Sommaire de gestion

Warning Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

En moyenne, les gains des travailleurs occupés sont plus élevés dans les régions urbaines que dans les régions rurales au Canada. De même, les gains sont plus élevés dans les grandes régions urbaines que dans les petites régions urbaines. L'ampleur de ces différences de gains est très importante : l'écart entre les gains des régions rurales et ceux des régions urbaines au sein des provinces est souvent plus prononcé que l'écart entre les gains d'une province à l'autre (Beckstead et Brown, 2005).

L'objectif du présent document est de mieux comprendre les facteurs qui sous-tendent écarts entre les gains des régions urbaines et ceux des régions rurales. Au sens le plus large, il est probable que les gains augmentent avec la taille de la région métropolitaine, parce que les entreprises établies dans les grandes zones urbaines sont plus productives, ce qui leur permet d'offrir de plus hauts salaires, ou ont une main-d'oeuvre dont le niveau moyen de compétences, c'est-à-dire le capital humain, est plus élevé.

D'aucuns soutiennent depuis longtemps que les grandes villes offrent aux entreprises un avantage productif qui n'est pas à la portée des petites villes et des régions rurales dans la même mesure. Ces économies d'agglomération émanent de nombreuses sources, dont le meilleur appariement des compétences des travailleurs à celles dont ont besoin les entreprises, l'accès à une infrastructure commune (p. ex. les aéroports) et la diffusion plus efficace des connaissances entre les entreprises installées à proximité l'une de l'autre.

Contrairement aux économies d'agglomération, assez peu d'attention a été accordée au rôle du capital humain en tant que déterminant des différences de gains entre régions urbaines et rurales. Cependant, l'une des caractéristiques distinctives des grandes villes est la présence dans celles-ci de populations dont le niveau d'études est relativement élevé, ce qui est l'une des sources principales d'accumulation de capital humain. Donc, il est nécessaire de tenir compte de l'effet de ce dernier.

Le grand objectif du présent document est de commencer à démêler les effets des économies d'agglomération et de la composition du capital humain sur les différences de gains entre régions urbaines et rurales. Si les économies d'agglomération sont la principale force qui sous-tend ces différences, il est possible que l'écart entre les gains des régions urbaines et ceux des régions rurales soit déterminé par les avantages productifs que tirent les entreprises de la concentration géographique de l'activité économique. La nature même des économies urbaines, c'est-à-dire les liens denses entre les entreprises et les travailleurs, est ce qui leur donne leur avantage. Par contre, si la composition du bassin de compétences est l'élément qui importe, l'avantage des villes tient à leur capacité de former, ainsi que d'attirer et de retenir, des travailleurs hautement spécialisés.

  1. Dans quelle mesure les gains provenant d'un emploi hebdomadaire varient-ils entre les régions urbaines et rurales?
    Les gains provenant d'un emploi hebdomadaire diminuent lorsque la taille de la ville diminue et cette tendance se maintient entre les villes et les régions rurales. En 2000, dans les régions métropolitaines de 500 000 habitants ou plus, les gains moyens étaient supérieurs de 8 % à la moyenne nationale, tandis que dans celles de taille moyenne comptant de 100 000 à 499 999 habitants et dans les petites villes comptant de 10 000 à 99 999 habitants, les gains provenant d'un emploi hebdomadaire étaient inférieurs de 4 % et de 8 % à la moyenne nationale, respectivement. En moyenne, dans les régions rurales, les gains sont inférieurs de 14 % au niveau national.
  2. Le capital humain est-il associé aux différences de gains entre régions urbaines et rurales?
    Le nombre moyen d'années d'études de la population augmente avec la taille de la ville, et lorsqu'on passe des régions rurales aux régions urbaines. Cette tendance explique du tiers à la moitié de l'écart entre les gains des régions urbaines et ceux des régions rurales. Par conséquent, le capital humain, mesuré par le nombre d'années d'études, joue un rôle significatif dans l'explication de ces différences.
  3. Quelle est l'importance des économies d'agglomération en tant que source possible des différences de gains entre régions urbaines et rurales?
    Une fois pris en compte l'effet du capital humain et de plusieurs autres variables de contrôle, la taille d'une région continue d'avoir un effet significatif sur les niveaux de gains. Par conséquent, ce sont à la fois la concentration de capital humain dans la ville et la nature proprement dite des économies urbaines, c'est-à-dire la concentration géographique de travailleurs et d'entreprises se traduisant par des gains de productivité, qui sont associées aux différences de gains entre régions urbaines et rurales.

L'avantage des villes tient autant à leur capacité de former, d'attirer et de retenir des travailleurs hautement spécialisés qu'à leur capacité naturelle de faciliter l'interaction entre les travailleurs et les entreprises, quoique ces deux facteurs soient vraisemblablement reliés.

Date de modification :