Cadre d’assurance de la qualité
Introduction

L’énoncé de mission de Statistique Canada, « Au service du Canada avec des renseignements statistiques de grande qualité qui comptent », exprime le mandat de l’organismeNote 1 qui consiste à donner à tous les secteurs de la société canadienne un accès à une source fiable qui répond à leurs besoins d’information. Statistique Canada définit la qualité de ses statistiques officielles à l’adéquation de leur utilisation. Entretenir la confiance envers l’organisme par l’assurance et la gestion de la qualité est essentiel à la réussite de Statistique Canada.

Le Cadre d’assurance de la qualité (CAQ) décrit les stratégies que Statistique Canada a mises en place pour faciliter et assurer une gestion efficace de la qualité dans tous ses programmes statistiques et toutes ses initiatives organisationnelles. Huit principes directeurs sous-tendent ces stratégies.

Principes directeurs

La qualité est multidimensionnelle

Statistique Canada a identifié six dimensions de l’information statistique qui permettent de définir sa qualité et d’évaluer l’adéquation de son utilisation.

La pertinence correspond à la mesure dans laquelle l’information statistique comble les besoins des utilisateurs.

L’exactitude correspond à la mesure dans laquelle l’information statistique décrit correctement le phénomène qu’elle doit mesurer.

L’actualité correspond au délai entre la fin de la période de référence à laquelle se rapporte l’information statistique et la date à laquelle cette information devient disponible.

L’accessibilité correspond à la facilité avec laquelle on peut obtenir l’information statistique.

La cohérence correspond au degré de concordance logique entre l’information statistique et l’information provenant de sources et de périodes différentes, et à la mesure dans laquelle elles peuvent être jumelées.

L’intelligibilité renvoie à la disponibilité des renseignements supplémentaires (des métadonnées) nécessaires pour comprendre, analyser et utiliser adéquatement l’information statistique.

Ces six dimensions se chevauchent et sont inter-reliées, et il est nécessaire d’atteindre un niveau approprié de qualité dans chacune de ces dimensions, sans quoi l’adéquation de l’utilisation du produit en serait compromise. Statistique Canada cherche continuellement à trouver des méthodes et des sources de données innovantes lui permettant d’améliorer le degré de qualité atteint dans une ou plusieurs dimensions sans qu’il y ait une incidence négative sur les autres.

La qualité est relative, et non un absolu

La gestion de la qualité doit se faire en conjonction avec d’autres facteurs importants, notamment les besoins en données des utilisateurs et des intervenants, les coûts et le fardeau de réponse. Tout comme dans le cas de la gestion des dimensions de la qualité, Statistique Canada repose sur les innovations faites dans les domaines tels l’intégration des données, en vue de satisfaire aux besoins des utilisateurs avec des données de haute qualité obtenues à moindre coût et au prix d’un plus faible fardeau de réponse. Il est également conscient qu’une gestion efficace de la qualité n’exige pas la maximisation de la qualité par rapport à tous les autres facteurs. Elle découle plutôt d’un équilibre approprié entre les ressources à la disposition de l’organisme et les besoins en information pertinente des utilisateurs de données et des intervenants de l’organisme. Les efforts d’amélioration de la qualité des statistiques officielles tiennent compte des facteurs tels que les budgets, la disponibilité des ressources spécialisées et le fardeau de réponse.

Tous les employés ont un rôle à jouer dans l’assurance de la qualité

La gestion de la qualité à Statistique Canada reflète le principe énoncé par le statisticien américain de renom, W.E. Deming : « la qualité ne vient pas de l’inspection, mais de l’amélioration du processus de productionNote 2 ». C’est dire qu’il n’est pas possible d’obtenir de la qualité simplement en « inspectant » un produit final. La qualité doit plutôt faire partie intégrante des processus dès le début. Le succès pour assurer la qualité à Statistique Canada requiert une bonne conjugaison des connaissances et de l’expertise de la part des employés à tous les échelons de l’organisme; bref, à Statistique Canada, la qualité est l’affaire de tous. Les programmes de recrutement et de perfectionnement professionnel qui mènent à une main-d’œuvre motivée et compétente sont des éléments essentiels de cette stratégie.

La qualité doit faire partie intégrante de chacune des étapes du processus

Étant donné que les activités réalisées à chaque étape du processus statistique peuvent avoir une incidence sur la qualité des résultats, une assurance de la qualité efficace requiert que des mesures soient prises à plusieurs de ces étapes et que les répercussions de chacune d’entre elles sur le processus dans son ensemble soient prises en considération. Modéliser le processus statistique en le divisant en étapes s’est avéré un outil de gestion efficace. Le Modèle générique du processus de production statistique, dont les principales étapes sont la détermination des besoins, la conception, la construction, la collecte, le traitement, l’analyse, la diffusion et l’évaluation, est un cadre de référence de ce type. On peut conceptualiser une structure de gestion de la qualité en observant chacune des cellules de la matrice définie par ces étapes et les six dimensions de la qualité. Il est important de noter qu’une gestion efficace de la qualité n’exige pas des mesures similaires à chaque étape.

