Analyse des révisions, 1981 à 2007

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Statistiques sommaires pour la révision
Distribution et inférence statistique
Les révisions et le cycle économique

L'analyse qui suit sera axée sur le taux de croissance d'un trimestre à l'autre du produit intérieur brut (PIB) réel désaisonnalisé pour le Canada1. L'utilisation du taux de croissance du PIB réel dans l'analyse des révisions est avantageuse par rapport à l'utilisation du niveau ou du taux de croissance nominal, étant donné : 1) qu'elle élimine le problème de tendance, c'est-à-dire la tendance des révisions du PIB à augmenter avec le temps, la croissance économique et l'inflation ayant pour effet d'augmenter le niveau du PIB aux prix courants; et 2) qu'elle réduit la nécessité de tenir compte des répercussions sur les révisions des changements considérables de concepts, de sources et de méthodes, y compris les changements d'échelle attribuables à l'utilisation d'une nouvelle base.

Le PIB et ses composantes sont révisés jusqu'à sept fois sur une période de révision de quatre ans, conformément à la politique de révision énoncée à l'annexe A. Le PIB peut être révisé à nouveau au moment d'une révision historique. Le graphique 1 illustre cinq différentes versions du taux de croissance du PIB réel pour l'ensemble de la période de révision du premier trimestre de 1981 au premier trimestre de 20102.

Graphique 1 Produit intérieur brut réel, cinq versions différentes
Description pour le graphique 1
Graphique 1 produit intérieur brut réel, cinq versions différentes

Le tableau 4 présente des statistiques sommaires concernant le taux de croissance du PIB réel pour la période allant du premier trimestre de 1981 au quatrième trimestre de 2007. Les révisions ont eu des répercussions sur les taux de croissance du PIB, le taux de croissance moyen ayant augmenté avec chaque version et que l'étendue de ces taux de croissance ont pris de l'ampleur (écart moyen et écart type). La volatilité des révisions se manifeste par la variabilité de la fourchette des taux de croissance des différentes versions. Le taux de croissance moyen du PIB découlant de l'estimation initiale était de 0,64 %, le taux de croissance moyen de l'estimation finale s'établissant à 0,69 % après les révisions subséquentes. Les taux de croissance préliminaires se situaient entre -1,8 % et 2,0 %, et augmentant à une fourchette allant de -1,5 % à 2,5 % pour l'estimation finale.

Tableau 4 Statistiques sommaires, taux de croissance du produit intérieur brut réel, premier trimestre de 1981 au quatrième trimestre de 2007

Durant cette période, le système statistique a changé de façon importante. Certaines enquêtes annuelles sur les services ont été ajoutées au début des années 1980 et la restructuration des enquêtes sur les entreprises a eu lieu en 1989. La révision historique de 1997 a instauré de nouvelles normes internationales du Système de comptabilité nationale de 1993 (SCN 93). Le projet d'amélioration des statistiques économiques provinciales (PASEP) a introduit des cadres pour les enquêtes sur les entreprises de qualité plus élevée, ce qui a permis une couverture complète des industries, en particulier celles des services. Ces améliorations, qui ont fait augmenter le niveau du PIB, ont été étalées sur un certain nombre d'années de 1998 à 2000. La capitalisation des logiciels en 2001, qui était une recommandation internationale du SCN93, a fait croître le niveau du PIB rétroactivement à 1981 et a influé sur les taux de croissance à la fin des années 1990 avec l'essor de la technologie de pointe.

Statistiques sommaires pour la révision

Le tableau qui suit (tableau 5) présente des statistiques sommaires, qui sont souvent utilisées dans l'analyse des révisions3. Les mesures de la fiabilité comprennent celles pour les biais, comme la révision moyenne, et celles pour la dispersion, comme la révision absolue moyenne et la dispersion relative. Le graphique qui suit illustre les taux de croissance initiaux et finaux du PIB, ainsi que la somme de la révision totale.

