3. Hypothèses de recherche
Natalja Menold
Si l'effet de l'intervieweur en termes de substitutions est opérationnalisé en utilisant la méthode de Sodeur, on s'attend à pouvoir l'observer dans les statistiques d'enquête sous forme d'écarts par rapport au ratio hommes-femmes de 50/50 dans des sous-échantillons de répondants représentatifs des couples hétérosexuels. Cet effet d'intervieweur devrait différer en fonction du degré variable de facilité de prendre contact ou de coopération manifesté par les conjoints. Ceux-ci diffèrent sur le plan de la facilité de prendre contact dans les ménages constitués d'un couple ayant de jeunes enfants dans lequel l'homme est le soutien de famille (Hoffmeyer-Zlotnik 2006; Sodeur 2007; Stoop 2004). Si les intervieweurs recourent à des substitutions, la proportion d'hommes devrait être significativement plus faible que la valeur vraie (50 %) dans ces ménages, puisqu'il est plus difficile de prendre contact avec les hommes qu'avec les femmes. Cette situation change si l'on considère des couples dont les conjoints sont retraités. Ici, comme l'a exposé antérieurement Hoffmeyer-Zlotnik (2006), la facilité de prendre contact est de même niveau chez les deux conjoints, mais ceux-ci peuvent différer sur le plan de la coopération. Dans les sous-échantillons de couples retraités, on s'attendrait à ce que la proportion d'hommes soit significativement supérieure à 50 % en cas d'effet d'intervieweur dû aux substitutions. Les hypothèses décrivant cet effet dans différents types de ménages sont les suivantes :
Hypothèse 1 (H1) : Les écarts par rapport au ratio hommes-femmes vrai (50/50) varient selon le type de ménage. Dans les ménages formés de couples avec (jeunes) enfants, la proportion d'hommes interviewés est inférieure à 50 %, tandis que dans les ménages formés de conjoints retraités, cette proportion est supérieure à 50 %.
Comme il est illustré à la section 2, les différentes méthodes d'échantillonnage peuvent être associées à différents degrés de liberté des intervieweurs en ce qui concerne les substitutions (figure 2.2). Par conséquent, on s'attend à observer les différences qui suivent entre les méthodes d'échantillonnage :
Hypothèse 2 (H2) : Les écarts par rapport au ratio hommes-femmes vrai (50/50) varient selon la méthode d'échantillonnage utilisée dans une enquête. L'ERP donne les écarts les plus faibles et l'ENR, les écarts les plus importants.
Si les écarts par rapport au paramètre de population sont dus au fait que les intervieweurs s'écartent des normes prescrites, ils devraient varier en fonction de la méthode d'échantillonnage utilisée ou du type de ménage, qui à son tour est associé à des niveaux variables de facilité de prise de contact ou de coopération de la part des conjoints. Les écarts devraient être stables au cours du temps si les méthodes d'échantillonnage demeurent constantes. Cependant, ils peuvent être corrélés au mode de rémunération des intervieweurs ainsi qu'aux procédures de contrôle, ou aux organismes de collecte des données, qui, en principe, devraient différer en ce qui a trait aux pratiques influant sur la motivation de l'intervieweur à travailler.
Hypothèse 3 (H3) : Mis à part les changements de méthode d'échantillonnage dans un pays, les écarts par rapport au ratio hommes-femmes de 50/50 sont indépendants de l'influence d'autres changements au fil du temps. Donc, ils ne varient pas d'une vague à l'autre d'une enquête. Cependant, le mode de rémunération des intervieweurs, les procédures de contrôle et les changements d'organisme de collecte des données devraient être corrélés aux écarts par rapport au ratio hommes-femmes de 50/50.
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