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    Comptes des revenus et dépenses - Série technique

    Les parités de pouvoir d'achat et dépenses réelles, États-Unis et Canada, 2002 à 2009

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    Que sont les Parités de pouvoir d'achat (PPA)?

    Dans sa forme la plus simple, une PPA est un ratio du prix d'un bien ou d'un service dans un pays exprimé dans la devise nationale de ce pays, comparé au prix du même article dans un autre pays, exprimé dans la devise de ce pays. En d'autres mots, elle représente un taux de conversion de devise qui égaliserait le pouvoir d'achat des deux devises pour le produit en question. Par exemple, une PPA de 0,90 veut dire que 90 cents américains achètent la même quantité du bien ou du service spécifié que 1 dollar canadien; ainsi, le dollar américain a un plus grand pouvoir d'achat que le dollar canadien.

    On dit qu'il y a une parité de pouvoir d'achat entre deux pays, si le ratio des prix d'un des pays par rapport à l'autre équivaut au taux de change. Là où des différences existent, la théorie laisse supposer qu'il serait avantageux d'échanger les devises et d'acheter un produit de la source la moins chère. En pratique, cette théorie se vérifie seulement pour les biens et services qui peuvent faire l'objet d'un commerce.

    La précision des caractéristiques d'un produit est très importante si on veut s'assurer que le prix recensé dans les deux pays s'applique au même produit. Par exemple, la comparaison du prix d'une automobile de luxe dans un pays à celui d'une voiture économique dans un autre révélerait très peu de chose au sujet des niveaux de prix relatifs des automobiles entre les deux pays. Par contre, la comparaison des prix d'un véhicule de fabrication et de modèle identique et possédant les mêmes caractéristiques, comme la taille du moteur, l'air climatisé, la transmission automatique, le lecteur de disques compacts, etc., nous en apprend d'avantage.

    Une autre condition importante dans le calcul d'une PPA est que les produits marqués d'un prix soient représentatifs des biens et services effectivement achetés et vendus sur le marché. En d'autres termes, un nombre suffisant d'unités d'un produit donné devrait être vendus, afin que son prix soit considéré comme représentatif d'une catégorie de dépenses particulière.

    Les ratios de prix détaillés (ou rapports de prix) sont combinés pour produire des statistiques plus globales en pondérant chaque composante détaillée par la dépense finale pour cette unité pour une année donnée. Par exemple, une PPA pour les achats de véhicules des consommateurs est calculée en prenant, tout d'abord, une moyenne des rapports de prix pour différents modèles automobiles et en combinant cette statistique avec des rapports de prix pour des motocyclettes et des bicyclettes. Une PPA pour les dépenses totales sur les véhicules est alors obtenue en pondérant la PPA de chacune des trois composantes (automobiles, motocyclettes, bicyclettes) par leurs dépenses respectives. De cette façon, les rapports de prix sont construits à partir d'un niveau très détaillé et progressivement agrégés, pour arriver finalement à des PPA pour les dépenses individuelles liées aux transports, puis aux dépenses de consommation individuelle des ménages et, finalement, au produit intérieur brut (PIB)1.

    Les PPA et des variables reliées sont présentées sur deux bases différentes : celle des dépenses et celle de la consommation. Dans la mesure où il existe différents niveaux d'intervention de l'État dans le financement de la consommation, la comparaison des agrégats habituels en termes de dépenses peut être trompeuse. En conséquence, les données sont aussi présentées selon le point de vue du consommateur, plutôt que celui de l'acheteur. Pour estimer la consommation individuelle réelle, il faut ajouter aux achats effectués par les particuliers, la portion des dépenses publiques en biens et services qui est consommée par les individus. La santé et l'éducation sont d'excellents exemples de services où le secteur public joue un rôle plus important au Canada qu'aux États-Unis. Avec le logement, les loisirs et la culture et la sécurité sociale, ces services sont souvent payés par le secteur public, mais en fait consommés par les individus. La dépense résiduelle laissée dans le secteur des administrations publiques représente la consommation collective, qui comprend, les dépenses en matière de défense, d'environnement et d'entretien des infrastructures, etc.

