2 Formalisation du problème d'optimisation
Marco Ballin et Giulio Barcaroli
Précédent | Suivant
Univers des diverses options de stratification
Nous
définissons comme étant une base de
sondage
un ensemble de
enregistrements contenant de l'information (organisée en
variables) en rapport avec
individus de la population de référence. Certaines variables sont
utiles pour l'identification des unités, tandis que d'autres peuvent être
utilisées pour définir la stratégie d'échantillonnage. Les valeurs de ces
dernières (appelées à partir d'ici variables
auxiliaires) peuvent être observées au moyen d'un recensement ou d'autres
sources de données telles que des registres administratifs.
Nous
supposons qu'un ensemble de
variables auxiliaires
sont disponibles dans la base de
sondage. Cet ensemble peut contenir différents types de variables (nominales,
ordinales ou continues). Nous supposons également que les variables auxiliaires
continues sont subdivisées en classes en appliquant des algorithmes de transformation
appropriés.
Toutes ces
variables peuvent potentiellement être utilisées pour stratifier les unités qui
figurent dans la base de sondage.
Sous ces
hypothèses, nous pouvons associer à chaque variable auxiliaire un vecteur
de valeurs entières contiguës,
qui représentent chacune une valeur originale dans l'ensemble de domaines.
Alors, la
stratification la plus détaillée de
peut être considérée comme le
résultat du produit cartésien
Le nombre
maximal de strates sera
où
est le nombre de combinaisons
impossibles ou absentes de valeurs dans
la base de sondage. Donc, la stratification la plus détaillée de la base de
sondage est telle qu'elle contient
strates, qui correspondent à toutes les combinaisons possibles des
valeurs dans les
variables auxiliaires. Nous
appelons strates atomiques les
strates qui appartiennent à cette stratification particulière. Chaque strate
atomique est caractérisée par une combinaison unique de valeurs des
variables auxiliaires. Nous
pouvons attribuer une étiquette
à chaque strate atomique.
Si nous
considérons l'ensemble étiqueté de strates atomiques
nous pouvons définir l'ensemble
de toutes les partitions possibles
où
peut être calculé en utilisant la
formule de Bell :
Nous
définissons l'ensemble
de partitions de
comme étant l'univers (ou espace) des stratifications.
Évaluation
d'une stratification donnée
Étant donné
une partition
de
caractérisée par
strates, soit
et
respectivement, le nombre
d'unités et les variances dans la strate
des
variables cibles de l'enquête
En supposant un échantillonnage
aléatoire simple de
unités sans remise dans chaque
strate, la variance de l'estimateur de Horvitz-Thompson du total de la
variable cible
est
Considérons
la fonction de coût suivante
où
indique un coût fixe (qui ne
dépend pas de la taille de l'échantillon) et
représente le coût moyen de
l'observation d'une unité dans la strate
Sachant
les limites supérieures des
variances d'échantillonnage prévues de
le problème de répartition
multivariée optimale classique de l'échantillon (Bethel 1985) peut être défini
comme la recherche de la solution du minimum (par rapport à
) de la fonction linéaire
sous
les contraintes convexes
Bethel
(1989) a suggéré qu'il était plus facile de résoudre le problème en considérant
la fonction suivante de
En
utilisant
, la fonction de coût peut s'écrire
et la variance,
Par conséquent, le problème de répartition multivariée de l'échantillon peut être
défini comme la recherche du minimum (par rapport à
) de la fonction convexe (2.5)
sous un ensemble de contraintes linéaires
Bethel a
fourni un algorithme, dont il est prouvé qu'il converge vers la solution (si
elle existe), en appliquant la méthode des multiplicateurs de Lagrange à ce
problème (un algorithme plus facile avait été proposé antérieurement par Chromy
(1987); comme l'a fait remarquer Bethel, l'algorithme de Chromy fonctionne dans
la plupart des cas pratiques, mais il n'existe pas de preuve qu'il converge si
une solution existe).
L'approche
de l'optimisation illustrée ici donne une solution continue, qui doit être
arrondie pour fournir des tailles entières d'échantillons de strates. Notre
mise en œuvre de l'algorithme de Bethel fournit les valeurs de
comme étant les valeurs
arrondies à l'entier supérieur.
