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Les gens réagissent-ils à un licenciement qui touche la famille en accroissant leur revenu du travail et, si oui, quelle est l'ampleur de cette réaction? Comme ce qui se produit au niveau de la famille influe au plus haut point sur le bien-être des personnes, il est essentiel, pour comprendre à fond les conséquences des chocs de revenu du travail sur le plan du bien-être, de voir dans quelle mesure les membres de la famille stabilisent le revenu collectif en cas de licenciement. Il reste que, bien qu'une abondance de données empiriques ait montré qu'une perte d'emploi se solde à long terme par une perte individuelle de revenu du travail, relativement peu d'études ont été consacrées à ces questions.
Notre propos est double. En premier lieu, nous livrerons des données récentes sur l'augmentation éventuelle des gains des épouses et des adolescents en réaction au licenciement des époux. Nous employons à cette fin un vaste ensemble de données longitudinales canadiennes pour la période de 1987 à 2001. Ce fonds d'information s'appuie sur les dossiers fiscaux et renferme donc des indications plutôt précises sur les gains annuels des maris, des femmes et des adolescents; il livre également une information décrivant fidèlement les prestations d'assurance-emploi (AE) qui vont aux membres de la famille et l'impôt sur le revenu que versent ceux-ci, d'où la possibilité pour nous de juger si les gains des épouses et des adolescents stabilisent, en cas de licenciement de l'époux, le revenu familial plus que ne le font les prestations d'AE et le régime fiscal.
En second lieu, nous désirons comparer les pertes à long terme de revenu du travail des maris licenciés à celles des personnes seules. Nous estimons ainsi les conséquences des licenciements sur un type de ménages de plus en plus important où on ne peut compter sur la présence d'un second soutien. Ce faisant, nous comparons en ordre de grandeur les pertes de revenu (avant et après impôt) des familles où le mari a été licencié, d'une part, et des hommes seuls, d'autre part. Nous pouvons donc chiffrer l'ampleur des chocs en revenu relatif pour les deux groupes dans une perspective à long terme.
Résumons nos principales conclusions. Premièrement, nous ne relevons pour ainsi dire pas d'indices d'une augmentation des gains des jeunes en réaction au licenciement de leur père, ni d'un « effet de travailleur supplémentaire » chez les épouses au Canada dans l'ensemble. Nous constatons toutefois que, dans le cas des familles sans enfants en âge de travailler, les gains de la femme se sont élevés dans les années 1990 à la suite du licenciement du mari. Nos estimations relatives à ce groupe de familles impliquent que, cinq ans après le licenciement de l'époux, l'accroissement du revenu du travail de l'épouse compensait à 22 % environ la perte de revenu d'emploi essuyée par celui-ci.
Deuxièmement, nous montrons que les maris et les hommes seuls licenciés subissent à peu près les mêmes pertes de revenu du travail à long terme. Autre constatation : les familles où le mari est licencié ont une même perte de revenu avant et après impôt si on les compare aux hommes seuls. Il reste que, comme ces derniers jouissent d'un revenu bien moindre après impôt avant d'être licenciés, ils finissent par subir en revenu relatif un bien plus grand choc que les familles où l'époux est licencié. Ce fait donne à penser que l'instabilité de revenu créée par le licenciement d'hommes d'âge adulte est bien plus accentuée dans le cas des hommes seuls que dans celui des familles victimes de licenciement du mari.
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