La période allant du premier trimestre de 1981 au quatrième trimestre de 2007 comptait 108 trimestres. Les révisions variaient de -1,47 point de pourcentage au troisième trimestre de 1984 à 0,93 point de pourcentage au deuxième trimestre de 1984. La faible valeur de -1,47 % est la seule valeur aberrante extrême de la série. Si on la laisse de côté, la valeur la plus faible était de -0,94 pour le premier trimestre de 1986. Si l'on exclut cette valeur aberrante extrême, toutes les révisions se situaient à plus ou moins 1 point de pourcentage. La fourchette pour les 10 premières années est plus étendue que pour les 15 années qui suivent. La fourchette dans laquelle 90 % des révisions se situent fournit une indication de l'étendue normale des révisions qui ne sont pas influencées par des révisions inhabituellement importantes ou des valeurs aberrantes. Cette fourchette est plus étendue au début de la période, et si l'on exclut les 10 premières années (1981 à 1990), la fourchette dans laquelle 90 % des révisions se situent pour la période de 1991 à 2007 va de -0,52 à 0,53.

La révision moyenne de 0,05 point de pourcentage est assez faible. La faible moyenne positive montre que les diffusions antérieures ont été légèrement sous-estimées. On peut constater cela dans le graphique 2, où la plupart des révisions sont positives. Étant donné que les révisions de signes opposés auront tendance à s'annuler, il est avantageux d'examiner la révision absolue moyenne (RAM). La RAM est une mesure de la dispersion entre les estimations initiales et les estimations finales correspondantes et fournit aussi une indication de l'ampleur des révisions. La RAM pour l'ensemble de la période, qui se situe à 0,32 % point de pourcentage, rend compte de la RAM plus élevée de 0,42 point de pourcentage dans les années 1980. La RAM n'était que de 0,31 point de pourcentage dans les années 1990 et de 0,20 point de pourcentage pour les sept dernières années.

Les écarts-types, qui sont une mesure de la volatilité des révisions, sont plus faibles dans les périodes plus récentes. Les écarts-types plus faibles combinés aux RAM plus faibles laissent supposer que les révisions ont diminué au fil du temps, une tendance que l'on peut aussi observer dans le graphique 2.

Tableau 5 Statistiques sommaires pour la révision, taux de croissance du produit intérieur brut réel trimestriel

Graphique 2 Taux de croissance du produit intérieur brut réel et révision totale
Description pour le graphique 2
Graphique 2 Taux de croissance du produit intérieur brut réel et révision totale

Afin d'évaluer les comportements des révisions ont été faites au fil du temps, la période d'analyse a été décomposée en périodes de cinq ans, ou 20 trimestres. Le tableau 6 et le graphique 3 montrent les statistiques sommaires de révision pour les périodes d'intervalle. L'écart-type, ou la fourchette des révisions, est important dans le premier intervalle, à 0,63, et beaucoup plus faible dans l'intervalle final, à 0,26 %. La RAM se situe à un demi-point de pourcentage les cinq premières années, mais diminue les années suivantes4. Si l'on exclut la valeur aberrante extrême du troisième trimestre de 1984, le premier intervalle de cinq ans comporte toujours la RAM la plus importante, soit 0,45 point de pourcentage, et l'écart-type le plus élevé, soit 0,52 point de pourcentage.

Tableau 6 Certaines statistiques sommaires pour la révision pour des intervalles de cinq ans

Graphique 3 Mesures du biais et de la dispersion pour des intervalles de cinq ans
Description pour le graphique 3
Graphique 3 Mesures du biais et de la dispersion pour des intervalles de cinq ans

Les révisions moyennes pour les périodes de 1981 à 1985 et de 1996 à 2000 sont plus grandes que celles du milieu des années 1980 et du milieu des années 1990 et des années 2000. Cela peut être en partie attribuable aux améliorations du système statistique qui ont eu lieu pendant ces deux périodes. Comme il a été dit précédemment, il y a eu au début des années 1980 le lancement de nouvelles enquêtes sur les services, puis on a procédé à une révision historique et à la mise sur pied du PASEP à la fin des années 1990. La mise sur pied du PASEP a eu pour conséquence une couverture plus étendue d'une industrie donnée et une couverture d'un plus grand nombre d'industries. Ces améliorations au système statistique peuvent être aussi constatées dans le graphique suivant, qui représente la somme cumulative des révisions. La somme cumulative est plus élevée au cours de ces deux périodes également, soit 2,9 points de pourcentage pour la période allant de 1981 à 1985 et 4,0 points de pourcentage pour la période allant de 1996 à 2000. 

