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Depuis la fin des années 1970, les auteurs d'un nombre croissant d'études soutiennent que les travailleurs, surtout ceux possédant un niveau élevé de capital humain, pourraient choisir d'aller vivre dans les lieux offrant les plus grands attraits urbains que dans ceux offrant les meilleures perspectives d'emploi et de rémunération. Selon ces études, les travailleurs choisissent le lieu où ils s'établissent en fonction de facteurs tels que l'environnement naturel, les possibilités d'activités culturelles et récréatives, ainsi que la qualité de la vie sociale.

Le choix d'une région en fonction des attraits urbains qu'on y trouve a des implications pour les entreprises, parce que leur croissance est souvent tributaire de l'accès à un capital humain spécialisé. Par conséquent, il se pourrait que les entreprises suivent les travailleurs, plutôt que l'inverse. Cela pourrait aussi avoir des conséquences pour les villes et les régions dont la croissance a été reliée, théoriquement et empiriquement, à leur capital humain.

L'assertion selon laquelle les attraits urbains favorisent la migration et la croissance urbaine ne demeure pas incontestée. Plusieurs études récentes ont montré que ce sont les emplois et non les attraits urbains qui dictent les décisions des travailleurs quant à leur lieu de résidence. Mais elles indiquent malgré tout que les attraits urbains jouent un rôle, quoique nettement moins important que celui des emplois, et qu'il varie selon le pays et selon l'âge du travailleur. Les attraits urbains du lieu semblent exercer un plus grand attrait aux États-Unis qu'au Canada, ainsi que chez les travailleurs au début ou à la fin de leur carrière que chez les autres.

L'étude décrite ici a été motivée par la question suivante : « Quels facteurs mènent à la concentration du capital humain dans certains lieux plutôt que dans d'autres? » L'objectif est d'examiner les facteurs associés au choix du lieu de résidence des migrants, surtout ceux qui ont investi fortement dans leur capital humain, c'est-à-dire les titulaires d'un diplôme universitaire. L'étude cherche à déterminer si les attraits urbains, et non l'augmentation éventuelle du revenu découlant de meilleures conditions sur le marché du travail, exercent un effet plus prononcé sur le choix du lieu de résidence des titulaires d'un diplôme universitaire que de celui des personnes n'en détenant pas.

Un certain nombre de caractéristiques distinguent la présente étude des travaux antérieurs. Premièrement, et fait le plus important, l'analyse s'appuie sur un cadre de prise de décision dans lequel les migrants ayant un emploi choisissent un lieu de résidence parmi un ensemble d'options. Dans les études antérieures, dont le cadre était habituellement plus agrégé, les décisions individuelles n'étaient pas examinées. Elles étaient plutôt saisies collectivement par des variables telles que la variation démographique, l'immigration interne totale, les parts de population et le taux de migration net. Celles de ces études explicitement axées sur les individus ne s'intéressent pas au lieu de résidence.

Deuxièmement, le cadre de prise de décision est fondé sur une théorie de l'utilité visant à expliquer les raisons qui poussent les migrants ayant un emploi à choisir un lieu de résidence plutôt qu'un autre, à savoir les variations brusques de l'offre et de la demande, et une inadéquation structurelle entre la localisation des compétences et celle des tâches de travail. Autant que nous sachions, cette approche n'a été adoptée dans aucune autre étude de la même veine.

Troisièmement, l'étude est axée sur le Canada alors que la plupart des travaux de recherche sur le débat qui oppose les tenants de la thèse des attraits urbains à ceux de la thèse des emplois sont fondés sur des données américaines. Le présent article donne donc une idée de la mesure dans laquelle les résultats des études américaines sont transférables à d'autres pays.

Enfin, comme il est mentionné plus haut, un objectif clé est de mieux comprendre les profils de migration des travailleurs titulaires et non titulaires d'un diplôme universitaire. Donc, la présente étude s'ajoute à un ensemble petit mais croissant de travaux de recherche sur la relation qui existe entre l'acquisition de capital humain et le choix du lieu de résidence.

