De la recherche aux connaissances : investissement, productivité et niveaux de vie

Date de diffusion : le 1er septembre 2022

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Début du texte

À propos de la série De la recherche aux connaissances

La série de présentations De la recherche aux connaissances présente un large éventail de résultats sur des sujets de recherche sélectionnés. Chaque présentation s’inspirera des données probantes de nombreuses études différentes qui utilisent des données et des méthodes novatrices et de grande qualité et les intégrera pour mieux comprendre des questions stratégiques pertinentes et complexes.

Fondée sur la recherche appliquée de données précieuses, la série vise à fournir aux décideurs, et plus largement aux Canadiens et aux Canadiennes, une vision globale et horizontale des enjeux sociaux, économiques et de santé actuels auxquels nous sommes confrontés dans un monde en évolution.

Contexte : Qu’est-ce que la productivité?

  • La productivité est une mesure de l’efficacité avec laquelle les entreprises font appel à leur main-d’œuvre et à leur capital lors de la production de leurs produits et services. Cette présentation porte sur la productivité du travail, une mesure de l’efficacité qui est largement utilisée en conjonction avec les données sur les coûts de main-d’œuvre et la rentabilité afin d’évaluer la compétitivité des entreprises canadiennes.
  • La productivité du travail croît si la valeur de la production réelle (ou corrigée en fonction de l’inflation) par heure travaillée augmente. Elle dépend : 1) de la valeur et du type d’immobilisations dont disposent les travailleurs; 2) des compétences que possèdent les travailleurs; 3) d’une gamme d’autres facteurs propres à l’efficience, hormis les mesures directes du capital et du travail, qui peuvent influer sur la quantité de produits qui est produite (ces facteurs comprennent le progrès technologique, les changements organisationnels et les économies d’échelle).
  • La réaffectation des ressources productives entre les industries et les entreprises touche également la productivité du travail de l’ensemble de l’économie. Ce processus de réaffectation peut comprendre des effets structurels lorsque les intrants de travail sont déplacés entre les industries et lorsque des entreprises plus productives supplantent des concurrents moins productifs.

Pourquoi la productivité est-elle importante?

« L’augmentation de la productivité est une condition essentielle à l’expansion non inflationniste de l’économie et à l’amélioration du niveau de vie. À l’heure où l’inflation dépasse déjà largement la cible, cette croissance est plus essentielle que jamais ».

Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, le 9 février 2022, à la Chambre de commerce du Canada

Les gains de productivité se traduisent par un bien-être matériel accru

  • Au cours des 40 dernières années, les augmentations de la productivité du travail ont été à la source de près de 90 % de la hausse du produit intérieur brut par habitant du Canada.
  • Par le passé, les variations de la productivité du travail ont suivi de près la croissance des salaires réels.

L’amélioration de la productivité deviendra de plus en plus importante en raison du vieillissement de la main-d’œuvre

  • Une productivité plus élevée sera nécessaire pour maintenir l’amélioration du niveau de vie à long terme en raison des répercussions structurelles que le vieillissement de la population aura sur la main-d’œuvre du Canada. Près de 1 travailleur sur 5 s’approchera de l’âge de la retraite au cours des 10 prochaines années; de nouvelles augmentations du ratio de l’emploi à la population ne sont pas anticipées (Recensement de 2021).