    Les PPA sont présentées dans les tableaux comme des composantes du PIB. Ils sont des indicateurs de prix relatifs, mais peuvent également être utilisés comme déflateurs du revenu. Le revenu réel représente la capacité d'acheter des biens et services. Des changements dans le revenu réel conduisent ainsi à des changements dans la consommation réelle. Les autres statistiques présentées dans ce rapport comprennent les ratios de la consommation réelle par habitant, les niveaux de prix comparés et les parts relatives des différentes composantes du PIB en termes de dépenses réelles par personne et de dépenses courantes par personne. Les niveaux des prix comparés sont les rapports des PPA aux taux de change, et sont calculés pour chaque catégorie de la demande finale et pour le PIB lui-même. Une valeur supérieure ou inférieure à 100 indique un niveau supérieur ou inférieur des prix d'un pays par rapport à un pays de référence2.

    Pourquoi les PPA sont-elles importantes?

    Le fait que des différences de pouvoir d'achat existent rend les PPA de plus en plus pertinentes. Les études de la taille économique relative des pays en termes nominaux, convertis d'une devise à l'autre en utilisant le taux de change, par exemple, ne permettent pas d'établir entièrement les différences de niveaux de prix entre les pays. Par exemple, une comparaison du PIB nominal par habitant du Canada avec celui d'une nation en développement ne constituerait probablement pas une comparaison valable puisque les prix ont tendance à être plus faibles dans les pays en développement. Avec un niveau de prix plus bas, la demande pour un même bien peut être satisfaite en dépensant moins. Par conséquent, un PIB ajusté pour tenir compte du taux de change n'est pas un indicateur précis de la taille relative des deux économies.

    Même des pays voisins partageant une structure économique similaire, tels que les États-Unis et le Canada, ont des différences de niveau de prix qui ne sont pas entièrement expliquées par les taux de change. Cela provient du fait que le taux de change du marché n'est pas uniquement basé sur les prix des biens et services échangés. Les flux internationaux de capitaux, par exemple, jouent un rôle majeur dans l'établissement du niveau d'une devise.

    Par conséquent, une PPA qui diffère du taux de change du marché  ne signifie pas que la devise d'un pays est surévaluée ou sous-évaluée par rapport à une autre. Les taux de change peuvent être instables, et leur utilisation visant à convertir un produit dans une devise commune peut se traduire par des variations irréalistes de ce revenu ou de ce produit.

    Pour ces raisons, les PPA sont plus appropriées pour établir des comparaisons économiques entre pays. En convertissant les données sur les dépenses à une devise commune et à un ensemble commun de prix, les volumes relatifs de biens et de services qui en résultent, dans lesquels on a investi ou que l'on a consommés, peuvent être comparés plus facilement et de manière plus fiable3.

    Sources des données

    La plupart des données sur les prix utilisées dans ce rapport sont recueillies régulièrement par les pays membres du programme Eurostat-Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) sur les PPA. Les estimations repères sont effectuées tous les trois ans dans le cadre de cet exercice multilatéral. Une liste de plus de 3 000 produits spécifiques est établie, et pour lesquels on demande aux pays de fournir le plus de renseignements possibles sur leurs prix. Plusieurs des caractéristiques sont plutôt génériques par nature, puisque des correspondances exactes entre tous les pays peuvent être difficiles à atteindre.

    Puisque le programme Eurostat-OCDE sur les PPA utilise des estimations de rémunération horaire pour 46 différents types de professions du secteur public pour estimer les prix des biens et services du gouvernement, la PPA bilatérale entre les États-Unis et le Canada est basée sur des estimations de rémunération horaire plus agrégées sur la santé, l'éducation et d'autres composantes du secteur public des comptes nationaux des deux pays. Les deux approches se basent sur le coût des intrants, étant donné que les biens et services gouvernementaux ne sont pas vendus sur le marché.

    Là où les données pour certaines catégories de dépenses sont généralement non disponibles, les études sur la PPA se basent sur des établissements de prix de « référence ». Par exemple, les PPA pour les dépenses individuelles liées aux loyers peuvent être utilisées comme des approximations des dépenses du gouvernement pour le logement. Les PPA pour les exportations nettes, les variations des stocks, les dépenses personnelles pour les jeux de hasard et les dépenses gouvernementales pour la protection sociale constituent d'autres cas d'établissements de prix de référence. Par exemple, la PPA combinée pour les biens de consommation et l'investissement en machinerie et en équipement est utilisée comme approximation pour celle des variations des stocks. Les produits pour lesquels les prix sont occasionnellement non disponibles sont estimés en utilisant les mouvements d'un indice de prix approprié.

