Aperçus économiques
Développements récents de l'économie canadienne 2020 : COVID-19, quatrième édition

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11-626-X No 128

Le présent article résume les changements dignes de mention qui ont touché la production et l’emploi au cours des premiers mois de la période de déconfinement, et met l’accent sur les inégalités dans la reprise économique entre les secteurs industriels et les groupes de population. Il fait en outre état des données mensuelles sur les ouvertures et les fermetures d’entreprises à la fin du printemps, au moment où les restrictions liées à la COVID-19 ont commencé à être assouplies. Les totalisations du présent rapport sont fondées sur des données diffusées en date du 23 octobre 2020.

L’article se reporte à de nombreux résultats d’une présentation récente sur les répercussions sociales, économiques et sanitaires de la pandémie intitulée Les répercussions sociales et économiques de la COVID-19 : Le point après six mois. Pour obtenir des données contextuelles sur les principaux développements commerciaux et économiques depuis le début de la pandémie, voir les Nouvelles économiques canadiennes.

Plusieurs indicateurs économiques de premier plan, y compris le commerce de marchandises, les ventes du secteur de la fabrication, les ventes en gros et les ventes au détail, ont connu une augmentation marquée par rapport aux baisses historiques enregistrées au cours des mois qui ont suivi le confinement. Après avoir affiché de hausses d’au moins 10 % en juin et en juillet, le commerce de marchandises a enregistré une légère baisse en août et s’est stabilisé à environ 6 % en dessous des niveaux observés avant la COVID-19. Cela est attribuable en grande partie à la faiblesse des ventes en ce qui a trait aux produits énergétiques ainsi qu’aux aéronefs et autre matériel de transport. Les ventes du secteur de la fabrication ont progressé de façon marquée de mai à juillet et se sont établies à environ 5 % sous leurs niveaux précédant la COVID-19, en dépit des ventes plus faibles de produits du pétrole et du charbon. En juillet, le commerce de gros a légèrement dépassé les niveaux affichés avant la COVID-19, tandis que les ventes au détail, soutenues par une forte augmentation des ventes en ligne, sont revenues à leurs niveaux observés avant la COVID-19 en juin. Une grande partie de la baisse et de la reprise soudaines de ces indicateurs de premier plan est le résultat d’importantes variations des ventes liées à l’automobile, qui ont diminué de façon précipitée pendant le confinement et qui se sont raffermies considérablement lorsque les restrictions touchant les chaînes d’approvisionnement de l’industrie automobile ont commencé à être levées.

Graphique 1 Production et emploi, exprimé en pourcentage des niveaux avant la COVID-19

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1 Mars, Avril, Mai, Juin, Juillet, Août et Septembre, calculées selon indice (février 2020=100) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre
indice (février 2020=100)
Produit intérieur brut réel 92,6 81,9 85,8 91,4 94,2 95,2 Note ..: indisponible pour une période de référence précise
Emploi 94,7 84,3 85,9 90,8 93,0 94,3 96,3

Les variations de la production dans l’ensemble de l’économie au cours des mois qui ont suivi les mesures de confinement fournissent un aperçu plus général de la rapidité avec laquelle l’activité économique a repris, une fois que les restrictions liées à la COVID-19 ont commencé à s’assouplir. Après avoir affiché un recul de 18 % de février à avril, le produit intérieur brut réel a connu une hausse marquée en mai (+4,8 %) et en juin (+6,5 %) pour s’établir à 9 % sous son niveau précédant la pandémie, avant les mois d’été (graphique 1). Une partie importante du rebond de l’économie à la fin du printemps a été le résultat des augmentations enregistrées dans la construction, la fabrication et le commerce de détail, au moment où les restrictions qui freinaient l’activité dans ces secteurs ont commencé à s’atténuer.

