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1. Introduction

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L'importance du capital d'infrastructures des administrations publiques repose sur le fait qu'il constitue un ensemble de structures et de réseaux sur lesquels s'édifient un grand nombre d'activités humaines et matérielles nécessaires à la croissance de nos économies et à l'amélioration de notre niveau de vie 1 . Sa fonction est de permettre aux personnes, aux marchandises et aux idées de circuler ou d'assurer l'accès aux nécessités de l'existence comme boire une eau saine, être en sécurité et se divertir.

Étant donné que les infrastructures sont si fondamentales dans notre société, il n'est pas étonnant que, depuis quelques années, les médias accordent une attention impressionnante aux ponts qui s'effondrent, aux édifices qui tombent en ruine et aux réseaux d'égouts qui éclatent un peu partout au Canada et aux États-Unis. Le présent document analyse l'investissement des administrations publiques en infrastructures par région, de 1961 à 2005, selon le palier d'administration publique et le type d'actif 2 .

La croissance globale du capital d'infrastructures des administrations publiques 3 a été très semblable d'une région à l'autre au cours des 44 années à l'étude. À l'exception des provinces de l'Atlantique, l'intervalle de croissance annuelle moyenne du capital d'une région à l'autre depuis 1961 est très étroit, se situant entre 1,8 % et 2,2 % 4 .

Cependant, la croissance du capital d'infrastructures diverge selon la région, d'une période à l'autre, d'un palier d'administration à l'autre et d'un type d'actif à l'autre. Les différences entre économies, cultures et valeurs provinciales commandent des besoins et des priorités spécifiques pour chaque région. La démographie, la dotation géographique en ressources, la conjoncture et le déroulement d'événements d'envergure internationale (comme les jeux olympiques) ont également joué un rôle dans ces différences régionales.

Les cycles de la croissance de l'investissement dans les infrastructures sont en partie liés aux changements démographiques, notamment la naissance des baby-boomers et leur vieillissement. L'investissement dans les infrastructures a bondi durant les années 1960 et 1970, lorsque les besoins d'une population en forte croissance pouvaient être aisément satisfaits par une forte croissance économique. Le ralentissement de la croissance de la population et de l'économie ainsi que l'élévation des déficits ont entraîné un ralentissement marqué des dépenses d'infrastructures durant les années 1980 et 1990. Après l'an 2000, le capital des administrations publiques en infrastructure a le plus augmenté depuis les années d'or de 1960 et de 1970, et ce regain d'intérêt a fait naître Infrastructure Canada en 2002.

Cependant, la croissance n'a pas été suffisamment importante pour empêcher nos infrastructures de présenter des signes d'usure (les données tiennent compte de la dépréciation et sont présentées en dollars constants). Cette usure est attribuable au fait que, durant les années 1990, les administrations publiques, aux prises avec d'importants déficits budgétaires, ont réduit leurs investissements, et que les actifs constitués durant le boom des infrastructures de l'après-guerre arrivaient à la fin de leur vie utile. Toutes les régions ont connu une baisse du capital en infrastructures durant ces années, sauf l'Ontario et la Colombie-Britannique. Il en a résulté les problèmes bien médiatisés de nos infrastructures.

Avec le temps, dans toutes les régions, la propriété du capital s'est déplacée de l'administration fédérale aux administrations provinciales et municipales ou de l'administration provinciale aux municipalités. Dans certaines régions, le provincial a pris plus de place que le municipal et dans d'autres, c'était au municipal de le faire. Dans l'ensemble, cependant, la croissance a ralenti dans les trois paliers de l'administration publique partout au Canada, du début des années 1960 jusqu'aux années 2000, lorsqu'elle a recommencé à se relever.

L'analyse du capital d'infrastructure par type d'actifporte dans cet article sur les mesures par habitant tout autant que sur les taux de croissance, car ces deux ensembles font ressortir un portrait plus complet de la situation. Les mesures par habitant mettent mieux en évidence les valeurs et les priorités des régions l'une par rapport à l'autre et les plus grandes différences d'une région à l'autre selon le type d'actif.

1 . Le capital d'infrastructures est défini ici comme l'ensemble des actifs en bâtiments et en travaux d'ingénierie. Les machines et équipements qui font partie du capital des gouvernements sont exclus de notre définition du capital d'infrastructure (les véhicules et les ordinateurs). Ce capital est complémentaire aux autres facteurs de production. Il ne peut pas être remplacé facilement et a une longue vie utile.

2 . À moins d'avis contraire, toutes les figures présentées dans ce texte illustrent le stock de capital d'infrastructures de différents actifs en dollars constants par habitant.

3 . Il est maintenant plus facile d'établir précisément la valeur du stock de capital d'infrastructures des gouvernements car toutes les données pertinentes ont été rassemblées en un seul endroit par Statistique Canada. Les données sur l'investissement et le stock de capital par types d'actifs sont maintenant disponibles par province pour les industries des administrations publiques fédérales, provinciales et territoriales ainsi que locales, municipales et régionales de 1961 à 2005. Les séries sont offertes tant en dollars courants qu'en dollars constants. Veuillez consulter le Bulletin officiel de diffusion des données de Statistique Canada, Le Quotidien, du 30 juin 2006.

4 . Dans l'Atlantique, la croissance annuelle moyenne du capital est de 1,4 %, soit 0,6 point de pourcentage inférieur à la moyenne canadienne de 2,0 %.