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    L'économie canadienne en transition

    Dynamique des entreprises : Variation de la rentabilité d'entreprises canadiennes de différentes tailles, de 2000 à 2009

    Dynamique des entreprises : Variation de la rentabilité d'entreprises canadiennes de différentes tailles, de 2000 à 2009

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    1. Introduction
    2. Mesures de la rentabilité et source des données
    3. Taux de rentabilité du secteur des entreprises
    4. Rentabilité et taille d'entreprise
    5. Variations de la rentabilité selon la taille de l'entreprise
    6. Conclusion

    1. Introduction

    Les petites entreprises continuent de retenir l'attention des décideurs politiques, des tenants de la petite entreprise et du milieu de la recherche. Ces entreprises sont souvent comparées à leurs pendantes de plus grande taille quant à la croissance de l'emploi, la croissance de leur production et leur contribution à l'économie.

    N'a pas été abordée dans ce débat la relation entre la taille de l'entreprise et son rendement financier au Canada. Une littérature abondante existe sur le sujet aux États-Unis, mais on en sait peu, au Canada, sur les effets favorables ou négatifs de la taille d'une entreprise sur sa rentabilité. On manque aussi de données sur le rendement financier des entreprises selon leur industrie et leur région d'appartenance. Ainsi, on peut combler en partie ces lacunes en se penchant sur la rentabilité d'entreprises de différentes tailles.

    D'un point de vue théorique, s'il existe des économies d'échelle et si les prix sont fixés par les plus grandes entreprises, c'est qu'il y a bien un lien entre la taille et la rentabilité d'une entreprise. Tandis que l'entreprise accroît ses effectifs et réduit ses frais d'exploitation, ses bénéfices devraient augmenter, bien que jusqu'à un certain seuil seulement — souvent appelé la taille minimale d'entreprise efficace. Bien entendu, une variété de facteurs devraient entrer en ligne de compte, notamment les effets propres à une industrie, la taille de son marché et sa réglementation, pour permettre une mesure des différences entre industries dans le rendement relatif des petites et des grandes entreprises. En conséquence, la preuve relative à l'existence d'une relation entre la taille et le rendement financier d'une entreprise est variée, quelques-uns estimant même qu'une telle relation n'existe pas. En grande partie, ces différences proviennent de l'utilisation de bases de données qui sont souvent moins représentatives de l'univers des entreprises.

    En s'appuyant sur les données tirées de l'information sur les sociétés du Fortune 500 ou sur les données issues du rapport Statistics of Income de l'Internal Revenue Service, nombre des premières études américaines sur le sujet ont conclu à l'inexistence d'une relation (Amato et Wilder, 1985) ou à l'existence d'un lien négatif (Osborn, 1950, Stekler, 1964 et Samuels et Smyth, 1968) entre la taille d'une entreprise et ses taux de profit aux États-Unis. Toutefois, la plupart des entreprises examinées dans ces études ne pouvaient, à proprement parler, être qualifiées de « petites », puisque, presque par définition, les bases de données utilisées portaient sur des grandes entreprises. Qui plus est, on s'intéressait alors davantage au secteur manufacturier (de la fabrication) et/ou à une année en particulier. Dans les études sur les différences interindustrielles, on concluait que la taille de l'entreprise pouvait influer sur sa rentabilité dans certaines industries (Marcus, 1969 et Ballantine et coll., 1993). Il a été constaté, dans des études pluriannuelles, que les résultats différaient d'un échantillon à l'autre (Osborn, 1950, Samuels et Smyth, 1968, Schmalensee, 1989 et Ballantine et coll., 1993), du fait que les effets macroéconomiques sur les entreprises de différentes tailles pouvaient varier avec le temps.

    Une partie des travaux de recherche sur le lien entre rentabilité et taille de l'entreprise a fait intervenir le risque et l'incertitude. Les risques et les rendements ont tendance à entretenir une relation positive, et un risque plus élevé a tendance à être associé aux petites entreprises (Ballantine et coll., 1993). Ainsi, les entreprises de plus petite taille sont susceptibles de connaître des taux de profit plus élevés que leurs consœurs de plus grande taille, mais leurs profits peuvent être plus variables à l'intérieur d'un même groupe et dans le temps.

    Forts de l'information tirée de la base de données PALE-T2 de Statistique Canada qui comprend l'univers entier des sociétés, nous analysons, dans le présent document, les taux de rentabilité par catégorie de taille d'entreprise, par industrie et par province au cours de la période 2000 à 2009Note 1. Nous commençons par décrire les mesures de la rentabilité qui sont associées à la source de données utilisée, de même que la source des données. Nous examinons ensuite les taux de rentabilité dans les différentes industries et provinces ainsi que le rendement financier selon les classes de taille d'entreprise. Enfin, nous nous penchons sur la variabilité de la rentabilité dans les différentes catégories de taille d'entreprise.

    2. Mesures de la rentabilité et source des données

    Les données proviennent de la base de données longitudinales au niveau de l'entreprise PALE-T2 de Statistique Canada couvrant la période de 2000 à 2009. L'ensemble de données se rapporte aux entreprises constituées en société au Canada qui embauchent du personnel. Il renferme une information détaillée tirée des états financiers des entreprises, y compris les bilans et les états des résultats, ainsi qu'une mesure des emplois qui est utilisée pour calculer la taille de l'entreprise.

