Études analytiques — Méthodes et références
Les antécédents professionnels des Canadiens peuvent-ils être induits des données administratives? Étude de faisabilité

par René Morissette et Hanqing Qiu
Division de l’analyse sociale et de la modélisation
Date de diffusion : le 9 décembre 2021

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Remerciement

La présente étude est financée par le ministère des Femmes et de l’Égalité des genres.

Résumé

La présente étude permet d’évaluer dans quelle mesure les données administratives, à savoir le Fichier de données longitudinales sur la main-d’œuvre (FDLMO) de Statistique Canada, peuvent être utilisées pour construire les antécédents professionnels des personnes. Elle décrit les raisons pour lesquelles les renseignements obtenus à partir des antécédents professionnels sont utiles, donne un bref aperçu des ensembles de données canadiens qui ont mesuré les antécédents professionnels à ce jour, et met en évidence les forces et les faiblesses du FDLMO et des enquêtes auprès des ménages concernant la construction des antécédents professionnels des particuliers. À l’aide d’un cadre simple pour mesurer les antécédents professionnels, l’étude permet de déterminer les composantes de ce cadre qui peuvent être mesurées adéquatement à l’aide du FDLMO couplé au Recensement de la population de 1991. La principale conclusion tirée est que, même s’il ne comprend pas de renseignements sur les principales variables temporelles, comme la profession et les heures de travail, le FDLMO couplé au Recensement de la population peut servir à mesurer les antécédents professionnels des personnes dans une assez grande mesure.

Mots clés : antécédents professionnels; antécédents d’emploi; cycle de vie; parcours de vie.

1 Introduction

Combien d’employeurs les travailleurs canadiens ont-ils au cours de leur carrière? Combien gagnent-ils, en moyenne, pendant leurs années de service? À quelle fréquence perdent-ils leur emploi ou ont-ils une interruption de travail en raison d’une blessure ou d’une maladie? Quelle proportion d’entre eux est employée en permanence et, à l’inverse, quelle proportion des travailleurs canadiens vit des périodes importantes sans emploi? Dans quelle mesure les employés occupent-ils des emplois dans lesquels ils travaillent pour le même employeur pour au moins 10 années consécutives? Dans quelle mesure les travailleurs occupent-ils de multiples emplois au cours d’une année donnée? À quelle fréquence les travailleurs passent-ils des petites entreprises aux grandes entreprises, ou d’emplois non syndiqués aux emplois syndiqués? À quelle fréquence connaissent-ils des hausses ou des baisses substantielles en matière de rémunération d’une année à l’autre?

Les chercheurs, les administrations publiques, les médias et les Canadiens en général posent souvent ces questions. Elles reflètent un intérêt fort et généralisé pour les trajectoires d’emploi et de rémunération que divers groupes de personnes au Canada connaissent au cours de leur vie, pour les transitions que ces groupes effectuent au cours de leur carrière et pour les événements clés (p. ex. perte d’emploi, blessure, maladie, congé parental, promotions) qui touchent leur bien‑être et leurs perspectives d’emploi.

Par le passé, les organismes statistiques ont généralement utilisé des enquêtes auprès des ménages pour répondre à ces questions. Une stratégie élaborée consiste à concevoir des enquêtes longitudinales qui permettent le suivi des particuliers au fil du temps et à recueillir des renseignements sur la participation des travailleurs au marché du travail sur une base annuelle. Une autre approche adoptée consiste à mener périodiquement des enquêtes transversales sur les ménages qui sont fondées sur de l’information rétrospective (c.-à-d. en posant des questions aux personnes au sujet de leurs antécédents professionnels).

Bien que les enquêtes sur les ménages mentionnées ci-dessus, fondées sur des données de panel ou des données rétrospectives, aient permis aux chercheurs de mieux comprendre les antécédents professionnels des personnes, elles ont fait l’objet d’un examen détaillé ces derniers temps (Meyer, Mok et Sullivan, 2015; Meyer et Mittag, 2019). L’une des raisons est que les enquêtes longitudinales auprès des ménages menées sur une base annuelle sont relativement coûteuses. Une autre raison est que, pour certaines de ces enquêtes, et plus généralement certaines enquêtes auprès des ménages, il a récemment été difficile de maintenir des taux de réponse relativement élevés. Par exemple, le taux de réponse global pour l’Enquête sociale générale était de 51 % en 2016, en baisse par rapport à 80 % en 1989. Combinés au fait que les enquêtes fondées sur des données rétrospectives peuvent être soumises à un biais de rappel (le fait que la qualité de l’information fournie diminue à mesure que la période considérée remonte plus loin dans le temps), ces défis peuvent soulever des doutes quant à savoir si les enquêtes auprès des ménages sont maintenant le meilleur instrument pour construire les antécédents professionnels des particuliers (Meyer, Mok et Sullivan, 2015).

En l’absence d’autres ensembles de données, de telles préoccupations seraient difficiles à aborder. Heureusement, d’autres ensembles de données fondés sur des dossiers administratifs sont apparus au cours des dernières décennies. L’un de ces ensembles de données administratives, le Fichier de données longitudinales sur la main-d’œuvre (FDLMO) de Statistique Canada, couvre l’univers des employés au Canada, recueille des renseignements exacts sur la rémunération, l’emploi et les arrêts de travail, et effectue maintenant le suivi des travailleurs sur une période de 30 ans (c.-à-d. de 1989 à 2018). Pour ces raisons, le FDLMO peut être un outil utile pour établir les antécédents professionnels des particuliers. Jusqu’à présent, on n’a pas examiné en profondeur si tel est le cas ou nonNote  .

L’objectif de cette étude est de combler cette lacune en matière d’information et d’examiner dans quelle mesure le FDLMO peut être utilisé pour déduire les antécédents professionnels des Canadiens. La section 2 décrit les raisons pour lesquelles les renseignements obtenus à partir des antécédents professionnels sont utiles. La section 3 présente un aperçu des ensembles de données canadiennes qui ont mesuré les antécédents professionnels. La section 4 met en évidence les forces et les faiblesses des enquêtes auprès des ménages et celles du FDLMO en ce qui concerne la construction des antécédents professionnels des particuliers. La section 5 fournit un cadre simple pour mesurer les antécédents professionnels. La section 6 indique les composantes de ce cadre qui peuvent être mesurées adéquatement au moyen du FDLMO. Une discussion et des remarques finales s’ensuivent.

2 Utilité des antécédents professionnels

Les antécédents professionnels décrivent généralement les trajectoires d’emploi, les trajectoires de revenus et les trajectoires connexes observées pour les particuliers au cours de leur vie, ou du moins d’une partie de celle-ci. Les trajectoires d’emploi comprennent plusieurs éléments, comme le nombre et la durée des périodes d’emploi ou de chômage, les transitions que les particuliers effectuent d’un employeur à l’autre dans un marché local donné ou sur les marchés du travail locaux, les transitions que les particuliers effectuent à l’échelle des situations d’emploi (par exemple, au chômage, employé, inactif), les raisons sous-jacentes aux cessations d’emploi permanentes des employés (par exemple, démission, mise à pied, départ à la retraite), le type de période temporaire sans emploi vécu par les employés au cours d’une période d’emploi donnée (par exemple congé parental, maladie, blessure), le type d’emploi occupé par les travailleurs pendant une période d’emploi donnée (p. ex. l’industrie d’emploi, la profession, la situation syndicale, à temps partiel ou à temps plein, temporaire par rapport à permanent, couvert par un régime de pension ou non, avec ou sans congé de maladie payé), et le degré auquel les particuliers occupent plusieurs emplois à un moment donné. Les trajectoires de revenus décrivent en général le revenu annuel reçu par les particuliers au cours d’une année donnée, sa composition (salaires et traitements, revenu d’un travail autonome, prestations d’assurance-emploi [AE], revenu de l’aide sociale [AS], etc.) et les taux de rémunération (salaires horaires, salaires hebdomadaires) reçus dans chacun des emplois rémunérés occupés au cours de l’année. Les trajectoires connexes comprennent généralement des renseignements sur les transitions entre l’école et le marché du travail et sur l’apprentissage continu par la formation en cours d’emploi ou la poursuite d’autres études en dehors du cadre du travail. Elles comprennent également des renseignements sur les interrelations entre les transitions du marché du travail et les événements clés, comme le mariage ou le divorce, la naissance d’un premier enfant et l’accession à la propriété.