Il convient
de souligner que la même approche peut être suivie pour traiter le problème des
domaines multiples. Considérons la transformation habituelle pour le problème
d'estimation par domaine :
Si les
quantités définies antérieurement pour décrire l'approche de Bethel sont
calculées en utilisant les variables
la solution de la répartition
multivariée est la solution pour le cas de plusieurs domaines.
Sélection de la meilleure stratification sur la
base d'un dénombrement complet
Afin de
choisir la meilleure stratification d'une base de sondage donnée, c.-à-d. celle
qui garantit le coût minimal
associé à un échantillon dont la
taille totale et la répartition sont conformes aux contraintes de précision, il
est possible de procéder comme il suit :
-
générer
la stratification la plus détaillée associée à
c'est-à-dire l'ensemble
de strates atomiques;
-
dénombrer
toutes les partitions
de
-
pour
chaque partition
résoudre le problème de
répartition de l'échantillon correspondant, ce qui équivaut à déterminer le
vecteur
et calculer la valeur
associée à
-
choisir
la partition
pour laquelle
est minimisé.
Ce faisant,
l'optimisation de la solution est obtenue en tenant compte de l'univers complet
des stratifications.
Malheureusement,
cette procédure ne s'applique qu'aux situations où la dimension
de
est faible : en fait, le
nombre de partitions (donné par la formule de Bell) augmente très rapidement
(p. ex.,
15,
115 975 et
). Par conséquent, dans la plupart des cas, le dénombrement complet de
l'espace des solutions n'est pas faisable. La présente proposition, fondée sur
l'algorithme génétique, permet d'explorer l'univers des stratifications et de
déterminer lesquelles ne devraient pas être éloignées de la stratification
optimale.
L'algorithme génétique
L'algorithme
génétique
est une technique de recherche
utilisée en calcul pour trouver des solutions exactes ou approximatives aux
problèmes d'optimisation et de recherche. Les algorithmes génétiques
représentent une classe particulière d'algorithmes évolutionnaires qui font appel
à des techniques inspirées de la biologie de l'évolution, telles que l'hérédité, la mutation, la sélection et le croisement (également appelé recombinaison)
(Vose 1999) (Schmitt 2001 et 2004).
On
implémente un
dans une simulation informatique
itérative dans laquelle un ensemble initial d'individus, qui sont chacun une solution potentielle du problème
courant (représentés par un vecteur appelé génome), évolue par hérédité, mutation, sélection et croisement, de manière à accroître la valeur
d'adaptation (en anglais, fitness)
moyenne des générations suivantes.
Ici, la valeur d'adaptation correspond à la fonction objectif définie dans le problème d'optimisation de
manière que l'évolution ait pour résultat la maximisation (ou la minimisation)
de la fonction objectif.
L'ensemble
d'individus traités à chaque itération de l'
est appelé génération. L'évolution est
l'ensemble des changements qui ont lieu durant la production des générations consécutives par itération
du processus.
À chaque
itération de l', après avoir évalué la valeur d'adaptation de chaque individu de la
génération, un ensemble d'individus sont sélectionnés de manière stochastique
(en privilégiant ceux ayant la valeur d'adaptation la plus élevée) et modifiés
(recombinés et parfois soumis aléatoirement à des mutations) pour former une
nouvelle génération. Cette nouvelle génération est alors évaluée durant
l'itération suivante de l'algorithme. Puisque les individus ayant la meilleure
valeur d'adaptation sont plus susceptibles que les autres d'être sélectionnés
pour engendrer les individus de la génération suivante, l'
produit une augmentation de la
valeur moyenne d'adaptation au cours de l'évolution.
Le
paramètre taux de mutations est
exprimé comme le taux de chromosomes (les éléments du génome) qui peuvent
subir une mutation pour chaque individu au moment où sont générés les enfants destinés à former la génération
suivante. Une valeur élevée garantit de grandes différences entre les
générations successives. Il convient de souligner qu'un taux élevé de mutations
rend l'
plus susceptible de ne pas
stagner à des optima locaux, au prix d'une convergence plus lente vers la
solution optimale, tandis qu'une valeur faible accélère la convergence, mais
augmente le risque d'optima locaux.
Habituellement,
l'algorithme s'arrête quand un nombre maximal d'itérations a été atteint ou que
la poursuite des itérations n'améliore pas la solution courante. Dans les deux
cas, la solution optimale peut ou non avoir été atteinte.
Précédent | Suivant