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Le présent document décrit les tendances de l’entrée et de la sortie d’entreprises dans les provinces canadiennes, le lien entre ces tendances et les différences de structure industrielle, et la réaction de l’entrée et de la sortie d’entreprises aux changements qui se produisent dans l’environnement économique.

L’entrée et la sortie d’entreprises jouent un rôle important dans le façonnement de la structure et de la dynamique industrielles. L’entrée et la sortie d’entreprises s’observent partout au pays, mais les nouvelles entreprises sont souvent associées à de nouvelles idées et à la fourniture de biens et services novateurs, et elles forcent les entreprises existantes à devenir plus innovatrices et efficientes. Des études ont montré le rôle de première importance que joue l’entrée et la sortie dans la réaffectation des ressources et l’amélioration de la productivité.

Les études empiriques sur l’entrée et la sortie d’entreprises se limitent habituellement à certaines industries, souvent la fabrication ou le commerce de détail, ou à de simples comparaisons entre pays, en raison de la rareté et de la qualité des ensembles de données longitudinales au niveau de l’entreprise. Statistique Canada a créé, à partir de son Programme d’analyse longitudinale de l’emploi (PALE), une base de données qui permet de produire des statistiques sur la dynamique des entreprises pour toutes les industries du secteur des entreprises au niveau provincial. La fonction de suivi de la main-d’oeuvre de l’ensemble de données du PALE permet de distinguer les entrées et sorties « effectives » des activités de fusion et d’acquisition.

D’une province à l’autre, les tendances de l’entrée et de la sortie peuvent se ressembler à certains égards et différer à d’autres, étant donné que les conditions économiques provinciales sont des déterminants importants de l’entrée et de la sortie d’entreprises et que les circonstances provinciales sont particulières. En présentant une vue d’ensemble des tendances de l’entrée et de la sortie dans les provinces canadiennes, ce document en examine les similarités et les différences et les lie à la structure industrielle et au développement économique des provinces.

L'analyse montre que les tendances de l’entrée et de la sortie dans plusieurs provinces sont semblables aux tendances nationales sous plusieurs aspects. En premier lieu, durant la période allant de 2000 à 2009, le nombre d’entreprises entrantes a généralement dépassé celui des entreprises sortantes dans toutes les provinces. En deuxième lieu, les taux d’entrée et de sortie calculés en fonction du nombre d’entreprises ont semblé ne pas varier, sauf au Manitoba, au Québec et dans les provinces de l’Atlantique, où les deux taux ont suivi une tendance à la baisse. En troisième lieu, les taux d’entrée et de sortie calculés selon l’emploi ont décliné pendant cette période dans toutes les provinces. En dernier lieu, les taux d’entrée et de sortie fondés sur le nombre d’entreprises étaient corrélés négativement l’un à l’autre. On doit s’attendre à des corrélations négatives lorsque les effets cycliques sur l’entrée et la sortie sont marqués, et à des corrélations positives lorsque les effets des cycles sont relativement légers — parce qu’alors se produit le processus normal de la destruction créatrice.

La croissance économique fait croître la demande de biens et de services, et donc les bénéfices des sociétés, ce qui encourage donc l’entrée et protège contre la sortie; par conséquent, on s’attend à ce que la croissance du produit intérieur brut (PIB) soit positivement reliée à l’entrée et négativement liée à la sortie.

En Alberta, en Colombie-Britannique et au Québec, les signes de ces deux corrélations sont tels qu’ils sont censés être. Durant la période allant de 2000 à 2009, le coefficient de corrélation entre la croissance du PIB et le taux d’entrée calculé selon le nombre d’entreprises était de 0,67 pour l’Alberta, de 0,83 pour la Colombie-Britannique et 0,17 pour le Québec, et le coefficient de corrélation entre la croissance du PIB et le taux de sortie calculé selon le nombre d’entreprises était de -0,72, -0,54 et -0,17 pour les trois provinces respectivement. Dans le cas du Québec, ces deux corrélations, bien qu’affichant les signes attendus, étaient relativement faibles.

Dans toutes les autres provinces, soit l’un des signes attendus, soit les deux n’étaient pas présents. On a constaté que la croissance du PIB était corrélée négativement à l’entrée au Manitoba et dans les provinces de l’Atlantique et corrélée positivement à la sortie en Ontario, en Saskatchewan et dans les provinces de l’Atlantique.

On s’attend à ce que le niveau d’entrée et de sortie soit propre à la province lorsque des conditions économiques locales et d’autres facteurs régionaux, comme la structure industrielle et les politiques publiques, influent grandement sur les décisions d’entrée et de sortie d’entreprises.

Dans ce document, on constate que le taux d’entrée calculé en fonction du nombre d’entreprises varie considérablement d’une province à l’autre et est généralement plus élevé lorsque l’économie provinciale croît plus rapidement. De 2000 à 2009, le taux d’entrée moyen a varié entre un sommet de 12,5 % en Alberta et un creux de 9,2 % au Québec. Les variations du taux de sortie étaient bien moindres. Pendant la période examinée, le taux de sortie a été le plus élevé en Colombie-Britannique (9,6 %) et le plus modeste au Québec (8,5 %). Ces différences dans les deux taux confirment les résultats d’autres travaux (Baldwin, 1995), qui suggèrent que le taux de sortie tend à être relativement plus stable dans le temps et dans les diverses administrations publiques (lorsqu’il ne subit pas les effets d’événements macroéconomiques majeurs ou d’une profonde restructuration industrielle) du fait que la probabilité sous-jacente d’échec n’est pas influencée par les variations mineures du climat économique, tandis que les taux d’entrée réagissent aux occasions de croissance et peuvent varier davantage d’une administration publique à l’autre ou dans le temps.