    Les industries sont identifiées en fonction du niveau d'agrégation à deux chiffres du Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN). Les entreprises qui font partie d'industries ayant une dimension publique ou directement soutenues par des dépenses publiques et/ou des activités sans but lucratif sont exclues. Ces industries comprennent les autorités monétaires (SCIAN 5211), les organismes religieux (SCIAN 813), les ménages privés (SCIAN 8141) et les administrations publiques (SCIAN 91). Sont également exclues, certaines entreprises des secteurs de l'enseignement (SCIAN 6111, 6112 et 6113) et des soins de santé et de l'assistance sociale (SCIAN 6211, 6214, 6219 et 6221 à 6224).

    La taille d'une entreprise est mesurée par l'emploi plutôt que par les actifs, valeur souvent utilisée dans les études plus anciennes sur la rentabilité. L'emploi est une variable dans le PALE. Il ne s'agit pas du nombre de personnes qui travaillent dans une entreprise, mais d'une mesure calculée que l'on obtient à partir de la masse salariale d'une entreprise divisée par les gains horaires moyens ayant cours dans l'industrie d'appartenance de l'entreprise, et ce, d'après les données de l'Enquête sur l'emploi, la rémunération et les heures de travail. L'annexe renferme une description plus détaillée de la base de données.

    Dans les travaux publiés, les deux mesures les plus couramment utilisées pour comparer la rentabilité sont les pourcentages de marge bénéficiaire et les ratios relatifs au rendement du capital. Les ratios de marge bénéficiaire, qui mesurent la marge des bénéfices (le profit) réalisés sur les ventes brutes ou les recettes brutes, saisissent la capacité d'une entreprise de convertir des revenus de vente en profits; toutefois, ces ratios sont susceptibles d'être liés aux différences de capitaux utilisés dans le processus de production. Les ratios relatifs au rendement du capital mesurent les rendements ou les bénéfices attribuables aux éléments d'actif investis, ou les rendements attribuables aux capitaux engagés (Statistique Canada, 1995). Les différences entre les ratios relatifs au rendement du capital tiennent compte des différences dans le processus de production mieux que peuvent le faire les ratios de marge. Les ratios de rendement du capital permettent de se concentrer sur des explications autres que les différences dans le processus de production (ou les différentes technologies de production) lorsqu'on compare les rendements des petites et des grandes entreprises.

    Les ratios de marge bénéficiaire sont plus indiqués pour effectuer des comparaisons historiques de la même entreprise et pour comparer le rendement de différentes sociétés du même secteur d'activités. Qui plus est, dans le cas des ratios de marge, on tend à observer davantage de variation d'une industrie à l'autre, voire d'une entreprise à l'autre, car certaines entreprises d'un même secteur peuvent adopter une stratégie de faible volume de ventes à marge bénéficiaire élevée, tandis que d'autres opteront pour une stratégie à faible marge et à volume élevé, laquelle repose sur un ratio de capitalisation très différent. Dans ces circonstances, des entreprises de taille différente peuvent générer des pourcentages de marge différents mais le même rendement de l'actif (Baumann et Kaen, 2003). Par conséquent, ce sont les ratios de rendement du capital qui sont utilisés dans la présente analyseNote 2.

    Les études divergent aussi en ce qui a trait à l'utilisation des bénéfices avant ou après impôts, et à l'inclusion des paiements d'intérêts et l'amortissement (ou dépréciation) dans les estimations. Hall et Weiss (1967) soutiennent que les bénéfices après impôts sont plus indiqués du fait que les taux d'imposition diffèrent d'une industrie à l'autre. Néanmoins, les bénéfices après impôts déclarés dans les états des résultats des sociétés peuvent comprendre des éléments qui ne correspondent pas nécessairement au « revenu », comme les règlements ou obligations juridiques et les éléments inhabituels ou extraordinaires. Afin de ne se concentrer que sur les revenus générés par l'entreprise, nous avons retenu les bénéfices avant impôts comme mesure utilisée dans cette étude.

    Schmalensee (1989) a examiné 12 mesures de la rentabilité dans le temps et a observé des tendances similaires, démontrant ainsi que les résultats à long terme ont tendance à être comparables quelle que soit la mesure utilisée. Baumann et Kaen (2003) en sont arrivés à la même conclusion lorsqu'ils ont utilisé la marge des bénéfices avant intérêts et impôts (BAII), la marge des bénéfices avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA) et le rapport des BAII sur le total des actifs.

    Dans le présent document, nous utilisons la mesure plus conventionnelle de la rentabilité que constitue le « rendement de l'actif » (RDA), lequel se définit comme les BAII divisés par les actifs totauxNote 3, Note 4. Cette mesure, qu'on désigne aussi par « rendement de l'investissement », permet d'obtenir une estimation de l'efficacité avec laquelle une entreprise gère ses immobilisations en actifs et s'en sert pour générer des profits.

