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Perceptions des couples quant à la répartition des tâches domestiques et des tâches liées aux soins des enfants : existe-t-il des différences entre les groupes sociodémographiques?

11F0019M 460
Date de diffusion : le 8 avril 2021

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Remerciements

La présente étude a été financée par Femmes et Égalité des genres Canada.

Résumé

Les chercheurs qui examinent l’égalité des sexes entre les couples se sont surtout intéressés à la répartition du travail domestique. La plupart des travaux de recherche indiquent que les femmes continuent d’assumer la majorité des travaux ménagers et des travaux liés aux soins des enfants. Toutefois, il y a eu convergence en ce qui concerne les heures consacrées à l’exécution du travail domestique par les femmes et par les hommes. Fondée sur les cycles de l’Enquête sociale générale de 2011, de 2016 et de 2017, la présente étude vise à examiner les perceptions des couples de sexe opposé quant à la répartition du travail non rémunéré au sein de leur ménage et la façon dont ces perceptions varient entre les différents groupes sociodémographiques. En général, plus de la moitié des couples ont déclaré que la femme assumait la responsabilité principale de la préparation des repas et de la lessive, tandis que le travail à l’extérieur était effectué principalement par l’homme. Dans l’ensemble des tâches liées aux soins des enfants, plus du tiers des couples ont indiqué que la femme s’acquittait principalement de ces tâches, et une proportion beaucoup plus faible a indiqué que ces tâches étaient exécutées principalement par l’homme. Toutefois, la majorité des couples ont déclaré un partage égal des tâches liées aux soins des enfants, comme superviser les enfants (58,8 %), reconduire les enfants à leurs activités (55,2 %) et participer aux activités des enfants à l’heure du coucher (55,8 %). Certaines différences ont été constatées entre les groupes sociodémographiques. Les couples dans lesquels les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires étaient plus susceptibles de déclarer partager les tâches également que les couples dans lesquels aucun ou un seul partenaire avait terminé des études postsecondaires. Les couples dans lesquels les deux partenaires sont nés au Canada étaient plus susceptibles que leurs homologues immigrants de déclarer partager la vaisselle et le jardinage de façon égale, tandis que les couples d’immigrants étaient plus susceptibles que les couples nés au Canada de déclarer partager de manière égale l’épicerie et l’organisation de la vie sociale du ménage. En outre, les couples sans enfants étaient moins susceptibles que les couples comptant au moins un enfant de moins de 5 ans de déclarer que la femme assumait la plus grande partie de la responsabilité en ce qui concerne la vaisselle et l’organisation des activités sociales du ménage. Enfin, la majorité des hommes et des femmes se disaient satisfaits de la répartition du travail non rémunéré dans leur foyer. Toutefois, les femmes étaient moins susceptibles de déclarer être satisfaites de la répartition des travaux ménagers que les hommes, et les femmes qui avaient des enfants de moins de 15 ans étaient plus susceptibles d’être insatisfaites que leurs homologues qui n’avaient pas d’enfants de moins de 15 ans.

Mots clés : couples de sexe opposé, sexe, tâches liées aux soins des enfants, travail domestique 

Sommaire

Les chercheurs qui examinent l’égalité des sexes entre les couples se sont surtout intéressés à la répartition du travail domestique. La plupart des travaux de recherche indiquent que les femmes continuent d’assumer la majorité des travaux ménagers et des travaux liés aux soins des enfants. Cependant, il y a une indication que les heures que les femmes et les hommes passent à effectuer des tâches ménagères ont convergé au fil du temps. Même si de nombreuses études ont comparé le nombre d’heures que les femmes et les hommes consacrent à des travaux non rémunérés, peu d’entre elles ont examiné les perceptions des couples quant à la répartition des travaux non rémunérés au sein de leurs ménages ou en quoi ces perceptions pourraient varier entre différents groupes sociodémographiques. La présente étude porte sur ces lacunes en examinant les différences de perception des couples quant à la question de la répartition des tâches ménagères et des tâches liées aux soins des enfants, en fonction de leurs caractéristiques sociodémographiques particulières.

Cette étude a été réalisée au moyen des cycles de 2011, de 2016 et de 2017 de l’Enquête sociale générale pour examiner les différences de perception des couples quant à la répartition des tâches ménagères et des tâches liées aux soins des enfants afin de déterminer si, selon les perceptions, elles sont principalement exécutées par la femme ou par l’homme ou si elles sont partagées de façon égale entre les partenaires. Elle a aussi examiné la possibilité d’une variation des perceptions des couples quant à la répartition des travaux non rémunérés en fonction du niveau de scolarité, du statut d’immigrant et de la situation parentale. De plus, les changements observés dans la façon dont les couples ont déclaré la répartition des tâches ménagères ces dernières années, à savoir entre 2011 et 2017, ont été examinés. Cette étude a également examiné le niveau de satisfaction des femmes et des hommes à l’égard de la répartition du travail domestique en 2016.

En général, plus de la moitié des couples ont déclaré que la femme assumait la responsabilité principale de la préparation des repas (56,4 %) et de la lessive (61,1 %), tandis que le travail à l’extérieur était effectué principalement par l’homme (82,9 %). Dans l’ensemble des tâches liées aux soins des enfants, plus du tiers des couples ont indiqué que la femme s’acquittait principalement de ces tâches, et une proportion beaucoup plus faible a indiqué que ces tâches étaient exécutées principalement par l’homme. Toutefois, la majorité des couples ont déclaré un partage égal des tâches liées aux soins des enfants, comme superviser les enfants (58,8 %), reconduire les enfants à leurs activités (55,2 %) et participer aux activités des enfants à l’heure du coucher (55,8 %). De plus, malgré la courte période examinée, la proportion de couples ayant déclaré partager leurs tâches ménagères de façon égale a augmenté entre 2011 et 2017 pour la plupart de ces tâches. Les hausses les plus marquées, variant de 4 à 5 points de pourcentage, ont été observées pour la préparation des repas, la lessive et le ménage.

Cette étude apporte une contribution importante à la littérature récente en fournissant des renseignements sur les différences de perception des couples quant à la répartition des travaux non rémunérés au sein du ménage selon le groupe sociodémographique auquel ils appartiennent. En examinant le recoupement de diverses caractéristiques sociodémographiques au sein des couples et entre ceux-ci, on obtient des renseignements plus nuancés sur les variations de la perception des couples quant à la répartition des tâches ménagères et des tâches liées aux soins des enfants. Les couples dans lesquels les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires étaient par exemple plus susceptibles de déclarer un partage égal des tâches que les couples dans lesquels aucun ou un seul partenaire avait terminé des études postsecondaires.

Certaines variations ont également été observées selon le statut d’immigrant des couples. Les couples d’immigrants et les couples nés au Canada ont déclaré que la femme était plus susceptible d’assumer la responsabilité principale de l’entretien ménager, de la lessive et de l’épicerie que son partenaire masculin. Les couples nés au Canada étaient plus susceptibles que les couples immigrants de déclarer un partage égal des tâches consistant à s’occuper de la vaisselle et du jardinage, tandis que les couples d’immigrants étaient plus susceptibles que les couples nés au Canada de déclarer un partage égal de la responsabilité de l’épicerie et de l’organisation de la vie sociale du ménage. Peu de différences ont été relevées par rapport aux perceptions des couples quant à la répartition des tâches ménagères entre les couples nés au Canada et les couples dont l’un des partenaires est né au Canada et l’autre est un immigrant.

La présence d’enfants a aussi joué un rôle dans la perception des couples quant à la répartition des tâches ménagères. Par exemple, les couples sans enfants étaient moins susceptibles que les couples comptant au moins un enfant de moins de 5 ans de déclarer que la femme assumait la plus grande partie de la responsabilité en ce qui concerne la vaisselle et l’organisation des activités sociales du ménage. Les couples sans enfants étaient plus susceptibles de déclarer un partage égal de ces tâches. En outre, les couples comptant au moins un enfant de moins de 5 ans étaient plus susceptibles que les couples qui avaient des enfants plus âgés de déclarer un partage égal de la supervision de leurs enfants.

Enfin, la majorité des hommes et des femmes se disaient satisfaits de la répartition des tâches ménagères. Toutefois, les femmes étaient moins susceptibles de déclarer être satisfaites que les hommes. Les femmes qui avaient des enfants de moins de 15 ans étaient plus susceptibles d’être insatisfaites de la répartition des tâches ménagères que leurs homologues qui n’avaient pas d’enfants de moins de 15 ans. De plus, les femmes nées au Canada mariées à un homme né au Canada ou à un immigrant étaient plus susceptibles d’être insatisfaites que les femmes immigrantes mariées à des hommes immigrants. Enfin, les femmes qui travaillaient à temps plein étaient plus susceptibles d’être insatisfaites de la répartition des tâches ménagères que leurs homologues qui ne travaillaient pas. Toutefois, leur niveau de satisfaction ne s’éloignait pas beaucoup de celui des femmes qui travaillaient à temps partiel.

Il est important de mentionner que les résultats présentés dans la présente étude rendent compte de la répartition entre les sexes des tâches ménagères et des tâches liées aux soins des enfants avant la pandémie de COVID-19.. Il sera important de suivre ces tendances à l’avenir car elles ont des implications importantes pour les opportunités des femmes sur le marché du travail rémunéré. En fait, un article récent (Zossou 2021) a examiné la répartition par sexe de six tâches ménagères au niveau agrégé (et non par caractéristiques socio-économiques), y compris faire la vaisselle, les travaux ménagers, la lessive, la préparation des repas, les finances du ménage et l'épicerie). Dans chaque cas, la proportion de membres de couples de sexe opposé ayant déclaré que la tâche était principalement effectuée par l'homme a augmenté entre 2017 et 2020 (entre le 15 et le 21 juin). Le suivi des tendances dans d'autres tâches traditionnellement effectuées par la femme (par exemple, la garde des enfants) ou l'homme (par exemple le travail à l'extérieur) sera important pour déterminer le plein impact du COVID-19 sur le partage du travail au sein des couples.

1 Introduction

Les différences dans le travail des femmes et des hommes sont au premier plan de la recherche et des discussions politiques sur l’égalité des sexes depuis de nombreuses années. Des études ont permis d’examiner les différences dans le travail rémunéré des femmes et des hommes, comme l’écart salarial entre les sexes, ainsi que les différences relativement au temps que les femmes et les hommes passent à faire du travail non rémunéré au foyer. Les travaux de recherche portant sur la répartition du travail non rémunéré entre les sexes, comme les travaux ménagers quotidiens et les soins des enfants, ont généralement permis de constater que les femmes effectuent davantage ce type de travail que leurs partenaires masculins malgré la participation accrue des femmes à la population active (p. ex. Marshall, 2006; Moyser et Burlock, 2018; Sayer, 2005).