Les renseignements obtenus à partir des antécédents professionnels sont utiles pour diverses raisons. Les chercheurs utilisent souvent des renseignements sur les cessations d’emploi permanentes en raison de mises à pied pour évaluer l’incidence de la perte d’emploi sur le salaire des travailleurs (Jacobson, Lalonde et Sullivan, 1993) ou sur leur état de santé (Sullivan et Von Wachter, 2009). Les renseignements sur l’expérience de travail cumulative des hommes et des femmes peuvent servir à quantifier la mesure dans laquelle les différences entre les sexes dans cet aspect aident à expliquer l’écart salarial entre les sexes (Phipps, Burton et Lethbridge, 2001). Les renseignements sur le congé parental peuvent aider à évaluer dans quelle mesure l’écart salarial entre les sexes s’élargit quelques années après l’entrée des femmes sur le marché du travail. Les renseignements sur les transitions entre l’école et le marché du travail aident à éclairer les discussions sur la mesure dans laquelle les transitions vers l’âge adulte ont été retardées au cours des dernières décennies par rapport aux décennies précédentes (Ravanera et al., 2002). On peut utiliser des renseignements sur les transitions entre l’entrée en chômage et la sortie du chômage ou de l’AS pour évaluer l’effet des changements dans les paramètres de l’AE ou de l’AS sur la durée des périodes de chômage ou d’aide sociale et, par conséquent, sur la vitesse à laquelle les travailleurs réintègrent le marché du travail. Ils peuvent également être utilisés pour déterminer si les personnes qui ont reçu des prestations d’AE ou d’AS par le passé sont plus susceptibles de recevoir de nouveau ces prestations à l’avenir, et si la durée des périodes antérieures de prestations d’AE ou d’AS peut prévoir la durée des périodes subséquentes. Certains facteurs peuvent aider à prédire l’âge auquel les travailleurs prendront leur retraite, comme les renseignements sur les gains à vie des travailleurs, le nombre d’années au cours desquelles ils avaient un régime de pension d’employeur et les caractéristiques de ce régime de retraite (p. ex. régime à prestations définies par opposition à régime à cotisations déterminées). Les renseignements sur les caractéristiques des emplois peuvent servir à documenter la mesure dans laquelle les jeunes qui occupent des emplois précaires passent ensuite à des emplois mieux rémunérés et plus stables. Les transitions entre les situations d’emploi (emploi, chômage, inactivité) aident à comprendre pourquoi deux régions ayant le même taux de chômage global peuvent présenter des durées moyennes de chômage différentes.

3 Ensemble de données canadiennes contenant des renseignements sur les antécédents professionnels : un bref aperçu

Pour fournir des renseignements sur les antécédents professionnels, les ensembles de données suivants ont été construits par le passé ou sont actuellement disponibles :

  1. L’Enquête sur l’activité annuelle (EAA) de 1977 à 1985
  2. L’Enquête sur l’activité (EA) de 1986 à 1990
  3. L’Enquête sur la dynamique du travail et du revenu (EDTR) de 1993 à 2011
  4. Divers cycles de l’Enquête sociale générale (ESG)
  5. L’Étude longitudinale et internationale des adultes (ELIA)
  6. Le Fichier de données longitudinales sur la main-d’œuvre (FDLMO)

L’Enquête sur l’activité annuelle (EAA) a été la première tentative pour mesurer une partie des antécédents professionnels des Canadiens. Cette enquête transversale, menée chaque année, a permis de recueillir des renseignements sur les habitudes de travail des Canadiens au cours de l’année précédant l’entrevue. Elle a déterminé les mois de l’année au cours desquels les Canadiens a) ont travaillé pendant tout le mois ou une partie du mois; b) ont travaillé à temps plein ou à temps partiel; c) ont cherché du travail; d) ont fréquenté l’école, les collèges ou les universités à plein temps.

L’Enquête sur l’activité (EA) était une enquête longitudinale auprès des ménages qui a été menée sur une base annuelle et qui comportait un panel de deux ans (soit de 1986 à 1987) et un panel de trois ans (soit de 1988 à 1990). Pour chaque année, l’EA a recueilli des renseignements détaillés sur les périodes d’emploi ou de chômage, les caractéristiques des emplois occupés au cours d’une année donnée, les dates de début et de fin des emplois et les transitions des particuliers entre les situations d’emploi (emploi, chômage, inactivité).

Quelques années après la fin de l’EA, l’Enquête sur la dynamique du travail et du revenu (EDTR) a été menée annuellement et a fait le suivi des particuliers sur une série de périodes de six ans. Par exemple, le premier groupe d’experts a suivi des particuliers de 1993 à 1998, et le deuxième groupe a suivi les particuliers de 1996 à 2001. Pour chaque année, l’EDTR a recueilli des renseignements sur le marché du travail qui étaient semblables à ceux recueillis par l’EA.

Alors que l’EA et l’EDTR étaient des enquêtes longitudinales qui ont été menées sur une base annuelle, l’Enquête sociale générale (ESG) est une enquête transversale qui recueille périodiquement des renseignements sur les antécédents de travail selon une approche rétrospective. Par exemple, l’ESG de 1995 a recueilli des renseignements sur les périodes d’emploi antérieures et les interruptions de travail (d’une durée de six mois ou plus) des travailleurs, ainsi que sur les raisons de ces interruptions de travail (p. ex. mises à pied, congé de maternité, garde d’enfants, maladie)Note  . Le taux de réponse global de l’ESG de 1995 était de 81 %. Des renseignements sur les antécédents professionnels ont été recueillis pour la dernière fois en 2011. L’ESG de 2011 a recueilli des renseignements sûrs jusqu’à cinq périodes de travail (de six mois ou plus) vécues par les Canadiens depuis le début de leur carrière. On a également recueilli des renseignements sur la question de savoir si les travailleurs s’étaient absentés du travail pour plus de trois mois en raison d’un manque de travail, d’une maladie, d’un congé parental, d’un départ à la retraite ou de toute autre raison. Le taux de réponse global à l’ESG de 2011 était de 66 %.

L’Étude longitudinale et internationale des adultes (ELIA) est une enquête longitudinale auprès des ménages qui recueille des renseignements sur les Canadiens tous les deux ans. À ce jour, l’ELIA a recueilli des renseignements sur les travailleurs canadiens en 2012, 2014, 2016 et 2018. Bien que l’ELIA ne fournisse pas de renseignements aussi détaillés que l’EA et l’EDTR sur les périodes d’emploi ou de chômage et les transitions sur le marché du travail, elle mesure le revenu personnel remontant jusqu’en 1982 et le revenu des travailleurs remontant jusqu’à l’an 2000, en utilisant un couplage avec le Fichier des familles T1 et les fichiers T4. Par conséquent, l’ELIA fournit des renseignements exacts sur les antécédents de revenus et de gains des travailleurs.

Le Fichier de données longitudinales sur la main-d’œuvre (FDLMO) est un ensemble de données administratives longitudinales qui combine des renseignements provenant de quatre sources différentes : les dossiers fiscaux T1, l’État de la rémunération payée T4, le Relevé d’emploi (RE) et le Programme d’analyse longitudinale de l’emploi (PALE). Les dossiers fiscaux T1 fournissent des renseignements individuels sur des variables comme l’âge et le sexe des travailleurs; la province de résidence; les salaires annuels, les salaires et le revenu d’emploi d’un travail autonome; la couverture par les régimes de pension agréés (RPA) ou les régimes de participation différée aux bénéfices; et, à partir de 1999, les déductions pour l’inscription aux études postsecondaires à temps partiel et à temps plein. L’état de la rémunération payée T4 fournit des renseignements sur les emplois concernant les salaires et traitements annuels des travailleurs, la situation syndicale et la province d’emploiNote  . Le RE fournit des renseignements sur les emplois portant sur les départs d’emploi par rapport aux employeurs que les employés vivent pendant qu’ils occupent un emploi donné. Ces départs peuvent survenir à la suite de mises à pied, de démissions, de départs à la retraite ou d’autres raisons (y compris des périodes temporaires de chômage en raison d’un congé parental, d’une blessure ou d’une maladie, d’une grève ou d’un lock-out, etc.). Le PALE est un fichier au niveau de l’entreprise qui suit ces dernières au fil du temps et qui contient des renseignements sur la taille de l’entreprise et le secteur de l’emploi. Il permet de faire une distinction entre les cessations d’emploi permanentes et les cessations d’emploi temporaires ou les périodes temporaires de chômageNote  .

Le FDLMO est une solution de rechange possible aux enquêtes auprès des ménages canadiens pour plusieurs raisons. Tout d’abord, comme on le voit ci-dessous, il couvre pratiquement tous les employés au Canada. Ensuite, il permet de mesurer les transitions des travailleurs d’un employeur à l’autre, de déterminer les raisons sous-jacentes aux cessations d’emploi des employés (p. ex. mises à pied, congé parental, blessure ou maladie, démissions) et de mesurer les périodes temporaires de chômage vécues pendant qu’ils travaillent pour un employeur donné. En outre, il fournit des mesures précises de la rémunération et du régime de pension d’employeur. De même, il comprend des renseignements sur les caractéristiques importantes des emplois, comme la situation syndicale, la taille de l’entreprise et le secteur d’emploi. Enfin, il suit actuellement les particuliers sur une période de 30 ans (c.-à-d. de 1989 à 2018), saisissant ainsi une partie importante des antécédents professionnels de ceux-ci. Toutefois, comme les enquêtes auprès des ménages, le FDLMO a certaines limites. Dans la prochaine section, on compare les forces et les limites du FDLMO avec celles des enquêtes auprès des ménages afin de mettre ces limites en perspective et de mieux comprendre la question de savoir quel instrument peut le mieux mesurer les antécédents professionnels au Canada.

4 Points forts et limites des enquêtes auprès des ménages et ceux du Fichier de données longitudinales sur la main-d’œuvre

Les enquêtes auprès des ménages présentent généralement les avantages et les limites suivants en ce qui a trait à la mesure des antécédents professionnels :

Avantages

Limites

Le Fichier de données longitudinales sur la main-d’œuvre présente les avantages et les limites suivants en ce qui a trait à la mesure des antécédents professionnels :

Avantages

Limites

La discussion ci-dessus démontre que ni les enquêtes auprès des ménages ni le FDLMO ne peuvent parfaitement bien mesurer les antécédents de travail des travailleurs canadiens. Pour déterminer l’ensemble de données qui constitue l’instrument optimal de mesure des antécédents professionnels des Canadiens, il faut déterminer les compromis en cause et préciser l’importance relative des avantages et des limites documentés ci-dessus, compte tenu de la question de recherche posée. Avant de ce faire, il est important de mettre en évidence les composantes des antécédents professionnels qui peuvent être mesurés adéquatement à l’aide du FDLMO. Les deux sections suivantes abordent cette question.