Graphique 4 Somme cumulative des révisions du taux de croissance du produit intérieur brut réel
Description pour le graphique 4
Graphique 4 Somme cumulative des révisions du taux de croissance du produit intérieur brut réel

Versions des révisions

On procède à des révisions des estimations avec chaque nouvelle version du cycle normal de révision de quatre ans. L'analyse des révisions antérieures (de Zilva, 2004) a fait ressortir que la révision est plus importante lorsque l'on procède à l'étalonnage des entrées-sorties. Afin de comprendre ce modèle de révision davantage, on a examiné un ensemble d'années, soit les trimestres des années 1993 à 2007, dont toutes les versions de données sont facilement accessibles5. Pour cette période, on a inclus sept versions dans une analyse de décomposition. Le tableau 7 présente les statistiques sommaires sur le PIB réel trimestriel pour chaque version des données comprises dans cette période.

Tableau 7 Statistiques sommaires sur le taux de croissance du produit intérieur brut réel, premier trimestre de 1993 au quatrième trimestre de 2007

Le taux de croissance moyen absolu de l'estimation initiale du PIB réel trimestriel était de 0,74 point de pourcentage, mais par suite des révisions, le taux de croissance moyen absolu de l'estimation finale se situait à 0,81 point de pourcentage. L'examen du taux de croissance moyen absolu fournit une indication plus précise du mouvement, étant donné qu'il n'annule pas les mouvements qui peuvent se produire avec des taux de croissance positifs et négatifs. L'augmentation la plus élevée du taux de croissance moyen absolu semble se situer entre l'estimation après un an et l'estimation après deux ans.

Le graphique 5 illustre les révisions à partir de chaque version, la révision totale correspondant aux barres verticales et les diverses révisions des versions aux lignes horizontales, pour la période allant du premier trimestre de 1993 au quatrième trimestre de 2007. Le premier graphique montre la révision entre l'estimation initiale et l'estimation un trimestre plus tard. Cette nouvelle estimation rend compte pour une large part des questionnaires d'enquête soumis tardivement et des facteurs saisonniers plus à jour. Le deuxième graphique montre la révision entre l'estimation un trimestre plus tard et l'estimation après un an. Cette estimation découle de la première révision annuelle et rend compte de l'étalonnage en fonction des tableaux d'entrées-sorties pour les deux années précédentes. L'étalonnage des entrées-sorties peut entraîner des révisions du niveau du PIB pour l'année des entrées-sorties, qui pourraient avoir des répercussions sur le taux de croissance de l'année courante.

Le troisième graphique correspond à la révision entre l'estimation après un an et l'estimation après deux ans et rend compte de la deuxième révision annuelle. Cette estimation comprend les résultats de l'Enquête sur les dépenses en immobilisations et réparations et les données T4 sur les salaires et traitements et entraîne une révision importante des séries. Cette révision reflète également l'étalonnage en fonction des tableaux d'entrées-sorties pour l'année précédente.

Le quatrième graphique montre le résultat de la troisième révision annuelle. Il s'agit aussi d'une révision importante attribuable à l'étalonnage des entrées-sorties. Les enquêtes annuelles qui englobent l'ensemble de l'économie sont intégrées dans ce cas. Le cinquième graphique présente la révision entre l'estimation après trois ans et l'estimation après quatre ans au moment de la quatrième révision annuelle. Cette estimation est considérée comme l'estimation finale du cycle normal de révision et comprend des données à jour sur la santé et l'éducation. Le cinquième graphique comprend les révisions découlant des révisions historiques, qui ont permis l'application des nouveaux concepts et méthodes rétroactivement à 1981.