Le rythme de la croissance économique a ralenti en juillet (+3,0 %), au fur et à mesure de la réouverture des entreprises, ce qui a ramené le produit intérieur brut réel à près de 6 % en dessous de son niveau affiché avant la COVID-19. L’augmentation de la production des usines a de nouveau contribué de façon importante à la hausse de juillet, soutenue par la croissance dans les services de santé, les services immobiliers et les services d’hébergement et de restauration. Malgré la reprise marquée de la production dans l’ensemble de l’économie à la fin du printemps et au début de l’été, le rythme de la reprise a varié de façon substantielle entre les secteurs industriels, en particulier dans les services (graphique 2).

Graphique 2 Produit intérieur brut réel, exprimé en pourcentage des niveaux avant la COVID-19, certaines industries de services

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 Activité pendant le ralentissement économique attribuable à la COVID-19 (avril 2020) et Activité pendant le mois de référence courant (juillet 2020) , calculées selon indice (février 2020=100) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Activité pendant le ralentissement économique attribuable à la COVID-19 (avril 2020) Activité pendant le mois de référence courant (juillet 2020)
indice (février 2020=100)
Industries de services 83 94
Finance et assurances 99 102
Services professionnels, scientifiques et techniques 87 94
Commerce de détail 71 101
Transport et entreposage 68 79
Services d'hebergement et de restauration 34 67

Les premières étapes de la reprise ont mis en évidence les principales différences entre les industries de services

De nombreux services bien rémunérés, y compris les services financiers, la conception de systèmes informatiques et les services de recherche et de développement scientifiques, ont été moins touchés par les mesures de confinement, les employés des secteurs financiers et professionnels ayant tendance à avoir des niveaux relativement élevés de flexibilité et d’autonomie relativement à leur lieu de travailNote . La capacité d’effectuer du télétravail varie considérablement d’une industrie à l’autre et est plus répandue dans les services financiers et les services professionnels, scientifiques et techniques. Le télétravail est également plus répandu dans les familles à revenu élevé (Les répercussions sociales et économiques de la COVID-19 : Le point après six mois, diapositives 77 et 78).

Les services qui soutiennent les dépenses au titre des biens de consommation durables et du logement ont également connu une reprise rapide, au fur et à mesure de la réouverture des entreprises. Même si la reprise dans le secteur du commerce de détail a été principalement le fait d’un rebond marqué des ventes d’automobiles, l’activité dans plusieurs autres types de commerces de détail, y compris les magasins de meubles et d’accessoires de maison, d’appareils électroniques et ménagers et de matériaux de construction et matériel de jardinage ont tous atteint ou dépassé les niveaux enregistré avant la COVID-19 en juin. De nombreux détaillants de produits non essentiels ont développé ou amélioré leurs plateformes en ligne pendant le confinement, ce qui a donné lieu à des hausses marquées des ventes en ligne dans un large éventail de types de magasins (Aston et coll., 2020 et Les répercussions sociales et économiques de la COVID-19 : Le point après six mois, diapositive 74).

Parallèlement, la forte demande continue de logement dans les mois qui ont suivi les mesures de confinement a alimenté une augmentation marquée des services immobiliers. La production des agents et courtiers immobiliers a connu une hausse rapide de mai à juillet et elle a dépassé de plus de 20 % les niveaux observés avant la COVID-19. En juillet, ces activités ont atteint leur niveau le plus élevé en 16 ans, grâce notamment aux hausses à deux chiffres de l’activité de revente dans de nombreux marchés urbains.

D’autres données mensuelles démontrent la poussée subie par le marché du logement après le confinement. Les mises en chantier se sont accélérées au cours des mois d’été, l’investissement dans la construction résidentielle s’étant raffermi de mai à août. Les prix des logements neufs ont également augmenté de façon constante au cours de cette période de quatre mois avant d’accélérer en septembre, alors que les constructeurs ont déclaré que l’augmentation totale était la plus importante en 14 ansNote . La forte dynamique du marché du logement contraste avec l’évolution du marché de l’immobilier commercial, où les données récentes indiquent un recul des dépenses non résidentielles, à mesure que les entreprises réévaluent leurs besoins en bureaux et en magasins. La baisse marquée des loyers commerciaux au deuxième trimestre, conjuguée au recul des intentions de construction non résidentielle (selon des données révisées recueillies en juin et en juillet), souligne la faiblesse des perspectives pour les propriétés commercialesNote .