    Les données annuelles sur les dépenses en dollars courants du Système canadien des comptes économiques nationaux et « National Income and Product Accounts » des États-Unis sont utilisées comme poids pour calculer la PPA agrégée. Les renseignements correspondant à l'évolution des prix sont utilisés pour extrapoler les PPA des années repères.

    Qualité des données

    Comme il a été mentionné plus haut, cette étude s'appuie en grande partie sur les données canadiennes et américaines du programme multilatéral Eurostat-Organisation pour la coopération et le développement économique OCDE sur les PPA, mais, comme elle ne concerne que deux pays, il est plus efficace d'utiliser seulement les prix applicables à l'Amérique du Nord. Les biens et les services qui pourraient être considérés comme propres à l'Europe, tels que les automobiles à moteur diesel, ne sont pas inclus. De plus, avec seulement deux pays à l'étude, des confrontations plus détaillées entre les données disponibles auprès de l'OCDE et celles publiées par les deux pays peuvent être faites, et des méthodologies plus détaillées sont réalisables.

    Les données sur les prix des produits achetés par les consommateurs ont tendance à être de bonne qualité car elles proviennent souvent des bases de données des indices des prix à la consommation des deux pays, pour lesquels la couverture est grande et les produits bien définis et faciles à comprendre. Les loyers, cependant, ont tendance à être problématiques, car il est difficile de s'assurer que la qualité du produit est identique dans les deux pays.

    Bien que les données sur la rémunération horaire calculées pour différentes composantes du secteur public soient considérées comme de bonne qualité, elles ne tiennent pas compte des variations de la productivité et ainsi ne saisissent pas toujours les changements de prix purs.

    L'élément le plus faible de l'exercice de la PPA est sans doute la fixation des prix des biens d'investissement. Étant donné l'absence d'homogénéité dans la machinerie et dans les projets de construction, il est difficile de s'assurer que les prix s'appliquent à des produits identiques. Par exemple, le prix d'un nouveau logement dépendra dans une large mesure de son emplacement, c'est à dire de la valeur foncière, qui n'est pas incluse dans le prix selon les principes comptables nationaux. En outre, parce que plusieurs projets de construction sont uniques, une méthode basée sur le coût des intrants est souvent utilisée pour estimer les prix relatifs. Par exemple, au lieu de la fixation d'un prix pour un projet particulier, les prix sont obtenus pour les composantes standards, tels que les travaux de maçonnerie, l'installation de plomberie ou l'électricité.

    Les prix des logiciels sont de bonne qualité car ils se basent sur les prix des logiciels préemballés pour des produits se trouvant facilement sur les tablettes des magasins et sur des taux salariaux des professions liées à l'informatique pour le développement à propre compte.

    Lorsque les prix de référence (ou des approximations) sont utilisés pour les produits pour lesquels aucun prix n'est disponible, la perte de qualité n'est pas considérée comme grave au chapitre du PIB total. Les approximations sont établies à partir d'éléments qui sont aussi semblables que possible, avec l'hypothèse implicite que le rapport de prix est le même.

    Avec différentes statistiques sur les prix, les données sur les dépenses canadiennes et américaines utilisées dans ce rapport sont tirées des comptes nationaux des deux pays. La qualité de ces données, et donc les estimations liées aux PPA, tend à s'améliorer au fil du temps puisqu'une plus grande source de données devient disponible.

    Principaux changements

    Cette section explique deux changements importants apportés à la méthodologie : le premier concerne l'estimation de la PPA de l'année-repère; le second l'extrapolation de cette estimation.

    Premièrement, les études précédentes sur la PPA bilatérale Canada/États-Unis utilisaient les taux de change comme approximation pour la PPA des exportations nettes. Cette approche supposait que les variations du taux de change sont reflétées immédiatement et entièrement  dans les prix du marché des biens et des services échangés, ce qui ne s'appuie pas sur des preuves empiriques4, en plus de soulever d'autres interrogations (voir Pourquoi les PPA sont-elles importantes?). Avec la nouvelle méthodologie, c'est plutôt un agrégat des PPA pour la consommation et les investissements (c'est-à-dire la demande intérieure finale) qui est utilisé pour la balance commerciale lors des années-repères. La raison est qu'une mesure des prix relatifs de la demande intérieure finale, convient mieux pour estimer le pouvoir d'achat d'articles achetés avec le revenu généré par le truchement du commerce. Il s'agit d'une méthode similaire à celle utilisée dans les comparaisons entre pays pour les Penn World Tables5 et qui est cohérente avec le calcul du revenu intérieur brut (RIB) trimestriel réel pour le Canada6.