On a observé que la hausse du taux de participation au marché du travail et du niveau de scolarité des femmes ainsi que les changements générationnels des attitudes à l’égard des rôles de l’homme et de la femme étaient à l’origine d’une diminution chez les femmes et d’une augmentation chez les hommes du temps consacré au travail domestique au Canada comme aux États-Unis (p. ex. Bolzendahl et Myers, 2004; Leopold, 2019; Moyser et Burlock, 2018; Sayer, 2005). Toutefois, bien que l’écart au chapitre des heures consacrées par les femmes et les hommes aux tâches ménagères se soit rétréci au fil du temps, il existe des preuves qu’une répartition traditionnelle du travail domestique entre les sexes persiste chez les couples au Canada (Marshall, 2006; Moyser et Burlock, 2018).

Les études qui portent sur la répartition du travail domestique mesurent généralement la répartition des tâches selon le sexe en examinant la part de chaque partenaire dans le nombre total d’heures de travail non rémunéré déclarées. Bien que certains chercheurs aient examiné des caractéristiques sociodémographiques particulières, comme le niveau de scolarité et la présence d’enfants, on trouve moins de renseignements sur les différences de sous-groupes dans la perception des couples quant à leur répartition du travail non rémunéré, particulièrement dans le contexte canadien. En examinant le recoupement de diverses caractéristiques sociodémographiques au sein des couples et entre ceux-ci, on obtient des renseignements plus nuancés sur les variations de la perception des couples quant à leur répartition des tâches ménagères et des tâches liées aux soins des enfants. En outre, un examen plus détaillé des tâches non ménagères, comme les soins des enfants, est nécessaire (Coltrane, 2000; Lee et Waite, 2005).

En outre, bien que de nombreuses études aient examiné la répartition des tâches ménagères entre les deux sexes, un moins grand nombre ont porté sur la satisfaction des femmes et des hommes à l’égard de la répartition des tâches domestiques. Certains chercheurs ont fait remarquer que les couples peuvent être satisfaits de la répartition du travail domestique malgré une répartition inégale des tâches, car une répartition inégale du travail peut être attribuable à un certain nombre de facteurs propres au couple, comme l’investissement en temps accru d’un partenaire dans le travail rémunéré ou les attitudes des couples à l’égard des rôles de l’homme et de la femme, qui sont largement influencées par les normes sociales (p. ex. Leopold, 2019).

Dans la présente étude, les cycles de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2011, de 2016 et de 2017 ont été utilisés pour combler ces lacunes de connaissances. Plus précisément, les questions de recherche suivantes ont été abordées :

  1. Quelles tâches ménagères et tâches liées aux soins des enfants les couples déclarent-ils comme étant exécutées principalement par la femme, principalement par l’homme ou partagées de façon égale?
  2. Y a-t-il eu des changements dans la façon dont les couples perçoivent leur répartition du travail domestique au cours des dernières années (c.-à-d. entre 2011 et 2017)?
  3. Comment les perceptions des couples quant à la répartition des tâches domestiques et des tâches liées aux soins des enfants diffèrent-elles entre les groupes sociodémographiques?
  4. Les femmes et les hommes déclarent-ils des niveaux de satisfaction semblables en ce qui concerne leur répartition du travail domestique?

2 Littérature existante

En général, le temps consacré par les femmes aux tâches ménagères a diminué depuis les années 1980, tandis que le temps consacré par les hommes aux tâches ménagères a augmenté (Houle, Turcotte et Wendt, 2017; Marshall, 2006; Moyser et Burlock, 2018; Sayer, 2005). Bien que certaines études aient montré une progression vers une répartition plus égale des tâches ménagères (p. ex. Bianchi, 2011; Guppy, Sakumoto et Wilkes, 2019; Sayer, 2005), le rythme auquel la répartition du travail domestique en fonction du sexe a évolué au fil du temps a été lent (Altintas et Sullivan, 2016; Cooke, 2004; Sullivan, 2013). En outre, il est prouvé que les femmes continuent de faire plus de travail domestique non rémunéré que les hommes (p. ex. Moyser et Burlock, 2018; Sayer, 2005).

Depuis les années 1980, une augmentation du temps consacré par les hommes aux tâches ménagères et une légère diminution du temps consacré par les femmes à ces mêmes tâches ont été observées au Canada, ce qui coïncide avec une augmentation de la participation des femmes à la population active. En 1986, les femmes passaient en moyenne 3,5 heures par jour à effectuer des tâches ménagères, un nombre qui a diminué pour s’établir à environ 2,8 heures en 2015. En revanche, le nombre moyen d’heures consacrées par les hommes aux travaux ménagers est passé de 1,5 heure par jour en 1986 à 1,9 heure en 2015 (Moyser et Burlock, 2018). En dépit de l’augmentation de la contribution des hommes au travail domestiqueNote , il existe des preuves que les tâches ménagères demeurent hautement différenciées selon le sexe, les femmes assumant principalement des tâches plus routinières, comme la préparation des repas, l’entretien ménager et la lessive (Houle, Turcotte et Wendt, 2017; Marshall, 2006; Moyser et Burlock, 2018), tandis que les hommes avaient tendance à accomplir plus de tâches non routinières, comme les réparations du logement et l’entretien de la voiture (Barnett et Shen, 1997; Coltrane, 2000; Houle, Turcotte et Wendt, 2017; Moyser et Burlock, 2018).

Des études canadiennes ont démontré que le temps consacré par les hommes et les femmes aux tâches liées aux soins des enfants a augmenté entre 1986 et 2015, malgré la diminution du nombre moyen d’enfants dans une famille (Guppy, Sakumoto et Wilkes, 2019; Moyser et Burlock, 2018). Cela est probablement attribuable à une évolution vers des techniques parentales plus intensives, en particulier au sein des familles de la classe moyenne (Guppy, Sakumoto et Wilkes, 2019; Moyser et Burlock, 2018). Toutefois, bien que les hommes participent davantage aux tâches liées aux soins des enfants que par le passé, les femmes continuent d’assumer la majorité de ces tâches dans les couples de sexe opposé (Craig, 2006; Guppy, Sakumoto et Wilkes, 2019).

Les études dans lesquelles on compare les heures de travail non rémunérées des femmes et des hommes portent généralement sur la part du temps que chaque partenaire consacre aux tâches ménagères. Certaines de ces études reposent sur des données qui mesurent le travail domestique de façon générale, ce qui peut entraîner des incohérences en raison des différences dans les perceptions des répondants à l’égard de ce qui est considéré comme une tâche ménagère essentielle (Achen et Stafford, 2005). Par exemple, dans le questionnaire détaillé du recensement canadien de 2006, on a demandé aux répondants de déclarer le nombre d’heures qu’ils avaient consacré à des travaux ménagers, des travaux d’entretien extérieur ou de l’entretien ménager au cours de la semaine précédente pour des membres de leur ménage ou d’autres personnes (Statistique Canada, 2006). Dans ce cas, un large éventail de tâches ont été désignées comme étant des tâches ménagères, ce qui limitait la mesure dans laquelle les chercheurs pouvaient mesurer la répartition des tâches précises entre les couples. Une autre limite est que les répondants avaient tendance à surestimer le nombre d’heures qu’ils ont consacrées aux travaux ménagers (Achen et Shbuy, 2005; Lee et Waite, 2005).

D’autres chercheurs ont utilisé des données dans lesquelles les renseignements des répondants sont recueillis au moyen de journaux sur l’emploi du temps. Dans ces cas, on peut examiner des renseignements plus détaillés sur le temps que les répondants consacrent à des tâches précises. Toutefois, puisque les chercheurs ont tendance à se pencher sur la dynamique entre les sexes des couples, il est souvent difficile d’analyser les différences dans les autres caractéristiques de ces couples (Doan et Quadlin, 2019). L’examen d’autres différences sociodémographiques, tant entre les couples qu’au sein de ceux-ci, peut fournir des indications importantes sur les variations de la façon dont les couples répartissent les travaux domestiques entre eux. Certaines études ont porté sur les différences entre le niveau de scolarité des partenaires et le statut d’immigrant ainsi que la façon dont la parentalité influence la répartition des tâches ménagères des couples (p. ex. Davis et Greenstein, 2004; Frank et Hou, 2015; Sullivan, 2010).

Il a été établi que le niveau de scolarité est un facteur particulièrement influent dans la répartition du travail domestique au sein des couples (Sullivan, 2010). En général, les hommes ayant un niveau de scolarité plus élevé participent davantage aux tâches ménagères des couples que ceux ayant un niveau de scolarité moins élevé. Certains chercheurs supposent que cela peut être attribuable aux effets de l’éducation sur les attitudes à l’égard de l’égalitarisme (p. ex. Leopold, Skopek et Schulz, 2018; Thompson, 1991). En outre, les femmes ayant un niveau de scolarité plus élevé consacrent moins de temps aux tâches ménagères que celles ayant un niveau de scolarité moins élevé (Sullivan, 2010). Davis et Greenstein (2004) ont également constaté une répartition plus équitable du travail domestique dans les couples où la femme avait un niveau de scolarité supérieur à celui de l’hommeNote . Cependant, il existe des preuves que les hommes ayant des niveaux de scolarité moins élevés ont accru le temps qu’ils consacrent aux travaux ménagers au cours des dernières années (Sullivan, 2013).

La persistance des rôles culturels des sexes dans les décisions de travail des couples d’immigrants dans le pays d’accueil a aussi été examinée. De façon générale, les chercheurs ont constaté que les attitudes traditionnelles à l’égard des rôles de l’homme et de la femme des pays d’origine des immigrants persistent en grande partie après la migration en ce qui concerne la participation des femmes sur le marché du travail (Antecol, 2000; Fernandez et Fogli, 2005) et la répartition des travaux ménagers (Ting, Perales et Baxter, 2016). Des études canadiennes ont également permis de constater que les femmes qui ont quitté un pays où le taux d’activité sur le marché du travail des femmes est élevé effectuaient une plus faible part des tâches ménagères que les femmes qui ont quitté des pays où le taux d’activité sur le marché du travail des femmes est plus faible (Frank et Hou, 2015).

La parentalité influence également la répartition du travail non rémunéré au sein des couples. En général, la parentalité augmente le temps que les femmes consacrent aux travaux ménagers et diminue leurs heures de travail rémunérées après la naissance d’un enfant. Toutefois, la parentalité a une incidence moindre sur les horaires des hommes, tant au travail qu’à la maison (p. ex. Frenette, 2011; Sanchez et Thomson, 1997). Les chercheurs ont constaté que, bien que l’on ait tendance à se réorienter vers une répartition du travail plus traditionnelle après la naissance du premier enfant, les chances que cela se produise sont réduites chez les couples qui ont des salaires plus élevés et des attitudes plus égalitaires à l’égard des rôles des sexes avant d’avoir des enfants (Schober, 2013).

3 Données et méthodologie

La présente étude a été réalisée au moyen des cycles de l’Enquête sociale générale (ESG) de Statistique Canada de 2011, de 2016 et de 2017. Dans le cadre de l’ESG, on interroge les personnes âgées de 15 ans et plus au Canada, à l’exclusion des résidents du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut et des pensionnaires à temps plein des établissements institutionnels. Les taux de réponse étaient de 65,8 % en 2011, de 50,8 % en 2016 et de 52,4 % en 2017. Afin d’accroître la représentativité des échantillons, des poids d’enquête qui tenaient compte de la non-réponse selon le sexe, l’âge et la province de résidence (Statistique Canada, 2017a) ont été utilisés pour produire toutes les estimations de l’étudeNote .