Graphique 5 Révisions du taux de croissance du produit intérieur brut pour différentes versions de données  
Description pour le graphique 5
Graphique 5 Révisions au produit intérieur brut réel aux différentes versions 

Le tableau 8 comprend une ventilation plus détaillée des versions des révisions. À partir de ce tableau, il est plus facile de déterminer que la révision la plus importante se produit entre l'estimation après un an et l'estimation après deux ans. Cette révision représente environ 25 % de la révision totale pour la période de 1993 à 2007. Cette version rend notamment compte de l'intégration des données de l'Enquête sur les dépenses en immobilisations et réparations et des données T4 sur les salaires et traitements.

Tableau 8 Certaines statistiques sommaires pour la révision pour différentes versions, premier trimestre de 1993 au quatrième trimestre de 2007

Distribution et inférence statistique

Le graphique suivant (graphique 6) montre l'histogramme de fréquence des révisions du PIB trimestriel réel et la courbe de distribution normale ajustée à cet histogramme. L'histogramme résume graphiquement la distribution de l'ensemble de données, et les utilisateurs peuvent constater l'étendue des données, leur asymétrie et la présence de valeurs aberrantes. Cet ensemble de données de révision comporte une légère asymétrie négative, ce qui signifie que la médiane (0,09) est plus élevée que la moyenne (0,05), comme en fait foi la queue plus longue à la gauche de l'histogramme. Si l'on exclut la valeur aberrante extrême, il subsiste une asymétrie négative. L'absence de symétrie signifie que la distribution n'est pas exactement la même qu'une distribution normale mais qu'elle en est néanmoins très proche.

Comme il a été noté par de Zilva6, on peut utiliser un test t pour procéder à l'inférence statistique. Le test t déterminera si la révision moyenne est significativement différente de zéro. Si dans les estimations initiales, les estimations finales étaient systématiquement ou majoritairement sous-estimées, les révisions auraient tendance à être positives, et vice versa. Pour que le test t soit valide, il ne doit pas y avoir de corrélation sérielle significative entre les trimestres. Le coefficient de détermination est de 0,026, ce qui signifie que 2,6 % de la variation dans les révisions pour un trimestre donné est attribuable à leur rapport linéaire avec les révisions du trimestre précédent. Le coefficient de corrélation de -0,161 indique que la relation est faible et négative. Si l'hypothèse nulle est que « la révision moyenne est nulle », elle est rejetée si la moyenne des révisions est trop élevée ou trop faible. L'hypothèse de rechange est que « la moyenne n'est pas nulle ». La région de rejet est t < -1,984 ou t > 1,984, avec un niveau de signification de 0,05 et une taille d'échantillon de 108. Selon le calcul, la variable à tester est 1,321 et n'entre pas dans la région de rejet. Le test accepte l'hypothèse nulle selon laquelle l'ensemble de révisions est représentatif d'une population avec une moyenne de 0. Cela montre que les estimations initiales constituent une estimation fiable des estimations finales, autrement dit qu'il n'y a pas de biais significatif.

Graphique 6 Histogramme des révisions et courbe de la distribution normale, taux de croissance du produit intérieur brut réel, 1981 à 2007
Description pour le graphique 6
Graphique 6 Histogramme des révisions et courbe de la distribution normale, taux de croissance du produit intérieur brut réel, 1981 à 2007

Les révisions et le cycle économique

La fiabilité du PIB est particulièrement importante en périodes de croissance accélérée ou décélérée et autour des points de retournement cycliques (pics et creux). On peut évaluer cette fiabilité en étudiant le comportement des révisions en ce qui a trait à la direction de cette croissance et en rapport avec le cycle économique.

Une analyse de régression peut aider à déterminer s'il existe une corrélation entre les révisions et le cycle économique (taux de croissance du PIB). Le coefficient de détermination est 0,141, ce qui signifie que 14,1 % de la variation des révisions est attribuable à leur rapport linéaire avec le cycle économique. Le coefficient de corrélation de 0,379 indique que le rapport est faible et positif. Ce rapport est illustré dans le diagramme de dispersion (graphique 7), qui montre la corrélation entre les révisions du taux de croissance du PIB et le cycle économique. Lorsque le PIB est en expansion, l'estimation initiale a tendance à sous-estimer la croissance. Lorsque le PIB se contracte, l'estimation initiale est plus susceptible de surestimer la croissance.