Les voyages, le tourisme et l’hébergement demeurent gravement touchés

Même si certains services ont connu une reprise rapide, d’autres, en particulier ceux liés à des dépenses discrétionnaires au titre des voyages, du tourisme et de l’hébergement, sont demeurés gravement touchés par la demande plus faible et les restrictions continues en matière de voyages. En juillet, la production des services de transport aérien, en dépit d’une réduction des tarifs, de rabais et de promotions, a été inférieure de plus de 90 % aux niveaux précédant la pandémie. Malgré de modestes augmentations ces derniers mois, les volumes de passagers aériens, mesurés d’une année à l’autre, ont diminué d’au moins 90 % depuis le premier mois complet de fermeture des frontières, en avril.

Les services d’hébergement et de restauration figurent parmi les industries les plus touchées par le COVID-19. Malgré des ventes plus fortes à la fin du printemps et au début de l’été, leur production combinée en juillet était encore inférieure d’environ un tiers aux niveaux précédant la pandémie. Malgré des réductions de prix substantielles visant à encourager les gens à voyager de nouveau, les services d’hébergement se situaient à plus de 40 % en dessous des niveaux observés en février, tandis que les services de restauration étaient en baisse de près de 30 %, malgré la poursuite de la réouverture des restaurants à service complet avec salles à manger et terrassesNote . Les arts, spectacles et autres loisirs ont continué d’être durement touchés au début de l’été, leur production se situant toujours à moins de la moitié de son niveau précédant la pandémie.

L’extraction de pétrole et de gaz a pesé sur la reprise de la production de biens

Même si les hausses dans la construction et la fabrication ont soutenu la reprise de la production de biens, l’extraction de pétrole et de gaz a légèrement fléchi après les mesures de confinement, tandis que la faiblesse des perspectives d’investissement a amené de nombreuses entreprises à réviser substantiellement leurs plans d’immobilisations. La production tirée des sables bitumineux et l’extraction de pétrole et de gaz par des méthodes classiques ont toutes deux affiché une tendance à la baisse au cours des derniers mois. La production tirée des sables bitumineux a diminué de façon constante d’avril à juillet, se situant à environ 13 % en dessous des niveaux précédant la pandémie. L’extraction de pétrole et de gaz par des méthodes classiques se situait à environ 10 % en dessous des niveaux précédant la pandémie en juillet. La baisse la plus importante a été celle des activités de soutien à l’extraction minière, pétrolière et gazière, qui comprennent les services de montage et de forage. Ces activités de soutien sont fortement corrélées avec les conditions d’investissement dans le secteur de l’énergie, et elles ont connu une forte baisse depuis le début de la pandémie. Malgré une augmentation à deux chiffres en juillet, les activités de soutien à l’extraction minière, pétrolière et gazière étaient d’environ 70 % inférieures aux niveaux précédant la pandémieNote .

L’emploi poursuit sa reprise, soutenu par des hausses importantes en septembre

La reprise de l’emploi a connu un ralentissement au cours des mois d’été, avant de s’accélérer en septembre. En juin, l’emploi était toujours inférieur de 1,8 million aux niveaux précédant la pandémie, le taux de chômage ayant diminué pour s’établir à 12,3 %, après avoir atteint un niveau record en mai (13,7 %). Puis, les hausses de l’emploi ont ralenti en juillet (+419 000) et en août (+246 000), au moment où les efforts de réouverture se poursuivaient au pays. En août, l’emploi total a été inférieur de 1,1 million aux niveaux précédant la pandémie, et le taux de chômage a diminué pour s’établir à 10,2 %.