Les cycles de l’ESG de 2011 et de 2017, qui contiennent une série composée des mêmes questions sur les tâches ménagèresNote , portaient tous deux sur la famille. Par conséquent, il est possible de faire des comparaisons entre la répartition des tâches ménagères des couples, ce qui permet d’examiner les changements au cours de cette période. Les cycles précédents de l’ESG sur la famille ne comportaient pas de questions semblables sur la perception des couples quant à la répartition des tâches domestiques. Par conséquent, la présente étude ne traite que des changements récents (c.-à-d. ceux qui sont survenus entre 2011 et 2017). Le cycle de l’ESG de 2016 ayant pour thème « Les Canadiens au travail et à la maison » comportait des questions précises sur la répartition des tâches liées aux soins des enfants parmi les couples.

L’échantillon d’analyse se limitait aux couples de sexe opposéNote  mariés ou vivant en union libre et qui résidaient dans le même ménage. Ces restrictions ont donné lieu à des tailles d’échantillon de 12 787 (2011), de 10 596 (2016) et de 11 275 (2017). Bien que le terme « couples » soit utilisé dans l’ensemble du présent document, les résultats étaient basés sur des données individuelles. Les caractéristiques propres au couple ont été déterminées à l’aide des renseignements fournis par les répondants sur eux-mêmes et leurs partenaires.

Dans la présente étude, des tâches domestiques et des tâches liées aux soins des enfants particulières ont été examinées afin de déterminer si les couples ont déclaré que chaque tâche était effectuée principalement par l’homme ou la femme du couple ou si la tâche était partagée de façon égale. Cette mesure diffère de la plupart de celles des travaux de recherche portant sur ce sujet, dans lesquels on utilise généralement des données sur l’utilisation du temps qui permettent d’estimer le nombre d’heures que chaque partenaire consacre à des tâches ménagères différentes. Alors que les données sur l’utilisation du temps fournissent des renseignements sur le nombre d’heures que les hommes et les femmes interrogés consacrent à des tâches ménagères précises, les renseignements sur leur conjoint sont estimés par les répondants (Marshall, 2006). En outre, plusieurs tâches sont souvent regroupées. Par exemple, on pose la question suivante sur les travaux ménagers : « La semaine dernière, [votre conjoint(e)] a-t-il (elle) fait des travaux ménagers, y compris la cuisine, l’entretien ménager, l’épicerie ou la lessive pour les membres de ce ménage? » Par conséquent, les renseignements sur la répartition de tâches domestiques ou de tâches liées aux soins des enfants particulières propres au couple qui figurent dans les données sur l’utilisation du temps peuvent être limitésNote .

Dans le cadre des cycles de 2011, de 2016 et de 2017 de l’ESG, on a demandé aux répondants de fournir des renseignements sur la répartition de plusieurs tâches ménagères précises entre eux et leur partenaire, y compris la préparation des repas quotidiens, l’entretien ménager (p. ex. passer l’aspirateur), la vaisselle (y compris les tâches se rattachant au lave-vaisselle), la lessive, l’épicerie, le jardinage, le travail extérieur (p. ex. les réparations) et l’organisation de la vie sociale du ménage (p. ex. l’envoi d’invitations pour des événements sociaux familiaux, l’organisation de sorties et le maintien des contacts). Les répondants de l’ESG de 2016 qui avaient des enfants de moins de 15 ans ont été interrogés sur la répartition de certaines tâches liées aux soins des enfants entre eux et leur partenaire, y compris superviser les enfants, reconduire les enfants à leurs activités, participer aux activités des enfants à l’heure du coucherNote  (p. ex. les bains, l’hygiène, border les enfants) et aider les enfants à faire leurs devoirsNote 

Pour chaque tâche, on a demandé aux répondants d’indiquer dans leur ménage la personne qui s’occupe principalement de la tâche ménagère ou de la tâche liée aux soins des enfants. Les options de réponse pour les tâches ménagères comprenaient surtout vous-même, surtout votre conjoint ou conjointe ou votre partenaire, vous partagez le travail également ou cette tâche ne s’applique pas à votre ménage. Les options de réponse pour les tâches liées aux soins des enfants étaient surtout vous-même, surtout votre conjoint ou conjointe ou votre partenaire, surtout un ou d’autres membres du ménage, vous partagez le travail également, une personne de l’extérieur du ménage ou cette tâche ne s’applique pas à votre ménage. Étant donné que l’objectif principal de la présente étude est de déterminer la répartition du travail non rémunéré au sein des couples, seules les personnes qui ont répondu principalement à surtout vous-même, surtout votre conjoint ou conjointe ou votre partenaire ou vous partagez le travail également ont été incluses dans l’analyse. Par conséquent, la taille de l’échantillon pour chaque tâche peut varier selon que la tâche ait été exécutée par le couple.

L’information sur le sexe du répondant et le sexe du partenaire du répondant permet de déterminer si les réponses indiquaient que c’était surtout l’homme ou surtout la femme du couple qui effectuait la tâche en questionNote . Par conséquent, il a été établi que chaque tâche était exécutée principalement par l’homme, principalement par la femme ou partagée égalementNote .

Des renseignements supplémentaires sur le partenaire du répondant permettent d’examiner certains aspects des caractéristiques sociodémographiques du coupleNote . Bien que les caractéristiques d’emploi soient probablement importantes pour la répartition du travail entre les partenaires, les renseignements sur l’horaire de travail du partenaire n’étaient pas disponibles dans l’ESG de 2017. De plus, il n’a pas été possible d’étudier les renseignements sur la part relative du revenu familial pour chaque partenaire parce que la variable du revenu familial est fondée sur la famille de recensement. Par conséquent, on ne sait pas si seul le couple contribue au revenu familial ou si d’autres membres du ménage (p. ex. les enfants, les adolescents ou les adultes) contribuent également au revenu familial.

Dans la présente étude, des différences dans la répartition des tâches ménagères et des tâches liées aux soins des enfants ont été examinées selon la situation du point de vue des études postsecondaires du couple (les deux ont terminé leurs études postsecondaires, l’homme a terminé ses études postsecondaires, mais pas la femme, la femme a terminé ses études postsecondaires, mais pas l’homme, ou aucun des deux n’a terminé ses études postsecondaires), la présence d’enfants de moins de 15 ans (aucun enfant de moins de 15 ans, le plus jeune enfant a moins de 5 ans, le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans) et le statut d’immigrant (tous deux sont des immigrants, tous deux sont nés au Canada, l’un est né au Canada et l’autre est un immigrant)Note .

Une analyse descriptive est utilisée dans l’étude pour répondre aux trois premières questions de recherche posées dans l’introduction. Tout d’abord, des renseignements sur la répartition, au sein des couples, des tâches ménagères en 2017 et des tâches liées aux soins des enfants en 2016 sont présentés. Ces résultats portent sur la question de savoir si certaines tâches ont été accomplies principalement par l’homme, principalement par la femme ou partagées également. Deuxièmement, les changements dans la répartition des tâches ménagères entre 2011 et 2017 par les couples sont démontrés en examinant si les tâches étaient partagées plus également au fil du tempsNote . Bien qu’il s’agisse d’une courte période au cours de laquelle on peut examiner ces types de changements, il sera important de souligner tout changement observé. Troisièmement, on présente également des données probantes sur les différences dans la répartition des tâches ménagères et des tâches liées aux soins des enfants au sein de couples appartenant à différents groupes sociodémographiques.

Enfin, la dernière question de recherche, laquelle vise à déterminer si les femmes et les hommes déclarent des niveaux de satisfaction similaires à l’égard de la répartition du travail domestique, est abordée. Ces résultats sont basés sur une question de l’ESG de 2016 qui se pose comme suit : « Dans quelle mesure êtes-vous satisfait de la façon dont les tâches ménagères sont réparties dans votre ménage? » Les réponses ont été regroupées en trois groupes : « très satisfait » ou « satisfait », « ni satisfait ni insatisfait », et « insatisfait » ou « très insatisfait ». Des modèles de régression multivariée ont également été utilisés pour examiner si diverses caractéristiques sociodémographiques et d’emploi étaient associées à une plus grande probabilité que les femmes et les hommes déclarent ne pas être satisfaits de leur répartition du travail domestique.

4 Résultats

4.1 Quelles tâches ménagères et tâches liées aux soins des enfants sont déclarées comme étant effectuées principalement par les femmes, effectuées principalement par les hommes ou partagées également?

Chez les couplesNote  du Canada, la plupart des tâches ménagères étaient plus susceptibles d’être accomplies principalement par la femme que par l’homme (graphique 1)Note . Toutefois, environ la moitié des couples ont déclaré partager également certaines tâches ménagères, par exemple, faire la vaisselle (51,5 %), organiser la vie sociale du ménage (50,2 %), et faire l’épicerie (48,9 %).

Deux tâches ménagères de routine étaient effectuées principalement par des femmes. Plus de la moitié des couples ont déclaré que la femme était principalement responsable de la préparation des repas quotidiens (56,4 %) et de la lessive (61,1 %). Les résultats indiquent également que plus de 4 couples sur 10 partagent l’entretien ménager également (45,2 %), tandis qu’une proportion semblable déclare que l’entretien ménager est effectué principalement par la femme (46,2 %)Note .

Une seule tâche ménagère, celle de travailler à l’extérieur, était effectuée principalement par des hommes. Plus de 8 couples sur 10 (82,9 %) ont déclaré que le travail extérieur (p. ex. les réparations) était effectué principalement par le partenaire de sexe masculin. En outre, le jardinage n’était pas une tâche propre au sexe chez les couples, car des proportions semblables de couples ont indiqué que cette tâche était effectuée principalement par l’homme, effectuée principalement par la femme ou partagée également (35,4 %, 28,3 % et 36,3 %, respectivement)Note .

Des études antérieures ont indiqué que les tâches liées aux soins des enfants, comme s’occuper de jeunes enfants et organiser des activités sociales et des activités d’apprentissage pour les enfants, sont effectuées principalement par des femmes (Damaske, 2013; Doan et Quadlin, 2019). Toutefois, il existe des données probantes selon lesquelles, au Canada, l’écart entre les sexes en ce qui concerne les tâches relatives au développement et à l’engagement des enfants, comme la lecture et le jeu, est plus faible que l’écart entre les sexes dans les tâches plus routinières, comme l’alimentation des enfants (Moyser et Burlock, 2018).

