VIII. Conclusion

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Comment les familles et les personnes seules réagissent-elles aux licenciements? La réponse dépend du type de famille considéré. Les familles sans enfants en âge de travailler semblent s'adapter en partie au licenciement du mari par une augmentation du revenu du travail du conjoint, ce qui donne à penser que, dans ce cas, les épouses accroissent leur offre de travail en réaction au licenciement des époux. Cinq ans après le licenciement du mari, les gains majorés de la femme compensent environ au cinquième la perte de revenu du travail du mari. Ainsi, un effet de travailleur supplémentaire se manifesterait, du moins dans un certain nombre de familles canadiennes. L'ampleur de la réaction observée chez les épouses est quelque peu moindre que celle que constate Stephens (2002). On ne s'en étonnera pas, puisque a) notre définition comprend à la fois les licenciements temporaires et les licenciements permanents et b) que la réaction des épouses est moins marquée aux licenciements temporaires qu'aux licenciements permanents des époux 14 .

Les enfants de 15 ans et plus ne jouent pas un grand rôle dans l'atténuation des pertes de revenu du travail de leur père après son licenciement. C'est ce qu'on pouvait attendre dans une large mesure, puisqu'un grand nombre d'adolescents et de jeunes adultes sont toujours aux études à plein temps et n'auront sans doute guère de temps à consacrer au travail rémunéré.

Bien que devant être géographiquement plus mobiles que les maris, les hommes seuls ne s'en tirent généralement pas mieux que les premiers après un licenciement. En fait, leur perte en revenu du travail relatif est invariablement supérieure dans les cinq ans qui suivent le licenciement. Il faut aussi dire que, en revenu (après impôt) relatif, le choc est bien plus grand pour eux.

Enfin, nos résultats mettent en évidence la fonction primordiale de stabilisation du régime d'assurance-emploi et du régime fiscal dans l'atténuation des pertes de revenu subies par les personnes seules et les familles où le mari est licencié. Ces deux mécanismes de stabilisation réduisent à court terme les pertes de revenu après impôt et le régime fiscal fait de même les années qui suivent. C'est ainsi que les pertes de revenu après impôt des familles et des personnes seules deviennent bien moindres que les pertes individuelles de revenu du travail des travailleurs victimes de licenciement.

14 . En revanche, Stephens (2002) s'attache à la réaction en offre de travail des épouses en cas de déplacement du mari. Dans ce cas, il y a déplacement si a) des établissements ferment ou des employeurs déménagent ou que b) des travailleurs sont licenciés ou renvoyés. L'échantillon de travailleurs déplacés qu'utilise Stephens (2002) devrait donc permettre de mesurer surtout des licenciements permanents.