5 Conclusions et signification
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Les résultats de l'Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada (ELIC) indiquent que pendant leurs premières années au Canada, une importante minorité d'immigrants récents ont envoyé de l'argent à de la parenté ou à des amis à l'étranger. Annuellement, le montant envoyé par les expéditeurs se chiffre à environ 1 450 $, ce qui représente à peu près 6 % du revenu personnel total avant impôts et approximativement 3 % du revenu familial total avant impôts. Cependant, on rappelle aux lecteurs que l'ELIC recueillait des données sur les activités de transfert de fonds des personnes plutôt que des familles ou des ménages, ce qui fait que les estimations pourraient être conservatrices.
L'ampleur des différences d'un pays à l'autre et d'une région à l'autre en ce qui concerne les habitudes de transfert de fonds est un thème important dans la présente étude. Les données descriptives révèlent qu'au sein d'une seule cohorte d'arrivée, l'incidence des transferts chez les immigrants de différents pays varie de moins de 10 % à plus de 60 %, tandis que les montants annuels moyens envoyés fluctuent d'environ 500 $ à près de 3000 $. Lorsque l'on examine les facteurs associés aux transferts de fonds, les caractéristiques financières et familiales sont toujours significatives chez les immigrants de toutes les régions du monde. En revanche, d'autres facteurs, comme le sexe et la scolarité, sont associés aux transferts chez les immigrants de certaines régions seulement. De plus, les vastes différences entre les pays et les régions demeurent lorsque les caractéristiques socioéconomiques et la composition des groupes sont prises en considération. D'autres facteurs au-delà de la portée de notre analyse, comme les caractéristiques des membres de la famille restée dans le pays d'origine, les caractéristiques du pays d'origine et les caractéristiques des corridors bilatéraux, sont probablement importants et peuvent influencer les activités de transfert de fonds.
L'ELIC offre la possibilité de recherches plus poussées sur le sujet. Les transferts de fonds ont été traités comme la variable dépendante dans notre analyse, notre attention étant axée sur les déterminants en amont. On pourrait également considérer les transferts comme une variable indépendante, en se concentrant sur les conséquences en aval, comme les conséquences sur l'établissement. Par exemple, combien de familles d'immigrants ont des revenus juste au-dessus du seuil de faible revenu (SFR) avant impôt, et combien tomberaient sous le SFR si leurs transferts de fonds étaient déduits de leur revenu familial? Les décisions à l'égard du marché du travail des immigrants qui font des transferts sont-elles différentes de ceux qui n'en font pas? Peut-être que les immigrants qui ont des obligations de fournir du soutien financier à des membres de la famille à l'étranger ont moins de marge de manœuvre dans leurs possibilités d'emploi que ceux qui n'ont pas de telles obligations. Le potentiel longitudinal de l'ELIC pourrait également être examiné de plus près. Par exemple, au moyen d'un modèle à effets fixes, on pourrait estimer la sensibilité des transferts de fonds aux fluctuations du revenu personnel au fil du temps. Et finalement, les différences documentées dans le présent document entre les hommes et les femmes en ce qui concerne les transferts des immigrants de différentes régions du monde méritent d'être étudiées de plus près.
L'ELIC fournit des renseignements récents sur les transferts des nouveaux immigrants. Toutefois, bien que l'étendue de la perspective qu'elle l'offre dans l'ensemble des pays d'origine soit une de ses forces, son attention sur une seule cohorte est certainement une faiblesse. En effet, l'ELIC nous laisse dans l'impossibilité de répondre à de nombreuses questions importantes :
- Dans quelle mesure l'incidence des transferts de fonds diminue-t-elle proportionnellement au temps passé au Canada, c'est-à-dire 5 ans, 10 ans ou 15 ans après l'arrivée des immigrants?
- Les immigrants qui sont arrivés au Canada pendant les années 1980 ou 1990 continuent- ils d'envoyer de l'argent à leur parenté à l'étranger?
- Les habitudes de transfert des résidents temporaires sont-elles différentes de celles des immigrants reçus?
- Y a-t-il des tendances perceptibles à l'égard des habitudes de transfert de fonds dans les cohortes d'arrivée?
- L'expérience de la cohorte de l'ELIC est-elle comparable à celle des autres cohortes?
- Quelles sont les entrées et les sorties totales relatives aux transferts de fonds au Canada chaque année?
L'ELIC n'a pas été conçue pour répondre à ces questions, et il faudra pour ce faire élaborer de nouvelles sources de données s'il y a lieu.
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