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Un domaine émergent de la recherche sur le bien-être subjectif (BES) est axé sur les différences dans les niveaux de BES entre les pays et entre les régions géographiques d’un pays. La prise en compte des différences géographiques permettrait d’élargir nos connaissances concernant les déterminants du BES et d’aller au-delà des facteurs « internes » que représentent les traits de personnalité et les caractéristiques sociodémographiques des personnes pour englober les « facteurs externes » intégrés dans les environnements des personnes. Une question comporte des répercussions théoriques et stratégiques importantes, à savoir si le revenu des autres habitants de la même région géographique est associé au BES des personnes. L’association pourrait être positive si les personnes profitaient des ressources, de l’aménagement et du capital social améliorés des régions à revenu élevé. L’association pourrait aussi être négative si les personnes tentaient de reproduire le style de vie de leurs voisins plus fortunés. Des études empiriques connexes n’ont pas permis jusqu’à maintenant d’arriver à un consensus sur cette question.
La présente étude tente de résoudre la question de deux façons importantes. En premier lieu, elle examine si l’effet sur le BES du revenu moyen dans une région géographique (revenu de la localité) est sensible à l’échelle des unités géographiques. Grâce à un très vaste échantillon de répondants se trouvant dans trois échelons de régions géographiques organisés de manière hiérarchique, la présente étude fournit des estimations fiables de l’association entre le BES et le revenu moyen dans les voisinages immédiats (définis comme les « aires de diffusion du recensement »), les collectivités locales (« secteurs de recensement ») et les municipalités (« subdivisions de recensement »). En deuxième lieu, la présente étude vise à déterminer comment le choix des variables de contrôle influence l’effet estimé du revenu de la localité. En tenant compte de façon séquentielle des effets des caractéristiques démographiques et socioéconomiques individuelles, de l’état de santé général autoévalué et des attributs à l’échelon de la région, il est possible d’examiner les mécanismes probables grâce auxquels le revenu de la localité est lié au BES des personnes.
La présente étude repose sur des données d’enquête représentatives à l’échelon national provenant de deux sources : 1) l’Enquête sociale générale (ESG) de 2008 à 2011; et 2) l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) de 2009 à 2011. Ces enquêtes fournissent la mesure de la satisfaction à l’égard de la vie et d’autres variables au niveau de la personne. Le fichier de microdonnées d’un échantillon de 20 % du Recensement de 2006 permet de calculer le revenu de la localité et d’autres attributs à l’échelon régional. Les données à l’échelon régional sont fusionnées avec celles au niveau de la personne au moyen d’identificateurs géographiques communs. L’échantillon à l’étude comprend 142 780 répondants vivant dans 31 024 voisinages immédiats, 5 002 collectivités locales et 430 municipalités.
Dans le cadre de l’étude, on a déterminé que l’association entre la satisfaction à l’égard de la vie et le revenu moyen des autres personnes vivant dans la même région géographique est sensible à l’échelle des unités géographiques, aux attributs à l’échelon de la région associés au revenu et à l’inclusion de l’état de santé autodéclaré comme variable de contrôle. Lorsque les effets fixes des unités géographiques de plus haut niveau (comme approximation des attributs non mesurés à l’échelon de la région) et de l’état de santé autodéclaré ne sont pas contrôlés, les revenus du voisinage et de la collectivité comportent une association positive et significative avec la satisfaction à l’égard de la vie, même lorsque l’on tient compte des différences géographiques dans les caractéristiques démographiques et socioéconomiques des personnes, tandis que le revenu de la municipalité est associé de façon négative et significative avec la satisfaction à l’égard de la vie. Lorsque les effets fixes des unités géographiques sont contrôlés, l’association positive entre le revenu du voisinage et de la collectivité et la satisfaction à l’égard de la vie se maintient, mais l’effet négatif du revenu de la municipalité disparaît. Lorsque l’on contrôle aussi l’état de santé autodéclaré, aucun des effets des revenus du voisinage, de la collectivité et de la municipalité n’est significatif.
Ces résultats laissent supposer que le revenu de la localité n’a pas d’effet négatif net sur la satisfaction à l’égard de la vie. Son effet net est plus susceptible d’être positif parce que le contrôle de l’état de santé autodéclaré peut entraîner une surcorrection de l’association entre le revenu de la localité et la satisfaction à l’égard de la vie. Ces résultats ne devraient pas donner à penser que les personnes ne font pas de comparaisons sociales avec leurs voisins. Toutefois, il est clair que s’il existe des externalités négatives de la consommation du revenu des voisins, leur effet n’est pas suffisamment important pour annuler les retombées associées à la présence de voisins ayant un revenu élevé.
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