Les hausses plus fortes de l’emploi enregistrées en septembre (+378 000) ont ramené le nombre d’emplois à 720 000 de celui de février, le taux de chômage ayant diminué pour s’établir à 9,0 % (graphique 3). La majeure partie des pertes d’emploi nettes de février à septembre ont touché le travail à temps plein, et les trois quarts de ces pertes nettes ont été enregistrées dans les services d’hébergement et de restauration, le commerce de détail, la construction, ainsi que le transport et l’entreposage. Environ 1,8 million de Canadiens étaient en chômage en septembre, comparativement à 1,1 million avant la pandémie. Parallèlement, le nombre de travailleurs canadiens toujours touchés par la COVID-19 en raison de pertes d’emploi ou de réductions importantes des heures travaillées a diminué pour s’établir à 1,3 million, après avoir atteint un sommet de 5,5 millions pendant les mesures de confinement d’avril. Parmi les Canadiens qui ont travaillé la majeure partie de leurs heures habituelles en septembre, environ le quart ont déclaré travailler à partir de la maison.

Graphique 3 Pertes nettes d'emploi depuis février, selon le type de travail

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon (titres de rangée) et Temps plein et Temps partiel, calculées selon milliers de personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Temps plein Temps partiel
milliers de personnes
Mars -474 -537
Avril -1 946 -1 059
Mai -1 727 -988
Juin -1 239 -524
Juillet -1 165 -178
Août -960 -138
Septembre -626 -94

Depuis le début de la pandémie, on a accordé beaucoup d’attention aux répercussions disproportionnées des mesures de confinement sur des groupes particuliers, y compris les travailleurs à faible revenu et moins scolarisés, les travailleurs temporaires, les immigrants récents, les communautés diverses, les femmes et les travailleurs plus jeunes. (Pour des renseignements détaillés sur l’inégalité de la reprise entre les groupes de population, voir Les répercussions sociales et économiques de la COVID-19 : Le point après six mois, diapositives 50 à 61).

Les répercussions de la pandémie sur le marché du travail pour des groupes de population particuliers continuent d’évoluer cinq mois après le début de la relance. Même si les femmes ont été plus durement touchées par les pertes d’emploi au début des mesures de confinement, les hausses qu’elles ont enregistrées sur le marché de l’emploi depuis le début de l’été ont dépassé celles des hommes. Les pertes d’emploi nettes de 720 000 de février à septembre ont été réparties également entre les hommes et les femmes, et le travail à temps plein chez les hommes et les femmes en septembre était inférieur de 4 % aux niveaux précédant la pandémie. Même si l’activité sur le marché du travail a diminué plus rapidement chez les femmes pendant la pandémie, le chômage, qui comprend les personnes cherchant du travail et celles ayant été mises à pied temporairement, a augmenté plus fortement chez les hommes.

Graphique 4 Emploi exprimé en pourcentage des niveaux observés avant la COVID-19, selon le groupe d'âge et le sexe

Tableau de données du graphique 4 
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4. Les données sont présentées selon (titres de rangée) et Niveau d'emploi indexé pendant la crise économique liée à la COVID-19 (avril 2020) et Niveau d'emploi indexé pendant le mois de référence actuel (septembre 2020), calculées selon indice (février 2020=100) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Niveau d'emploi indexé pendant la crise économique liée à la COVID-19 (avril 2020) Niveau d'emploi indexé pendant le mois de référence actuel (septembre 2020)
indice (février 2020=100)
Jeune : homme 70 90
Jeune : femme 62 90
Principal groupe d'âge actif : homme 88 98
Principal groupe d'âge actif : femme 87 98
Personnes âgées : homme 87 97
Personnes âgées : femme 86 95