Graphique 1

Tableau de données du graphique 1 
Tendances du produit intérieur brut par habitant et de ses composantes, 1981 à 2021
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tendances du produit intérieur brut par habitant et de ses composantes PIB par habitant, PIB par heure, Heures par emploi et Ratio emploi-population, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
PIB par habitant PIB par heure Heures par emploi Ratio emploi-population
indice (1981 = 100)
1981 100,0 100,0 100,0 100,0
1982 95,7 101,4 98,6 95,7
1983 97,2 103,7 98,3 95,4
1984 102,0 106,5 98,8 96,9
1985 105,8 107,5 99,4 99,0
1986 107,0 106,6 99,4 101,0
1987 109,9 107,1 100,2 102,4
1988 113,3 108,2 100,5 104,1
1989 113,9 108,4 100,4 104,6
1990 112,3 108,4 99,9 103,8
1991 108,6 109,3 98,7 100,7
1992 108,3 111,4 98,7 98,5
1993 110,0 113,5 99,0 97,9
1994 113,7 115,4 99,6 98,9
1995 115,5 116,7 99,4 99,6
1996 116,2 116,5 100,2 99,5
1997 120,0 119,8 99,5 100,6
1998 123,6 122,0 99,1 102,3
1999 128,9 125,0 99,2 104,0
2000 134,4 129,0 98,6 105,6
2001 135,3 131,0 97,7 105,7
2002 137,9 133,2 96,7 107,1
2003 139,1 133,4 95,9 108,7
2004 142,1 134,5 96,5 109,4
2005 145,2 137,5 96,2 109,8
2006 147,6 139,1 96,1 110,4
2007 149,2 139,3 96,0 111,6
2008 149,0 138,8 95,9 112,0
2009 143,0 139,4 94,2 108,9
2010 145,8 140,9 94,8 109,2
2011 148,9 143,2 94,7 109,8
2012 149,9 143,7 95,0 109,8
2013 151,8 145,8 94,6 110,0
2014 154,6 149,8 94,3 109,5
2015 154,5 149,5 94,4 109,4
2016 154,3 150,1 94,4 108,9
2017 157,0 152,5 93,8 109,8
2018 159,1 153,0 94,6 110,0
2019 159,8 154,3 93,4 110,9
2020 149,7 165,6 87,0 103,9
2021 155,7 156,3 92,0 108,3

Quels sont les facteurs à la base de la productivité de la main-d’œuvre?

  • L’intensité du capital est déterminée par l’investissement des entreprises dans deux types d’actifs :
    • les actifs corporels(p. ex. les bâtiments et les ouvrages de génie, les machines et le matériel, et les technologies de l’information et des communications);
    • les actifs incorporels (p. ex. les logiciels, la recherche et développement, la prospection minière et l’évaluation).
  • La qualité de la main-d’œuvre reflète l’éventail d’aptitudes de la main-d’œuvre (et dépend en partie de l’évolution du niveau de scolarité au fil du temps).
  • La productivité multifactorielle comprend tous les autres facteurs, y compris les changements technologiques, les changements organisationnels, l’utilisation de la capacité et les économies d’échelle, qui peuvent influer sur la croissance de la production. 

Sources de la croissance de la productivité du travail dans le secteur des entreprises
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Sources de la croissance de la productivité du travail dans le secteur des entreprises 1980 à 2000, 2000 à 2010 et 2010 à 2019(figurant comme en-tête de colonne).
1980 à 2000 2000 à 2010 2010 à 2019
Croissance de la productivité du travail (%) 1,7 0,7 1,2
Contribution par point de pourcentage :
Intensité du capital 0,9 1,0 0,4
Qualité de la main-d’œuvre 0,4 0,3 0,2
Productivité multifactorielle 0,5 -0,6 0,6

La concurrence est importante : Derrière cette vue d’ensemble de la productivité se trouvent les industries, les entreprises et les travailleurs. À mesure que les ressources productives passent d’une industrie et d’une entreprise à une autre, et que les entreprises moins productives sortent du marché et que les entreprises plus productives entrent sur le marché, la productivité globale changera également.

Contexte : Tendances de la productivité telles qu’observées avant la pandémie de COVID-19 

  • L’écart de productivité entre le Canada et les États-Unis s’est élargi au cours des années 1990 et 2000. Le ralentissement de la croissance de la productivité au Canada reflétait, en partie, une baisse des dépenses en technologies de l’information et des communications. Cela a stimulé les gains de productivité au sud de la frontière, notamment dans les services de haute technologie. 
  • Le rendement du Canada en matière de productivité s’est amélioré à la suite de la récession de 2008-2009, alors que la demande s’est accrue, en particulier pour les ressources canadiennes. L’investissement des entreprises, soutenu par d’importantes dépenses en immobilisations dans le secteur de l’extraction de pétrole et de gaz, et l’investissement des entreprises dans les technologies de l’information et des communications ont soutenu la croissance de la productivité au cours de cette période.
  • La croissance de la productivité du travail a ralenti de 2015 à 2019, l’économie s’étant adaptée à la baisse des prix du pétrole. Juste avant la pandémie de COVID-19, l’investissement non résidentiel des entreprises se situait à environ 20 % en deçà du sommet atteint à la fin de 2014.