5 Antécédents professionnels : un cadre simple

Pour illustrer les composantes des antécédents professionnels qui peuvent être mesurés adéquatement à l’aide du FDLMO, les aspects suivants sont pris en compte :

  1. statistiques sommaires de la carrière d’une personne;
  2. durée des emplois occupés;
  3. enchaînement des emplois occupés;
  4. caractéristiques des emplois occupés;
  5. interruptions temporaires d’un emploi tout en occupant un emploi donné;
  6. cessations d’emploi permanentes d’un employé et raisons de quitter un emploi donné (perte d’emploi, démissions, etc.)
  7. périodes de chômage;
  8. périodes de cumul d’emplois;
  9. transition du marché du travail vers les études.

Les statistiques sommaires résument les antécédents professionnels des particuliers à l’aide d’indicateurs tels que le nombre d’employeurs qu’une personne a eu au cours de sa carrière, le nombre d’années pendant lesquelles une personne a été couverte par un RPA, les gains cumulatifs reçus par cette personne au cours de sa carrière, la variabilité de ses gains par rapport à sa rémunération moyenne reçue, ou le nombre d’emplois dans lesquels la personne a été syndiquée ou employée dans une grande entreprise.

Étant donné que deux personnes qui ont eu le même nombre d’emplois au cours de leur carrière auraient pu occuper ces emplois pendant des périodes différentes, la durée de chaque emploi est importante pour définir rigoureusement les antécédents professionnels. Le séquençage de ces emplois est également crucial. Par exemple, le fait d’avoir un emploi peu rémunéré au début de la carrière n’a pas les mêmes répercussions financières que le fait d’avoir un tel emploi au milieu de sa carrière (c.-à-d. à l’âge de 40 ou 45 ans).

Les antécédents professionnels des personnes peuvent également être définis en fonction des caractéristiques des emplois occupés. Les caractéristiques des emplois comprennent le fait que les emplois soient syndiqués, qu’ils soient occupés dans de petites ou de grandes entreprises, qu’ils soient couverts par un RPA, qu’ils offrent un salaire annuel relativement élevé ou relativement faible, et qu’ils se trouvent dans des industries productrices de biens ou de services.

Dans un emploi donné, les interruptions de travail temporaires sont importantes parce qu’elles peuvent avoir une incidence sur le bien-être des travailleurs, la stabilité des travailleurs à revenu et l’avancement professionnel des travailleurs au sein des entreprises. Par exemple, les travailleurs qui sont temporairement mis à pied connaîtront une baisse de revenu. Bon nombre d’entre eux peuvent, en raison de l’incertitude liée à l’emploi, vivre du stress et de l’anxiété pendant ces périodes difficiles. De même, les femmes qui se séparent temporairement de leur employeur en raison de leur grossesse et les personnes qui cessent de travailler temporairement en raison d’une blessure ou d’une maladie peuvent manquer des possibilités de promotion pendant leur absence du travail.

Tout comme les cessations d’emploi temporaires, les cessations permanentes sont importantes. Les travailleurs qui se trouvent en cessation permanente auprès d’un employeur en raison d’une perte d’emploi trouvent souvent par la suite des emplois moins bien rémunérés, tandis que bon nombre de leurs homologues qui démissionnent de leur emploi passent à des postes mieux rémunérés. Les travailleurs qui se trouvent en cessation permanente auprès de leur employeur en raison d’une blessure qui entraîne une incapacité de longue durée devront généralement compter sur le régime public d’assurance-invalidité et d’autres transferts gouvernementaux pour s’acquitter de leurs obligations financières. Par conséquent, les raisons qui sous-tendent les cessations d’emploi permanentes sont importantes parce qu’elles sont souvent associées à différentes trajectoires de gains subséquentes.

Les cessations d’emploi permanentes, comme la perte d’emploi, peuvent aussi entraîner des périodes prolongées de chômage. Si ces périodes de chômage sont involontaires, leur fréquence et leur durée auront probablement des effets néfastes sur le bien-être des travailleurs. À moins qu’elles ne soient compensées par d’autres sources de revenus, ces périodes de chômage réduiront le niveau de vie des travailleurs.

À l’inverse, certains travailleurs peuvent passer par des périodes au cours desquelles ils cumulent plusieurs emplois. Ils peuvent le faire par choix ou par nécessité. Alors que les particuliers qui sont au chômage depuis longtemps peuvent être confrontés à des contraintes financières, les personnes cumulant plusieurs emplois, qui travaillent un nombre d’heures élevé par semaine, peuvent avoir de la difficulté à concilier le travail et la famille.

En raison de la perte d’emploi ou d’autres raisons, les travailleurs peuvent décider d’entreprendre des études postsecondaires pour accroître leurs compétences. Dans un environnement où les progrès technologiques en robotique et en intelligence artificielle peuvent modifier l’ensemble des tâches effectuées par les travailleurs (Acemoglu et Restrepo, 2019), ces transitions du marché du travail vers les études représentent potentiellement une forme importante d’adaptation des travailleurs aux changements des exigences en matière de compétences.

6 Mesurer les antécédents professionnels avec le Fichier de données longitudinales sur la main-d’œuvre, couplé au Recensement de la population de 1991

Lorsqu’il est couplé au Recensement de la population de 1991, le FDLMO de 1989 à 2018 peut mesurer les neuf composantes des antécédents professionnels indiquées ci-dessus à des degrés divers. Pour le démontrer, l’analyse effectuée dans cette section utilise une cohorte de personnes âgées de 25 à 29 ans en 1991 (donc de 23 à 27 ans en 1989)Note  . Ce groupe de personnes est suivi sur une période de 30 ans (de 1989 à 2018). En 2018, ces personnes seraient âgées de 52 à 56 ans. Afin de s’assurer que les personnes sélectionnées pour l’analyse seraient toujours en vie en 2018, l’échantillon est également limité aux personnes qui ont produit une déclaration de revenus T1 en 2018Note  .

Toutes les statistiques sont présentées séparément pour les hommes et les femmes et sont désagrégées selon le niveau de scolarité des particuliers en 1991Note  , le statut d’immigrant (les personnes nées au Canada par rapport aux immigrants) et le statut de minorité visible, et selon que les particuliers ont ou non signalé des limitations d’activités en 1991.

Cette désagrégation a quelques limites. Tout d’abord, le regroupement de différents groupes de population (Noirs, Chinois, Japonais, etc.) en une seule catégorie de groupes désignés (par la Loi sur l’équité en matière d’emploi) comme membres des minorités visibles cache la diversité des antécédents professionnels vécus par divers groupes de population. Même s’il faut garder à l’esprit cette hétérogénéité des résultats tout au long de la présente section, la documentation de cette hétérogénéité dépasse le cadre du présent document. Ensuite, le sous-ensemble des personnes ayant déclaré des limitations d’activités en 1991 est probablement plus vaste que celui que l’on aurait pu obtenir si on avait posé aux répondants du Recensement de 1991 une multitude de questions sur les limitations, comme cela a été fait dans l’Enquête canadienne sur l’incapacité de 2017. Par ailleurs, les renseignements sur la communauté LGBTQ2+ (personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, queer [ou se remettant parfois en question] et bispirituels) ne sont pas disponibles dans le fichier du recensement du FDLMO de 1991. Cela empêche de comparer les antécédents professionnels des particuliers pour cette dimension.

Enfin, les lecteurs devraient garder à l’esprit que le but de cette section est d’illustrer ce qui peut se faire à l’aide du FDLMO et de déterminer quels éléments des antécédents professionnels peuvent être mesurés adéquatement avec cet ensemble de données. Fait important, l’objectif de cette section n’est pas d’effectuer une analyse des différences des antécédents professionnels entre les groupes. Par conséquent, les différences de groupe qui pourraient présenter un intérêt d’un point de vue analytique ne seront pas toutes mises en évidence.

6.1 Statistiques sommaires de la carrière d’une personne

Le tableau 1 présente les statistiques sommaires que le FDLMO peut produire. Parmi celles-ci, certaines statistiques clés sont :


Tableau 1
Statistiques sommaires disponibles dans le Fichier de données longitudinales sur la main-d’œuvre de Statistique Canada
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Statistiques sommaires disponibles dans le Fichier de données longitudinales sur la main-d’œuvre de Statistique Canada. Les données sont présentées selon Statistiques sommaires (titres de rangée) et Période visée(figurant comme en-tête de colonne).
Statistiques sommaires Période visée
A) Nombre d’années avec :
Salaires et traitements 1989 à 2018
Revenu net d’un travail autonome dans une entreprise non constituée en société 1989 à 2018
Revenu d’emploi 1989 à 2018
Prestations d’assurance-emploi 1989 à 2018
Revenu d’un REER 1989 à 2018
Déductions au REER 1989 à 2018
Cotisations à un REER 1994 à 2018
Cotisations au RPC/RRQ 1989 à 2018
Cotisations à un RPA 1989 à 2018
Un RPA ou un régime de participation différée 1991 à 2018
Conjoint marié ou en union libre 1992 à 2018
B) Nombre de :
Employeurs 1989 à 2018
Provinces de résidence 1989 à 2018
Provinces d’emploi 1989 à 2018
Cessations d’emploi permanentes auprès d’employeurs (mises à pied, blessures ou maladie, congé parental, retour à l’école, grève ou lock-out, autre) 1989 à 2018
Cessations d’emploi temporaires auprès d’employeurs (mises à pied, blessures ou maladie, congé parental, retour à l’école, grève ou lock-out, autre) 1989 à 2018
Emplois syndiqués 1989 à 2018
Emplois selon la taille de l’entreprise 1989 à 2018
Emplois par industrie 1991 à 2018
C) Cumulatifs :
Salaires et traitements 1989 à 2018
Revenu net d’un travail autonome dans une entreprise non constituée en société 1989 à 2018
Revenu d’emploi 1989 à 2018
Prestations d’assurance-emploi 1989 à 2018
Revenu d’un REER 1989 à 2018
Déductions au REER 1989 à 2018
Cotisations à un REER 1994 à 2018
Cotisations au RPC/RRQ 1989 à 2018
Cotisations à un RPA 1989 à 2018

Les tableaux 2 à 7 illustrent ces indicateurs. Le tableau 2 montre qu’au cours de la période de 30 ans allant de 1989 à 2018, les hommes âgés de 23 à 27 ans en 1989 ont reçu un revenu d’emploi (salaires et traitements ou revenu provenant d’un travail autonome) pour une moyenne de 27,2 ans. La moyenne correspondante pour les femmes était de 24,8 ans. Pour les deux sexes, le nombre moyen d’années pour lesquelles un revenu d’emploi a été enregistré augmente généralement avec le niveau de scolarité et est plus faible pour les personnes qui ont des limitations d’activités que pour celles qui n’en ont pas.