    D'autres ratios de rendement auraient pu être employés, par exemple le « rendement des ventes » (RDV), qui est définit comme les BAII divisé par les chiffres d'affaires, et le « rendement des capitaux propres » (RCP), que l'on définit comme les BAII divisés par l'avoir total des actionnaires (capitaux propres). Ces mesures de la rentabilité, estimées sur la période de 2000 à 2009, sont présentées en regard du rendement des actifs dans le graphique 1. Le rendement des capitaux propres était plus élevé tant du rendement de l'actif que du rendement des ventes et, durant la majeure partie de la période, le rendement de l'actif a été supérieur de deux points de pourcentage au rendement des ventes. Toutefois, ainsi que l'a fait valoir Schmalensee (1989), les tendances relatives à la rentabilité étaient semblables quel que soit le ratio de rendement retenu.

    Graphique 1 Taux moyens de rentabilité, 2000 à 2009Graphique 1 Taux moyens de rentabilité, 2000 à 2009

    3. Taux de rentabilité du secteur des entreprises

    3.1 Dimension industrielle
    3.2 Dimension régionale

    Les taux de rentabilité du secteur des entreprises se sont appréciés en moyenne d'un point de pourcentage au cours de la période postérieure à 2000 (graphique 1) — une période commencée en plein ralentissement économique et terminée pendant la récession globale de 2008-2009. Ces taux peuvent être désagrégés pour être ventilés par industrie et par province.

    Les désagrégations selon l'industrie permettent de voir les effets de la structure des industries sur la rentabilité des entreprises. En théorie de l'organisation industrielle, il est postulé que la rentabilité est en partie attribuable à des facteurs externes, ou environnementauxNote 5. Le rendement de l'actif a tendance à être plus élevé dans les industries aux marchés de produits moins réglementés, qui se heurtent moins à des barrières à l'entrée et qui sont à haute intensité de capital (Selling et Stickney, 1989). Il pourrait aussi exister un lien entre les taux de profit et l'augmentation du chiffre d'affaires, puisque cette croissance des ventes pourrait engendrer un déséquilibre temporaire et donner lieu à des taux de profit plus élevés.

    3.1 Dimension industrielle

    La rentabilité enregistré en 2009 était plus élevée que celle de l'an 2000 pour toutes les industries du secteur des entreprises, sauf les industries suivantes : agriculture, foresterie, pêche et chasse; extraction minière et extraction de pétrole et de gaz; fabrication; arts, spectacles et loisirs (voir tableau 1). Le rendement de l'actif dans le secteur des biens et dans celui des services était presque le même en 2000, mais il était plus élevé d'un point de pourcentage pour le secteur des services en 2009, par suite d'une croissance de la rentabilité de ce secteur de 1,5 point de pourcentage au cours de cette période.

    Tableau 1 Rendement moyen de l'actif par industrie, 2000 à 2009Tableau 1 Rendement moyen de l'actif par industrie, 2000 à 2009

    Dans le secteur des biens, les industries les plus rentables étaient celles de l'extraction minière, de pétrole et de gaz et de la construction. Dans le premier cas, le taux de rendement était particulièrement élevé en 2005 et 2006, s'établissant à plus de 12 %. Les entreprises de l'industrie minière, pétrolière et gazière ont enregistré des bénéfices relativement élevés tout au long des années 2000, en partie en raison de l'essor des ressources. Toutefois, à la fin de la période, le taux de rendement avait fléchi à 6,5 % en raison de la récession globale de 2008-2009. L'industrie de la construction a elle aussi connu un essor dans les années 2000 en raison de la force du marché de l'habitation et de la demande croissance de nouveaux logements. Son rendement s'est apprécié, passant de 6,4 % à 10 % entre 2000 et 2007, avant de fléchir à 8,3 % en 2009.

    Les industries ayant enregistré des taux de profit moins élevés que la moyenne de l'ensemble des entreprises étaient les suivantes : agriculture, foresterie, pêche et chasse; services publics; fabrication; commerce de gros; commerce de détail; transports et entreposage; industrie de la formation et industrie culturelle; services immobiliers, de location et de location à bail; services éducatifs; arts, spectacles et loisirs; services d'hébergement et de restauration; autres services. Parmi ce groupe, une croissance des ventes inférieure à la moyenne a été observée dans les industries suivantes : agriculture, foresterie, pêche et chasse; fabrication; commerce de gros; industrie de l'information et industrie culturelle (voir tableau 2).

    Tableau 2 Taux annuels moyens de croissance du revenu par industrie, de 2000 à 2009Tableau 2 Taux annuels moyens de croissance du revenu par industrie, de 2000 à 2009

    Dans le secteur des biens, le lien entre croissance du revenu et rentabilité était relativement étroit — les industries à la rentabilité supérieure à la moyenne avaient enregistré une croissance des ventes supérieure à la moyenne. Entre 2000 et 2009, l'augmentation du chiffre d'affaires des secteurs de l'extraction minière, pétrolière et gazière et de la construction a été de deux à trois fois supérieure à la croissance des ventes enregistrée dans le secteur des entreprises dans son ensembleNote 6. Dans le secteur des services, la relation entre rentabilité et croissance des ventes était plus faible. Chez les industries les plus rentables — par exemple, celle des services professionnels, scientifiques et techniques et celle des soins de santé et assistance sociale — la croissance du chiffre d'affaires a surpassé la moyenne du secteur des entreprises dans son ensemble. Toutefois, pour d'autres industries à croissance élevée du revenu — comme celle des services éducatifs et celle des arts, spectacles et loisirs — le rendement de l'actif a été inférieur à la moyenne et n'a pas crû de façon marquée durant la période. Le contraire s'est aussi produit tandis que des industries rentables (p. ex. celles de la gestion de sociétés et d'entreprises ainsi que des finances et assurances) sont restées à la traîne du secteur des entreprises au chapitre de la croissance des ventes. Ainsi, le lien entre croissance des ventes et taux de profit est plus fort du côté des industries à haute intensité de capital qui produisent des biens.