Graphique 2

Tableau de données du graphique 2 
Productivité du travail dans le secteur des entreprises, au Canada et aux États-Unis
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Productivité du travail dans le secteur des entreprises Canada et États-Unis, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Canada États-Unis
indice (T1 1981 = 100)
1981
T1 100,0 100,0
T2 100,3 99,1
T3 99,4 100,5
T4 100,0 99,3
1982
T1 100,3 98,9
T2 101,3 99,0
T3 102,6 99,0
T4 102,2 99,9
1983
T1 104,6 100,8
T2 104,9 102,5
T3 104,4 103,0
T4 106,3 103,9
1984
T1 108,1 104,4
T2 109,3 105,4
T3 108,3 105,9
T4 109,6 106,2
1985
T1 110,8 106,6
T2 109,9 107,1
T3 109,8 108,8
T4 110,2 109,2
1986
T1 108,9 110,2
T2 109,6 110,9
T3 109,8 111,5
T4 107,4 111,2
1987
T1 109,1 110,8
T2 109,0 111,5
T3 110,4 111,6
T4 110,4 112,6
1988
T1 111,5 112,9
T2 111,3 113,1
T3 110,9 113,4
T4 110,9 113,7
1989
T1 111,6 113,9
T2 111,4 114,5
T3 110,9 114,9
T4 110,9 115,0
1990
T1 111,6 116,2
T2 110,9 117,2
T3 110,2 117,7
T4 110,2 116,5
1991
T1 110,3 116,8
T2 110,8 118,7
T3 111,1 119,5
T4 111,2 120,2
1992
T1 112,1 122,9
T2 112,7 123,8
T3 113,9 124,9
T4 114,5 125,7
1993
T1 114,2 124,7
T2 115,2 124,1
T3 116,5 124,0
T4 116,1 124,9
1994
T1 117,9 125,2
T2 118,5 125,1
T3 118,3 124,5
T4 117,8 125,7
1995
T1 119,8 125,5
T2 119,7 125,9
T3 118,9 126,0
T4 119,0 126,8
1996
T1 118,0 127,8
T2 118,2 129,2
T3 118,3 129,7
T4 119,4 129,9
1997
T1 121,2 129,6
T2 122,1 131,6
T3 122,0 132,9
T4 122,4 133,6
1998
T1 125,3 134,8
T2 124,3 135,4
T3 124,7 137,3
T4 125,5 138,4
1999
T1 128,2 140,6
T2 127,6 141,1
T3 130,0 142,4
T4 130,0 144,3
2000
T1 132,7 143,9
T2 134,2 146,8
T3 135,4 146,8
T4 134,4 148,4
2001
T1 134,6 147,6
T2 136,0 150,0
T3 137,0 150,9
T4 138,6 152,9
2002
T1 139,2 155,6
T2 138,5 156,3
T3 138,9 157,6
T4 138,8 157,4
2003
T1 138,5 159,0
T2 139,5 161,6
T3 139,1 164,5
T4 138,3 165,8
2004
T1 138,0 166,1
T2 139,0 167,4
T3 140,7 168,2
T4 141,4 169,7
2005
T1 141,4 171,3
T2 142,1 170,7
T3 144,0 171,9
T4 145,0 172,3
2006
T1 145,7 173,7
T2 144,4 173,3
T3 144,9 172,6
T4 145,5 173,8
2007
T1 146,1 174,4
T2 146,0 175,0
T3 145,4 176,7
T4 144,1 177,8
2008
T1 143,5 176,8
T2 143,7 178,7
T3 145,5 179,0
T4 144,9 178,0
2009
T1 143,7 179,9
T2 144,1 183,5
T3 144,5 186,2
T4 146,1 189,1
2010
T1 145,7 190,0
T2 144,7 190,1
T3 146,3 191,3
T4 146,4 192,1
2011
T1 147,4 190,7
T2 147,5 190,8
T3 148,4 190,2
T4 149,8 191,5
2012
T1 149,3 192,2
T2 148,2 193,0
T3 147,9 192,8
T4 147,9 192,3
2013
T1 148,9 193,8
T2 149,8 193,5
T3 151,1 194,2
T4 153,0 195,4
2014
T1 152,5 193,6
T2 155,4 195,3
T3 157,0 196,6
T4 157,5 195,4
2015
T1 156,4 197,0
T2 154,3 197,7
T3 154,1 197,6
T4 154,1 196,8
2016
T1 154,2 197,5
T2 153,8 197,2
T3 156,1 198,0
T4 156,1 199,6
2017
T1 158,0 199,5
T2 158,2 199,1
T3 157,2 200,9
T4 157,6 201,7
2018
T1 157,5 202,5
T2 158,8 203,5
T3 159,3 203,9
T4 159,0 204,0
2019
T1 159,2 205,6
T2 159,3 207,5
T3 160,1 208,0
T4 160,7 208,7
2020
T1 166,6 207,8
T2 187,7 212,4
T3 169,7 216,2
T4 166,9 214,3
2021
T1 162,8 215,5
T2 161,6 217,3
T3 159,6 215,2
T4 158,8 218,5