Tableau 2
Nombre moyen d’années d’emploi de 1989 à 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Nombre moyen d’années d’emploi de 1989 à 2018 Nombre moyen d’années avec , Salaires et traitements, Revenu provenant d’un emploi autonome, Salaires et traitements ou revenu provenant d’un emploi autonome, Salaires et traitements et revenu provenant d’un emploi autonome, Hommes et Femmes, calculées selon nombre unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Nombre moyen d’années avec
Salaires et traitements Revenu provenant d’un emploi autonome Salaires et traitements ou revenu provenant d’un emploi autonome Salaires et traitements et revenu provenant d’un emploi autonome
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
nombre
Toutes les personnes 25,2 23,2 4,0 3,2 27,2 24,8 2,0 1,5
nées au Canada 25,3 23,2 4,0 3,2 27,2 24,8 2,1 1,5
Minorité visible 25,4 24,1 3,8 3,0 27,1 25,5 2,0 1,6
N’appartenant pas à une minorité visible 25,3 23,2 4,0 3,2 27,2 24,8 2,1 1,5
Immigrants 24,5 23,1 4,2 3,1 26,8 24,7 1,9 1,4
Minorité visible 24,1 23,0 4,1 2,6 26,4 24,4 1,8 1,3
N’appartenant pas à une minorité visible 24,9 23,2 4,4 3,6 27,3 25,2 2,0 1,6
Ayant des limitations d’activités 18,1 16,6 2,7 2,0 19,5 17,7 1,3 1,0
Sans limitation d’activités 25,5 23,4 4,1 3,2 27,5 25,1 2,1 1,6
Sans diplôme d’études secondaires 23,1 19,8 3,9 2,4 25,3 21,2 1,7 1,0
Avec diplôme d’études secondaires 25,3 23,3 3,9 2,9 27,3 24,8 1,9 1,4
Avec certificat d’une école de métiers 26,0 22,9 4,1 3,7 27,9 25,1 2,2 1,5
EPS inférieures au baccalauréat 26,5 25,2 3,9 3,3 28,1 26,6 2,2 1,8
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 26,1 25,4 4,6 4,2 28,1 27,3 2,5 2,3

Tableau 3
Répartition en pourcentage du nombre d’années d’emploi de 1989 à 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition en pourcentage du nombre d’années d’emploi de 1989 à 2018 Pourcentage de personnes qui étaient employées, Aucune pendant les 30 ans, Entre 1 et 15 ans, Entre 16 et 29 ans, Toutes pendant les 30 ans, Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Pourcentage de personnes qui étaient employées
Aucune pendant les 30 ans Entre 1 et 15 ans Entre 16 et 29 ans Toutes pendant les 30 ans
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
pourcentage
Toutes les personnes 0,7 1,3 5,7 11,1 35,9 47,5 57,8 40,1
nées au Canada 0,7 1,3 5,6 11,1 35,0 47,1 58,7 40,5
Minorité visible 0,9 0,8 4,8 9,9 38,2 44,7 56,2 44,6
N’appartenant pas à une minorité visible 0,7 1,3 5,6 11,1 35,0 47,1 58,7 40,4
Immigrants 0,3 0,8 6,3 11,3 43,1 50,6 50,3 37,3
Minorité visible 0,3 0,9 7,2 12,5 45,8 51,0 46,7 35,5
N’appartenant pas à une minorité visible 0,3 0,6 5,2 9,9 40,1 50,1 54,4 39,4
Ayant des limitations d’activités 10,6 11,3 22,9 28,3 38,1 41,5 28,3 18,9
Sans limitation d’activités 0,2 0,9 4,9 10,5 35,8 47,7 59,1 41,0
Sans diplôme d’études secondaires 1,9 3,6 10,6 20,5 40,6 53,2 46,9 22,6
Avec diplôme d’études secondaires 0,4 1,0 5,1 10,7 36,6 50,5 57,9 37,8
Avec certificat d’une école de métiers 0,1 0,6 3,8 10,3 33,7 50,6 62,4 38,4
EPS inférieures au baccalauréat 0,2 0,2 3,2 6,5 31,6 42,4 65,0 50,8
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 0,1 0,1 3,1 5,1 34,0 38,5 62,9 56,3

Tableau 4
Revenus touchés de 1989 à 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Revenus touchés de 1989 à 2018 Gains cumulatifs moyens , Salaires et traitements cumulatifs moyens, Gains annuels moyens (incluant les années sans gains), Salaires et traitements annuels moyens (incluant les années sans salaires et traitements), Hommes et Femmes, calculées selon en dollars de 2018 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Gains cumulatifs moyens Salaires et traitements cumulatifs moyens Gains annuels moyens (incluant les années sans gains) Salaires et traitements annuels moyens (incluant les années sans salaires et traitements)
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
en dollars de 2018
Toutes les personnes 1 659 554 1 038 393 1 571 343 989 724 55 318 34 613 52 378 32 991
nées au Canada 1 665 413 1 034 026 1 579 057 986 004 55 514 34 468 52 635 32 867
Minorité visible 1 827 618 1 299 965 1 717 697 1 225 353 60 921 43 332 57 257 40 845
N’appartenant pas à une minorité visible 1 662 722 1 029 896 1 576 757 982 287 55 424 34 330 52 559 32 743
Immigrants 1 611 938 1 073 440 1 508 647 1 019 577 53 731 35 781 50 288 33 986
Minorité visible 1 474 494 1 037 736 1 380 608 992 302 49 150 34 591 46 020 33 077
N’appartenant pas à une minorité visible 1 767 905 1 112 948 1 653 940 1 049 760 58 930 37 098 55 131 34 992
Ayant des limitations d’activités 888 103 578 131 843 380 556 548 29 603 19 271 28 113 18 552
Sans limitation d’activités 1 694 332 1 055 561 1 604 133 1 005 880 56 478 35 185 53 471 33 529
Sans diplôme d’études secondaires 1 149 744 582 429 1 088 198 558 358 38 325 19 414 36 273 18 612
Avec diplôme d’études secondaires 1 510 950 908 524 1 444 815 877 953 50 365 30 284 48 160 29 265
Avec certificat d’une école de métiers 1 642 920 857 341 1 576 829 818 087 54 764 28 578 52 561 27 270
EPS inférieures au baccalauréat 1 925 446 1 230 017 1 858 355 1 192 828 64 182 41 001 61 945 39 761
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 2 494 738 1 802 705 2 275 124 1 662 370 83 158 60 090 75 837 55 412

Tableau 5
Nombre moyen d’employeurs parmi les personnes ayant touché un certain montant de salaires et traitements de 1989 à 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Nombre moyen d’employeurs parmi les personnes ayant touché un certain montant de salaires et traitements de 1989 à 2018 Nombre moyen d’ , Employeurs, Employeurs ayant 500 employés ou plus, Employeurs ayant moins de 20 employés, Employeurs ayant 20 à 499 employés, Hommes et Femmes, calculées selon nombre unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Nombre moyen d’
Employeurs Employeurs ayant 500 employés ou plus Employeurs ayant moins de 20 employés Employeurs ayant 20 à 499 employés
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
nombre
Toutes les personnes 7,7 6,9 1,5 1,7 4,0 3,5 2,2 1,7
nées au Canada 7,7 6,9 1,5 1,7 4,0 3,5 2,2 1,7
Minorité visible 7,6 6,9 1,9 1,9 3,6 3,4 2,2 1,6
N’appartenant pas à une minorité visible 7,7 6,9 1,5 1,7 4,0 3,5 2,2 1,7
Immigrants 7,5 6,9 1,5 1,8 3,9 3,5 2,1 1,6
Minorité visible 7,8 7,2 1,6 1,9 4,1 3,5 2,1 1,8
N’appartenant pas à une minorité visible 7,2 6,5 1,5 1,7 3,7 3,4 2,0 1,5
Ayant des limitations d’activités 8,0 7,3 1,5 1,8 4,2 3,6 2,3 1,9
Sans limitation d’activités 7,7 6,9 1,5 1,7 4,0 3,5 2,2 1,7
Sans diplôme d’études secondaires 9,1 7,9 1,4 1,7 5,0 4,0 2,7 2,2
Avec diplôme d’études secondaires 7,6 6,9 1,5 1,7 3,9 3,5 2,2 1,7
Avec certificat d’une école de métiers 8,3 7,3 1,5 1,7 4,3 3,8 2,4 1,8
EPS inférieures au baccalauréat 6,7 6,5 1,6 1,7 3,4 3,4 1,8 1,4
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 6,0 5,7 1,7 1,7 3,0 2,9 1,3 1,0

