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La question qui sous-tend la présente analyse est la suivante : en quoi les résultats scolaires d'un enfant seraient-ils différents si l'enfant avait migré à un autre moment de sa vie? Cette question est pertinente sur le plan de la politique publique car elle se situe au confluent de deux préoccupations importantes : quelles sont les facteurs expliquant l'adaptation réussie des immigrants sur le marché du travail canadien, et comment la migration influe-t-elle sur le bien-être des enfants?

L'examen de cette question représente un moyen d'utiliser la recherche sur le développement de l'enfant pour en savoir davantage sur les enjeux rattachés aux enfants immigrants. La littérature de plus en plus abondante dans ce domaine met en évidence l'importance des premières années à titre de facteur de réussite sociale et économique à l'âge adulte. L'un des corollaires du concept voulant que le plein développement des compétences sociales et cognitives de l'enfant soit l'aboutissement d'une série d'étapes, dont chacune sert d'assise à la suivante, est qu'il faut accorder une attention particulière aux enfants immigrants. Les enfants composent au fil de leur vie avec d'importantes transitions qui leur sont en outre particulières comparativement aux adultes, et la migration peut avoir des répercussions durables sur leur capacité à devenir des adultes épanouis et autonomes, sans compter que ces répercussions peuvent engendrer un coût beaucoup plus élevé et être beaucoup plus difficiles à corriger si elles surviennent à une étape ultérieure de la vie.

Plus précisément, les travaux de recherche dont la présente étude fait la synthèse documentent le degré de changement distinct potentiel associé à l'obtention d'un diplôme d'études secondaires par les enfants immigrants à partir du moment où ceux-ci ont dépassé un certain âge à leur arrivée au Canada. L'analyse exposée ici porte sur les résultats scolaires d'un vaste échantillon d'adultes arrivés au Canada alors qu'ils étaient encore enfants, à partir du Recensement de 2006, dont les données permettent de disposer d'un échantillon très vaste et représentatif pour documenter l'obtention du diplôme d'études secondaires selon l'âge à l'arrivée ainsi que selon le pays d'origine et la langue (anglais ou français).

L'analyse permet d'aboutir à trois grandes conclusions. En premier lieu, il semble exister un profil distinct touchant le risque que les enfants immigrants n'obtiennent pas leur diplôme d'études secondaires, et ce profil varie selon l'âge qu'ils avaient à leur arrivée au Canada, ce qui concorde avec l'existence d'une période sensible au chapitre de l'acquisition d'une langue seconde. On estime que le risque de ne pas obtenir de diplôme d'études secondaires se chiffre à environ 15 % chez les garçons et à 11 % chez les filles arrivés au pays avant l'âge de 9 ans. Après cet âge, le risque augmente de plus de 1 point de pourcentage par année et atteint 20 % à 25 % dans le cas des enfants arrivant au pays après l'âge de 13 ans. Ces résultats demeurent robustes lorsque l'on prend en compte la possibilité que la première exposition au français ou à l'anglais ait eu lieu avant la migration.

En deuxième lieu, il semble exister un lien entre ces profils et les défis associés à l'apprentissage d'une deuxième langue par l'enfant, ces défis variant de manière prévisible en fonction de l'écart linguistique de la langue du pays d'origine par rapport au français ou à l'anglais. Il n'y a pas de lien discernable entre l'obtention d'un diplôme d'études secondaires et l'âge à l'arrivée dans le cas des immigrants venant de pays francophones ou anglophones. Bien qu'il soit possible que le degré global d'obtention du diplôme d'études secondaires varie de façon significative d'un pays d'origine à l'autre, le profil en soi demeure le même : il n'y a pas de changement chez les très jeunes enfants, puis survient une variation particulière. Le seuil pertinent peut varier quelque peu selon le pays d'origine, mais il correspond généralement aux premières années du primaire; pour certaines régions, l'âge seuil sera de 5 ans, et il ne dépasse probablement jamais 9 ans.

En troisième lieu, des recherches additionnelles sont requises pour comprendre les raisons qui sous-tendent ces constatations. On dispose à cette fin d'un échantillon d'immigrants à la fois vaste et diversifié, ainsi que de variables de contrôle touchant certains des principaux aspects de l'hétérogénéité sous-jacente. L'accent était mis sur les résultats scolaires, étant donné l'importance de cet aspect au regard de la politique publique, mais les profils observés sont distincts et robustes, ce que ne peuvent expliquer les recherches antérieures, qui ont porté spécifiquement sur les compétences linguistiques. Des analyses plus détaillées seront nécessaires si l'on veut déterminer dans quelle mesure les observations sont attribuables à des changements au niveau du développement des capacités cognitives des enfants aux fins d'apprendre une deuxième langue, aux périodes sensibles de leur développement social ou à des caractéristiques institutionnelles du système d'éducation, ce dernier n'accordant peut-être pas assez d'importance aux besoins ou aux défis des enfants qui en sont aux dernières années de leurs études primaires et des jeunes adolescents.

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