Graphique 7 Révisions du taux de croissance du produit intérieur brut réel et cycle économique, premier trimestre de 1981 au quatrième trimestre de 2007
Description pour le graphique 7
Graphique 7 Révisions du taux de croissance du produit intérieur brut réel et cycle économique, premier trimestre de 1981 au quatrième trimestre de 2007

Il est intéressant de savoir à quelle fréquence le taux de croissance final va dans la direction opposée à celle du taux de croissance initial. La faiblesse de cette mesure est qu'elle ne rend pas compte de l'ampleur totale de la révision. Par exemple, une variation d'une faible valeur négative à une faible valeur positive, ou l'inverse, n'est peut-être pas si importante. Au cours de la période visée par l'analyse, les estimations ont changé de direction dans seulement cinq trimestres, ou 4,6 % du temps. La révision moyenne pour ces cinq trimestres était faible, se situant à -0,26 point de pourcentage. La révision à deux de ces cinq trimestres était le résultat d'une mini révision historique qui a eu lieu au premier trimestre de 2001. Il n'y a pas eu de cas tout au long de la période pendant lequel le signe du taux de croissance s'est écarté du signe original de croissance, puis y est retourné.

Changements dans la tendance

L'estimation initiale du PIB doit, idéalement, indiquer correctement la direction de la croissance économique et rendre compte des variations dans l'activité économique. Une question se pose pour déterminer la fiabilité : combien de fois les estimations initiales saisissent-elles des tendances économiques changeantes?

De 1981 à 2007, un pic ou un creux ont été manqués 17,6 % du temps (19 des 108 trimestres). Dans 8 de ces 19 trimestres, le point tournant se situait à plus ou moins un trimestre du trimestre de référence. La révision moyenne pour un pic manqué a été de 0,36 point de pourcentage et la révision moyenne pour un creux manqué, de -0,51 point de pourcentage. Aux fins de la présente analyse, un pic au trimestre t se produit si le taux de croissance du PIB réel de ce trimestre est supérieur au taux de croissance des deux trimestres précédents et des deux trimestres suivants. Un creux se produit si le taux de croissance est inférieur à celui des deux trimestres précédents et des deux trimestres suivants. Les changements manqués dans les tendances économiques figurent dans le graphique 8.

Graphique 8 Changements manqués dans la tendance à partir de l'estimation initiale jusqu'à l'estimation finale, niveau et taux de croissance du produit intérieur brut réel
Description pour le graphique 8
Graphique 8 Changements manqués dans la tendance à partir de l'estimation initiale jusqu'à l'estimation finale, niveau et taux de croissance du produit intérieur brut réel

Accélération et décélération

Les estimations statistiques préliminaires basées sur des enquêtes et des méthodes utilisées pour projeter les composantes du PIB sont parfois fondées sur des hypothèses voulant qu'il y ait peu de changement dans la structure des composantes du PIB. Ces hypothèses peuvent mener à une surestimation de la croissance en période de ralentissement ou à une sous-estimation en période d'accélération. Un examen de l'accélération et de la décélération (AC/DC) dans les estimations initiales par rapport aux estimations finales peut permettre de déterminer si l'estimation initiale comporte une estimation exacte de la croissance de l'activité économique. Il y a accélération de la croissance lorsque la variation du taux de croissance par rapport au trimestre précédent est positive, et décélération, lorsque la variation est négative.