Tableau 6
Répartition en pourcentage du nombre d’employeurs parmi les personnes ayant touché un certain montant de salaires et traitements de 1989 à 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition en pourcentage du nombre d’employeurs parmi les personnes ayant touché un certain montant de salaires et traitements de 1989 à 2018 Pourcentage d’employés ayant, 1 employeur, 2 à 5 employeurs, 6 à 9 employeurs, 10 employeurs ou plus, Hommes et Femmes, calculées selon nombre unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Pourcentage d’employés ayant
1 employeur 2 à 5 employeurs 6 à 9 employeurs 10 employeurs ou plus
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
nombre
Toutes les personnes 8,0 8,0 40,1 42,3 25,4 26,9 26,5 22,7
nées au Canada 8,1 8,1 40,1 42,2 25,1 26,8 26,7 22,8
Minorité visible 6,8 6,6 41,1 46,1 26,4 24,8 25,7 22,5
N’appartenant pas à une minorité visible 8,2 8,2 40,1 42,2 25,1 26,9 26,7 22,8
Immigrants 7,0 7,3 40,7 42,5 27,5 27,9 24,9 22,4
Minorité visible 6,5 6,2 38,9 40,3 28,6 28,8 26,0 24,7
N’appartenant pas à une minorité visible 7,5 8,5 42,8 44,9 26,2 26,9 23,5 19,8
Ayant des limitations d’activités 11,5 11,5 36,5 37,2 22,7 24,8 29,4 26,5
Sans limitation d’activités 7,9 7,9 40,3 42,4 25,5 27,0 26,4 22,6
Sans diplôme d’études secondaires 7,6 7,8 33,5 36,1 24,0 26,9 34,8 29,3
Avec diplôme d’études secondaires 8,5 8,1 39,7 41,5 25,3 27,2 26,6 23,3
Avec certificat d’une école de métiers 7,8 8,2 38,0 39,7 25,0 26,8 29,3 25,2
EPS inférieures au baccalauréat 9,0 8,4 44,8 44,6 25,3 26,9 21,0 20,2
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 7,1 7,8 49,2 51,0 28,2 26,7 15,6 14,4

Tableau 7
Répartition du nombre de mises à pied permanentes, travailleurs dans d'autres domaines que la construction ayant touché des salaires et traitements pendant au moins 20 ans de 1989 à 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition du nombre de mises à pied permanentes Pourcentage de personnes qui , n’ont jamais été mises à pied de manière permanente, ont été mises à pied de manière permanente une fois, ont été mises à pied de manière permanente deux fois , ont été mises à pied de manière permanente trois fois ou plus, Hommes et Femmes, calculées selon nombre unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Pourcentage de personnes qui 
n’ont jamais été mises à pied de manière permanente ont été mises à pied de manière permanente une fois ont été mises à pied de manière permanente deux fois ont été mises à pied de manière permanente trois fois ou plus
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
nombre
Toutes les personnes 58,1 56,5 21,8 22,9 10,0 10,2 10,0 10,4
nées au Canada 58,7 56,5 21,4 22,8 9,8 10,2 10,1 10,5
Minorité visible 58,2 63,2 23,0 21,3 10,1 8,5 8,8 6,9
N’appartenant pas à une minorité visible 58,7 56,4 21,4 22,8 9,8 10,2 10,1 10,6
Immigrants 54,3 55,8 24,9 23,6 11,7 10,8 9,2 9,8
Minorité visible 50,4 52,6 25,9 24,6 12,9 11,3 10,8 11,5
N’appartenant pas à une minorité visible 59,3 59,3 23,5 22,5 10,0 10,3 7,2 7,9
Ayant des limitations d’activités 48,9 50,1 23,6 25,5 11,9 10,9 15,6 13,6
Sans limitation d’activités 58,4 56,6 21,8 22,8 10,0 10,2 9,8 10,4
Sans diplôme d’études secondaires 49,6 43,9 22,2 25,3 12,3 13,8 15,9 17,0
Avec diplôme d’études secondaires 57,2 54,2 22,3 24,0 10,4 11,0 10,1 10,8
Avec certificat d’une école de métiers 57,6 53,0 21,3 23,9 10,3 10,7 10,8 12,4
EPS inférieures au baccalauréat 62,5 62,5 20,8 21,0 9,0 8,7 7,7 7,7
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 63,1 65,7 22,4 20,7 8,3 7,5 6,2 6,2

Ces tendances suggèrent que le pourcentage de personnes qui avaient un revenu d’emploi au cours des 30 années pendant la période 1989-2018 devrait être plus élevé chez les hommes et, pour les deux sexes, chez les travailleurs très scolarisés et sans limitation d’activité. Le tableau 3 confirme cela.

Le tableau 4 montre les gains cumulatifs (ou le revenu d’emploi) reçus de 1989 à 2018 par la cohorte de personnes âgées de 23 à 27 ans en 1989. Les personnes qui n’ont pas de revenu d’emploi pendant cette période sont incluses. En moyenne, le revenu cumulatif des hommes était de 1,66 million de dollars en moyenne (en dollars de 2018), soit 1,6 fois plus élevé que celui observé chez les femmes (1,04 million de dollars).

Le tableau 5 porte sur le sous-ensemble des personnes qui avaient au moins un emploi rémunéré pendant la période de 1989 à 2018. Il montre le nombre d’employeurs que ces travailleurs ont eu pendant la période. Les données indiquent qu’en moyenne, les femmes de l’échantillon sélectionné ont eu 6,9 employeurs pendant cette période, par rapport à 7,7 pour les hommes. Pour les hommes comme pour les femmes, le nombre d’employeurs observés au cours de cette période diminue avec le niveau de scolarité des travailleurs, ce qui suggère une plus grande stabilité de l’emploi chez les travailleurs hautement qualifiés. Cette tendance est également observée au tableau 6, où la proportion de personnes n’ayant pas de diplôme d’études secondaires, qui comptent 10 employeurs ou plus est, pour les deux sexes, deux fois plus élevée que celle des titulaires de diplômes.

Le tableau 7 présente un échantillon plus restreint composé de travailleurs employés à l’extérieur du domaine de la construction, qui ont reçu des salaires et des traitements pendant au moins 20 ansNote  . Il montre que 56,5 % des femmes et que 58,1 % des hommes de cet échantillon n’ont jamais été mis à pied de façon permanente de 1989 à 2018. Pour les deux sexes, les travailleurs très scolarisés étaient plus susceptibles que les autres de n’avoir jamais été mis à pied de façon permanente. Cela suggère, une fois de plus, que les travailleurs très scolarisés connaissent une plus grande stabilité d’emploi que leurs homologues moins scolarisés.

Comme l’indique le tableau 1, en plus du nombre d’employeurs et du nombre de mises à pied permanentes qui ont eu lieu au cours de la carrière d’une personne, le FDLMO peut déterminer des variables comme :

Les renseignements sur la province de résidence et la province d’emploi des travailleurs sont essentiels pour les études sur la mobilité interprovinciale et l’emploi interprovincial et interterritorialNote  . Les renseignements sur le nombre d’emplois occupés par statut syndical, par industrie ou par taille d’une entreprise résume certaines caractéristiques utiles des emplois.

6.2 Durée des emplois

Les chercheurs cherchent souvent à quantifier la mesure dans laquelle les employés occupent des emplois stables ou de longue durée, quelle que soit leur définition. Le FDLMO permet de mesurer ces emplois en fournissant des estimations du nombre d’années où un emploi donné a été occupé. Par exemple, le tableau 8 évalue la mesure dans laquelle les personnes qui ont reçu des salaires et des traitements pour l’ensemble des 10 années ont occupé au moins un emploi auprès du même employeur pendant 10 ans ou plus au cours de la période allant de 1989 à 2018. Les chiffres montrent qu’environ 7 employés sur 10 de cet échantillon ont occupé au moins un emploi (avec le même employeur) pendant 10 ans ou plus entre 1989 et 2018. Pour les deux sexes, la propension à occuper de tels emplois tend à augmenter avec le niveau de scolarité, ce qui ajoute des preuves que les travailleurs très scolarisés ont tendance à connaître une plus grande stabilité d’emploi.