Plus du tiers des couples ont indiqué que la femme s’acquittait surtout des tâches liées aux soins des enfants, et un peu plus de 4 couples sur 10 ont déclaré que la femme était principalement responsable d’aider les enfants à faire leurs devoirs (42,1 %, graphique 2). En revanche, environ 1 homme sur 10 avait la responsabilité principale d’aider les enfants à faire leurs devoirs (10,0 %) et de reconduire les enfants à leurs activités (11,5 %). Des proportions plus faibles ont déclaré que l’homme était principalement responsable de la supervision des enfants (3,0 %) ou des activités des enfants à l’heure du coucher (5,2 %). La majorité des couples ont indiqué que les tâches liées aux soins des enfants, comme superviser les enfants (58,8 %), reconduire les enfants à leurs activités (55,2 %) et participer aux activités des enfants à l’heure du coucher (55,8 %), étaient partagées également. Toutefois, parmi les couples dans lesquels les tâches liées aux soins des enfants n’étaient pas partagées également, le travail était effectué principalement par la femme.

Graphique 1 Répartition des tâches ménagères au sein des couples, 2017

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Répartition des tâches ménagères au sein des couples, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des tâches ménagères au sein des couples. Les données sont présentées selon Tâches domestiques (titres de rangée) et Surtout l’homme, Surtout la femme et Partagée également, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Tâches domestiques
pourcentage
Préparation des repas quotidiens 10,8 56,4 32,7
Faire l'entretien ménager 8,6 46,2 45,2
Faire la vaisselle 15,9 32,6 51,5
Faire la lessive 7,7 61,1 31,2
Faire l’épicerie 15,3 35,8 48,9
Faire le jardinage 35,4 28,3 36,3
Faire des travaux extérieurs (p. ex. les réparations) 82,9 3,3 13,8
Organiser la vie sociale du ménage 4,4 45,4 50,2

Graphique 2 Répartition des tâches liées au soin des enfants au sein des couples, 2016

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Répartition des tâches liées au soin des enfants au sein des couples, 2016

Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des tâches liées au soin des enfants au sein des couples Surtout l’homme, Surtout la femme et Partagée également, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Surtout l’homme Surtout la femme Partagée également
pourcentage
Superviser les enfants 3,0 38,3 58,8
Reconduire les enfants à leurs activités 11,5 33,3 55,2
Activités des enfants à l’heure du coucher 5,2 39,0 55,8
Aider les enfants à faire leurs devoirs 10,0 42,1 48,0

4.2 Les perceptions des couples quant à leur répartition des tâches ménagères ont-elles changé au cours des dernières années?

En général, les changements dans la répartition du travail selon le sexe ont été lents, ceux-ci affichant une progression graduelle vers l’égalité sur une période de plusieurs décennies (p. ex. Marshall, 2006; Moyser et Burlock, 2018). Les études montrant ce changement au fil du temps ont surtout examiné les différences dans le nombre moyen d’heures consacrées par les femmes et les hommes aux tâches ménagères. Bien que ces renseignements soient utiles pour comprendre les différences dans le temps consacré aux tâches ménagères, les changements dans les perceptions des couples quant à cette répartition du travail peuvent aussi fournir des renseignements importants sur l’évolution de la répartition des tâches ménagères. Dans cette partie de l’étude, on examine s’il y a eu une augmentation de la proportion de couples qui perçoivent les tâches ménagères comme étant partagées également entre 2011 et 2017. Bien qu’il s’agisse d’une période très courte pour examiner ce type de changement, tout changement important dans la répartition des tâches est probablement digne de mention.

Dans l’ensemble, on a observé une augmentation de la proportion de couples qui ont déclaré partager également les tâches ménagères pour 6 des 8 tâches qui pouvaient être examinées (graphique 3). Les augmentations les plus importantes ont été observées pour la préparation des repas quotidiens (4,9 points de pourcentage), la lessive (4,6 points de pourcentage) et le ménage (4,0 points de pourcentage). Toutefois, on ne constate pas de différence statistiquement significative dans la proportion de couples qui partageaient les tâches se rapportant au jardinage et à l’organisation de la vie sociale du ménage entre 2011 et 2017.

L’augmentation du partage égal des tâches ménagères était en grande partie attribuable à la diminution de la tendance de ces tâches à être principalement accomplies par les femmes. En particulier, la proportion de couples qui ont déclaré que les femmes étaient principalement responsables de la préparation des repas quotidiens, du ménage, de la vaisselle, de la lessive ou de l’épicerie a diminué entre 2011 et 2017Note .

En outre, on a observé une augmentation de la proportion de couples qui ont déclaré que l’homme était principalement responsable de l’exécution de certaines tâches ménagères. Notamment, la proportion de couples qui ont déclaré que l’homme assumait la responsabilité première de la lessive est passée de 12,8 % en 2011 à 15,3 % en 2017. Des augmentations plus faibles ont été constatées dans la proportion de couples qui ont déclaré que l’homme était principalement responsable du ménage, de la lessive et de l’épicerieNote .

Ces résultats sont en grande partie conformes à ceux des études qui ont permis de déceler des changements dans les tâches ménagères quotidiennes, comme la préparation des repas, le ménage et la lessive sur une plus longue période (Marshall, 2006; Moyser et Burlock, 2018). Ils corroborent également ces conclusions en indiquant que la proportion de femmes en tant que principales personnes dans le couple ayant pris part à ces activités a diminué entre 2011 et 2017, tandis que la proportion de couples partageant ces tâches a augmenté également.

Graphique 3 Répartition des tâches ménagères au sein des couples, 2011 et 2017

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Répartition des tâches ménagères au sein des couples, 2011 et 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des tâches ménagères au sein des couples. Les données sont présentées selon Surtout l’homme (titres de rangée) et 2011 et 2017, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Surtout l’homme 2011 2017
pourcentage
Préparer les repas quotidiens 10,2 10,8
Faire l'entretien ménager (p. ex. passer l’aspirateur) 7,7 8,6Note **
Faire la vaisselle (y compris les tâches liées au lave-vaisselle automatique) 12,8 15,9Note ***
Faire la lessive 6,8 7,7Note **
Faire l’épicerie 13,7 15,3Note ***
Faire le jardinage 34,1 35,4
Faire des travaux extérieurs (p. ex. les réparations) 84,4 82,9Note **
Organiser la vie sociale du ménage 4,3 4,4
Surtout la femme
Préparer les repas quotidiens 62,0 56,4Note ***
Faire l'entretien ménager (p. ex. passer l’aspirateur) 51,1 46,2Note ***
Faire la vaisselle (y compris les tâches liées au lave-vaisselle automatique) 38,7 32,6Note ***
Faire la lessive 66,6 61,1Note ***
Faire l’épicerie 39,8 35,8Note ***
Faire le jardinage 28,8 28,3
Faire des travaux extérieurs (p. ex. les réparations) 3,4 3,3
Organiser la vie sociale du ménage 45,8 45,4
Partagée également
Préparer les repas quotidiens 27,8 32,7Note ***
Faire l'entretien ménager (p. ex. passer l’aspirateur) 41,2 45,2Note ***
Faire la vaisselle (y compris les tâches liées au lave-vaisselle automatique) 48,4 51,5Note ***
Faire la lessive 26,6 31,2Note ***
Faire l’épicerie 46,5 48,9Note ***
Faire le jardinage 37,0 36,3
Faire des travaux extérieurs (p. ex. les réparations) 12,2 13,8Note ***
Organiser la vie sociale du ménage 49,9 50,2

4.3 Comment les perceptions des couples quant à la répartition du travail non rémunéré diffèrent-elles entre les groupes sociodémographiques?

Bien que les résultats des graphiques 1 et 2 indiquent que les couples n’ont déclaré qu’un petit nombre de tâches ménagères effectuées principalement par l’homme ou principalement par la femme, la répartition entre les sexes de ces tâches peut varier selon les différents types de couples, en fonction de caractéristiques telles que le niveau de scolarité, le statut d’immigrant et la présence d’enfants.

Différences dans la répartition du travail non rémunéré selon le niveau de scolarité

Le niveau de scolarité est l’un des plus importants indicateurs socioéconomiques dans la répartition du travail domestique au sein des couples (Sullivan, 2010). Cela est principalement attribuable à la relation entre l’éducation et les attitudes à l’égard du rôle des sexes, étant donné que les personnes plus scolarisées ont tendance à avoir des attitudes moins traditionnelles à l’égard du rôle des sexes. Les résultats indiquent que le niveau de scolarité des couples joue un rôle dans la répartition des tâches ménagères chez les couples au Canada. Les différences les plus marquées qui ont été observées étaient entre les couples dans lesquels les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires et ceux dans lesquels aucun des deux partenaires n’avait terminé des études postsecondaires (graphique 4).

Pour ce qui est des couples dans lesquels les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires, les hommes étaient plus susceptibles d’assumer la responsabilité principale de la préparation des repas, des tâches ménagères, de la vaisselle et de l’épicerie que les couples dans lesquels aucun partenaire n’avait terminé des études postsecondaires. Les tâches ménagères, comme la préparation des repas, l’entretien ménager, la vaisselle et la lessive, étaient plus susceptibles d’être perçues comme étant partagées également par les couples dans lesquels les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires que par les couples dans lesquels aucun des deux partenaires n’avait terminé des études postsecondaires.

Une répartition différente des tâches ménagères a aussi été observée entre les couples dans lesquels les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires et les couples dans lesquels seul le partenaire masculin avait terminé des études postsecondaires. En particulier, lorsque seul l’homme avait terminé des études postsecondaires, les tâches comme la préparation des repas, l’entretien ménager, la vaisselle, la lessive et l’organisation des activités sociales du ménage étaient plus susceptibles d’être déclarées comme étant effectuées principalement par la femme que dans les couples dans lesquels les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires.

Les résultats indiquent également que les couples étaient plus susceptibles de déclarer que les tâches ménagères étaient effectuées principalement par la femme lorsque seule la femme avait terminé des études postsecondaires, comparativement aux couples où les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires. Lorsque seule la femme avait fait des études postsecondaires, les femmes étaient plus susceptibles d’assumer la responsabilité principale de s’occuper de l’entretien ménager, de faire la vaisselle, de faire l’épicerie, de jardiner et de planifier les activités sociales du ménage que les femmes qui étaient dans des relations où les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires.

Certaines différences ont également été observées entre les couples dans lesquels seule la femme avait terminé des études postsecondaires et les couples dans lesquels aucun des deux partenaires n’avait terminé des études postsecondaires. Les couples dans lesquels la femme avait un plus haut niveau de scolarité que son partenaire étaient moins susceptibles de déclarer que la femme était principalement responsable de la préparation des repas, de la vaisselle, de la lessive, de l’épicerie et de la planification des activités sociales du ménage, comparativement aux couples dans lesquels aucun des deux partenaires n’avait terminé des études postsecondaires.