COVID-19 : les premiers gains de productivité se dissipent à mesure que l’emploi et les heures travaillées se redressent

  • Les importantes augmentations de la productivité globale observées au début de la pandémie rendaient compte d’importantes réductions enregistrées au chapitre du nombre d’heures travaillées dans les entreprises non essentielles les plus durement touchées par les mesures de confinement.
  • Le mouvement global des heures travaillées des activités non essentielles (où la productivité est généralement plus faible) vers les activités essentielles (où la productivité est plus élevée) a entraîné une augmentation de la productivité dans l’ensemble de l’économie.
  • Ces effets structurels se sont dissipés en 2021, alors que les entreprises non essentielles ont intensifié leurs activités. La productivité a fléchi, le nombre d’heures travaillées s’étant redressé plus rapidement que la production.
  • La productivité du travail a reculé pendant sept trimestres consécutifs. La productivité globale au premier trimestre de 2021 était inférieure de 1,3 % aux niveaux observés avant la pandémie. 

Graphique 3

Tableau de données du graphique 3 
Les heures travaillées dans les entreprises canadiennes reprennent de la vigueur plus rapidement que la production réelle, variation trimestrielle en pourcentage
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Les heures travaillées dans les entreprises canadiennes reprennent de la vigueur plus rapidement que la production réelle. Les données sont présentées selon Mesures de la productivité du travail et mesures connexes (titres de rangée) et Produit intérieur brut réel, Heures travaillées et Productivité du travail, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Mesures de la productivité du travail et mesures connexes Produit intérieur brut réel Heures travaillées Productivité du travail
pourcentage
2019
T4 0,3 -0,1 0,4
2020
T1 -2,7 -6,2 3,7
T2 -13,5 -23,2 12,6
T3 10,9 22,7 -9,6
T4 2,5 4,2 -1,6
2021
T1 1,1 3,6 -2,4
T2 -1,3 -0,9 -0,5
T3 1,3 2,4 -1,1
T4 2,0 2,6 -0,6
2022
T1 0,9 1,4 -0,5

Start of text box

Les pressions sur la compétitivité des coûts augmentent : Au début de 2022, les coûts unitaires de main-d’œuvre, qui mesurent les coûts de la main-d’œuvre nécessaire pour produire une unité de production, ont augmenté de 12 % par rapport aux coûts observés avant la pandémie. La rémunération des travailleurs a dépassé l’amélioration de la productivité au cours de la pandémie.

End of text box

COVID-19 : l’incidence sur la productivité varie d’un secteur à l’autre, au moment où les entreprises continuent de s’adapter 

Les secteurs à forte incidence technologique sont plus résilients

  • Les industries qui ont davantage recours aux services technologiques ont fait preuve de plus de résilience pendant la pandémie. L’intensité numérique plus élevée dans les secteurs des finances et du commerce de gros a contribué à des gains de productivité, tandis que la reprise rapide des ventes au détail reflétait la transition rapide vers les plateformes numériques.

Les répercussions sur la productivité sont masquées par la forte demande de main-d’œuvre

  • La productivité du travail dans les services professionnels, scientifiques et techniques au début de 2022 est restée inférieure de 5 % aux niveaux observés avant la pandémie, les fortes augmentations au chapitre des heures travaillées ayant dépassé les augmentations de la production. Le nombre de travailleurs salariés de ce secteur a enregistré une hausse de 200 000  (+15 %) depuis le début de la pandémie.