Tableau 8
Emplois à long terme chez des personnes ayant touché des salaires et traitements pendant au moins 10 ans de 1989 à 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Emplois à long terme chez des personnes ayant touché des salaires et traitements pendant au moins 10 ans de 1989 à 2018 Pourcentage d’employés qui occupent au moins , Un emploi depuis 10 ans ou plus, Un emploi syndiqué depuis 10 ans ou plus, Un emploi non syndiqué depuis 10 ans ou plus, Un emploi payant au moins 50 000 $ pendant 10 ans ou plus, Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Pourcentage d’employés qui occupent au moins 
Un emploi depuis 10 ans ou plus Un emploi syndiqué depuis 10 ans ou plus Un emploi non syndiqué depuis 10 ans ou plus Un emploi payant au moins 50 000 $ pendant 10 ans ou plus
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
pourcentage
Toutes les personnes 73,1 70,8 27,1 28,9 46,7 42,8 44,4 26,1
nées au Canada 73,2 70,6 27,7 29,4 46,3 42,1 44,6 26,1
Minorité visible 75,2 72,4 21,8 28,2 53,6 46,0 48,3 35,1
N’appartenant pas à une minorité visible 73,2 70,6 27,8 29,4 46,2 42,0 44,5 25,9
Immigrants 72,6 72,4 22,9 24,9 50,5 48,8 42,7 26,2
Minorité visible 72,0 72,7 21,8 24,8 51,8 49,1 37,6 24,8
N’appartenant pas à une minorité visible 73,3 72,1 24,2 25,0 49,2 48,4 48,5 27,8
Ayant des limitations d’activités 63,4 59,0 21,6 23,9 41,0 34,6 27,8 15,6
Sans limitation d’activités 73,5 71,2 27,3 29,0 46,9 43,1 44,9 26,4
Sans diplôme d’études secondaires 64,4 59,7 22,3 20,4 41,7 39,4 26,8 9,1
Avec diplôme d’études secondaires 74,0 70,7 27,9 24,7 47,1 47,1 41,1 20,1
Avec certificat d’une école de métiers 73,6 69,7 28,6 27,5 45,6 43,0 42,9 17,5
EPS inférieures au baccalauréat 78,8 75,9 30,6 33,2 49,7 43,7 57,0 33,4
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 78,5 78,8 27,8 41,4 52,1 38,7 64,5 53,2

Comme nous l’avons mentionné plus haut, le FDLMO ne peut fournir, pour tous les employés, que des données annuelles indiquant si un emploi donné est observé ou non au cours d’une année donnée. Par conséquent, le FDLMO ne peut pas prendre en charge, pour tous les employés, les analyses de durée qui nécessitent des données infra-annuelles, comme les données mensuelles ou les données hebdomadaires.

6.3 Enchaînement des emplois

Étant donné que le FDLMO mesure les salaires et traitements annuels pour chaque emploi, il peut déterminer, par exemple, si un deuxième emploi a fini par payer plus, au moins sur une base annuelle, que le premier. Le tableau 9 sélectionne les personnes qui ont eu au moins deux emplois de 1989 à 2018 pour illustrer ce point. Il montre que parmi cet échantillon, environ 60 % des hommes et des femmes avaient un deuxième emploi qui leur valait un salaire supérieur au premier. Pour environ 15 % des hommes et des femmes de cet échantillon, le deuxième emploi était syndiqué, alors que le premier ne l’était pas. En outre, pour environ 20 % des hommes et des femmes de cet échantillon, le deuxième emploi était dans une grande entreprise, alors que le premier ne l’était pas.


Tableau 9
Comparaison des deux premiers principaux emplois occupés par les employés — personnes occupant au moins deux principaux emplois de 1989 à 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Comparaison des deux premiers principaux emplois occupés par les employés — personnes occupant au moins deux principaux emplois de 1989 à 2018 Pourcentage d’employés pour lesquels , le deuxième emploi principal payait plus (en dollars de 2018) que le premier emploi principal, le deuxième emploi principal était syndiqué et le premier emploi principal ne l’était pas, le deuxième emploi principal était dans une grande entreprise et le premier emploi principal ne l’était pas, Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Pourcentage d’employés pour lesquels 
le deuxième emploi principal payait plus (en dollars de 2018) que le premier emploi principal le deuxième emploi principal était syndiqué et le premier emploi principal ne l’était pas le deuxième emploi principal était dans une grande entreprise et le premier emploi principal ne l’était pas
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
pourcentage
Toutes les personnes 60,8 59,3 13,8 14,9 18,8 20,8
nées au Canada 60,9 59,2 13,9 15,0 18,8 20,7
Minorité visible 62,3 59,6 11,8 15,6 21,2 17,5
N’appartenant pas à une minorité visible 60,9 59,2 14,0 15,0 18,8 20,8
Immigrants 59,8 59,7 12,6 14,1 18,6 21,1
Minorité visible 59,6 60,7 11,9 13,7 18,3 21,4
N’appartenant pas à une minorité visible 59,9 58,7 13,3 14,4 18,9 20,8
Ayant des limitations d’activités 59,1 59,1 11,8 16,7 18,5 21,1
Sans limitation d’activités 60,9 59,3 13,8 14,8 18,8 20,7
Sans diplôme d’études secondaires 57,2 61,0 14,6 15,0 15,9 21,0
Avec diplôme d’études secondaires 58,4 58,1 13,9 14,5 18,6 20,6
Avec certificat d’une école de métiers 59,1 58,5 16,0 15,8 18,9 21,0
EPS inférieures au baccalauréat 62,9 57,9 12,6 14,3 21,5 20,6
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 69,9 61,8 11,1 15,6 20,3 20,8

6.4 Caractéristiques de l’emploi

Par rapport aux enquêtes auprès des ménages précédentes qui mesuraient les antécédents professionnels des Canadiens, le FDLMO peut fournir des renseignements sur un moins grand nombre de caractéristiques d’emploi. Bien que le FDLMO mesure le statut syndical, l’industrie, la taille de l’entreprise et le fait qu’un emploi soit occupé à l’extérieur de sa province de résidence, il ne mesure pas les caractéristiques du travail, comme

L’incapacité du FDLMO à fournir des renseignements sur les heures de travail a d’importantes conséquences. Elle empêche l’analyse des différences de taux de rémunération (salaire horaire) entre les groupes de travailleurs et l’analyse des changements dans la structure des salaires horaires. De même, l’absence de renseignements sur la profession des travailleurs exclut plusieurs analyses, comme celles qui documentent la mesure dans laquelle les travailleurs franchissent les étapes de carrière au fur et à mesure qu’ils acquièrent plus d’expérience.

Cela dit, les renseignements sur la situation syndicale, sur l’industrie, sur la taille de l’entreprise et sur le lieu d’emploi peuvent fournir des indications utiles sur la carrière des travailleurs. Par exemple, le tableau 10 montre certains attributs de l’emploi le plus rémunéré que les employés âgés de 23 à 27 ans en 1989 ont occupé entre 1989 et 2018. Les chiffres indiquent que, dans environ 30 % des cas, l’emploi le mieux rémunéré (c’est-à-dire celui qui a payé le salaire annuel le plus élevé au cours d’une année donnée) occupé par des hommes et des femmes était syndiqué. Environ la moitié des emplois les mieux rémunérés étaient occupés au sein de grandes entreprises (entreprises comptant 500 employés ou plus). Dans quelques cas, soit 2,6 % pour les hommes et 1,4 % pour les femmes, l’emploi le mieux rémunéré était occupé à l’extérieur de la province de résidence des travailleurs.


Tableau 10
Caractéristiques de l’emploi le mieux rémunéré occupé de 1989 à 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Caractéristiques de l’emploi le mieux rémunéré occupé de 1989 à 2018 Salaires et traitements moyens pour cet emploi, L’emploi est syndiqué , L’emploi est dans une grande entreprise, L’emploi est à l’extérieur de la province de résidence, Hommes et Femmes, calculées selon en dollars de 2018 et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Salaires et traitements moyens pour cet emploi L’emploi est syndiqué L’emploi est dans une grande entreprise L’emploi est à l’extérieur de la province de résidence
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
en dollars de 2018 pourcentage
Toutes les personnes 95 773 63 918 29,8 31,9 47,8 50,8 2,6 1,4
nées au Canada 96 046 63 678 30,4 32,6 48,1 50,8 2,8 1,5
Minorité visible 107 147 78 340 24,7 31,2 52,0 57,3 1,6 1,5
N’appartenant pas à une minorité visible 95 862 63 449 30,5 32,6 48,0 50,7 2,8 1,5
Immigrant 93 569 65 836 24,6 26,6 45,5 50,9 1,2 0,7
Minorité visible 86 582 63 207 23,0 26,7 45,1 51,9 0,9 0,7
N’appartenant pas à une minorité visible 101 502 68 740 26,4 26,5 45,9 49,9 1,4 0,7
Ayant des limitations d’activités 63 741 45 498 22,9 26,2 37,0 42,5 2,3 1,4
Sans limitation d’activités 97 062 64 526 30,1 32,1 48,3 51,1 2,6 1,4
Sans diplôme d’études secondaires 70 727 41 965 27,4 25,7 35,2 38,8 2,9 1,3
Avec diplôme d’études secondaires 86 996 57 442 30,3 28,1 47,7 48,6 2,4 1,4
Avec certificat d’une école de métiers 92 458 53 746 32,4 30,9 44,8 46,0 2,9 1,4
EPS inférieures au baccalauréat 107 714 71 977 31,6 35,5 57,4 56,1 2,3 1,3
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 142 296 102 292 27,7 42,9 61,4 67,5 2,5 1,9

6.5 Interruptions temporaires d’un emploi tout en occupant un emploi donné

Pendant qu’ils occupent un emploi donné, il arrive souvent que les employés cessent temporairement leur emploi auprès de leur employeur en raison d’une mise à pied temporaire, d’un congé parental, d’une blessure ou d’une maladie, ou pour d’autres raisons. Le FDLMO peut mesurer ces cessations d’emploi temporaires. Pour illustrer ce point, le tableau 11 met l’accent sur le principal emploi occupé par les travailleurs rémunérés en 1989 et évalue le pourcentage d’employés qui avaient, en 1989, fait l’objet d’au moins a) une mise à pied temporaire, b) une cessation d’emploi temporaire pour blessure ou maladie, c) une cessation d’emploi temporaire pour congé parental ou d) une cessation d’emploi temporaire pour d’autres raisons. En 1989, 13,3 % des hommes âgés de 23 à 27 ans et 7,2 % des femmes âgées de 23 à 27 ans avaient fait l’objet d’au moins une mise à pied temporaire dans le cadre de leur emploi principalNote  . Environ 1 % avaient au moins fait l’objet d’une cessation d’emploi temporaire en raison d’une blessure ou d’une maladie. Près de 7 % de ces femmes avaient un congé parental et environ 8 % de ces hommes et femmes avaient au moins une cessation d’emploi temporaire pour d’autres raisons.