Le meilleur moyen d’équilibrer les dimensions de la qualité est d’adopter une approche d’équipe

Le recours à des équipes multidisciplinaires permet de garantir que les dimensions de la qualité et d’autres facteurs importants, notamment les coûts et les besoins des utilisateurs, sont gérés efficacement. Les spécialistes du domaine apportent une connaissance des contenus, des besoins des intervenants et de la pertinence, tandis que les statisticiens mathématiciens (les méthodologistes) apportent des fondements solides aux méthodes et à l’expertise statistiques en ce qui a trait à l’exactitude. Le personnel des opérations a l’expérience des méthodes de collecte et de traitement, est bien placé pour se pencher sur les aspects pratiques et les questions d’efficacité, et représente le personnel sur le terrain et les répondants. Le personnel des systèmes s’assure que le point de vue de l’informatique est considéré à l’étape de la conception et de la mise en œuvre, et apporte une connaissance spécialisée des normes et des outils technologiques. Les équipes sont appuyées par un comité de cadres supérieurs qui constitue une tribune pour résoudre les problèmes et, lorsque c’est nécessaire, fournir une orientation sur les compromis qui peuvent être faits dans la qualité des données, particulièrement en ce qui concerne l’actualité et le coût.

Des mesures d’assurance de la qualité doivent être adaptées aux programmes

À Statistique Canada, les obligations et les responsabilités en matière d’assurance de la qualité reposent sur les programmes statistiques de l’organisme. L’organisme élabore et tient à jour des stratégies et des outils de gestion de la qualité que les secteurs de programme peuvent adapter à leurs besoins propres. Dans chaque programme, l’enjeu est d’atteindre un niveau de qualité approprié en négociant efficacement les objectifs du programme, l’évolution des besoins des utilisateurs et des intervenants, les coûts, le fardeau de réponse et les différentes dimensions de la qualité.

Les utilisateurs doivent être informés de la qualité des données pour leur permettre de juger si l’information statistique convient à l’usage qu’ils veulent en faire

Les utilisateurs peuvent directement observer certaines dimensions de la qualité, comme l’actualité. Cependant, pour la plupart des autres dimensions, les utilisateurs doivent disposer de renseignements objectifs sur la qualité des données pour évaluer l’adéquation de leur utilisation. Souvent, l’organisme est leur seule source d’information. Les mesures quantitatives, comme les coefficients de variation et les taux de réponse, et les renseignements qualitatifs, comme la description des sources d’erreur, sont tous deux nécessaires.

L’assurance de la qualité est une pratique continue

Les conditions sociales et économiques au Canada sont en constante évolution, tout comme les contextes dans lesquels évoluent les utilisateurs et les intervenants. Par conséquent, la qualité ne se suffit pas à elle-même et se détériorera en l’absence d’examen et d’actualisation réguliers. En particulier, un manque de pertinence peut se produire si les statistiques officielles n’évoluent pas au même rythme que les besoins des utilisateurs et des intervenants. Il incombe en outre à Statistique Canada de veiller à ce que ses méthodes demeurent à la pointe de celles utilisées par les organismes nationaux de statistique. Un tel objectif peut être atteint grâce à une culture favorisant la recherche permanente de nouvelles sources et de nouvelles méthodes innovantes.

Contexte du CAQ

Le CAQ de Statistique Canada a été produit pour la première fois en 1997 et a été mis à jour en 2002. Cette troisième version est inspirée du Modèle générique de cadre national d’assurance de la qualité élaboré par un groupe d’experts de la Division de la statistique des Nations Unies. Plus précisément, cette version étend la portée du CAQ de Statistique Canada en abordant la gestion de la qualité dans l’environnement organisationnel et les programmes statistique par l’organisme.

Dans le CAQ, on fait référence à plusieurs reprises à la structure organisationnelle et aux procédures opérationnelles de Statistique Canada. Un aperçu de la structure fonctionnelle (hiérarchique) de l’organisme est présenté ci-dessous.

  • Statistique Canada est dirigé par le statisticien en chef, qui occupe l’échelon de sous‑ministre au sein du gouvernement du Canada.
  • Le statisticien en chef est appuyé par le Conseil exécutif de gestion, qui se compose des statisticiens en chef adjoints représentant chacun un secteur de l’organisme. Chaque secteur englobe un vaste ensemble d’engagements, comme ceux qui sont liés aux statistiques économiques, ou encore aux services intégrés.
  • Les secteurs sont subdivisés en directions, qui elles-mêmes se composent de plusieurs divisions. Chaque division est dirigée par un directeur.

Structure du CAQ

Le CAQ se compose de 12 chapitres indépendants, qui abordent chacun un thème relatif à la gestion de la qualité. Les chapitres ont en commun une approche en trois volets. Le premier volet, Description, présente les notions qui seront abordées dans le chapitre, donne des définitions de termes utiles et fournit des renseignements sur le contexte et l’historique. Les problèmes et les facteurs qui ont une incidence sur la capacité de l’organisme d’atteindre les objectifs liés aux notions du chapitre y sont abordés, notamment les rapports entre les objectifs de ce chapitre et ceux décrits dans les autres chapitres. Le volet Évaluation dresse la liste des objectifs qui sont essentiels à l’opérationnalisation des notions présentées dans le chapitre. Les objectifs sont exprimés en termes génériques et qualitatifs et représentent des idéaux auxquels l’organisme aspire. Le volet portant sur la Mise en œuvre illustre l’atteinte de ces objectifs en mettant l’accent sur les activités de Statistique Canada qui contribuent à la qualité, groupées selon les objectifs mentionnés dans la partie consacrée au volet Évaluation.

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