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    Comptes des revenus et dépenses, série technique

    Produit intérieur brut excluant les dépenses relatives aux produits énergétiques

    Produit intérieur brut excluant les dépenses relatives aux produits énergétiques

    Cet article fournit une estimation du produit intérieur brut (PIB) excluant les dépenses relatives aux produits énergétiques et celle-ci est comparée au PIB total.

    Méthodologie et limitations

    Dans cet article, une mesure du PIB excluant les dépenses en produits énergétiques et une mesure du PIB reflétant les dépenses en produits énergétiques sont introduites. Le PIB reflétant les dépenses en produits énergétiques inclut les catégories de dépenses suivantes : la consommation finale des ménages en électricité, en gaz et en d’autres combustibles ainsi qu’en carburants et lubrifiants et les exportations nettes (exportations moins importations) de produits énergétiques (pétrole brut et pétrole brut bitumineux ; gaz naturel, liquides de gaz naturel et produits connexes ; produits raffinés pour combustibles ; électricité ; autres produits énergétiques).

    Cet agrégat est un bon indicateur de l’importance des dépenses en produits énergétiques pour l’économie canadienne. Cependant, il ne doit pas être confondu avec une mesure de l’impact total des changements dans les prix de l’énergie et dans la production sur l’économie canadienne. Il donne simplement un portrait de la tendance des dépenses en biens et services hors énergie.

    Depuis leur récent sommet de juin 2014, les prix du pétrole ont perdu plus de la moitié de leur valeurNote 1. Cette baisse marquée affecte tout le monde. Les dépenses relatives aux produits énergétiques accaparent une large part du budget des ménages et constituent une partie importante des coûts de production pour les entreprises et les gouvernements. Elles représentent aussi une part significative des importations et des exportations canadiennes.

    Tableau 1
    Taux de croissance annuel moyen
    Sommaire du tableau
    Le tableau montre les résultats de Taux de croissance annuel moyen . Les données sont présentées selon Période (titres de rangée) et PIB réel, PIB réel excluant les produits énergétiques, PIB nominal et PIB nominal excluant les produits énergétiques, calculées selon pourcent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
    Période PIB réel PIB réel excluant les produits énergétiques PIB nominal PIB nominal excluant les produits énergétiques
    pourcent
    1981 à 2014 2,4 2,4 5,2 5,1
    1981 à 2009 2,4 2,4 5,3 5,2
    2010 à 2014 2,3 1,9 4,4 3,8
    2014 T1 1,0 0,4 6,6 1,5
    2014 T2 3,4 2,6 3,8 4,9
    2014 T3 3,2 3,6 4,4 7,3
    2014 T4 2,2 2,5 0,4 3,5
    2015 T1 -0,6 -0,8 -2,9 1,3

    La baisse des prix du pétrole se fait sentir au premier trimestre de 2015

    En termes nominaux, les dépenses en produits énergétiques ont connu une importante baisse au premier trimestre de 2015. À la fois la baisse des prix du pétrole brut et la chute des activités de forage ont contribué au recul de la valeur des exportations de pétrole brut. Durant le premier trimestre de 2015, le PIB nominal total a reculé de 0,3 %.

    Graphique 1

    Description du graphique 1

    Par ailleurs, la baisse des prix du pétrole ont entraîné une baisse du prix des carburants à la pompe. Par exemple, le prix de l’essence ordinaire a baissé de 21,4 % si on compare le prix moyen enregistré au premier trimestre de 2015 à celui observé au premier trimestre de 2014. Puisque la demande de carburants est relativement inélastique, même si la baisse du prix a fait chuter les dépenses courantes, la consommation réelle de carburants s’est, quant à elle, accrue pendant le trimestre.

    La baisse des prix de pétrole a eu un effet limité sur la consommation d’électricité, de gaz et d’autres combustibles. Durant le premier trimestre, deux forces contradictoires se sont exercées sur le prix de l’électricité. D’une part, la baisse des prix de pétrole a permis aux centrales thermiques de réduire leurs coûts de production et ainsi de baisser leurs prix. D’autre part, la forte demande engendrée par l’hiver particulièrement froid dans le centre du Canada a exercé une pression à la hausse sur le prix de l’électricité.

    Ce portrait est assez différent lorsque l’impact des prix de l’énergie est exclu. Durant le premier trimestre de 2015, le PIB réel total a baissé de 0,1 % pendant que le PIB réel excluant les dépenses en produits énergétiques a décru sensiblement au même rythme (-0,2 %).

    Graphique 2

    Description du graphique 2

    Après avoir enregistré une croissance annuelle moyenne relativement identique entre la période de 1981 à 2009, le PIB total a cru plus vite que le PIB excluant les produits énergétiques durant la période de 2010 à 2014.

    Cependant, la situation s’est inversée durant la deuxième moitié de l’année 2014. Le PIB nominal excluant les produits énergétiques a même affiché un taux de croissance plus élevé par rapport au PIB nominal total dès le deuxième trimestre de 2014.

    Tendances depuis 1981

    L’ensemble des dépenses en produits énergétiques a plus que doublé de volume entre le premier trimestre de 1981 (53,9 milliards de dollars enchaînés de 2007) et le quatrième trimestre de 2014 (143,5 milliards de dollars enchaînés de 2007). Sa progression s’est accélérée depuis le premier trimestre de 2010, coïncidant avec la hausse des prix du pétrole brut et la mise en activité de nouvelles technologies d’extraction (par ex.: fracturation hydraulique, forage horizontal, etc.).

    Graphique 3

    Description du graphique 3

    En termes réels, les exportations nettes de produits énergétiques, plus particulièrement les exportations de pétrole brut ont connu une tendance haussière entre le premier trimestre de 1981 et le quatrième trimestre de 2014. Par ailleurs, la consommation des ménages en électricité, en gaz et en autres combustibles ainsi qu’en carburants et en lubrifiants est demeurée sensiblement la même durant cette période.

    En conclusion, cet article présente une mesure du PIB excluant les dépenses en produits énergétiques. Cette nouvelle mesure a pour objectif de donner aux utilisateurs de l’information sur la tendance sous-jacente des dépenses hors énergie en isolant et en excluant la composante énergétique qui est parfois assez volatile.

    Note

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