Tableau 11
Arrêts de travail temporaires dans l’emploi principal occupé en 1989 — personnes ayant un emploi principal en 1989 qu’elles occupaient toujours en 1990
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Arrêts de travail temporaires dans l’emploi principal occupé en 1989 — personnes ayant un emploi principal en 1989 qu’elles occupaient toujours en 1990 Une seule mise à pied temporaire, Un seul arrêt de travail en raison d’une blessure ou d’une maladie, Un seul arrêt de travail en raison d’un congé parental, Un seul arrêt de travail pour d’autres raisons, Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Une seule mise à pied temporaire Un seul arrêt de travail en raison d’une blessure ou d’une maladie Un seul arrêt de travail en raison d’un congé parental Un seul arrêt de travail pour d’autres raisons
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
pourcentage
Toutes les personnes 13,3 7,2 1,0 1,1 0,0 6,5 8,1 7,6
nées au Canada 13,9 7,4 0,9 1,1 0,0 6,5 8,0 7,6
Minorité visible 6,8 3,2 0,4 0,9 0,0 3,9 6,3 7,8
N’appartenant pas à une minorité visible 14,1 7,5 0,9 1,1 0,0 6,5 8,1 7,6
Immigrants 8,1 5,0 1,1 1,2 0,0 6,8 8,2 7,7
Minorité visible 7,0 5,6 1,3 1,4 0,0 6,8 7,9 8,8
N’appartenant pas à une minorité visible 9,4 4,3 0,9 1,0 0,0 6,7 8,5 6,6
Ayant des limitations d’activités 13,4 6,6 2,5 3,5 0,0 3,5 10,2 7,6
Sans limitation d’activités 13,3 7,2 0,9 1,1 0,0 6,6 8,0 7,6
Sans diplôme d’études secondaires 21,6 12,3 1,4 2,0 0,0 6,5 8,2 8,4
Avec diplôme d’études secondaires 13,9 7,0 1,1 1,2 0,0 7,5 7,2 6,7
Avec certificat d’une école de métiers 14,8 7,9 1,1 1,4 0,0 7,6 9,8 6,9
EPS inférieures au baccalauréat 7,7 4,8 0,5 0,9 0,0 7,1 7,0 6,9
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 4,7 5,6 0,2 0,4 0,0 3,5 8,4 9,8

6.6 Cessations d’emploi permanentes et raisons de quitter un emploi donné

Le FDLMO peut également mesurer les cessations d’emploi permanentes. Au moyen du même échantillon que dans le tableau 11, le tableau 12 montre que 5,5 % des hommes et 3,3 % des femmes ont perdu leur emploi (c.-à-d. ont été mis à pied de façon permanente) en 1989. Moins de 1 % ont quitté leur employeur de façon permanente en raison d’une blessure ou d’une maladie. Une minorité de femmes (1,4 %) ont quitté leur employeur de façon permanente à la suite d’un congé parental. Toutefois, comme le montrent les deux dernières colonnes du tableau 12, une proportion importante d’hommes (17,9 %) et de femmes (20,5 %) ont quitté leur employeur et n’ont pas reçu de RE. On suppose que la plupart de ces travailleurs ont décidé de démissionner.


Tableau 12
Cessations d’emploi permanentes chez un employeur dans le poste principal occupé en 1989 — personnes ayant un emploi principal en 1989
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Cessations d’emploi permanentes chez un employeur dans le poste principal occupé en 1989 — personnes ayant un emploi principal en 1989 Pourcentage des employés qui, sont été mis à pied de manière permanente , sont partis en raison d’une blessure ou d’une maladie, sont partis en raison d’un congé parental, sont partis pour d’autres raisons, Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Pourcentage des employés qui
sont été mis à pied de manière permanente sont partis en raison d’une blessure ou d’une maladie sont partis en raison d’un congé parental sont partis pour d’autres raisons
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
pourcentage
Toutes les personnes 5,5 3,3 0,2 0,3 0,0 1,4 17,9 20,5
nées au Canada 5,7 3,3 0,2 0,3 0,0 1,3 17,5 20,2
Minorité visible 4,0 2,0 0,1 0,2 0,0 1,4 20,3 23,3
N’appartenant pas à une minorité visible 5,7 3,3 0,2 0,3 0,0 1,3 17,4 20,2
Immigrants 4,4 3,3 0,2 0,3 0,0 1,9 21,3 22,4
Minorité visible 4,0 4,2 0,2 0,4 0,0 1,8 22,7 23,6
N’appartenant pas à une minorité visible 4,8 2,4 0,2 0,2 0,0 2,0 19,8 21,0
Ayant des limitations d’activités 6,8 3,4 1,3 1,4 0,0 0,8 25,8 28,6
Sans limitation d’activités 5,5 3,3 0,1 0,3 0,0 1,4 17,6 20,3
Sans diplôme d’études secondaires 8,1 5,3 0,3 0,5 0,0 1,5 18,6 25,8
Avec diplôme d’études secondaires 5,3 3,1 0,2 0,3 0,0 1,7 16,9 19,9
Avec certificat d’une école de métiers 6,5 4,0 0,2 0,4 0,0 1,7 15,8 20,5
EPS inférieures au baccalauréat 3,7 2,3 0,1 0,2 0,0 1,3 17,3 17,4
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 2,8 2,3 0,0 0,1 0,0 0,7 21,5 20,1

Ce dernier point met en évidence une limitation du FDLMO concernant la mesure de cessations d’emploi permanentes. Comme l’indique le guide de l’utilisateur du FDLMO, on a constaté qu’environ 6 cessations d’emploi permanentes sur 10, mesurées par la disparition d’un appariement employeur-employé de l’année t à l’année t+1, étaient accompagnées d’un RE. Pour les autres cessations d’emploi permanentes (40 %), il est impossible d’en déterminer la raison sous-jacente parce qu’aucun RE n’est associé à ces cessations d’emploi. Le guide d’utilisation du FDLMO montre également que la plupart de ces cessations d’emploi permanentes non accompagnées d’un RE semblent résulter d’une démission. Cela laisse à penser que les cessations d’emploi permanentes accompagnées d’un RE et qui sont déclarées comme des démissions sous-estimeront le nombre réel de démissions permanentesNote  . Il faut garder à l’esprit cette limite.

6.7 Périodes de chômage

Tous les particuliers n’ont pas la même participation sur le marché du travail. Qu’il s’agisse d’un choix ou d’une conséquence de chocs négatifs, comme la perte d’emploi, une blessure ou une maladie, certaines personnes connaissent des périodes importantes de chômage.

Contrairement aux enquêtes auprès des ménages, le FDLMO ne comprend aucun renseignement sur la situation d’activité et, par conséquent, ne peut pas déterminer si ces périodes de chômage résultent de l’inactivité (c.-à-d. ne pas participer au marché du travail), du chômage ou d’une combinaison des deux. Par conséquent, le FDLMO ne peut pas produire, par exemple, un vecteur hebdomadaire de la situation d’activité dans lequel un état donné sur le marché du travail (c.-à-d. employé, chômeur, inactif) est associé pour chaque semaine de l’année.

Néanmoins, le FDLMO peut saisir avec précision les périodes annuelles sans revenu d’emploi qui durent un an, deux ans, trois ans, etc. Par exemple, chez les femmes qui avaient un emploi rémunéré en 1989, 13,3 % n’avaient aucun revenu d’emploi pendant au moins deux années consécutives de 1989 à 1993 (tableau 13). Le pourcentage correspondant pour les hommes était de 7,0 %.


Tableau 13
Périodes de chômage chez les personnes qui étaient des employés en 1989, de 1989 à 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Périodes de chômage chez les personnes qui étaient des employés en 1989 Pourcentage de personnes sans revenu d’emploi pendant au moins deux années consécutives :, de 1989 à 1993, de 1994 à 1998, de 1999 à 2003, de 2004 à 2008, de 2009 à 2013, de 2014 à 2018, Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Pourcentage de personnes sans revenu d’emploi pendant au moins deux années consécutives :
de 1989 à 1993 de 1994 à 1998 de 1999 à 2003 de 2004 à 2008 de 2009 à 2013 de 2014 à 2018
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
pourcentage
Toutes les personnes 7,0 13,3 13,3 22,7 14,0 20,6 14,9 18,4 16,7 18,7 19,0 21,1
nées au Canada 6,7 13,1 12,9 22,4 13,5 20,4 14,5 18,0 16,4 18,4 18,7 20,9
Minorité visible 7,0 11,5 12,7 21,2 13,2 20,3 13,4 18,4 16,2 19,0 19,4 19,9
N’appartenant pas à une minorité visible 6,7 13,2 12,9 22,5 13,5 20,4 14,5 18,0 16,4 18,4 18,7 20,9
Immigrants 9,0 14,4 16,7 24,5 17,6 22,5 18,6 21,0 19,7 21,2 21,1 22,5
Minorité visible 9,9 15,6 18,0 24,9 19,0 21,9 20,3 20,4 21,6 21,9 22,9 23,0
N’appartenant pas à une minorité visible 8,0 13,1 15,2 24,1 16,0 23,2 16,8 21,6 17,5 20,4 19,2 22,0
Ayant des limitations d’activités 21,2 25,4 29,2 36,0 28,0 33,6 29,8 33,3 32,6 35,9 36,5 40,1
Sans limitation d’activités 6,5 12,9 12,7 22,3 13,5 20,3 14,4 17,9 16,1 18,2 18,4 20,5
Sans diplôme d’études secondaires 10,0 22,7 17,5 31,4 18,1 25,6 20,0 22,9 22,9 24,7 25,4 28,0
Avec diplôme d’études secondaires 6,8 14,6 12,5 24,2 13,3 20,5 14,5 17,9 16,5 18,4 18,9 20,9
Avec certificat d’une école de métiers 6,1 14,6 11,9 25,1 12,3 22,0 13,5 19,9 14,7 20,2 17,1 22,3
EPS inférieures au baccalauréat 4,9 8,8 10,3 17,9 11,1 17,7 11,1 15,5 12,7 15,4 14,9 17,7
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 6,0 6,7 12,8 16,2 13,6 18,7 13,7 17,3 14,1 16,3 15,6 17,8