Les jeunes travailleurs demeurent parmi les plus visiblement touchés par la COVID-19 (graphique 4). De février à avril, l’emploi chez les jeunes de 15 à 24 ans a diminué de plus de 870 000, ce qui représente environ le tiers de ce qu’il était avant la pandémie. Même si l’emploi chez les jeunes a augmenté de façon constante depuis la réouverture de l’économie, l’emploi chez les 15 à 24 ans s’est situé à environ 10 % en dessous des niveaux précédant la pandémie en septembre, les baisses étant réparties également entre les jeunes hommes et les jeunes femmes. Une part importante de la reprise de l’emploi chez les jeunes pendant les mois d’été s’est concentrée dans le travail à temps partiel, le travail à temps plein chez les jeunes demeurant à près d’un quart sous les niveaux de février. La situation a beaucoup changé en septembre, le nombre d’emplois à temps plein chez les jeunes Canadiens ayant augmenté de plus de 150 000. La hausse du travail à temps plein en septembre a coïncidé avec des augmentations dignes de mention dans les services d’hébergement et de restauration, ainsi dans l’information, la culture et les loisirs, des industries qui emploient des nombres importants de jeunes travailleurs. Malgré ces hausses, le taux de chômage chez les jeunes hommes s’est maintenu à 20,5 % en septembre, soit presque deux fois le taux observé en février, tandis que le taux chez les jeunes femmes s’est établi à 17,2 %.

De nouvelles recherches montrent que la détérioration marquée de la situation sur le marché du travail des jeunes travailleurs devrait avoir des répercussions négatives sur leur rémunération cumulative au cours des années suivant la pandémie, peu importe les différences de base dans les niveaux de scolarité (voir Frenette 2020 Les répercussions sociales et économiques de la COVID-19 : Le point après six mois, diapositive 60). Le recul important de l’emploi chez les jeunes coïncide aussi avec une détérioration marquée de leur santé mentale. En juillet, 40 % des jeunes Canadiens ont déclaré que leur santé mentale était très bonne ou excellente, comparativement à 60 % avant la pandémie. Les détériorations de la santé mentale chez les jeunes Canadiens ont été les plus importantes de tous les groupes d’âge examinés (Les répercussions sociales et économiques de la COVID-19 : Le point après six mois, diapositive 30).

Graphique 5 Emploi à temps plein, exprimé en pourcentage des niveaux observés avant la COVID-19, 15 à 24 ans

Tableau de données du graphique 5 
Tableau de données du graphique 5
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 5 Total, Jeunes hommes et Jeunes femmes, calculées selon indice (février 2020=100) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Total Jeunes hommes Jeunes femmes
indice (février 2020=100)
Février 100,0 100,0 100,0
Mars 94,6 95,3 93,6
Avril 77,8 77,8 77,8
Mai 76,5 78,0 74,5
Juin 80,7 82,8 77,7
Juillet 74,6 78,8 68,7
Août 76,7 80,9 70,9
Septembre 88,5 87,9 89,3

La reprise de l’emploi a été plus rapide chez les travailleurs du principal groupe d’âge actif. Après avoir enregistré des baisses de près de 1,6 million pendant les mesures de confinement, l’emploi chez les 25 à 54 ans a augmenté de façon constante, au fur et à mesure de la réouverture des entreprises, les pertes nettes depuis le début de la pandémie se chiffrant à 282 000. En septembre, l’emploi chez les hommes du principal groupe d’âge actif était inférieur de 2,4 % aux niveaux précédant la pandémie, et de 2,1 % à celui des femmes du même groupe d’âge. Leurs taux de chômage se situaient à 7,6 % et 7,0 % respectivement.

Reprise plus lente chez les travailleurs à faible revenu

L’emploi chez les travailleurs à faible revenu a été gravement touché pendant les mesures de confinement, diminuant de près de 40 % de février à avrilNote . À titre de comparaison, la baisse chez les autres travailleurs mieux rémunérés a été de 13 %. Même si de nombreux emplois peu rémunérés ont été récupérés au fur et à mesure de la réouverture de l’économie, la grande majorité des pertes nettes qui subsistent quatre mois après les mesures de confinement sont le résultat des baisses enregistrées chez les travailleurs peu rémunérés.