Graphique 4

Tableau de données du graphique 4 
Croissance nette de la productivité, par secteur, du quatrième trimestre de 2019 au premier trimestre de 2021
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Croissance nette de la productivité. Les données sont présentées selon Secteur (titres de rangée) et Croissance nette de la productivité, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Secteur Croissance nette de la productivité
pourcentage
Arts, spectacles et loisirs -22,6
Services administratifs, de soutien, de gestion des déchets et d’assainissement -13,2
Transport et entreposage -12,2
Industrie de l'information et industrie culturelle -5,7
Services professionnels, scientifiques et techniques -5,1
Services d’hébergement et de restauration -2,2
Extraction minière et extraction de pétrole et de gaz -1,8
Fabrication -1,5
Secteur des entreprises -1,3
Construction -0,9
Services immobiliers et services de location et de location à bail 0,7
Secteur non commercial et autres 1,1
Autres services aux entreprises 1,7
Services publics 1,9
Finance et assurances, et sociétés de portefeuille 2,3
Commerce de gros 4,4
Commerce de détail 8,5
Agriculture, foresterie, pêche et chasse 10,5

Start of text box

Le roulement concurrentiel peut avoir une incidence sur la croissance de la productivité dans de nombreuses industries : Un nombre relativement plus élevé d’entreprises à faible productivité ont fermé pendant la pandémie de COVID-19, que durant la récession de 2008-2009.  

End of text box

Les gains de productivité soutenus dans les années à venir devront être alimentés par de nouveaux investissements des entreprises

« En cette sortie de pandémie de COVID-19, le Canada a la possibilité d’enregistrer des gains de productivité attendus depuis longtemps. Dans les années à venir, les décisions d’investissement des entreprises détermineront la trajectoire de la croissance de la productivité au pays ».

Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, le 9 février 2022, à la Chambre de commerce du Canada

Avant la pandémie de COVID-19, le faible niveau d’investissements des entreprises dans les actifs améliorant la productivité a entraîné des répercussions sur sa croissance

  • Les dépenses globales des entreprises en ouvrages de génie et en machines et matériel ont suivi une tendance à la baisse depuis la diminution prononcée observée au chapitre des prix du pétrole au milieu des années 2010. La reprise de ces dépenses à la suite de la pandémie de COVID-19 a également été lente.
  • Au début de 2022, les dépenses réelles dans les ouvrages non résidentiels et les machines et matériel ont été inférieures de 4 % aux niveaux affichés avant la pandémie et inférieures de 22 % aux niveaux record observés en 2014.
  • Les dépenses réelles en recherche et développement étaient inférieures de 8 % aux niveaux enregistrés avant la pandémie et inférieures de 11 % aux niveaux déclarés en 2014.

Graphique 5

Tableau de données du graphique 5 
Investissements non résidentiels des entreprises, par type d’actif
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Investissements non résidentiels des entreprises Ouvrages non résidentiels , Machines et matériel et Produits de propriété intellectuelle, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Ouvrages non résidentiels Machines et matériel Produits de propriété intellectuelle
indice (T1 2007 = 100)
2007
T1 100,0 100,0 100,0
T2 99,8 101,2 100,7
T3 100,2 101,6 102,1
T4 100,5 105,0 104,5
2008
T1 107,2 105,4 107,6
T2 108,7 104,1 107,6
T3 109,3 103,3 105,8
T4 106,6 95,3 100,1
2009
T1 91,8 79,1 88,0
T2 85,7 77,9 85,4
T3 84,9 80,3 85,6
T4 85,7 84,3 87,7
2010
T1 93,9 84,9 91,8
T2 98,6 88,8 95,6
T3 104,7 89,2 97,6
T4 111,2 92,1 97,7
2011
T1 115,5 93,3 95,6
T2 114,6 100,2 101,0
T3 119,5 95,0 104,0
T4 124,0 96,5 104,1
2012
T1 127,3 98,3 104,5
T2 133,1 99,1 99,7
T3 133,7 99,0 100,8
T4 138,1 99,1 99,9
2013
T1 141,5 99,7 101,5
T2 143,7 99,8 99,1
T3 146,6 97,8 99,7
T4 147,8 100,4 99,9
2014
T1 151,5 98,7 101,5
T2 152,6 100,1 100,0
T3 154,5 101,9 99,4
T4 157,3 104,1 102,5
2015
T1 141,8 98,1 94,3
T2 135,1 95,1 88,6
T3 128,9 93,1 86,6
T4 124,0 92,8 87,6
2016
T1 118,7 84,4 88,2
T2 114,1 86,3 88,8
T3 121,4 80,1 87,2
T4 113,1 78,8 86,7
2017
T1 113,0 85,9 92,2
T2 114,4 87,6 95,5
T3 116,1 86,6 98,5
T4 117,9 94,1 95,5
2018
T1 117,0 94,5 105,8
T2 117,4 97,9 107,7
T3 116,7 93,8 106,1
T4 115,7 94,3 109,6
2019
T1 119,3 102,8 104,8
T2 119,9 95,5 104,0
T3 123,0 94,2 105,4
T4 124,1 88,1 105,4
2020
T1 125,3 87,0 106,7
T2 105,9 67,1 97,2
T3 104,2 81,5 100,4
T4 102,0 86,7 101,6
2021
T1 105,8 81,6 103,1
T2 108,2 87,2 103,3
T3 109,2 87,1 101,2
T4 112,8 87,9 100,6
2022
T1 116,1 88,7 100,0