Le taux d’entrée et de taux de roulement (la somme des taux d’entrée et de sortie) sont corrélés positivement. Ce sont les provinces de l’Alberta et de la Colombie-Britannique qui enregistrent les taux les plus élevés d’entrée et de roulement, tandis que le Québec ferme la marche pour ces deux taux. Les provinces ayant des taux d’entrée plus élevés en moyenne ont aussi tendance à avoir des taux de sortie plus élevés en moyenne, et donc, un taux général de roulement plus élevé, puisque l’entrée suppose de l’expérimentation et les nouvelles entreprises entrantes sont susceptibles d’enregistrer des taux d’échec plus élevés.

L’entrée nette (les différences entre l’entrée et la sortie) fait une contribution positive à la croissance de la population d’entreprises. Au cours de la période allant de 2000 à 2009, cette contribution à l’augmentation du nombre d’entreprises a été la plus forte en Alberta, où le taux de croissance annuel était de 3,1 % en moyenne. Suivaient ensuite l’Ontario et la Colombie-Britannique, qui ont affiché des taux annuels moyens de croissance de 2,4 % et de 2,3 %, respectivement. L’entrée nette a moins contribué à la population d’entreprises en Saskatchewan et au Québec. Le Canada atlantique arrivait au dernier rang, enregistrant un taux annuel moyen de croissance d’à peine 0,3 % au cours de cette même période.

L’entrée nette contribue beaucoup plus à la croissance de l’emploi qu’à la croissance du nombre d’entreprises. Malgré les petites parts de l’emploi total des entreprises entrantes et des entreprises sortantes dans toutes les provinces, l’entrée nette contribue beaucoup à la croissance globale de l’emploi, sauf dans toutes les provinces de l’Atlantique. De 2000 à 2009, la contribution de l’entrée nette à la croissance globale de l’emploi a avoisiné en moyenne plus de 21 % en Ontario et en Saskatchewan, 19 % en Colombie-Britannique et 16 % en Alberta, au Manitoba et au Québec. Elle a été négligeable dans les provinces de l’Atlantique.

Les différences de taux d’entrée et de sortie entre industries dans chaque province sont semblables. En Alberta, les taux d’entrée et de sortie fondés sur le nombre d’entreprises étaient les plus élevés dans les secteurs où la restructuration canadienne se traduisait par une accentuation de l’importance de certaines industries (extraction minière, pétrolière et gazière; construction; transport; et finance). Il en va de même des autres provinces de l’Ouest (Saskatchewan, Colombie-Britannique et Manitoba), qui ont aussi connu, à divers degrés, les effets de l’essor des ressources naturelles après 2000. Cela se vérifie dans une mesure moindre, mais tout de même notable, dans les provinces de l'Est (l’Ontario et le Québec). Cela concorde avec la tendance rapportée dans Brown et Gellatly (à paraître), selon laquelle la croissance, dans ces industries, était répandue de façon générale dans la plupart des provinces.

Malgré des similarités des profils des industries dans les provinces, les niveaux de l’activité d’entrée de certaines industries (comme l’extraction minière, pétrolière et gazière) ne sont pas les mêmes. La croissance de l’industrie de l’extraction minière, pétrolière et gazière dans l’Ouest canadien a été associée aux taux les plus élevés d’entrée bruts et nets; cependant, ces taux étaient assez élevés dans cette industrie même en Ontario et au Canada atlantique, ce qui dénote la force de cette industrie à l’échelle du pays. Le Québec a enregistré le taux d’entrée le plus bas dans ce secteur.

La construction a aussi connu de l’expansion à l’échelle du pays. Mais là encore, les provinces de l’Ouest ont surpassé le reste du pays au chapitre de l’entrée nette et de la contribution de celle-ci à la population totale d’entreprises. Comme c’était le cas pour le secteur des ressources, le Québec était à la traîne des autres provinces.

Toutes les provinces, sauf le Québec, ont vu leur secteur financier croître ou augmenter légèrement. La croissance de cette industrie s’est observée dans des taux d’entrée bruts plus élevés en Ontario et dans les provinces de l’Ouest.

Dans la plupart des provinces, le secteur de la fabrication a décliné ou n'a pas varié durant la période examinée. En Ontario, au Québec et au Canada atlantique, le taux de sortie était supérieur au taux d’entrée. L’Alberta et la Saskatchewan sont les seules provinces où la fabrication a enregistré une légère croissance au cours de la période.

Bien que le secteur du commerce de détail ait généralement accru sa taille relative durant la période examinée (Brown et Gellatly, à paraître), l’Alberta et la Colombie-Britannique ont été les deux seules provinces où les entrées ont été plus nombreuses que les sorties dans ce secteur.

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