Le nombre d’employés à faible revenu a diminué de 761 000, ou de 22,1 %, en septembre par rapport aux niveaux déclarés en septembre 2019. Près de la moitié de la baisse est attribuable à des reculs dans le commerce de détail, les services d’hébergement et de restauration et les services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutienNote . Par contre, le nombre d’autres employés rémunérés a augmenté de près de 300 000 au cours de la période de 12 mois ayant pris fin en septembre.

Les travailleurs à faible revenu, et particulièrement ceux ayant de plus faibles niveaux de scolarité et étant assujettis à des régimes de travail plus stricts, sont probablement beaucoup plus susceptibles de voir leur emploi transformé en raison de l’automatisation, situation qui pourrait s’accélérer par suite de la pandémie. Ces risques varient de façon marquée selon le niveau de scolarité. Environ 25 % des travailleurs titulaires d’un diplôme d’études secondaires risquent de voir leur emploi transformé en raison de l’automatisation, comparativement à moins de 5 % de ceux ayant un baccalauréat (voir Frank et Frenette, 2020 et Les répercussions sociales et économiques de la COVID-19 : Le point après six mois, diapositive 61). Il s’agit de l’un des facteurs qui pourraient influencer le fait que des mises à pied temporaires deviennent des pertes d’emploi permanentes, ce qui pourrait réduire de façon substantielle la rémunération à long terme des travailleurs touchés (Ching et coll., 2020 et Les répercussions sociales et économiques de la COVID-19 : Le point après six mois, diapositive 59).

De nombreuses entreprises font face à des défis importants, car la conjoncture économique demeure incertaine

La reprise de l’emploi dans de nombreux secteurs axés sur les consommateurs peut aussi dépendre en grande partie de la mesure dans laquelle les entreprises peuvent demeurer économiquement viables, une fois que les mesures de soutien du revenu et des salaires et le report des loyers prendront fin. Les données sur la situation des entreprises recueillies au moment où l’économie commençait à rouvrir font ressortir les défis financiers auxquels font face nombre d’entre elles. Près du quart des entreprises qui ont des paiements de loyer ou d’hypothèque ont profité de reportsNote . De nombreuses petites entreprises se sont aussi endettées pour respecter leurs obligations financières par suite de la pandémieNote . Parallèlement, les entreprises de la plupart des secteurs industriels ont réduit leurs plans d’immobilisations, compte tenu de la COVID-19, étant donné que les pressions sur leurs flux de trésorerie devraient persister. Avant la COVID-19, il était prévu que les dépenses en capital des entreprises du secteur privé augmentent de 0,9 % en 2020. De nouvelles données recueillies en juin et en juillet montrent maintenant que les dépenses en capital des entreprises du secteur privé devraient diminuer de 16,6 % (graphique 6).

Graphique 6 Dépenses en immobilisations actifs corporels du secteur privé

Tableau de données du graphique 6 
Tableau de données du graphique 6
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 6 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020, calculées selon milliards de dollars
unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
milliards de dollars
Dépenses en immobilisations du secteur privé avant la COVID-19 198,9 173,4 153,9 156,1 172,2 176,0 177,6
Dépenses en immobilisations du secteur privé après la COVID-19 198,9 173,4 153,9 156,1 172,2 176,0 146,8

De nouvelles données mensuelles sur les ouvertures et les fermetures d’entreprises soulignent l’ampleur des turbulences auxquelles celles-ci font face dans le contexte de la relance. Pendant le confinement, en avril, plus de 88 000 entreprises qui étaient en activité en mars ont fermé leurs portes. Le nombre de fermetures d’avril à mai a diminué pour s’établir à 60 500, puis a connu une autre baisse légère pour se fixer à 55 300 de mai à juin. Le nombre de fermetures d’entreprises a diminué pour s’établir à 36 500 en juillet, nombre comparable aux niveaux observés avant la pandémie.