Graphique 4 Répartition des tâches ménagères, selon le niveau de scolarité du couple, 2017

Tableau de données du graphique 4 
Tableau de données du graphique 4
Répartition des tâches ménagères, selon le niveau de scolarité du couple, 2017

Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des tâches ménagères. Les données sont présentées selon Préparer les repas quotidiens (titres de rangée) et Surtout l’homme, Surtout la femme et Partagée également, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Préparer les repas quotidiens Surtout l’homme Surtout la femme Partagée également
pourcentage
Les deux ont des EPS 11,5 55,1 33,4
L’homme a des EPS, mais pas la femme 9,8 58,6 31,6
La femme a des EPS, mais pas l’homme 11,4 55,2 33,4
Aucun des deux n’a d’EPS 9,0 60,7 30,4
Faire l'entretien ménager
Les deux ont des EPS 9,7 41,3 49,0
L’homme a des EPS, mais pas la femme 7,1 52,0 40,9
La femme a des EPS, mais pas l’homme 8,7 49,9 41,4
Aucun des deux n’a d’EPS 6,9 53,1 40,1
Faire la vaisselle
Les deux ont des EPS 18,3 28,3 53,4
L’homme a des EPS, mais pas la femme 12,7 35,1 52,3
La femme a des EPS, mais pas l’homme 14,3 35,2 50,5
Aucun des deux n’a d’EPS 12,2 40,9 46,9
Faire la lessive
Les deux ont des EPS 8,3 58,2 33,6
L’homme a des EPS, mais pas la femme 6,5 63,6 29,9
La femme a des EPS, mais pas l’homme 7,3 60,5 32,2
Aucun des deux n’a d’EPS 6,7 68,2 25,1
Faire l’épicerie
Les deux ont des EPS 16,1 35,4 48,5
L’homme a des EPS, mais pas la femme 17,1 35,9 47,0
La femme a des EPS, mais pas l’homme 13,4 39,8 46,9
Aucun des deux n’a d’EPS 13,0 35,2 51,8
Faire le jardinage
Les deux ont des EPS 36,0 27,3 36,7
L’homme a des EPS, mais pas la femme 35,1 26,7 38,2
La femme a des EPS, mais pas l’homme 32,2 31,8 36,1
Aucun des deux n’a d’EPS 35,6 30,4 34,0
Faire les travaux extérieurs (p. ex. les réparations)
Les deux ont des EPS 83,6 3,2 13,2
L’homme a des EPS, mais pas la femme 82,3 3,0 14,7
La femme a des EPS, mais pas l’homme 82,0 3,6 14,4
Aucun des deux n’a d’EPS 82,2 3,7 14,1
Organiser la vie sociale du ménage
Les deux ont des EPS 4,5 46,3 49,2
L’homme a des EPS, mais pas la femme 5,1 41,5 53,4
La femme a des EPS, mais pas l’homme 4,3 50,5 45,2
Aucun des deux n’a d’EPS 4,1 43,3 52,6

Il y avait moins de différences dans la répartition des tâches liées aux soins des enfants entre les couples ayant des niveaux de scolarité différents. Il est intéressant de mentionner que même si le plus grand nombre de différences dans la répartition des tâches ménagères entre les sexes était entre les couples dans lesquels les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires et ceux dans lesquels aucun des deux partenaires n’avait terminé des études postsecondaires, les différences les plus faibles ont été observées pour ces deux types de couples dans la répartition des tâches liées aux soins des enfants (graphique 5). Le plus grand nombre de différences pour les tâches liées aux soins des enfants a été observé entre les couples dans lesquels seul l’homme avait terminé des études postsecondaires et les couples dans lesquels seule la femme avait terminé des études postsecondaires.

En outre, des différences dans le niveau de scolarité des couples ont entraîné des variations dans la façon dont les parents se partagent la tâche d’aider leurs enfants à faire leurs devoirs. Dans le cas des couples où seul l’homme avait terminé des études postsecondaires, l’homme était plus susceptible d’être principalement responsable d’aider les enfants à faire leurs devoirs (20,3 %), comparativement aux couples où seule la femme avait terminé des études postsecondaires (4,8 %). De plus, chez les couples où seule la femme avait terminé des études postsecondaires, aider les enfants à faire leurs devoirs était beaucoup plus susceptible d’être déclaré comme étant fait principalement par la femme (54,9 %) que chez les couples où seul l’homme avait terminé des études postsecondaires (26,6 %). Toutefois, dans le cas des couples où seul l’homme avait terminé des études postsecondaires, une proportion plus élevée de couples ont indiqué que la femme était plus susceptible d’être principalement responsable d’aider les enfants à faire leurs devoirs que l’homme (26,6 % et 20,3 %, respectivement)Note .

Différences dans la répartition du travail non rémunéré selon le statut d’immigrant

D’après des travaux de recherche antérieurs, les femmes qui ont migré de pays où les rôles des sexes étaient plus traditionnels assumaient une plus grande part des tâches ménagères au Canada que celles qui ont migré de pays où la répartition du travail était plus équitable (Frank et Hou, 2015). Cela laisse entendre que la répartition du travail domestique entre les sexes parmi les couples d’immigrants peut différer de celle des couples nés au Canada ou des couples dans lesquels un seul partenaire est un immigrant. Plusieurs différences ont été observées entre les couples immigrants et les couples nés au Canada dans la répartition des tâches ménagères (graphique 6).

En général, les couples d’immigrants étaient plus susceptibles que les couples nés au Canada de déclarer que le partenaire masculin assumait la plus grande partie de la responsabilité de l’entretien ménager, de la lessive, de l’épicerie, du jardinage et de l’organisation des activités sociales du ménage. Toutefois, les femmes des couples immigrants étaient plus susceptibles d’être le partenaire principalement responsable de la préparation des repas et de la vaisselle que les femmes des couples nés au Canada. Les couples nés au Canada étaient plus susceptibles que les couples immigrants de déclarer partager les tâches consistant à s’occuper de la vaisselle et du jardinage de façon égale, tandis que les couples d’immigrants étaient plus susceptibles que les couples nés au Canada de déclarer partager également la responsabilité de l’épicerie et de l’organisation de la vie sociale du ménage.

Graphique 5 Répartition des tâches liées aux soins des enfants, selon le niveau d’éducation du couple, 2016

Tableau de données du graphique 5 
Tableau de données du graphique 5
Répartition des tâches liées aux soins des enfants, selon le niveau d’éducation du couple, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des tâches liées aux soins des enfants. Les données sont présentées selon Superviser les enfants (titres de rangée) et Surtout l’homme, Surtout la femme et Partagée également, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Superviser les enfants Surtout l’homme Surtout la femme Partagée également
pourcentage
Les deux ont des EPS 2,6 38,5 58,9
Seul l’homme a des EPS 3,7 38,7 57,6
Seule la femme a des EPS 3,9 37,9 58,2
Aucun des deux n’a d'EPS 5,2 40,0 54,8
Reconduire les enfants à leurs activités
Les deux ont des EPS 11,6 33,6 54,9
Seul l’homme a des EPS 14,6 31,2 54,2
Seule la femme a des EPS 10,5 33,7 55,7
Aucun des deux n’a d'EPS 12,1 32,6 55,4
Activités des enfants à l’heure du coucher
Les deux ont des EPS 5,3 38,1 56,6
Seul l’homme a des EPS 4,9 36,3 58,7
Seule la femme a des EPS 2,7 40,1 57,3
Aucun des deux n’a d'EPS 5,9 44,9 49,2
Aider les enfants à faire leurs devoirs
Les deux ont des EPS 9,8 42,7 47,5
Seul l’homme a des EPS 20,3 26,6 53,2
Seule la femme a des EPS 4,8 54,9 40,3
Aucun des deux n’a d'EPS 8,6 42,3 49,1

Graphique 6 Répartition des tâches ménagères, selon le statut d’immigrant du couple, 2017

Tableau de données du graphique 6 
Tableau de données du graphique 6
Répartition des tâches ménagères, selon le statut d’immigrant du couple, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des tâches ménagères. Les données sont présentées selon Préparation des repas quotidiens (titres de rangée) et Surtout l’homme, Surtout la femme et Partagée également, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Préparation des repas quotidiens Surtout l’homme Surtout la femme Partagée également
pourcentage
Les deux sont nés au Canada 11,8 55,3 32,8
Les deux sont des immigrants 7,4 61,6 31,1
Un est né au Canada, l’autre est un immigrant 12,2 53,4 34,4
Faire l'entretien ménager
Les deux sont nés au Canada 7,6 48,1 44,4
Les deux sont des immigrants 11,4 43,0 45,7
Un est né au Canada, l’autre est un immigrant 9,5 42,4 48,0
Faire la vaisselle
Les deux sont nés au Canada 15,9 32,0 52,1
Les deux sont des immigrants 15,5 36,2 48,3
Un est né au Canada, l’autre est un immigrant 16,6 29,4 54,0
Faire la lessive
Les deux sont nés au Canada 7,2 62,9 30,0
Les deux sont des immigrants 8,8 58,6 32,6
Un est né au Canada, l’autre est un immigrant 7,5 57,1 35,4
Faire l’épicerie
Les deux sont nés au Canada 13,9 39,9 46,3
Les deux sont des immigrants 19,2 24,2 56,6
Un est né au Canada, l’autre est un immigrant 15,4 35,9 48,7
Faire le jardinage
Les deux sont nés au Canada 31,3 31,7 37,0
Les deux sont des immigrants 48,6 18,5 33,0
Un est né au Canada, l’autre est un immigrant 36,8 26,2 37,0
Faire les travaux extérieurs (p. ex. les réparations)
Les deux sont nés au Canada 82,9 3,1 14,0
Les deux sont des immigrants 83,5 3,6 13,0
Un est né au Canada, l’autre est un immigrant 83,1 3,9 13,0
Organiser la vie sociale du ménage
Les deux sont nés au Canada 3,8 48,1 48,1
Les deux sont des immigrants 6,5 38,1 55,4
Un est né au Canada, l’autre est un immigrant 4,0 45,8 50,2

Des résultats similaires ont été observés lorsqu’on compare les couples d’immigrants avec les couples dont l’un des partenaires est un immigrant et l’autre est né au Canada. Par exemple, les couples immigrants étaient plus enclins à déclarer que c’était surtout l’homme qui faisait l’épicerie, le jardinage et s’occupait de l’organisation de la vie sociale du ménage que les couples dans lesquels un partenaire était un immigrant et l’autre était né au Canada. En outre, les femmes des couples immigrants étaient plus susceptibles d’être mentionnées comme étant le partenaire qui assumait la responsabilité principale de la préparation des repas et de la vaisselle, comparativement aux couples dans lesquels un seul partenaire était un immigrant.

Moins de différences ont été observé dans la répartition du travail en fonction du sexe entre les couples nés au Canada et les couples dans lesquels un partenaire est né au Canada et l’autre est un immigrant. En général, les couples nés au Canada étaient plus susceptibles de déclarer que la femme était principalement responsable du ménage, de la lessive, de l’épicerie et du jardinage que les couples ayant un statut d’immigrant mixte. Les couples nés au Canada étaient aussi moins susceptibles que les couples ayant un statut d’immigrant mixte de déclarer qu’ils partageaient la lessive également.