Quel type d’investissement stimulera la croissance de la productivité? Le secteur des services de haute technologie dirige l’adoption des technologies numériques

Start of text box

Les entreprises ont changé la façon dont les intrants de technologies de l’information et des communications (TIC) sont intégrés dans leurs systèmes de production. Au cours des 10 dernières années, les dépenses effectuées pour les services des TIC, qui étaient utilisés comme intrants intermédiaires et qui étaient peut-être liées à l’informatique en nuage et à d’autres avancées dans la gestion des données, ont augmenté à un rythme plus rapide que les dépenses traditionnelles en capital des TIC

End of text box
  • Au début de 2022, environ 1 entreprise sur 5 a déclaré qu’elle prévoyait augmenter ses dépenses en technologies numériques nouvelles ou supplémentaires au cours des 12 prochains mois.
  • Les entreprises du secteur des services de haute technologie se classent au premier plan.
    • Plus de 40 % des entreprises de l’industrie de l’information et de l’industrie culturelle, ainsi que 38 % des entreprises des services professionnels, scientifiques et techniques, prévoient acquérir des technologies numériques nouvelles ou supplémentaires.
    • Environ un quart des fabricants ont l’intention de le faire.

Questions clés : À quel degré la croissance de l’emploi et du revenu est-elle associée aux avancées technologiques numériques? Dans quelle mesure cela profitera-t-il aux travailleurs hautement qualifiés et aux travailleurs peu qualifiés?

Graphique 6

Tableau de données du graphique 6 
Pourcentage d’entreprises prévoyant acquérir des technologies numériques nouvelles ou supplémentaires au cours des 12 prochains mois
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Pourcentage d’entreprises prévoyant acquérir des technologies numériques nouvelles ou supplémentaires au cours des 12 prochains mois. Les données sont présentées selon Secteur (titres de rangée) et Taux, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Secteurs Taux
pourcentage
Industrie de l'information et industrie culturelle 42,0
Services professionnels, scientifiques et techniques 37,4
Finance et assurances 33,7
Commerce de gros 31,6
Fabrication 27,0
Arts, spectacles et loisirs 25,0
Soins de santé et assistance sociale 22,8
Tous les secteurs 21,9
Commerce de détail 20,7
Autres services (sauf les administrations publiques) 18,4
Services immobiliers et services de location et de location à bail 18,0
Services d’hébergement et de restauration 17,0
Transport et entreposage 16,5
Agriculture, foresterie, pêche et chasse 14,6
Extraction minière, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz 12,7
Services administratifs et services de soutien 12,7
Construction 11,1

Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement sont susceptibles d’avoir une incidence sur la croissance de la productivité à court terme