    3.2 Dimension régionale

    En fonction de l'adresse du siège social de l'entreprise inscrite sur le formulaire T2 de déclarations de revenus des sociétés, on a ventilé par province/territoire les taux de rentabilité des entreprises. L'analyse ne prend en compte que les sociétés dont le siège social se trouve au Canada; celles qui ont déclaré un siège social aux États-Unis ou dans un autre pays ont été exclues. Les Territoire du Nord-Ouest, le Yukon et le Nunavut ont été groupés ensemble (sous la désignation « territoires »).

    Tableau 3 Rendement moyen de l'actif par province/territoires, 2000 à 2009Tableau 3 Rendement moyen de l'actif par province/territoires, 2000 à 2009

    Au début de la période, ce sont les entreprises (ou sièges sociaux) établies au Québec qui enregistraient les plus hauts taux de rentabilité, avec un rendement de l'actif s'établissant à 7,5 % (tableau 3). Le taux est demeuré à peu près à ce niveau tout au long de la période. Les entreprises dans la plupart des autres provinces ont vu leur rendement de l'actif s'accroître sensiblement, notamment en Saskatchewan et à Terre-Neuve-et-Labrador, où les taux de rentabilité se sont respectivement appréciés de 5,5 et de 4,4 points de pourcentage, Les entreprises de l'Alberta et des territoires ont aussi enregistré une augmentation substantielle du rendement de leur actif, leurs taux de rentabilité s'étant respectivement établis à 11,1 % et 8,4 % en 2008. Ces régions ont une forte concentration d'industries d'extraction minière, pétrolière et gazière, qui ont été particulièrement rentables durant la majeure partie de la période évaluée.

    À la fin de la période, ce sont les entreprises ayant leur siège social à l'Île-du-Prince-Édouard et en Ontario qui étaient les moins rentables. Le rendement de l'actif est tombé au dessous des 3 % en 2004 dans l'Île-du-Prince-Édouard. Ce résultat pourrait être imputable à la forte proportion d'entreprises du secteur agricole dans cette province, qui tendent à être relativement moins rentables. En Ontario, le rendement de l'actif a décliné pendant la majeure partie de la période, atteignant un creux de 3,6 % en 2003, mais regagnant, en 2009, le terrain perdu depuis 2000. Ceci est probablement le fait du secteur de la fabrication — l'un des plus importants dans la province — qui a souffert pendant cette période durant laquelle le taux de change du dollar canadien s'est apprécié ainsi qu'en 2008-2009, en raison de la récession mondiale.

    Les taux annuels moyens de croissance du revenu allaient de 2,3 % en Ontario à 6,4 % en Saskatchewan (tableau 4). Il semblait y avoir une relation faiblement positive entre la rentabilité et la croissance des ventes — la plupart des provinces enregistrant des taux élevés de rentabilité ont aussi connu une croissance des ventes élevée. L'exception était l'Île-du-Prince-Édouard, dont les taux de croissance du revenu étaient légèrement plus élevés qu'en Ontario et en Colombie-Britannique, et qui a connu une baisse du rendement de l'actif durant la majeure partie de la période.

    Tableau 4 Taux annuels moyens de croissance du revenu par province/territoires, de 2000 à 2009Tableau 4 Taux annuels moyens de croissance du revenu par province/territoires, de 2000 à 2009

    4. Rentabilité et taille d'entreprise

    4.1 Ensemble du secteur des entreprises
    4.2 Rentabilité et taille d'entreprise, par industrie et province
    4.3 Industries
    4.4 Régions

    4.1 Ensemble du secteur des entreprises

    Dans la précédente section, on a fait état des variations des taux de rentabilité par industrie et par province ainsi que du lien existant entre les tendances suivies par les taux de profit et la croissance des ventes. Il s'agit maintenant de savoir si ces tendances se maintiennent d'une classe de taille d'entreprise à l'autre ou si elles sont principalement le fait d'une catégorie donnée de taille d'entreprise.

    Les entreprises sont rangées dans une classe de taille en fonction de leur nombre d'unités moyennes de main-d'œuvre (UMM) — estimations de l'emploi basées sur la masse salariale de l'entreprise divisée par les gains horaires moyens qui ont cours dans l'industrie d'appartenance de l'entreprise selon l'Enquête sur l'emploi, la rémunération et les heures de travail. Comme la masse salariale d'une entreprise peut être inférieure aux gains horaires moyens de son industrie, la taille de l'entreprise peut être « moins de 1 » UMM. Ce groupe comprend les entreprises ayant commencé à être exploitées vers la fin de l'exercice, et donc peut contenir des entreprises en démarrage.