    Deuxièmement, la PPA agrégée était auparavant extrapolée à partir de l'année repère en utilisant les mouvements relatifs des indices de prix implicites du PIB. En utilisant ces indices, les ajustements aux termes de l'échange qui affectaient l'économie canadienne dans les années projetées étaient traités essentiellement comme des variations de prix et donc retirés de la mesure du revenu réel. Les estimations des PPA sont maintenant extrapolées à partir de l'année-repère en utilisant les mouvements relatifs de prix des biens et services disponibles pour consommation et investissement (c'est-à-dire la demande intérieure finale). Il en résulte une mesure de la PPA pour l'ensemble de l'économie qui est cohérente avec la mesure de pouvoir d'achat pour l'année repère, et qui va mieux refléter les effets de revenus réels induits par les variations des termes de l'échange au Canada dans le temps. Cela aidera aussi à réduire les révisions faites aux données7.

    Dans le graphique 1 ci-dessous, la PPA montrée par la ligne pointillée qui touche le point A était le résultat d'une extrapolation du repère de l'année 2002 utilisant les déflateurs du PIB. On peut voir que l'inclusion des données repères de 2005 s'est traduite par une révision importante à la hausse (de A à B dans le graphique). L'utilisation des déflateurs du PIB pour extrapoler l'année-repère la plus récente (2005) aurait conduit à une tendance à la baisse après 2006, suivie d'un rebond en 2009, comme le montre la plus basse des deux lignes à partir du point B. L'utilisation des prix de la demande intérieure finale pour extrapoler permet en effet de capturer les améliorations des termes de l'échange dans l'économie canadienne jusqu'en 2008, et d'afficher la détérioration de 2009, comme le montre la ligne supérieure.

    Graphique 1
    Extrapolations alternatives des parités de pouvoir d'achat (PPA)

    Description pour le graphique 1
    Extrapolations alternatives des parités de pouvoir d'achat


    Notes

    1. Le calcul des estimations de la PPA dans un cadre multilatéral est plus compliqué qu'un exercice bilatéral. Par exemple, les rapports de prix pour les produits doivent être calculés pour chaque paire de pays. Voir la publication Parités de pouvoir d'achat et dépenses réelles 2007, année de référence 2005, de l'Eurostat-OCDE, pp. 76 à 80, pour plus de détails sur ces questions.
    2. Le choix d'un pays de référence est arbitraire, mais il s'agit habituellement d'un des pays à l'étude. Dans la présente étude, le Canada est le pays de référence et, ainsi, les données pour le Canada sont au dénominateur.
    3. Le Système de comptabilité nationale 1993 recommande la publication des statistiques Geary-Khamis, qui ont l'avantage d'être additive. Celles-ci permettent une analyse structurelle incluant des ratios et des parts de composantes relatifs aux agrégats. Leur faisabilité et leur pertinence dans le cadre du programme de la PPA bilatérale États-Unis/Canada seront étudiées dans une mise à jour future. Voir le Système de comptabilité nationale 1993, 16.78-16.104 pour plus de détails.
    4. Voir Baldwin, J.R. et B. Yan. 2004. « The Law of One Price: A Canada-U.S. Exploration », « Review of Income and Wealth », 50, 1: 1-10.
    5. Voir Deaton, Angus et Heston, Allan. 2008. « Understanding PPPs and PPP-Based National Accounts », Cambridge, MA; National Bureau of Economic Research, document de travail 14499.
    6. CANSIM, tableau 380-0062.
    7. Voir Baldwin, John et Macdonald, Ryan. 2009. PPA ou PPP :parité de pouvoir d'achat ou parité de pouvoir de production? » produit no 11F0027 au catalogue de Statistique Canada. « Série de documents de recherche sur l'analyse économique (AE) », no 58.
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