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La croissance globale du capital d'infrastructures des administrations publiques a été très semblable dans la plupart des régions au cours des 44 années à l'étude. Selon une nouvelle étude, publiée en septembre 2007 dans L'observateur économique canadien, à l'exception des provinces de l'Atlantique, l'intervalle de croissance annuelle moyenne du capital d'une région à l'autre depuis 1961 est très étroit, se situant entre 1,8 % et 2,2 %.

Cependant, la croissance du capital d'infrastructures diverge de façon considérable d'une période à l'autre, d'un ordre d'administration publique à l'autre et d'un type d'actif à l'autre, selon la région.

L'importance du capital d'infrastructures des administrations publiques repose sur le fait qu'il constitue un ensemble de structures et de réseaux nécessaires à la croissance de nos économies et à l'amélioration de notre niveau de vie. Sa fonction est de permettre aux personnes, aux marchandises et aux idées de circuler ou d'assurer l'accès aux nécessités de l'existence comme boire une eau saine, être en sécurité et se divertir.

Depuis 2000, le capital des administrations publiques en infrastructure a augmenté plus qu'à toute autre période depuis les années 1960 et 1970. Cependant, la croissance n'a pas été suffisamment importante pour empêcher nos infrastructures de présenter des signes d'usure (ces données tiennent compte de la dépréciation et sont en dollars constants de 1997). Cette usure est attribuable au fait que, durant les années 1990, les administrations publiques, aux prises avec d'importants déficits budgétaires, ont réduit leurs investissements, et que les actifs constitués durant l'essor des infrastructures de l'après-guerre arrivaient à la fin de leur vie utile.

La croissance parmi les types d'actifs s'est répartie de façon différente d'une région à l'autre. Ces différences ont été plus marquées après 1980, moment où les fonds se tarissaient pour les dépenses d'infrastructures. En effet, chacune des régions a montré des différences de dépenses selon le type d'actifs, les économies, les cultures et les valeurs étant distinctes et exigeant donc des besoins et des priorités différentes : la Colombie-Britannique s'est concentrée sur l'environnement, les loisirs et les travaux d'ingénierie en raison de la venue prochaine des Jeux olympiques; le Québec a donné la priorité à la culture et à la sécurité, l'Ontario a mis l'accent sur les centres sportifs, l'eau et les routes; les Prairies ont favorisé l'infrastructure marine (travaux d'irrigation); et les provinces de l'Atlantique, les édifices à vocation institutionnelle (comme les centres de formation).

Les routes et les ponts constituent la partie la plus importante (39,9 %) du capital d'infrastructures des administrations publiques. Le stock du capital d'infrastructure routière par habitant a augmenté fortement entre 1960 et 1980, mais s'érode depuis. Les administrations publiques ont accru substantiellement leurs investissements dans le réseau routier, soit de 4,3 milliards de dollars en 1998 à 7,3 milliards de dollars en 2005, mais cette augmentation des investissements a à peine compensé l'érosion.

La capacité routière du Québec s'est accrue vivement pendant les années 1960 et 1970, mais elle domine aussi le recul observé au cours des années qui ont suivi. La baisse des dépenses d'investissements et la dépréciation graduelle ont fait reculer le stock net de capital routier de façon considérable pendant les deux décennies suivantes, bien plus que partout ailleurs au pays. En ce qui a trait aux ponts et aux viaducs, le Québec investissait si peu que la valeur du stock de capital s'est abaissée en termes absolus, passant d'un sommet enregistré au Canada à la fin des années 1970 à environ le même niveau que celui observé en Colombie-Britannique et dans les provinces de l'Atlantique. Ce niveau se situait même en deçà de celui affiché dans les Prairies. L'âge moyen des ponts et viaducs au Québec a aussi constamment augmenté depuis 1976 pour s'établir à un niveau plus élevé que dans chacune des autres provinces. Depuis 2001, le capital routier a commencé à se relever de nouveau.

L'Ontario est la seule région du pays où le stock de capital dans les routes a poursuivi sa progression durant les quatre décennies. Peut-être en raison de l'importance du tourisme, voici un type d'actif pour lequel les provinces de l'Atlantique se distinguent. Leur infrastructure routière surpasse largement celle des autres régions.

C'est la Colombie-Britannique qui possède le plus de capital d'infrastructure par habitant lié à l'environnement. Le Québec en possède le moins. Pour ce qui est des provinces de l'Atlantique, il s'agit de la région où les infrastructures pour la gestion des déchets sont les plus importantes par habitant.

Les infrastructures sportives constituent, en plus du capital culturel, le type d'actif qui a augmenté le plus rapidement (en pourcentage), soit de 3,7 % et de 3,8 % respectivement, par an, de 1961 à 2005. Dans l'ensemble, les installations sportives constituent cependant une part relativement étroite (5,5 %) du capital total d'infrastructures. Les valeurs sont plus élevées dans l'Ouest étant donné que la tenue d'événements comme les Jeux olympiques de Calgary en 1988 sont relativement récents. De plus, les Jeux de Vancouver ont déjà commencé à accélérer ces dépenses en Colombie-Britannique.

De 1961 à 2005, la culture représentait un des seuls secteurs de l'investissement public (y compris les bureaux) pour lequel le Québec fait beaucoup mieux au chapitre de la croissance du stock de capital d'infrastructures publiques que le reste du pays. Le Québec a beaucoup plus accru ses investissements dans les lieux de culture que dans les installations sportives contrairement à presque partout ailleurs au Canada. Il n'en demeure pas moins que la culture représente seulement une petite partie des dépenses en capital des administrations publiques au Québec comme ailleurs. La valeur du capital par habitant est d'environ 100 $ (dollars en 1997) pour les bibliothèques publiques, les musées, les théâtres et les sites historiques. Après 2000, la croissance du capital culturel passe sous celle des routes au Québec.

Les actifs liés à la sécurité comprennent les pénitenciers, les maisons de détention et les cours de justice. Ils constituent seulement 3,1 % de la valeur du capital total des administrations publiques. Cependant, pour l'ensemble des administrations provinciales et fédérales, le capital lié à la sécurité contribue le plus à la croissance globale depuis 1961, après les routes et les tours à bureaux.