L'AC/DC représente le nombre de fois que l'estimation initiale de la croissance du PIB a indiqué une accélération de l'activité économique par rapport à la période précédente, tandis que l'estimation finale indiquait une décélération, ou le contraire. Au cours de la période visée par l'analyse, l'AC/DC a été saisie de façon incorrecte 36 fois. L'AC/DC relative, c'est-à-dire l'AC/DC en pourcentage du nombre total de trimestres, est de 33,3 %. Le graphique 8 montre les trimestres pendant lesquels il y a eu AC/DC. La révision moyenne pour une décélération manquée était de -0,29 point de pourcentage, tandis que la révision moyenne pour une accélération manquée était de 0,31 point de pourcentage.

Le graphique 9 illustre le taux de croissance du PIB réel pendant les périodes d'accélération et de décélération, et la révision correspondante pour le trimestre. Une révision à la hausse en période de croissance accélérée constitue une indication que l'estimation initiale sous-estime la croissance. À l'opposé, des révisions à la baisse signifient que l'estimation initiale surestime la croissance. Au cours de la période visée par l'analyse, il y a eu 55 trimestres d'accélération et 53 trimestres de décélération. La révision moyenne pour les périodes d'accélération était de 0,18 point de pourcentage, tandis que la moyenne pour les périodes de décélération était de -0,08 point de pourcentage. Dans les deux cas, l'estimation initiale avait tendance à aplatir le taux de variation du PIB. Comme le montre le graphique 9, la plupart des révisions en période d'accélération sont à la hausse, tandis que seulement 29 % des trimestres ont connu une révision à la baisse. Pour ce qui est de la croissance en décélération, 53 % des révisions ont été à la hausse, alors que 44 % des révisions étaient à la baisse. Cela peut indiquer qu'en période de croissance plus lente, il existe une tendance à sous-estimer le ralentissement du PIB.

Graphique 9 Changement dans le taux de croissance du produit intérieur brut réel durant les périodes d'accélération et de décélération et révision, premier trimestre de 1981 au quatrième trimestre de 2007
Description pour le graphique 9
Graphique 9 Changement dans le taux de croissance du produit intérieur brut réel durant les périodes d'accélération et de décélération et révision, premier trimestre de 1981 au quatrième trimestre de 2007

Périodes de taux de croissance négatifs

Le tableau 9 montre les révisions et les écarts-types de différentes catégories de taux de croissance, périodes d'accélération, périodes de décélération et périodes de croissance négative. Même si les RAM sont similaires, elles sont légèrement plus importantes pour les périodes de croissance plus lente et de croissance négative; les écarts-types pour ces périodes sont aussi plus importants.

Tableau 9 Taux de croissance du produit intérieur brut réel – Estimation et révision moyennes, premier trimestre de 1981 au quatrième trimestre de 2007

Au cours de la période visée par l'analyse, 15 trimestres ont connu des taux de croissance finals négatifs. Si on laisse de côté ces taux de croissance négatifs et que l'on examine uniquement les taux de croissance positifs du même graphique (graphique 10), il est assez évident qu'en période d'accélération, les révisions sont principalement à la hausse. Une révision à la baisse a été effectuée dans seulement 16 des 52 trimestres (31 %). En période de croissance plus lente du PIB, le nombre de révisions négatives est plus important, 21 des 41 trimestres, soit 51 %, ayant été révisés à la baisse.

Graphique 10 Changement dans le taux de croissance du produit intérieur brut réel durant les périodes d'accélération et de décélération avec taux de croissance positifs et révision, premier trimestre de 1981 au quatrième trimestre de 2007
Description pour le graphique 10
Graphique 10 Changement dans le taux de croissance du produit intérieur brut réel durant les périodes d'accélération et de décélération avec taux de croissance positifs et révision, premier trimestre de 1981 au quatrième trimestre de 2007

Le tableau 10 comprend des statistiques sommaires sur le taux de croissance du PIB réel pour les trimestres ayant connu une croissance négative. Le taux de croissance moyen est similaire pour les différentes versions, mais l'écart-type ou l'étendue est beaucoup plus faible pour l'estimation finale. Au moment de l'estimation finale, la fourchette était beaucoup moins étendue que celle de l'estimation initiale. Il s'agit de la première fois que les taux de croissance pour tous les trimestres sont négatifs. Avant l'estimation finale, les versions précédentes avaient des valeurs positives pour ce qui était de la fourchette supérieure.