Graphique 7 Secteur des entreprises, variation annuelle du nombre d'entreprises actives

Tableau de données du graphique 7 
Tableau de données du graphique 7
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 7 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020, calculées selon nombre unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
2016 2017 2018 2019 2020
nombre
Janvier 18 401 -5 577 5 744 2 983 4 990
Février 6 290 6 338 4 117 1 321 1 221
Mars 3 499 2 406 9 137 2 929 -30 090
Avril 5 391 567 8 049 2 210 -83 424
Mai 1 218 4 568 1 411 6 720 -103 511
Juin 3 839 8 746 4 472 2 615 -99 850
Juillet -11 5 041 8 027 3 392 -87 296
Août -2 147 6 889 2 882 7 474 Note ..: indisponible pour une période de référence précise
Septembre 59 10 193 2 278 4 591 Note ..: indisponible pour une période de référence précise
Octobre -1 098 8 283 5 259 3 779 Note ..: indisponible pour une période de référence précise
Novembre -1 615 9 577 2 281 4 106 Note ..: indisponible pour une période de référence précise
Décembre 2 916 7 352 3 487 5 898 Note ..: indisponible pour une période de référence précise

Parallèlement, le nombre d’ouvertures s’est fortement accru de mai à juin, au fur et à mesure que les restrictions dans l’ensemble du pays ont commencé à être levées. Le nombre d’ouvertures a diminué légèrement en juillet, pour s’établir à 52 300. Le nombre important de fermetures nettes observé de mars à mai a donné lieu à une baisse significative du nombre d’entreprises actives. En juillet, un peu plus de 712 000 entreprises avec salariés étaient en activité, soit plus de 87 000 de moins qu’en juillet 2019 (graphique 7). Les données sur les ouvertures et les fermetures montrent aussi que plus de 17 % des entreprises qui étaient actives en février ont fermé leurs portes en mars et avril. Parmi les entreprises qui ont fermé leurs portes, la moitié ont rouvert en juillet. De nouvelles données sur les ouvertures et les fermetures au cours des mois qui viennent seront essentielles pour évaluer la reprise économique.

Bibliographie

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Messacar, D., R. Morissette et Z. Deng. 8 juin 2020. Inégalités en matière de faisabilité du travail à domicile pendant et après la COVID-19. StatCan et la COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur. Produit no 45-28-0001 au catalogue de Statistique Canada. Ottawa.

Statistique Canada. 2020. Les répercussions sociales et économiques de la COVID-19 : Le point après six mois.  Une série de présentations de Statistique Canada sur l’économie, l’environnement et la société. Produit no 11-631-X au catalogue de Statistique Canada. Ottawa.

Verma, R. et R. Husain. 5 octobre 2020. La résilience et la vigueur du marché des logements neufs pendant la pandémie. StatCan et la COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur. Produit no 45-28-0001 au catalogue de Statistique Canada. Ottawa.

Wang, W. 8 juillet 2020. Industrie du pétrole et du gaz au Canada : la baisse de la production et des investissements et les répercussions sur l’économie. StatCan et la COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur. Produit no 45-28-0001 au catalogue de Statistique Canada. Ottawa.

Lecture supplémentaire

Gellatly, G. 2020. Développements récents de l’économie canadienne, 2020 : COVID-19, première édition. Aperçus économiques, no 104. Produit no 11-626-X au catalogue de Statistique Canada. Ottawa.

Gellatly, G., et C. McCormack. 2020. Développements récents de l’économie canadienne, 2020 : COVID-19, deuxième édition. Aperçus économiques, no 106. Produit no 11-626-X au catalogue de Statistique Canada. Ottawa.

Clarke, S., C. McCormack, et W. Asghar. 2020. Développements récents de l’économie canadienne 2020 : COVID-19, troisième édition. Aperçus économiques, no 115. Produit no 11-626-X au catalogue de Statistique Canada. Ottawa.


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