    Les entreprises les plus rentables étaient celles qui comptaient de 5 à moins de 20 UMM (tableau 5). Le rendement de l'actif de ces entreprises se situait juste en-deçà de 7 % en 2000 et s'établissait à 8 % en 2009. Dans toutes les catégories de taille d'entreprise, hormis la classe des 500 UMM ou plus, on a constaté une augmentation du rendement de l'actif pendant la période, en particulier en 2005 et en 2006. Les hausses de rendement les plus appréciables ont été observées chez les entreprises comptant moins de 1 UMM ou de 50 à moins de 100 UMM.

    Tableau 5 Rendement moyen de l'actif par classe de taille d'entreprise, 2000 à 2009Tableau 5 Rendement moyen de l'actif par classe de taille d'entreprise, 2000 à 2009

    Les taux de rentabilité ont suivi une courbe en forme de U inversé, s'appréciant à mesure qu'augmente la taille de l'entreprise et jusqu'à l'atteinte d'un certain seuil, puis diminuant par la suite, en particulier lorsque l'on dépasse les 20 UMM (graphique 2)Note 7. Ce schème s'est maintenu pendant toute la période. En 2009, les entreprises comptant 500 UMM ou plus étaient les moins rentables, affichant des taux de rendement inférieurs à ce qu'ils étaient en 2000. Les taux de profit dans cette catégorie de taille d'entreprise n'ont pas cessé de s'amenuiser depuis 2006.

    Graphique 2 Rendement moyen de l'actif par classe de taille d'entreprise, 2000, 2009 et moyenne de toutes les annéesGraphique 2 Rendement moyen de l'actif par classe de taille d'entreprise, 2000, 2009 et moyenne de toutes les années

    La relation entre taille d'entreprise et rentabilité cadre avec la théorie selon laquelle le rythme auquel les taux de profit augmentent diminue à mesure qu'augmente la taille de l'entreprise. Toutefois, les entreprises de la classe de moins de 1 UMM sont très différentes de celles de la catégorie de 10 à moins de 20 UMM. Les premières, que l'on appelle des « microentreprises », ont tendance à être moins bien établies. En outre, les microentreprises sont plus fréquemment exploités par le propriétaire et moins susceptibles de recourir à du financement externe, qu'elles ont plus de difficulté à obtenir. Les microentreprises sont également moins susceptibles d'être dotées d'une structure axée sur la maximisation des profits, ce qui pourrait expliquer en partie leurs taux de rentabilité inférieurs à la moyenne.

    Les résultats montrent que le rythme auquel les taux de rendement ont augmenté tend effectivement à ralentir avec la taille de l'entreprise, même dans le cas des très grandes entreprises. En fait, les taux de profit des plus petites entreprises se sont apparentés à ceux des plus grandes, en particulier vers la fin de la période. Bien que cela puisse être attribuable aux effets du ralentissement économique sur les entreprises de plus grande taille, les taux de profit relativement faibles des grandes entreprises ont été observés dans des études antérieures (Samuels et Smyth, 1968). Cela pourrait être le résultat de l'importance accrue des immobilisations incorporelles non mesurées des grandes entreprises.

    Les taux de croissance du chiffre d'affaires ont eu tendance à diminuer avec la taille de l'entreprise (tableau 6)Note 8. À 6,6 %, les microentreprises affichaient la plus forte croissance de revenu, tandis que les entreprises de plus grande taille enregistraient généralement une croissance du revenu inférieure à la moyenne. L'exception était les entreprises de la tranche de 100 à moins de 500 UMM, qui ont enregistré une croissance moyenne annuelle dépassant les 4 %.

    Tableau 6 Taux annuels moyens de croissance du revenu par classe de taille d'entreprise, de 2000 à 2009Tableau 6 Taux annuels moyens de croissance du revenu par classe de taille d'entreprise, de 2000 à 2009

    En résumé, les entreprises les plus rentables étaient celles de la catégorie de 5 à moins de 20 UMM, qui sont considérées comme « petites ». Ces entreprises ont aussi affiché une croissance du chiffre d'affaires supérieure à la moyenne. Elles avaient tendance à être bien établies dans leurs industries respectives, et avaient donc une possibilité de gagner des parts de marché avec le temps. Les entreprises de plus grande taille avaient généralement une plus faible rentabilité.

    4.2 Rentabilité et taille d'entreprise, par industrie et province

    Les taux de rentabilité ventilés par taille d'entreprise peuvent être désagrégés selon l'industrie et la province ou le territoire. Il devient alors possible de déterminer si la courbe en U inversé qui trace la relation entre rentabilité et taille d'entreprise conserve sa forme d'une industrie à l'autre et d'une région à l'autre. On s'intéresse aussi à la question de savoir si les entreprises les plus rentables — celles qui appartiennent à la catégorie des 5 à moins de 20 UMM — ne se retrouvent qu'au sein des industries rentables. Du fait que la relation entre taille d'entreprise et rentabilité s'est vérifiée chaque année de 2000 à 2009, seules les données de la fin de la période examinée ont été analyséesNote 9.