Les défis logistiques ne cessent d’augmenter

  • Au total, 4 entreprises sur 10 s’attendent à ce que les coûts de transport soient un obstacle au cours des prochains mois (deuxième trimestre de 2022).
  • Les défis liés à la chaîne d’approvisionnement n’ont cessé de croître depuis le milieu de 2021. Plus du quart des entreprises anticipent des difficultés en ce qui concerne l’acquisition d’intrants, de produits ou de fournitures au pays.
    • Plus des deux tiers des entreprises qui s’attendent à des défis liés à la chaîne d’approvisionnement ont indiqué que l’ampleur de ces défis s’est accentuée au cours des derniers mois, et plus de la moitié s’attendent à ce que ces difficultés se poursuivent pendant six mois ou plus.
  • Environ 1 entreprise sur 20 s’attendant à des défis liés à la chaîne d’approvisionnement prévoit déplacer les activités de la chaîne d’approvisionnement au Canada au cours de la prochaine année, tandis qu’une proportion analogue prévoit déplacer les activités de la chaîne d’approvisionnement à l’extérieur du Canada.

Graphique 7

Tableau de données du graphique 7 
Ajustements que les entreprises ou les organismes prévoient apporter à leur chaîne d’approvisionnement au cours des 12 prochains mois, deuxième trimestre de 2022
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Ajustements que les entreprises ou les organismes prévoient apporter à leur chaîne d’approvisionnement au cours des 12 prochains mois Déplacer les activités de la chaîne d’approvisionnement au Canada et Déplacer les activités de la chaîne d’approvisionnement à l’extérieur du Canada, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Déplacer les activités de la chaîne d’approvisionnement au Canada Déplacer les activités de la chaîne d’approvisionnement à l’extérieur du Canada
pourcentage
Arts, spectacles et loisirs 17,0 3,5
Services professionnels, scientifiques et techniques 13,3 10,2
Transport et entreposage 10,2 10,5
Extraction minière, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz 10,1 3,4
Services d’hébergement et de restauration 9,5 6,3
Fabrication 8,8 10,6
Agriculture, foresterie, pêche et chasse 6,4 2,3
Tous les secteurs 5,9 5,4
Commerce de détail 5,8 8,7
Services administratifs, de soutien, de gestion des déchets et d’assainissement 5,7 2,2
Commerce de gros 4,2 5,5
Services immobiliers et services de location et de location à bail 4,2 2,4
Autres services 4,0 2,8
Construction 2,7 1,5
Industrie de l'information et industrie culturelle 2,6 0,2
Soins de santé et assistance sociale 0,5 0,2
Finance et assurances 0,0 10,6

Le déplacement des activités liées aux chaînes d’approvisionnement peut avoir des répercussions plus profondes sur la productivité dans les secteurs axés sur l’exportation comme celui de la fabrication

La productivité du travail dans le secteur de la fabrication a été plus touchée par les perturbations liées à la pandémie

  • Les industries manufacturières qui sont davantage exposées aux bouleversements externes liés à l’offre (dont la production dépend davantage des intrants intermédiaires importés) ont connu une baisse plus importante de leur productivité du travail au cours de la pandémie.
  • Si la croissance de la productivité dans le secteur de la fabrication avait maintenu la tendance qu’elle affichait avant la pandémie, la productivité globale du secteur des entreprises au cours des deux premières années de la pandémie aurait été supérieure d’environ 0,3 point de pourcentage.

Compte tenu de l’exposition vis-à-vis de l’étranger, le rétablissement des chaînes d’approvisionnement peut avoir des répercussions directes sur la productivité

  • Plus des trois quarts des fabricants canadiens dépendent de l’importation de biens ou de services et 90 % de ces entreprises utilisent ces intrants dans leurs activités de production d’autres biens et services au Canada. L’importation peut également améliorer la productivité des entreprises, en permettant aux entreprises canadiennes d’accéder à des technologies et à des intrants étrangers qui ne sont pas disponibles ou qui coûtent plus cher au pays. Les efforts de relocalisation qui visent à raccourcir les chaînes d’approvisionnement pour limiter leur exposition aux bouleversements externes peuvent avoir des effets négatifs sur la productivité.  