6.8 Périodes de cumul d’emplois

À l’inverse, d’autres personnes pourraient occuper plusieurs emplois au cours d’une année donnée. Contrairement aux enquêtes auprès des ménages, le FDLMO ne permet pas aux chercheurs de mesurer le cumul d’emplois à un moment donné. Toutefois, le FDLMO peut fournir une autre mesure du cumul d’emplois : le pourcentage de travailleurs qui, au cours d’une année t donnée, occupaient au moins deux emplois qui ne se sont pas terminés par une cessation d’emploi permanente cette année-là. Le tableau 14 illustre ce concept, à l’aide d’un échantillon de travailleurs qui avaient au moins un emploi rémunéré en 1989. Il montre qu’entre 1989 et 1993, environ 17 % des hommes et des femmes occupaient, pendant au moins un an, au moins deux emplois qui ne se sont pas terminés par une cessation d’emploi permanente.


Tableau 14
Périodes de cumul d’emplois chez les personnes qui étaient des employés en 1989, de 1989 à 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Périodes de cumul d’emplois chez les personnes qui étaient des employés en 1989 Pourcentage de personnes occupant au moins deux emplois pendant au moins une année :, de 1989 à 1993, de 1994 à 1998, de 1999 à 2003, de 2004 à 2008, de 2009 à 2013, de 2014 à 2018, Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Pourcentage de personnes occupant au moins deux emplois pendant au moins une année :
de 1989 à 1993 de 1994 à 1998 de 1999 à 2003 de 2004 à 2008 de 2009 à 2013 de 2014 à 2018
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
pourcentage
Toutes les personnes 17,7 17,3 14,7 13,6 13,5 14,7 12,3 14,7 10,6 12,4 8,5 9,8
nées au Canada 17,6 17,3 14,8 13,7 13,7 14,8 12,5 14,8 10,9 12,4 8,5 9,8
Minorité visible 18,6 19,3 17,0 12,8 14,0 11,8 12,9 13,0 10,7 12,4 9,2 10,8
N’appartenant pas à une minorité visible 17,6 17,2 14,8 13,7 13,7 14,8 12,5 14,8 10,9 12,4 8,5 9,8
Immigrants 18,7 17,8 13,4 13,0 12,5 14,0 10,9 14,0 8,7 12,4 7,8 9,7
Minorité visible 19,7 18,7 14,0 13,2 13,7 14,9 11,6 15,3 8,5 13,0 7,4 10,0
N’appartenant pas à une minorité visible 17,5 16,8 12,7 12,8 11,3 13,0 10,2 12,5 8,9 11,7 8,1 9,3
Ayant des limitations d’activités 13,4 14,0 12,3 12,5 12,3 13,8 11,6 12,8 9,1 10,3 6,9 9,0
Sans limitation d’activités 17,9 17,4 14,8 13,6 13,6 14,7 12,3 14,7 10,7 12,5 8,5 9,8
Sans diplôme d’études secondaires 16,4 13,1 14,5 12,6 14,8 15,2 12,8 16,0 10,8 13,1 8,3 9,8
Avec diplôme d’études secondaires 17,1 15,0 14,7 12,9 13,4 14,4 12,7 14,6 10,7 12,1 8,8 9,6
Avec certificat d’une école de métiers 18,1 15,6 16,3 13,2 15,0 14,9 13,3 15,6 11,6 12,8 9,1 10,5
EPS inférieures au baccalauréat 18,3 19,2 14,1 14,5 12,7 15,6 11,6 15,3 9,9 12,8 7,7 10,2
Avec baccalauréat ou diplôme supérieur 19,8 23,9 13,6 14,7 11,2 13,2 10,4 12,0 9,9 11,2 8,1 9,2

6.9 Transition du marché du travail aux études

Le FDLMO peut mesurer la transition du travail vers des études postsecondaires. Comme l’expliquent Frenette, Upward et Wright (2011), « Le FDLMO ne contient pas d’information sur le « stock » d’éducation existant à un moment quelconque. Cela dit, il demeure possible de déterminer si une personne a fait des études postsecondaires (...). En effet, le fichier T1 fournit des renseignements sur les crédits pour frais de scolarité et les déductions relatives aux études demandés au titre de cours suivis dans un établissement d’enseignement postsecondaire au Canada. De plus, même si un étudiant peut transférer un tel montant de crédit ou de déduction à son père ou à sa mère aux fins de l’impôt, il est possible, à compter de 1999, d’identifier à la fois l’étudiant et la personne qui se prévaut du crédit ou de la déduction (s’il s’agit de personnes différentes). En un mot, on dispose de renseignements sur la formation à compter de 1999 »Note  Note 

7 Discussion et conclusion

En plus de la section 4, les résultats de la section 6 indiquent que les antécédents professionnels des Canadiens peuvent être établis au moyen du FDLMO et du Recensement de la population de 1991 dans une assez grande mesure.

Le FDLMO peut fournir des statistiques sommaires assez précises sur les carrières des travailleurs, comme les gains cumulatifs, le nombre d’années pour lesquelles un revenu d’emploi a été enregistré, le nombre d’employeurs, le nombre de mises à pied permanentes, le nombre de congés parentaux, le nombre d’emplois dans une industrie donnée et le nombre d’emplois occupés dans les grandes entreprises.

Le FDLMO peut également fournir des estimations assez précises de ce qui suit :

Toutefois, le FDLMO manque de renseignements sur les points suivants :

Il est important de reconnaître que les discussions sur l’établissement des antécédents professionnels des Canadiens au moyen du FDLMO (ou des données administratives) devraient être examinées selon la question suivante : les antécédents professionnels des Canadiens peuvent-ils être recueillis de façon réaliste avec les méthodes d’enquête traditionnelles en 2021? En d’autres termes, l’étude porte sur cette question clé: quel instrument de collecte de données convient le mieux à la construction d’antécédents professionnels en 2021?

En plus d’un biais de rappel potentiel et de la possibilité que la non-réponse soit motivée en partie par des facteurs non observables dont l’influence ne peut être contrôlée par la repondération, le

fait que des enquêtes auprès des ménages, comme l’ESG, aient obtenu des taux de réponse globaux d’environ 50 % au cours des dernières années suggère que l’utilisation exclusive d’enquêtes auprès des ménages pour recueillir des renseignements sur les antécédents professionnels semble peu prometteuse. De même, l’utilisation exclusive d’ensembles de données comme le FDLMO et le Recensement de la population permettra d’effectuer moins d’analyses qu’il ne serait possible d’en faire autrement si des variables telles que les heures de travail et la profession peuvent être ajoutées aux données administratives.

Une stratégie possible pourrait consister à utiliser une approche hybride, comme c’est le cas pour l’ELIA, qui combine les données administratives et les données d’enquête. Par exemple, on pourrait périodiquement prélever un échantillon de travailleurs à partir du FDLMO et du Recensement de la population et demander aux répondants des renseignements limités sur les heures de travail et la profession, entre autres variables.

Une deuxième approche possible consisterait à coupler longitudinalement les recensements de la population de 2001, de 2006 et de 2016 (ou le Recensement de 2006, l’Enquête nationale sur les ménages de 2011 et le Recensement de 2016) et à fusionner le fichier longitudinal obtenu à l’aide du FDLMO. Cela permettrait aux chercheurs de mesurer le niveau de scolarité, les heures de travail, les salaires hebdomadaires et les emplois des travailleurs à divers moments de leur vie, tout en tirant parti des forces du FDLMO en ce qui a trait aux revenus, au régime de pension, aux mises à pied et à d’autres types de cessations d’emploi.

Une troisième approche possible consisterait à répéter l’exercice mené dans le cadre de la présente étude, selon lequel le FDLMO était couplé au Recensement de la population de 1991, et à coupler le FDLMO aux recensements de la population subséquents (à partir de 1996). Cela permettrait de comparer diverses cohortes de personnes (celles de 25 à 29 ans en 1991, celles de 25 à 29 ans en 1996, etc.). Toutefois, cette stratégie ne permettrait pas aux chercheurs d’avoir des mesures multiples de variables temporelles importantes, comme la profession, les heures de travail et les salaires hebdomadaires.

Compte tenu des forces et des faiblesses susmentionnées des différentes approches soulignées, la deuxième possibilité devrait faire l’objet d’une attention particulière, car elle permettrait a) de mesurer plusieurs variables clés telles que le niveau de scolarité des travailleurs, les heures de travail, les salaires hebdomadaires et les professions; b) de réduire les préoccupations concernant les taux de réponse relativement faiblesNote  ; c) de produire peut-être un ensemble de données dont la taille d’échantillon serait raisonnable; et d) de combiner les forces des données de recensement et du FDLMO dans un cadre longitudinal.

Les discussions sur la meilleure façon de mesurer les antécédents professionnels en 2021 devraient tenir compte des approches hybrides, car elles ont un plus grand potentiel analytique qu’une approche conventionnelle fondée uniquement sur des enquêtes auprès des ménages ou sur des données administratives.

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