Tableau 10 Statistiques sommaires, taux de croissance du produit intérieur brut réel – trimestres ayant connu une croissance négative, premier trimestre de 1981 au quatrième trimestre de 2007

La révision moyenne pour les trimestres ayant connu une croissance négative était de -0,04 point de pourcentage, ce qui est assez faible. La RAM était de 0,35 point de pourcentage, ce qui est plus élevé que la RAM pour tous les trimestres (0,32 point de pourcentage). La RAM plus importante pour les trimestres ayant connu une croissance négative laisse supposer qu'il y a une plus grande volatilité dans les révisions apportées aux estimations comportant une croissance négative.

Événements économiques significatifs

Des événements économiques significatifs peuvent avoir des répercussions considérables sur le PIB et ses composantes. Il est utile d'examiner le comportement des révisions pendant ces moments d'incertitude afin de déterminer si une révision plus importante a lieu pendant ces périodes. Le tableau 11 comporte une liste de certains événements économiques majeurs récents au Canada.

Tableau 11 Événements économiques significatifs récents

Les événements économiques significatifs présentés dans le tableau 11, de même que d'autres événements économiques passés, et la révision totale pour le trimestre au cours duquel ils se sont produits figurent dans le graphique 11 (le graphique 2 reproduit avec les indications des événements économiques). La majeure partie des révisions totales pour le trimestre pendant lequel ces événements sont survenus sont assez faibles. La seule fois où la révision totale était plus élevée que la révision totale moyenne pour tous les trimestres était au moment de la tempête de verglas, au premier trimestre de 1998, où la révision totale avait été de 0,4 %. Ces résultats pourraient laisser penser que le système statistique est aussi bon lors d'événements économiques significatifs qu'à d'autres moments.

Graphique 11 Taux de croissance du produit intérieur brut et révision totale
Description pour le graphique 11
Graphique 11 Taux de croissance du produit intérieur brut et révision totale

Même si les révisions totales au moment où les événements économiques mentionnés ci-haut se sont produits étaient relativement faibles, il est intéressant de noter la progression de ces révisions au fil des différentes versions. Le graphique 12 illustre les taux de croissance des différentes versions pendant les trimestres qui ont connu ces événements économiques. Les révisions pour les trimestres de la tempête de verglas de 1998, de l'effondrement des technologies de pointe de 2000 et des épidémies du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et de la vache folle en 2003 ont fluctué davantage entre les versions des révisions.

Graphique 12 produit intérieur brut réel durant les périodes récentes d'événements économiques majeurs pour les différentes versions
Description pour le graphique 12
Graphique 12 produit intérieur brut réel durant les périodes récentes d'événements économiques majeurs pour les différentes versions


Notes

  1. Le taux de croissance d'un trimestre à l'autre du PIB qui est utilisé dans l'analyse plutôt que le taux annualisé qui est calculé en utilisant une formule de croissance composée. Le taux annualisé est utile lorsqu'il s'agit d'établir des comparaisons avec les États-Unis.
  2. L'estimation finale est disponible pour le quatrième trimestre de 2007. Les données pour les années qui suivent sont les données disponibles au moment de la rédaction de la présente analyse. Le graphique contient des données qui étaient rapidement et facilement utilisables pour cinq versions du PIB réel rétroactivement à 1981.
  3. Les formules relatives à ces statistiques sommaires sont incluses dans l'annexe C.
  4. Les périodes précédentes ont connu plus d'intervalles de révisions en comparaison avec les périodes plus récentes.
  5. Les versions des données rapidement et facilement utilisables de l'Outil d'analyse des données en temps réel (OADTR) de Statistique Canada.
  6. Doris de Zilva, 2004, « Toolkit for revisions studies », Projet de révision de 2003-2004, Système des comptes nationaux. Étude présentée à l'atelier de l'OECD-ONS « Assessing and Improving Statistical Quality – Revisions Analysis for the National Accounts », qui a eu lieu les 7 et le 8 octobre. Ottawa. Statistique Canada.
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