Des différences selon le statut d’immigrant ont également été observées dans certaines tâches liées aux soins des enfants (graphique 7). Les couples d’immigrants étaient plus susceptibles que les couples nés au Canada de déclarer que la femme avait la responsabilité principale des activités des enfants à l’heure du coucher. Les couples dans lesquels les deux partenaires sont nés au Canada étaient plus susceptibles que les couples d’immigrants de déclarer partager également certaines tâches liées aux soins des enfants (p. ex. reconduire les enfants à leurs activités, participer aux activités des enfants à l’heure du coucher et aider les enfants à faire leurs devoirs).

Bien que les couples d’immigrants et les couples ayant un statut d’immigrant mixte aient obtenu des résultats semblables en ce qui a trait à la répartition des tâches ménagères, certaines exceptions ont été observées dans les tâches liées aux soins des enfants. Par exemple, les couples d’immigrants étaient moins enclins à déclarer qu’ils partageaient les activités des enfants à l’heure du coucher et qu’ils aidaient les enfants à faire leurs devoirs de manière égale.

Différences dans la répartition du travail non rémunéré selon la présence de jeunes enfants

La présence d’enfants, en particulier de jeunes enfants, peut aussi jouer un rôle dans la répartition du travail domestique au sein des couples. En règle générale, la naissance d’un enfant accroît le volume de travail domestique pour les femmes, mais ne change pas le travail non rémunéré des hommes de façon substantielle (Frenette, 2011; Sanchez et Thomson, 1997). Des études canadiennes ont démontré que les hommes qui ont de jeunes enfants sont moins susceptibles de participer aux travaux ménagers que leurs homologues ayant des enfants plus âgés, mais qu’ils sont plus susceptibles de participer aux tâches liées aux soins des enfants (Houle, Turcotte et Wendt, 2017).

Les résultats de la présente étude indiquent peu de différences dans la répartition des tâches ménagères entre les couples qui n’ont pas d’enfants de moins de 15 ans, ceux qui avaient au moins un enfant de moins de 5 ans et ceux dont le plus jeune enfant était âgé de 5 à 14 ans (graphique 8).

Les couples n’ayant pas d’enfants de moins de 15 ans étaient moins susceptibles que les couples dont le plus jeune enfant avait moins de 5 ans de déclarer que la femme assumait la plus grande part de la responsabilité de faire la vaisselle et d’organiser les activités sociales du ménage. Ces tâches étaient plus susceptibles d’être déclarées comme étant partagées également chez les couples n’ayant pas d’enfants de moins de 15 ans que chez ceux ayant un enfant de moins de 5 ans.

Graphique 7 Répartition des tâches liées aux soins des enfants, selon le statut d’immigrant du couple, 2016

Tableau de données du graphique 7 
Tableau de données du graphique 7
Répartition des tâches liées aux soins des enfants, selon le statut d’immigrant du couple, 2016

Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des tâches liées aux soins des enfants. Les données sont présentées selon Superviser les enfants (titres de rangée) et Surtout l’homme, Surtout la femme et Partagée également, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Superviser les enfants Surtout l’homme Surtout la femme Partagée également
pourcentage
Les deux sont nés au Canada 2,7 38,2 59,2
Les deux sont des immigrants 4,7 38,2 57,1
Un est né au Canada, l’autre est un immigrant 2,3 41,6 56,1
Reconduire les enfants à leurs activités
Les deux sont nés au Canada 8,6 32,4 59,0
Les deux sont des immigrants 20,1 33,7 46,2
Un est né au Canada, l’autre est un immigrant 10,5 38,4 51,1
Activités des enfants à l’heure du coucher
Les deux sont nés au Canada 4,8 34,0 61,2
Les deux sont des immigrants 6,3 51,1 42,6
Un est né au Canada, l’autre est un immigrant 4,7 36,5 58,9
Aider les enfants à faire leurs devoirs
Les deux sont nés au Canada 7,7 42,7 49,6
Les deux sont des immigrants 15,4 45,3 39,3
Un est né au Canada, l’autre est un immigrant 12,0 36,0 52,0

Graphique 8 Répartition des tâches ménagères, selon la présence d’enfants, 2017

Tableau de données du graphique 8 
Tableau de données du graphique 8
Répartition des tâches ménagères, selon la présence d’enfants, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des tâches ménagères. Les données sont présentées selon Préparation des repas quotidiens (titres de rangée) et Surtout l’homme, Surtout la femme et Partagée également, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Préparation des repas quotidiens Surtout l’homme Surtout la femme Partagée également
pourcentage
Aucun enfant de moins de 15 ans 11,2 55,5 33,3
Le plus jeune enfant a moins de 5 ans 10,4 57,9 31,8
Le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans 10,1 58,3 31,7
Faire l'entretien ménager
Aucun enfant de moins de 15 ans 9,2 45,0 45,8
Le plus jeune enfant a moins de 5 ans 9,1 46,1 44,8
Le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans 6,1 50,3 43,6
Faire la vaisselle
Aucun enfant de moins de 15 ans 15,9 31,2 53,0
Le plus jeune enfant a moins de 5 ans 16,7 36,5 46,9
Le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans 15,1 34,1 50,7
Faire la lessive
Aucun enfant de moins de 15 ans 7,5 61,3 31,1
Le plus jeune enfant a moins de 5 ans 8,0 61,5 30,5
Le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans 8,0 59,8 32,3
Faire l’épicerie
Aucun enfant de moins de 15 ans 14,9 34,4 50,8
Le plus jeune enfant a moins de 5 ans 16,9 35,5 47,7
Le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans 15,3 41,2 43,6
Faire le jardinage
Aucun enfant de moins de 15 ans 33,8 29,2 37,0
Le plus jeune enfant a moins de 5 ans 41,0 24,6 34,5
Le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans 35,8 28,6 35,6
Faire des travaux extérieurs (p. ex. les réparations)
Aucun enfant de moins de 15 ans 83,0 3,3 13,7
Le plus jeune enfant a moins de 5 ans 83,7 3,9 12,5
Le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans 82,0 2,7 15,3
Organiser la vie sociale du ménage
Aucun enfant de moins de 15 ans 4,2 43,5 52,3
Le plus jeune enfant a moins de 5 ans 4,4 47,6 48,1
Le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans 5,1 50,1 44,9

Chez les couples ayant des enfants de moins de 15 ans, peu de différences ont été observées en ce qui concerne les tâches ménagères. Les couples qui avaient au moins un enfant de moins de 5 ans étaient plus susceptibles que ceux qui avaient des enfants plus âgés de déclarer que les tâches ménagères et le jardinage étaient effectués principalement par l’homme. En outre, s’occuper de l’épicerie était plus susceptible d’être déclaré comme une tâche qui était partagée également chez les couples ayant un enfant de moins de 5 ans que chez les couples ayant des enfants plus âgés.


Des différences dans la répartition de certaines tâches liées aux soins des enfants ont été observées entre les couples ayant des enfants. Par exemple, les couples qui avaient au moins un enfant de moins de 5 ans étaient moins susceptibles que les couples ayant des enfants plus âgés de déclarer que l’homme était principalement responsable de la supervision des enfants (graphique 9). Cependant, les couples ayant un enfant de moins de 5 ans étaient plus susceptibles que ceux ayant des enfants plus âgés de déclarer partager cette tâche de façon égale. En outre, les couples ayant un enfant de moins de 5 ans étaient plus susceptibles de déclarer que la femme assumait la responsabilité principale de s’occuper des activités des enfants à l’heure du coucher et moins susceptibles de déclarer que la femme était principalement responsable de reconduire les enfants à des activités que les couples ayant des enfants plus âgés.

Graphique 9 Répartition des tâches liées aux soins des enfants, selon la présence d’enfants, 2016

Tableau de données du graphique 9 
Tableau de données du graphique 9
Répartition des tâches liées aux soins des enfants, selon la présence d’enfants, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des tâches liées aux soins des enfants. Les données sont présentées selon Superviser les enfants (titres de rangée) et Surtout l’homme, Surtout la femme et Partagée également, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Superviser les enfants Surtout l’homme Surtout la femme Partagée également
pourcentage
Le plus jeune enfant a moins de 5 ans 2,6 34,0 63,5
Le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans 3,5 43,7 52,8
Reconduire les enfants à leurs activités
Le plus jeune enfant a moins de 5 ans 13,0 29,9 57,0
Le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans 9,4 37,8 52,8
Participer aux activités des enfants à l’heure du coucher
Le plus jeune enfant a moins de 5 ans 5,2 41,1 53,7
Le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans 5,2 36,8 58,1
Aider les enfants à faire leurs devoirs
Le plus jeune enfant a moins de 5 ans 10,5 41,5 48,0
Le plus jeune enfant a entre 5 et 14 ans 8,6 43,7 47,7

4.4 Les femmes et les hommes déclarent-ils des niveaux de satisfaction semblables en ce qui concerne la répartition du travail domestique?

Des études ont démontré que les hommes d’Australie, du Royaume-Uni et des États-Unis étaient plus satisfaits que les femmes en ce qui concerne la répartition des tâches ménagères. Toutefois, malgré une répartition inégale du travail, une proportion élevée de femmes ont indiqué qu’elles étaient satisfaites de la répartition du travail (Baxter et Western, 1998). L’écart apparent entre la répartition inégale du travail domestique et le niveau de satisfaction des femmes s’explique par différentes perspectives théoriques, comme le pouvoir économique relatif de la femme au sein du ménage, ainsi que par les attitudes et les normes sociales liées au rôle des sexes, qui peuvent avoir une incidence sur ce qui est considéré comme une répartition appropriée du travail pour chaque partenaire (Baxter et Western, 1998; Geist, 2005; van Hooff, 2011). Par conséquent, bien qu’il puisse y avoir une répartition inégale du travail au sein d’un ménage, les couples ne sont pas nécessairement insatisfaits de leur situation.

Cependant, des travaux de recherche récents menés en Allemagne ont également démontré que la satisfaction des femmes à l’égard de la répartition des tâches ménagères a diminué, tandis que celle des hommes a augmenté (Leopold, 2019). Par conséquent, en dépit du nombre moins élevé d’heures consacrées aux tâches ménagères par rapport aux cohortes antérieures, les femmes sont maintenant moins satisfaites de la répartition du travail domestique. Leopold (2019) attribue cela à l’évolution des attitudes à l’égard des rôles des sexes; il mentionne que, puisque les cohortes plus récentes de femmes sont plus scolarisées et ont des attitudes plus égalitaires, elles sont plus susceptibles de dévaloriser les tâches ménagères. Toutefois, l’évolution des attitudes à l’égard des rôles des sexes peut aussi réduire la tendance des hommes à considérer le travail ménager comme une tâche propre au sexe, ce qui leur donne une satisfaction accrue à l’égard de la répartition des tâches ménagères.

Les résultats montrent que la majorité des femmes et des hommes étaient satisfaits ou très satisfaits de la répartition du travail non rémunéré au sein de leur ménage (graphique 10). Toutefois, les femmes étaient moins susceptibles que les hommes de déclarer qu’elles étaient satisfaites ou très satisfaites de la répartition du travail non rémunéré (76,3 % et 88,4 %, respectivement). Les femmes étaient aussi proportionnellement plus susceptibles que les hommes à déclarer leur mécontentement à l’égard de la répartition des tâches ménagères, près de 1 femme sur 10 (9,7 %) ayant déclaré être insatisfaite ou très insatisfaite, comparativement à 2,6 % des hommesNote . D’autres analyses ont indiqué que les femmes étaient moins susceptibles de déclarer être satisfaites ou très satisfaites à cet égard, même lorsque les différences sociodémographiques et les différences d’emploi étaient prises en compte dans un modèle de régression (les résultats ne sont pas présentés, mais peuvent être fournis sur demande).