    4.3 Industries

    La courbe en forme de U inversé a caractérisé la plupart des industries en 2009, quoique le rendement de l'actif n'ait pas atteint un sommet dans la même classe de taille d'entreprise pour chaque industrie (tableau 7). Par exemple, dans l'industrie de la construction, ce rendement a atteint son sommet dans la catégorie des 20 à moins de 50 UMM, alors que dans celle des services professionnels, scientifiques et techniques, il a atteint son maximum dans la classe des 1 à moins de 5 UMM. Dans le secteur des biens, les entreprises les plus rentables étaient celles appartenant à la catégorie des 10 à moins de 50 UMM, tandis que celles de la classe des 5 à moins de 10 UMM affichaient encore un rendement de l'actif plus élevé que celui de leurs consœurs de grande taille.

    Tableau 7 Rendement de l'actif par industrie et classe de taille d'entreprise, 2009Tableau 7 Rendement de l'actif par industrie et classe de taille d'entreprise, 2009

    Parmi les cinq industries les plus rentables durant la période, les entreprises de plus petite taille ont été plus rentables que les plus grandes (graphique 3). Eu égard aux taux de rendement de l'actif, les sommets ont été enregistrés par les entreprises comptant moins de 50 UMM. Dans l'industrie de l'extraction minière, pétrolière et gazière et dans celle des services professionnels, scientifiques et techniques, le rendement de l'actif diminuait à mesure qu'augmentait la taille de l'entreprise — les entreprises de moins de 5 UMM ont affiché un rendement de l'actif deux fois supérieur à celui des entreprises comptant 500 UMM ou plus.

    Graphique 3 Rendement de l'actif par classe de taille d'entreprise dans les cinq industries les plus rentables, 2009Graphique 3 Rendement de l'actif par classe de taille d'entreprise dans les cinq industries les plus rentables, 2009

    Du côté des industries les moins rentables, les entreprises de plus grande taille ont eu tendance à afficher un rendement de l'actif supérieur à celui des plus petites entreprises (graphique 4). Et dans certaines industries, le rendement de l'actif s'est accru avec la taille de l'entreprise. Par exemple, dans les services d'hébergement et de restauration, le rendement de l'actif des entreprises comptant de 50 à moins de 100 UMM a été supérieur à 10 %, tandis qu'il a été négatif pour les microentreprises de ce secteur. De la même façon, dans le commerce de détail et dans le secteur de la fabrication, les taux de profit des plus grandes entreprises ont dépassé de loin ceux des plus petites entreprises.

    Graphique 4 Rendement de l'actif par classe de taille d'entreprise dans les cinq industries les moins rentables, 2009Graphique 4 Rendement de l'actif par classe de taille d'entreprise dans les cinq industries les moins rentables, 2009

    4.4 Régions

    En 2009, les petites entreprises ont été plus rentables en Alberta et dans les territoires, tandis que les plus grandes entreprises ont été plus rentables à Terre-Neuve-et-Labrador et au Manitoba (tableau 8). En Saskatchewan, les entreprises ont enregistré un rendement de l'actif supérieur à la moyenne dans toutes les classes de taille. Les microentreprises ont été les moins rentables à Terre-Neuve-et-Labrador et dans l'Île-du-Prince-Édouard, où les taux de rendement de l'actif se sont respectivement établis à 2,6 % et 3,9 %.

    Tableau 8 Rendement de l'actif par province/territoires et classe de taille d'entreprise, 2009Tableau 8 Rendement de l'actif par province/territoires et classe de taille d'entreprise, 2009

    En 2009, des rendements qui diminuaient de façon inversement reliée à la taille de l'entreprise ont été observés dans la plupart des provinces, en particulier celles dont les entreprises affichaient le rendement de l'actif le plus élevé (graphique 5). Les taux de profit augmentaient généralement jusqu'à la classe des 5 à moins de 20 UMM (celle des 20 à moins de 50 UMM au Québec), puis ont eu tendance à décliner à mesure qu'augmentait la taille de l'entreprise. En Alberta, le rendement de l'actif a constamment diminué à mesure qu'augmentait la taille de l'entreprise, ce qui pourrait refléter en partie la tendance suivie dans le secteur de l'extraction minière, pétrolière et gazière.

    Graphique 5 Rendement de l'actif, par classe de taille d'entreprise, dans les quatre provinces les plus rentables en 2009Graphique 5 Rendement de l'actif, par classe de taille d'entreprise, dans les quatre provinces les plus rentables en 2009

    Le rendement de l'actif a eu tendance à être plus élevé dans les catégories de taille d'entreprise plus petites, même dans les provinces où les entreprises moins rentables prévalaient. À l'échelle du pays, ce sont les entreprises de 5 à moins de 50 UMM qui ont été les plus rentables.

    5. Variations de la rentabilité selon la taille de l'entreprise

    Les grandes entreprises ont peut-être un rendement de l'actif inférieur à celui des plus petites entreprises, mais leur taux de rendement semble moins variable; autrement dit, une rentabilité plus faible pourrait être associée à moins de volatilité. Ce pourrait être attribuable au fait que les entreprises de plus petite taille assument davantage de risques pour atteindre leurs taux de rendement plus élevés. Il se pourrait aussi que, les structures de production des petites entreprises étant plus variées, la rentabilité soit plus variable d'une entreprise à l'autre. Cela pourrait se produire si une importante proportion des petites entreprises étaient de jeunes entreprises qui en sont aux premiers stades de leur exploitation, lesquels supposent l'expérimentation de nouveaux produits. À l'inverse, les entreprises de plus grande taille sont plus âgées et ont des technologies de production homogènes qui sont davantage axées sur la réalisation d'économies d'échelle.

