurgie

Tableau de données du graphique 3
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Sidérurgie (titres de rangée) et 2020, 2021, 2022, 2023 et 2024, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Sidérurgie 2020 2021 2022 2023 2024
pourcentage
Source : Statistique Canada, tableau 12-10-0100-01.
Demande intérieure 30,1 29,1 25,3 22,9 23,8
Demande des États-Unis 60,6 63,2 66,6 68,2 67,0
Autre demande étrangère 9,3 7,6 8,1 8,9 9,2

Les exportations de fer, d’acier et de ferro-alliages sous forme brute sur une base douanière ont elles aussi fortement diminué en 2025. Par décembre 2025, les expéditions à destination des États-Unis ont diminué de 20,2 % pour l’année comparativement à 2024, tandis que les expéditions à destination des pays autres que les États-Unis ont reculé de 5,5 %.

Plus des trois quarts des emplois dans la production et la transformation d’alumine et d’aluminium dépendent de la demande des États-Unis

En 2024, une valeur ajoutée de 5,6 milliards de dollars provenant de la production et de la transformation d’alumine et d’aluminium s’expliquait par la demande des États-Unis pour les exportations canadiennes d’aluminium, représentant environ 12 000 emplois. Ce montant représentait 80,4 % de la valeur ajoutée totale de l’aluminium et 77,6 % des emplois rémunérés (graphique 4).

Graphique 4 Part des emplois par source de demande, production et transformation d'alumine et d'aluminium

Tableau de données du graphique 4
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Production et transformation d'alumine et d'aluminium (titres de rangée) et 2020, 2021, 2022, 2023 et 2024, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Production et transformation d'alumine et d'aluminium 2020 2021 2022 2023 2024
pourcentage
Source : Statistique Canada, tableau 12-10-0100-01.
Demande intérieure 15,2 13,7 11,4 12,4 12,8
Demande des États-Unis 68,6 75,1 81,4 77,9 77,6
Autre demande étrangère 16,2 11,2 7,2 9,7 9,6

Alors que les exportations sur une base douanière d’aluminium et d’alliages d’aluminium sous forme brute ont diminué de 7,7 % en 2025, il y a eu une forte augmentation des expéditions vers des pays autres que les États-Unis, qui sont passées de 670 millions de dollars à 2,0 milliards de dollars.

Regard vers l’avenir

Les estimations des VAE fournies dans le présent article donnent une idée de l’importance de la demande des États-Unis pour le secteur canadien de la fabrication avant l’escalade des tensions commerciales en 2025. Des données plus récentes suggèrent que les changements dans l’environnement commercial ont pesé sur la production et l’emploi dans les industries dépendantes du commerce. Clarke et Fields (2025) ont constaté des incidences modérées sur l’emploi dans les industries les plus dépendantes de la demande des États-Unis, bien que les taux de licenciement dans les industries dépendantes du commerce soient restés essentiellement inchangés. Cependant, toute incidence signalée après août 2025 ne serait pas prise en compte.

Les données sur les VAE de 2025 permettront de montrer comment les variations de la demande des États-Unis pour les exportations canadiennes ont eu une incidence sur l’emploi et la croissance du PIB au Canada. La date de publication prévue pour les données sur les VAE 2025 est avril 2027. 

Bibliographie

Clarke, S. et A. Fields. 2025.  Les tendances récentes en matière d’emploi dans les industries dépendantes de la demande des États-Unis Rapports économiques et sociaux. No 36-28-0001 au catalogue. Ottawa : Statistique Canada. Le 22 décembre 2025.


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