Les migrants ont tendance à choisir les destinations proches, offrant une rémunération moyenne plus élevée et dotées d'une population dont les caractéristiques (par exemple la langue) s'approchent le plus des leurs. À cela peut s'ajouter la mesure dans laquelle le lieu de destination est spécialisé dans l'industrie et dans la profession du travailleur migrant. Ce qui donne à penser que les migrants recherchent également des lieux de résidence offrant de meilleures chances de trouver une bonne concordance entre leurs compétences et les besoins des employeurs.

Si l'on tient compte du niveau d'emploi dans la profession et dans l'industrie du migrant dans toutes les destinations, les grandes villes s'avèrent moins attirantes que les localités plus petites. Autrement dit, toutes choses étant égales par ailleurs, les migrants préféreront une petite localité à une grande ville. Ces dernières sont donc plus attirantes parce qu'elles offrent un plus grand éventail de possibilités d'emploi et non parce qu'elles offrent plus d'attraits urbains. Cette constatation est en harmonie avec les effets dissuasifs découlant de la taille de la ville (par exemple les engorgements de circulation).

Le climat joue un rôle, et celui-ci est ambigu. Aucune préférence marquée ne se dégage pour un archétype particulier de climat. Les climats côtiers, modérés mais humides, ne sont pas nécessairement préférés aux climats continentaux. Il apparaît seulement que, parmi ces catégories générales, les destinations extrêmes sont celles qui sont le moins recherchées, surtout pour ce qui est des climats côtiers et continentaux secs.

D'autres attraits urbains sont associés au choix du lieu de résidence des migrants. Les localités où la part de l'emploi dans les administrations publiques locales, les organismes qui favorisent la cohésion sociale et les restaurants est importante sont des destinations plus probables que les autres. Il y a moins de preuves qu'une forte présence du secteur de la culture est associée au choix du lieu de résidence, sauf chez les titulaires d'un diplôme universitaire âgés de 30 ans et plus. En outre, la présence de minorités visibles, une mesure indirecte de l'ouverture à divers modes de vie, n'a pas d'influence apparente sur les décisions des migrants, qu'ils possèdent ou non un diplôme universitaire.

La présente analyse repose sur l'hypothèse que d'un plus grand investissement dans les compétences découle un revenu plus élevé et, conséquemment, une plus grande demande d'attraits urbains. Mais de plus grandes compétences rendent plus difficile leur appariement avec les besoins des employeurs. Donc, une rémunération plus élevée accroît l'importance relative des attraits urbains, tandis que les compétences spécialisées rendent plus importante la découverte de marchés du travail denses, c'est-à-dire riches en possibilités. Les titulaires d'un diplôme universitaire sont plus susceptibles de déménager dans des lieux spécialisés dans leur industrie, et ils sont prêts pour cela à s'éloigner davantage. Cette constatation est en harmonie avec la thèse voulant que les travailleurs spécialisés recherchent des marchés du travail denses.

Cependant, il ne se dégage des résultats aucune tendance systématique laissant entendre que les titulaires d'un diplôme universitaire accordent plus de valeur aux attraits urbains que les personnes ne possédant pas ce genre de diplôme. Aucune association significative n'existe entre la part de minorités visibles dans la population et les choix de lieu de résidence des titulaires d'un diplôme universitaire. L'association avec la part de l'emploi dans le secteur culturel est positive, mais limitée aux titulaires d'un diplôme universitaire de 30 ans et plus, un groupe moins susceptible de déménager que les diplômés plus jeunes. D'autres mesures des attraits urbains sont également associées de manière statistiquement significative au choix du lieu de résidence des migrants, mais les associations ne sont pas systématiquement plus fortes pour les titulaires d'un diplôme universitaire. De plus, l'association entre les attraits urbains et le choix du lieu de résidence des titulaires d'un diplôme universitaire est plus faible que l'association avec les variables reliées à l'accroissement éventuel de la rémunération découlant d'une meilleure concordance entre les compétences et les tâches de travail.

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