    Des études plus anciennes ont fait valoir que la variabilité des taux de profit était inversement liée à la taille de l'entreprise (Stekler, 1964, Samuels et Smyth, 1968 et Ballantine et coll., 1993). En d'autres termes, l'intervalle à l'intérieur duquel varient les taux de profit est beaucoup plus important chez les petites entreprises.

    Dans le présent document, les variations de la rentabilité sont d'abord calculées à l'intérieur de chaque classe de taille d'entreprise au moyen du coefficient de variation (CV). Le calcul effectué correspond à la variance du rendement de l'actif de différentes entreprises d'une classe de taille divisée par le rendement moyen de l'actif des entreprises de cette classe de taille. On a souvent recours au CV pour mesurer le risque, car il s'agit d'une mesure normalisée de la dispersion d'une distribution de probabilité.

    Le coefficient de variation des taux de profit des entreprises appartenant à une classe de taille donnée a oscillé entre 2,4 et 5,4 % au cours de la période (graphique 6). En 2000 et 2009, les plus petites entreprises (moins de 1 UMM) avaient le CV le plus élevé. La diversité des taux de profit chez les entreprises d'une classe de taille donnée était inversement liée à la taille chez les plus petites entreprises; la courbe suivie par le CV a diminué avec la taille de l'entreprise jusqu'à la classe des 20 à moins de 50 UMM, qui est aussi l'intervalle dans lequel les entreprises étaient les plus rentables. Puis cette courbe augmente légèrement pour les catégories de taille plus grandes. Quoiqu'il en soit, ce sont les plus petites entreprises qui assument le plus de risques.

    En deuxième lieu, la variabilité des taux de profit est examinée dans le temps, entre les classes d'entreprise. L'écart-type d'une année à l'autre du rendement de l'actif des entreprises qui sont demeurées en activité durant la période de 2000 à 2009 est estimé et l'on en fait la moyenne au fil du temps et entre les classes de taille d'entreprise en fonction de la taille de l'entreprise en 2009Note 10. Mesuré la variabilité des taux de profit dans le temps permet de tester la sensibilité des ratios de chaque classe de taille à des événements temporels tels que les cycles économiques, qui peuvent se traduire par des taux de profit plus élevés certaines années plutôt que d'autres.

    Graphique 6 Coefficient de variation du rendement de l'actif à l'intérieur d'une classe de taille d'entreprise, 2000 et 2009 et moyenne de toutes les annéesGraphique 6 Coefficient de variation du rendement de l'actif à l'intérieur d'une classe de taille d'entreprise, 2000 et 2009 et moyenne de toutes les années

    La variabilité des taux de profit dans le temps entre les catégories d'entreprise peut différer de la variabilité de la rentabilité à l'intérieur d'une classe de taille. Pour étudier cet aspect, nous avons pris en compte que les entreprises ayant déclaré des bénéfices dans toutes les années de la période de 2000 à 2009. L'écart-type annuel du rendement de l'actif d'une entreprise donnée qui est demeurée en activité pendant toute la période est estimé, et l'on en calcule la moyenne dans le temps, puis selon la classe de taille d'entreprise en fonction du nombre d'UMM en 2009.

    Ce sont les microentreprises et les entreprises de la classe de 1 à moins de 5 UMM qui ont connu la plus importante variation de leur rentabilité dans le temps, avec un écart-type s'établissant juste au-dessus de 5 % en moyenne (graphique 7). La variabilité temporelle de la rentabilité selon la classe de taille a suivi une courbe en forme de U qui se rapproche de l'inverse des taux de profit entre catégories de taille. Les entreprises dont la variabilité du rendement de l'actif a été la plus faible étaient celles de la catégorie des 50 à moins de 100 UMM, laquelle est plus grande que la classe de taille dans laquelle on a généralement observé les plus hauts taux de rentabilité. Cela dit, l'écart de variabilité entre les entreprises de cette classe et celles de la classe des 10 à moins de 20 UMM était inférieure à un point de pourcentage.

    Graphique 7 Écart-type du rendement annuel de l'actif par classe de taille d'entrepriseGraphique 7 Écart-type du rendement annuel de l'actif par classe de taille d'entreprise

    Notre constatation de la tendance de la variabilité intraclasse des taux de profit à être inversement liée à la taille de l'entreprise cadre avec les observations d'études antérieures (Stekler, 1964 et Samuels et Smyth, 1968). L'importante différence constatée entre le CV du rendement de l'actif des microentreprises et celui des plus grandes entreprises indique que, à mesure que les entreprises se développent, leurs taux de rendement deviennent plus semblables à ceux des autres entreprises de la même catégorie de taille. Les microentreprises et les entreprises de taille légèrement plus grande forment le groupe le plus hétérogène. Comme on l'a mentionné plus haut, ces entreprises sont susceptibles de poursuivre des buts plus variés, qui vont de la maximisation des bénéfices à la satisfaction au travail et à l'égard de la carrière.