Graphique 10 Satisfaction à l’égard de la répartition des tâches ménagères, selon le sexe, 2016

Tableau de données du graphique 10 
Tableau de données du graphique 10
Satisfaction à l’égard de la répartition des tâches ménagères, selon le sexe, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Satisfaction à l’égard de la répartition des tâches ménagères Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Hommes Femmes
pourcentage
Très satisfait ou satisfait 88,4 76,3
Ni satisfait ni insatisfait 9,1 14,0
Insatisfait ou très insatisfait 2,6 9,7

Il est utile d’examiner plus en détail les caractéristiques des hommes et des femmes qui n’étaient pas satisfaits de la répartition des tâches ménagères pour comprendre les différences dans leur niveau de satisfaction. Des modèles de régression par les moindres carrés ordinaires (MCO)Note  qui permettent d’examiner les relations entre les caractéristiques sociodémographiques et liées à l’emploi et la probabilité d’être insatisfait de la répartition des tâches ménagères ont été réalisés pour les hommes et pour les femmes. En examinant chaque sexe séparément, il est possible de savoir si différents facteurs sont associés au mécontentement des femmes et des hommes à l’égard de la répartition des tâches ménagères. Dans l’ensemble, l’état matrimonial n’est pas associé à la probabilité d’être insatisfait de la répartition des tâches ménagères, pour les hommes comme pour les femmes (tableau 1).

En outre, la plupart des autres caractéristiques n’étaient pas des prédicteurs significatifs du mécontentement des hommes. Cependant, quelques résultats intéressants ont été trouvés en ce qui concerne les femmes.

Premièrement, les femmes qui étaient dans des couples plus âgés (les deux partenaires avaient 45 ans ou plus) étaient plus insatisfaites de la répartition des tâches ménagères que les femmes dans des couples plus jeunes (les deux partenaires étaient âgés de 30 à 44 ans et les deux partenaires avaient moins que 30 ans, respectivement).

Bien que la présence d’enfants de moins de 15 ans ne soit pas un prédicteur statistiquement significatif du mécontentement des hommes à l’égard de la répartition des tâches ménagères, c’est le cas pour les femmes. Les femmes qui avaient des enfants de moins de 15 ans étaient plus susceptibles d’être insatisfaites de la répartition des tâches ménagères que les femmes qui n’avaient pas d’enfants de moins de 15 ans. Cela était vrai pour les femmes qui avaient au moins un enfant de moins de 5 ans et les femmes qui avaient des enfants plus âgés.

Le niveau de scolarité des couples jouait un rôle dans le mécontentement des hommes comme des femmes à l’égard de la répartition des tâches ménagères. Les hommes qui n’avaient pas de titres d’études postsecondaires, mais dont le partenaire en avait, ainsi que les hommes qui étaient dans une relation dans laquelle aucun des deux partenaires n’avait terminé des études postsecondaires, étaient moins susceptibles d’être insatisfaits de la répartition des tâches ménagères que les hommes qui étaient dans une relation dans laquelle les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires. Toutefois, les femmes qui avaient terminé des études postsecondaires et dont le partenaire n’avait pas terminé des études postsecondaires étaient plus susceptibles de se déclarer insatisfaites de leur répartition des tâches ménagères que les femmes qui étaient dans une relation où les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires.

En outre, bien que le statut d’immigrant ne soit pas associé au mécontentement des hommes à l’égard de la répartition des tâches ménagères dans leur ménage, il est un facteur pour les femmes. Lorsque les deux partenaires étaient nés au Canada, les femmes étaient plus susceptibles d’être insatisfaites que les immigrantes dont le partenaire était également immigrant. De même, les femmes nées au Canada dont le partenaire était un immigrant étaient plus susceptibles d’être insatisfaites de la répartition du travail ménager que les immigrantes dont le partenaire était un immigrant.

Enfin, le statut d’emploi était également un prédicteur de l’insatisfaction chez les femmes. Les femmes qui travaillaient à temps plein comme employées rémunérées ou comme travailleuses autonomes étaient plus susceptibles d’être insatisfaites de la répartition des tâches ménagères que leurs homologues qui ne travaillaient pas. Toutefois, il n’y a pas de différence statistiquement significative entre le mécontentement des femmes qui travaillaient à temps partiel et celui des femmes qui travaillaient à temps plein.


Tableau 1
La régression par la méthode des moindres carrés ordinaires de la probabilité d’être insatisfait de la répartition des tâches ménagères d'après les facteurs sociodémographiques et les facteurs liés à l'emploi, hommes et femmes, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de La régression par la méthode des moindres carrés ordinaires de la probabilité d’être insatisfait de la répartition des tâches ménagères d'après les facteurs sociodémographiques et les facteurs liés à l'emploi Hommes et Femmes, calculées selon Coefficient et Erreur-type unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Hommes Femmes
Coefficient Erreur-type Coefficient Erreur-type
Groupe d’âge du couple
Les deux partenaires ont 45 ans ou plus (groupe de référence) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Les deux partenaires ont entre 30 et 44 ans -0,009 0,012 -0,036Tableau 1 Note  0,021
Les deux partenaires ont moins de 30 ans -0,015 0,014 -0,054Note * 0,025
Les partenaires appartiennent à des groupes d’âge différents -0,010 0,012 0,000 0,025
Présence d’enfants de moins de 15 ans
Aucun enfant de moins de 15 ans (groupe de référence) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Enfants de moins de 15 ans, le plus jeune a entre 5 et 14 ans -0,002 0,010 0,046Note * 0,022
Enfants de moins de 15 ans, le plus jeune a moins de 5 ans 0,020 0,014 0,065Note ** 0,020
Niveau de scolarité du couple
Les deux partenaires ont terminé des études postsecondaires Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
L’homme a terminé ses études postsecondaires, mais pas la femme -0,006 0,011 0,000 0,016
La femme a terminé ses études postsecondaires, mais pas l’homme -0,024Note ** 0,007 0,041Note * 0,020
Aucun des partenaires n’a terminé ses études postsecondaires -0,021Note * 0,008 0,009 0,017
Statut d’immigrant du couple
Les deux partenaires sont des immigrants (groupe de référence) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Les deux partenaires sont nés au Canada 0,012 0,009 0,038Note * 0,015
L’homme est un immigrant, la femme est née au Canada 0,009 0,014 0,103Note ** 0,033
La femme est une immigrante, l’homme est né au Canada 0,000 0,012 0,032 0,026
État matrimonial
En union libre (groupe de référence) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Légalement mariés 0,015 0,011 0,020 0,016
Situation d’emploi
Travaillait à temps plein en tant qu’employé rémunéré ou que travailleur autonome (groupe de référence) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Travaillait à temps partiel en tant qu’employé rémunéré ou en tant que travailleur autonome 0,002 0,014 -0,020 0,018
Ne travaillait pas -0,007 0,008 -0,055Note *** 0,012

Conclusion

Il a été établi que la répartition du travail domestique constitue un aspect clé de l’égalité entre les femmes et les hommes. Au cours des dernières décennies, l’augmentation considérable de la participation des femmes à la population active et de leur niveau de scolarité a donné lieu à un examen afin de déterminer si leur travail au foyer a aussi évolué au fil du temps. Bien que la plupart des travaux de recherche indiquent que les femmes continuent d’assumer la majorité du travail non rémunéré dans leur foyer, il y a eu une certaine convergence au chapitre des heures que les femmes et les hommes consacrent aux tâches domestiques. 

L’un des inconvénients des ouvrages antérieurs portant sur la répartition du travail non rémunéré entre les sexes est qu’il existe peu de renseignements sur les différences de perception des couples quant à la répartition du travail domestique entre les différents sous-groupes de couples, particulièrement dans le contexte canadien. La présente étude a comblé ces lacunes en traitant des différences dans la répartition des tâches ménagères et des tâches liées aux soins des enfants déclarées par les couples représentant divers groupes sociodémographiques.

Dans l’ensemble, la majorité des couples ont déclaré que seules quelques tâches ménagères étaient effectuées surtout par la femme ou surtout par l’homme. Toutefois, les femmes étaient plus susceptibles d’assumer la responsabilité principale des tâches routinières comme la préparation des repas et la lessive. À l’inverse, le travail extérieur (p. ex. les réparations) était une tâche où les hommes prédominaient. Ces résultats concordent avec ceux des études antérieures selon lesquels les femmes avaient tendance à accomplir principalement des tâches ménagères routinières, tandis que les hommes assumaient de nombreuses tâches non routinières, en particulier celles liées aux réparations du logement (p. ex. Barnett et Shen, 1997; Coltrane, 2000; Houle, Turcotte et Wendt, 2017; Marshall, 2006; Moyser et Burlock, 2018).

Plus du tiers des couples ont indiqué que la femme était principalement responsable des tâches liées aux soins des enfants, et une proportion beaucoup plus faible a indiqué que ces tâches étaient exécutées principalement par l’homme. Cela donne à penser que, dans les ménages où les tâches liées aux soins des enfants ne sont pas partagées également, ce travail est effectué principalement par la femme. Toutefois, la majorité des couples ont déclaré un partage égal des tâches liées aux soins des enfants, comme superviser les enfants (55,2 %), reconduire les enfants à leurs activités (55,2 %) et participer aux activités des enfants à l’heure du coucher (55,8 %). Bien que ces résultats semblent contrebalancer les données sur l’utilisation du temps indiquant que les femmes consacrent plus de temps que les hommes aux tâches liées aux soins des enfants, une partie de cette différence peut s’expliquer par les types de tâches liées aux soins des enfants étudiées. Par exemple, Moyser et Burlock (2018) ont constaté que l’écart entre les sexes dans le temps consacré par les hommes et les femmes à des tâches liées aux soins des enfants était plus faible pour les tâches liées à l’engagement, au développement et à l’éducation des enfants.

Une augmentation de la proportion de couples qui ont déclaré partager également les tâches ménagères a aussi été observée entre 2011 et 2017 pour la majorité des tâches ménagères. Malgré la courte période examinée, seules deux des huit tâches qui pouvaient être examinées, à savoir le jardinage et l’organisation de la vie sociale du ménage, sont restées statiques. Ces augmentations étaient en grande partie attribuables à des diminutions dans les tâches que les couples ont déclaré être effectuées principalement par la femme.

Le niveau de scolarité des couples jouait un rôle dans leur répartition des tâches ménagères. En général, les couples dans lesquels les deux partenaires avaient terminé des études postsecondaires étaient plus susceptibles de déclarer partager les tâches également que les couples dans lesquels aucun partenaire avait terminé des études postsecondaires. Ces résultats concordent avec ceux des travaux de recherche antérieurs qui ont révélé une plus grande égalité dans la répartition du travail domestique chez les couples ayant un niveau de scolarité plus élevé (p. ex. Sullivan, 2010).

