V. Données descriptives
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V.1 Trajectoires de revenu des familles
Le tableau 1 et la figure 1 illustrent les différences de dynamique de revenu entre les familles où le mari a été victime de licenciement et où il ne l'a pas été. La partie supérieure décrit la dynamique de revenu d'une famille moyenne où le mari a été licencié en 1992 après avoir présenté des valeurs positives de gains et n'avoir subi aucun licenciement pendant la période de 1987 à 1991. La partie inférieure fait de même pour les autres familles, c'est-à-dire celles où le mari n'a pas subi de licenciement et a présenté des valeurs positives de gains tout au long de la période de 1987 à 2001 9 .
Plusieurs points sont à noter. Premièrement, même dans les années précédant le licenciement, les gains des maris licenciés sont bien moindres que ceux des autres maris, d'où l'impression que les premiers pourraient être moins qualifiés que les seconds.
Deuxièmement, les gains des maris licenciés diminuent (dans une proportion approximative de 4 %), comme le montrent aussi des études antérieures (Jacobson, LaLonde et Sullivan, 1993; Stevens, 1997), dans l'année précédant le licenciement et diminuent de 15 % encore (ils tombent de 47 200 $ à 39 900 $) l'année même du licenciement 10 . Cette perte salariale du mari subsiste l'année qui suit celle du licenciement; les gains ne sont plus que de 35 200 $ en 1993 et, entre les années t -1 et t +1, la perte totale est d'environ 12 000 $ ou le quart des gains de 1991.
Troisièmement, bien que les gains des maris se rétablissent quelque peu dans les années qui suivent le licenciement, même cinq ans après ils restent inférieurs aux gains antérieurs au licenciement. Comme on ne tient pas compte dans une telle comparaison de la croissance salariale dont auraient bénéficié les maris licenciés s'ils n'avaient pas été victimes de licenciement, on peut penser que la perte de revenu du travail que connaissent les intéressés s'étend au moins sur une période de cinq ans, ce qui s'accorde avec les résultats de Morissette, Zhang et Frenette (2007).
Quatrièmement, l'évolution des gains des épouses n'accrédite guère, du moins dans le cas de la cohorte examinée au tableau 1 et à la figure 1, la thèse de l'existence d'un « effet de travailleur supplémentaire ». Ces gains féminins ne semblent pas s'écarter de leur tendance à long terme avant que n'ait lieu le licenciement du mari (figure 1). Comme nous le montrerons, cette conclusion ne vaut pas dans nos analyses à plusieurs variables pour les familles sans enfants en âge de travailler.
Cinquièmement et comme on pouvait s'y attendre, les prestations d'assurance-emploi (AE) des familles où le mari est licencié augmentent fortement en 1992 et en 1993 et retombent près des niveaux antérieurs au licenciement dans les années qui suivent, ce qui montre bien la fonction de stabilisation temporaire de ce régime.
Sixièmement, si les gains des maris licenciés ont carrément diminué de 12 000 $ de 1991 à 1993, le revenu du travail des épouses, les gains des autres membres de la famille et les prestations d'AE ont franchement augmenté, eux, de 6 000 $ dans cette même période. Ainsi, le revenu familial avant impôt n'a diminué que de la moitié des gains des maris 11 .
Septièmement, même si le revenu familial avant impôt s'est appauvri de 5 500 $ de 1991 à 1993, la perte après impôt n'a été que de 3 400 $ pendant cette période. En réalité, les prestations d'AE stabilisent le revenu familial à court terme seulement, mais le régime fiscal est stabilisateur, lui, dans toutes les années qui précèdent et suivent le licenciement.
Disons enfin que, si le revenu du travail des maris licenciés a été en baisse de 400 $ de 1991 à 1997, leur revenu familial après impôt a été en hausse de 4 300 $ dans la même période, passant de 56 300 $ à 60 600 $. Ensemble, ces résultats semblent indiquer que, à court terme comme à plus long terme, la perte de revenu familial après impôt qu'essuient les familles à cause du licenciement du mari diffère nettement de la perte de revenu du travail des époux même si l'effet de travailleur supplémentaire par les conjoints ne joue pas. Nous approfondissons la question à la prochaine section.
V.2 Trajectoires de revenu des personnes seules
Les pertes de revenu du travail que subissent les hommes seuls paraissent avoir plus de conséquences à long terme (tableau 2 et figure 2A). Les gains moyens des hommes seuls licenciés en 1992 tombent de 41 000 $ en 1990 à 38 600 $ en 1991, à 33 000 $ en 1992 et enfin à 29 200 $ en 1993. De l'année t-1 à l'année t+1, le recul est du quart environ et ressemble au recul salarial des maris licenciés. Toutefois, les hommes seuls rétablissent leurs gains bien plus lentement après le licenciement dont ils sont victimes. Si les gains des hommes mariés finissent par revenir aux niveaux antérieurs au licenciement, la courbe correspondante des hommes seuls est plate pour l'essentiel dans cette période qui suit le licenciement. À noter cependant que les données du tableau 2 et de la figure 2A viennent de l'échantillon permanent non compensé qui est décrit à la section III et ne rendent donc pas compte des trajectoires de gains du même groupe de personnes seules dans un suivi sur toute la période de 1987 à 2001. Elles n'en dégagent pas moins utilement les tendances propres à une cohorte (celle des hommes seuls licenciés en 1992) qui est utilisée par la suite avec d'autres dans nos analyses multivariées.
Disons enfin que les femmes seules licenciées ont rétabli plus rapidement leurs gains que les hommes seuls (tableau 2 et figure 2B). En 1991, les gains moyens des femmes ayant perdu leur emploi en 1992 étaient de 8 700 $ inférieurs à ceux des hommes et, en 2001, ils les dépassaient largement. De même, le revenu moyen avant (et après) impôt des femmes excédait déjà en 1998 le revenu correspondant en 1991, alors que, chez les hommes, il ne revenait jamais aux niveaux antérieurs au licenciement.
9 . Les données des tableaux 1 et 2 et des figures 1 et 2 sont celles d'un échantillon permanent « non compensé » dont l'élaboration est définie à la section III.
10 . Tous les chiffres sont arrondis à la centaine la plus prochaine par souci de confidentialité.
11 . Le revenu familial avant impôt a diminué de 5 500 $, indice que les autres sources de revenu, en provenance du marché ou non, se sont aussi élevées de 500 $.
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