    La variabilité des taux de profit dans le temps suit aussi une courbe en U en ce qu'elle est inversement liée à la taille de l'entreprise jusqu'à la classe des 50 à moins de 100 UMM. Les plus grandes entreprises ont connu une volatilité de leur rendement de l'actif comparable à celle des microentreprises, tandis que les entreprises « moyennes » ont affiché des taux de rendement plus stables. Toutefois, la différence de variabilité dans le temps entre les classes de taille est beaucoup plus petite que les écarts de variabilité observés à l'intérieur d'une même classe.

    6. Conclusion

    Dans les études traitant des petites, moyennes et grandes entreprises au Canada, on s'est abondamment penché sur les différences relevées dans la croissance de l'emploi, l'entrepreneuriat et l'accès au financement. La relation entre la taille d'une entreprise et son rendement financier a quant à elle été largement négligée.

    Dans la présente analyse, nous constatons que, au cours de la période de 2000 à 2009, la relation entre taille d'entreprise et rentabilité, telle que mesurée par le taux de rendement de l'actif, a suivi une courbe en forme de U inversé. Plus précisément, le rendement de l'actif s'est accru jusqu'à la catégorie de taille des petites entreprises (de 10 à moins de 20 UMM), puis a fléchi dans les classes de taille plus grandes. Cette tendance s'est vérifiée tout au long de la période postérieure à 2000, ce qui cadre avec les résultats d'autres études dans lesquels on a constaté une diminution de la rentabilité à mesure qu'augmente la taille de l'entreprise — du moins au-delà d'un seuil qui exclut les microentreprises.

    Ce lien entre la taille d'une entreprise et sa rentabilité a été observé dans la plupart des industries et des provinces, en particulier celles qui ont affiché les plus hauts taux de rentabilité.

    À l'intérieur d'une même classe de taille, la variation de la rentabilité est inversement liée à la taille de l'entreprise, telle que mesurée par le coefficient de variation. Les petites entreprises ont tendance à connaître beaucoup plus de variation de leurs taux de profit ainsi que des taux de rendement plus élevés. Ces résultats démontrent que, à mesure qu'une petite entreprise prend de l'expansion, son rendement financier devient plus homogène.

    La variabilité intertemporelle des taux de profit de chaque entreprise demeurée en activité pendant la période postérieure à 2000 a suivi une courbe en U. Au-delà des plus petites classes de taille, la variabilité intertemporelle des taux de profit des entreprises a décru dans les classes de taille intermédiaire, mais s'est accentuée dans les classes de taille plus importantes durant cette période. Cependant, les différences entre classes de taille quant à la variabilité du rendement de l'actif d'une année à l'autre étaient beaucoup plus petites que les écarts de variabilité relevés à l'intérieur d'une même classe, ce qui pourrait être attribuable à la décennie examinée.


    Notes

    1. La base de données PALE-T2 lie le Programme d'analyses longitudinales de l'emploi (PALE), un fichier longitudinal sur l'emploi dans les entreprises, à des données tirées des fichiers de l'impôt des sociétés. En annexe se trouve une discussion sur la couverture et la qualité du fichier.
    2. Dans une analyse multivariée plus complexe, on pourrait étudier les écarts dans les ratios de marge en tenant compte des différences d'intensité capitalistique. Ce sujet fera l'objet d'un travail ultérieur.
    3. Il est soutenu (Statistique Canada, 1995) que le rendement du capital employé représente la meilleure mesure d'un taux de rendement aux fins de comparaisons entre branches d'activité (industries), car toutes les entreprises dans toutes les industries doivent entrer en concurrence pour obtenir du capital. Actuellement, on ne trouve pas d'information sur le capital emprunté (dettes à long terme) dans le fichier PALE-T2. On utilise plutôt la valeur des actifs existants qui ont été achetés à l'aide des capitaux levés par l'entreprise. Les deux mesures différeront si la valeur des actifs déclarés s'écarte du montant des capitaux obtenus. Une analyse ultérieure traitera de la sensibilité des résultats aux différences entre ces deux mesures.
    4. Les observations concernant les entreprises situées dans la première et la dernière tranches de 5 % des taux de rendement des actifs ont été retirées de l'échantillon.
    5. Voir Capon, Farley et Hoenig (1996) pour une revue de la littérature sur le sujet.
    6. Si l'on fait abstraction de la récession de 2008-2009 dans les calculs, la croissance des ventes de ces deux industries est plus de quatre fois supérieure à l'augmentation du chiffre d'affaires du secteur des entreprises dans son ensemble.
    7. Cette tendance se vérifie aussi dans le cas du rendement des capitaux propres.
    8. Ce schème a aussi été observé dans l'examen des taux annuels moyens de croissance du revenu, lorsqu'on exclue 2009, année de récession.
    9. Des résultats similaires ont été obtenus par industrie et taille d'entreprise lorsqu'on a analysé les données de 2008 plutôt que de 2009.
    10. Parmi les entreprises demeurées en activité, 47 % environ ont changé de classe de taille entre 2000 et 2009. Les écart-types ont été recalculés sur la base de la classe de taille de l'entreprise en 2000, mais aucune différence significative n'a été relevée entre les moyennes obtenues en 2009 et celles obtenues en 2000.
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