Le statut d’immigrant était également associé à des variations dans la répartition du travail des couples. Bien que les couples d’immigrants et les couples nés au Canada aient été plus susceptibles de déclarer que la plupart des tâches étaient effectuées principalement par la femme plutôt que par l’homme, quelques différences intéressantes ont été observées. Par exemple, comparativement aux couples nés au Canada, une proportion plus élevée de couples immigrants ont indiqué que l’homme assumait la responsabilité principale de plusieurs tâches ménagères routinières. Cette différence peut être attribuable en partie au fait que les immigrants sont, en moyenne, plus scolarisés que la population née au Canada (Statistique Canada, 2017b). En raison du système canadien de sélection des immigrants, les immigrants qui arrivent au pays ont souvent un niveau de scolarité élevé, ce qui pourrait avoir une incidence sur la répartition du travail entre les sexes dans leurs ménages. Par conséquent, ces résultats peuvent être propres au Canada et ne sont pas nécessairement comparables aux résultats obtenus dans d’autres pays.

Des études antérieures indiquent que la parentalité augmente généralement le temps que les femmes consacrent au travail non rémunéré au foyer et que la naissance d’un enfant réduit généralement le nombre d’heures de travail rémunéré des femmes, mais n’a que peu d’effets sur les heures de travail rémunérées des hommes (Frenette, 2011; Sanchez et Thomson, 1997). La présente étude a démontré que l’âge du plus jeune enfant d’un couple était important. Les couples qui avaient au moins un enfant de moins de 5 ans étaient plus susceptibles de déclarer que l’homme assumait la responsabilité principale des tâches ménagères et du jardinage que les couples ayant des enfants plus âgés. En outre, les couples dont le plus jeune enfant était âgé de moins de 5 ans étaient plus susceptibles que ceux qui avaient des enfants plus âgés de déclarer partager également la tâche de supervision. Cela est conforme à une étude canadienne antérieure qui a révélé que les pères ayant des enfants plus jeunes participaient davantage aux tâches liées aux soins des enfants que ceux ayant des enfants plus âgés (Houle, Turcotte et Wendt, 2017).

Enfin, la présente étude fournit de nouveaux renseignements sur le degré de satisfaction des couples canadiens à l’égard de la répartition du travail non rémunéré dans leur ménage. Dans l’ensemble, la grande majorité des hommes et des femmes des couples canadiens étaient satisfaits ou très satisfaits de la répartition du travail domestique. Toutefois, les femmes étaient moins susceptibles de déclarer être satisfaites de la répartition des tâches ménagères que les hommes. Ces résultats sont conformes à ceux d’études provenant d’autres pays (p. ex. Baxter et Western, 1998) et portent à croire qu’il existe un certain écart dans la mesure où les femmes et les hommes sont satisfaits de la quantité de travail ménager qu’ils accomplissent. En outre, certaines caractéristiques, comme le fait d’avoir des enfants de moins de 15 ans, le statut d’immigrant et le statut d’emploi, étaient associées à différents niveaux de satisfaction à l’égard de cette répartition chez les femmes.

La présente étude donne un premier aperçu des différences dans la répartition des tâches ménagères et des tâches liées aux soins des enfants entre les groupes sociodémographiques, ce qui nous permet d’approfondir nos connaissances sur la répartition du travail non rémunéré au sein des différents types de couples au Canada. L’une des limites de l’étude est que les conclusions descriptives présentées ne tiennent pas compte d’autres facteurs qui peuvent jouer un rôle d’intervention dans ces différences. Un examen plus approfondi de facteurs tels que l’âge ou le statut d’emploi contribuerait à une meilleure compréhension de ces différences.

Les résultats présentés dans la présente étude peuvent donner aux décideurs un aperçu des groupes qui ont plus ou moins d’équité dans leur travail non rémunéré. Ils indiquent également les tâches qui sont les plus susceptibles d’être réparties plus également, alors que les caractéristiques sociodémographiques des couples évoluent.

Il est important de mentionner que les résultats présentés dans la présente étude rendent compte de la répartition entre les sexes des tâches ménagères et des tâches liées aux soins des enfants avant la pandémie de COVID-19. Il sera important de suivre ces tendances à l’avenir car elles ont des implications importantes pour les opportunités des femmes sur le marché du travail rémunéré. En fait, un article récent (Zossou 2021) a examiné la répartition par sexe de six tâches ménagères au niveau agrégé (et non par caractéristiques socio-économiques), y compris faire la vaisselle, les travaux ménagers, la lessive, la préparation des repas, les finances du ménage et l'épicerie). Dans chaque cas, la proportion de membres de couples de sexe opposé ayant déclaré que la tâche était principalement effectuée par l'homme a augmenté entre 2017 et 2020 (entre le 15 et le 21 juin). Le suivi des tendances dans d'autres tâches traditionnellement effectuées par la femme (par exemple, la garde des enfants) ou l'homme (par exemple le travail à l'extérieur) sera important pour déterminer le plein impact du COVID-19 sur le partage du travail au sein des couples.

Annexe

Annexe Graphique A.1 Répartition des tâches ménagères déclarées, selon le sexe du répondant, 2017

Tableau de données du annexe graphique A.1 
Tableau de données du annexe graphique A.1
Répartition des tâches ménagères déclarées, selon le sexe du répondant, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des tâches ménagères déclarées Surtout l’homme, Surtout la femme et Partagée également, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Surtout l’homme Surtout la femme Partagée également
pourcentage
Préparation des repas quotidiens
Femme 13,2 52,0 34,8
Homme 8,4 61,1 30,5
Faire l'entretien ménager
Femme 11,7 38,2 50,1
Homme 5,5 54,5 40,0
Faire la vaisselle
Femme 18,9 25,0 56,1
Homme 12,7 40,5 46,8
Faire la lessive
Femme 8,8 57,6 33,6
Homme 6,5 64,7 28,8
Faire l’épicerie
Femme 16,4 30,6 53,0
Homme 14,0 41,3 44,7
Faire le jardinage
Femme 38,0 24,0 38,0
Homme 32,7 32,7 34,5
Faire des travaux extérieurs (p. ex. les réparations)
Femme 86,0 2,2 11,9
Homme 79,7 4,5 15,8
Organiser la vie sociale du ménage
Femme 5,1 43,2 51,7
Homme 3,7 47,7 48,6

Tableau 1 de l’annexe
Renseignements descriptifs pour les variables clés dans les échantillons de 2011, de 2016 et de 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Renseignements descriptifs pour les variables clés dans les échantillons de 2011 Échantillon de 2011, Échantillon de 2016 et Échantillon de 2017, calculées selon pourcentage et nombre unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Échantillon de 2011 Échantillon de 2016 Échantillon de 2017
pourcentage
Sexe du répondant
Masculin 51,4 51,0 51,0
Féminin 48,6 49,0 49,0
Groupe d’âge du couple
Les deux partenaires sont plus âgés (50 ans ou plus) 50,1 55,1 53,7
Les deux partenaires sont plus jeunes (moins de 50 ans) 47,8 42,7 44,0
Les deux partenaires appartiennent à des groupes d’âge différents 2,1 2,2 2,3
Niveau de scolarité du couple
Les deux partenaires ont terminé des études postsecondaires 40,5 54,0 54,2
L’homme a terminé ses études postsecondaires, mais pas la femme 15,5 12,6 12,1
La femme a terminé ses études postsecondaires, mais pas l’homme 16,1 13,5 14,0
Aucun des partenaires n’a terminé ses études postsecondaires 27,9 19,8 19,7
Présence d’enfants de moins de 15 ans
Aucun enfant de moins de 15 ans 62,4 65,6 64,6
Enfants de moins de 15 ans, le plus jeune a entre 0 et 4 ans 18,8 16,1 18,3
Enfants de moins de 15 ans, le plus jeune a entre 5 et 14 ans 18,9 18,2 17,1
Statut d’immigrant du couple
Les deux partenaires sont des immigrants 18,9 21,2 22,3
Un des deux partenaires est un immigrant, l’autre est né au Canada 12,1 11,7 11,6
Les deux partenaires sont nés au Canada 69,1 67,2 66,2
nombre
Taille de l’échantillon 12 787 10 596 11 275

Annexe Graphique A.2 Répartition des tâches ménagères chez les couples dans lesquels les deux partenaires ont des études postsecondaires, selon le groupe d’âge, 2017

Tableau de données du annexe graphique A.2 
Tableau de données du annexe graphique A.2
Répartition des tâches ménagères chez les couples dans lesquels les deux partenaires ont des études postsecondaires, selon le groupe d’âge, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des tâches ménagères chez les couples dans lesquels les deux partenaires ont des études postsecondaires Surtout l’homme, Surtout la femme et Partagée également, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Surtout l’homme Surtout la femme Partagée également
pourcentage
Préparation des repas quotidiens
Les deux sont âgés de 45 ans ou plus 11,5 57,9 30,6
Les deux sont âgés de 30 à 44 ans 11,6 53,1 35,4
Les deux ont moins de 30 ans 12,4 46,5 41,2
Faire l'entretien ménager
Les deux sont âgés de 45 ans ou plus 10,6 43,1 46,4
Les deux sont âgés de 30 à 44 ans 9,6 40,7 49,7
Les deux ont moins de 30 ans 6,6 33,6 59,9
Faire la vaisselle
Les deux sont âgés de 45 ans ou plus 17,2 28,1 54,7
Les deux sont âgés de 30 à 44 ans 19,7 27,8 52,5
Les deux ont moins de 30 ans 20,8 23,9 55,3
Faire la lessive
Les deux sont âgés de 45 ans ou plus 7,5 62,7 29,8
Les deux sont âgés de 30 à 44 ans 9,1 53,7 37,2
Les deux ont moins de 30 ans 7,9 53,3 38,9
Faire l’épicerie
Les deux sont âgés de 45 ans ou plus 16,5 36,2 47,2
Les deux sont âgés de 30 à 44 ans 16,5 35,8 47,8
Les deux ont moins de 30 ans 10,3 29,3 60,4
Faire le jardinage
Les deux sont âgés de 45 ans ou plus 32,7 29,5 37,9
Les deux sont âgés de 30 à 44 ans 39,5 24,0 36,5
Les deux ont moins de 30 ans 36,5 27,1 36,4
Faire des travaux extérieurs (p. ex. les réparations)
Les deux sont âgés de 45 ans ou plus 84,2 3,3 12,5
Les deux sont âgés de 30 à 44 ans 83,1 3,3 13,6
Les deux ont moins de 30 ans 85,6 1,4 13,0
Organiser la vie sociale du ménage
Les deux sont âgés de 45 ans ou plus 4,2 46,1 49,7
Les deux sont âgés de 30 à 44 ans 4,6 47,3 48,0
Les deux ont moins de 30 ans 6,4 40,1 53,6

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