Graphique 8

Tableau de données du graphique 8 
Variation de la croissance annuelle moyenne de la productivité du travail de 2010 à 2019 et de 2019 à 2021, selon l’exposition aux bouleversements externes liés à l’offre, secteur de la fabrication
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Variation de la croissance annuelle moyenne de la productivité du travail de 2010 à 2019 et de 2019 à 2021 Niveau d'exposition aux bouleversements étrangers liés à l’offre, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Niveau d'exposition aux bouleversements étrangers liés à l’offre
pourcentage
Élevé -4,0
Faible -1,0

L’activité transfrontalière facilite l’accès à l’innovation et à la technologie qui sont essentielles à la croissance de la productivité

L’exposition aux marchés étrangers et la croissance de la productivité vont de pair

  • Les industries qui sont fortement exposées aux bouleversements externes dans les chaînes d’approvisionnement, comme les secteurs de la fabrication et de l’extraction de pétrole et de gaz, sont souvent celles qui apportent les technologies novatrices aux producteurs nationaux par l’entremise du commerce transfrontalier et d’investissements directs étrangers. Ces liens transfrontaliers constituent d’importantes sources de croissance de la productivité.
  • D’après les recherches de Statistique Canada, les exportateurs sont 37 % plus susceptibles d’utiliser des technologies étrangères que les non-exportateurs. Les entreprises qui commencent à exporter sont également plus susceptibles d’entreprendre des activités de recherche et développement et de collaborer à ces activités avec des acheteurs étrangers.

Les multinationales étrangères restent d’importants véhicules pour l’innovation et le transfert de technologies

Alors que les multinationales étrangères représentent 15 % de la production économique du Canada, elles représentent près des deux tiers du commerce canadien de marchandises et plus de 70 % du commerce transfrontalier des connaissances techniques et des services technologiques. Le commerce des services commerciaux du Canada a considérablement augmenté depuis 2010, ce qui ouvrira de nouveaux horizons.

Graphique 9

Tableau de données du graphique 9 
Part de l’activité économique des multinationales étrangères, moyenne annuelle, de 2015 à 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Part de l’activité économique des multinationales étrangères Pourcentage(figurant comme en-tête de colonne).
Pourcentage
Produit intérieur brut 15
Exportations de marchandises 61
Exportations de services commerciaux 48
Exportations de technologies 71
Importations de marchandises 68
Importations de services commerciaux 55
Importations de technologies 75
Dépenses au titre de la recherche et développement des entreprises 40

Points à retenir

L’augmentation de la productivité du travail gagnera en importance dans le cadre de l’amélioration des niveaux de vie

  • Alors qu’un cinquième des travailleurs canadiens s’approcheront de l’âge de la retraite au cours des 10 prochaines années, une productivité accrue sera nécessaire afin de compenser les incidences du vieillissement de la population sur la main-d’œuvre canadienne. Une productivité plus élevée sera également essentielle pour soutenir la croissance des salaires réels et améliorer la capacité de production de l’industrie canadienne.

À mesure que les effets perturbateurs de la pandémie de COVID-19 s’estompent, des gains de productivité soutenus devront être réalisés à l’aide de l’investissement des entreprises

  • L’investissement non résidentiel a été lent à se remettre de la pandémie de COVID-19 et demeure bien inférieur aux sommets enregistrés en 2014, lorsque les importantes dépenses en immobilisations dans le secteur de l’énergie avaient alimenté la croissance de la productivité et les gains de revenu. À mesure que les investissements dans le secteur de l’énergie se dissocieront des prix du pétrole, d’autres secteurs de l’économie devront émerger en tant que principaux facteurs d’investissement.
  • L’adoption généralisée des services numériques, accélérée par la pandémie, pourrait constituer une importante source de croissance de la productivité analogue à l’intégration des technologies de l’information et des communications dans les années 1990. Au début de 2022, environ 1 entreprise sur 5 prévoyait augmenter ses dépenses dans cette technologie au cours de la prochaine année.

La relocalisation peut avoir des effets négatifs sur la productivité, tandis que les liens transfrontaliers qui facilitent l’innovation et le transfert de technologie pourraient être la clé des gains de productivité à long terme

  • Les défis logistiques persistants et l’augmentation des coûts des intrants peuvent avoir des effets négatifs sur la productivité à court terme alors que les entreprises ajustent leurs chaînes d’approvisionnement. Les gains de productivité à plus long terme dépendront en partie du maintien de l’accès à des technologies concurrentielles à l’échelle mondiale.
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