Eau
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« Les Canadiens se préoccupent des effets de l'environnement sur leur santé, et donc de la qualité de l'eau qu'ils boivent1. » La perception du public, en tant que facteur déterminant des politiques d'intérêt public, peut être aussi persuasive que les preuves empiriques. C'est pourquoi il est important de comprendre comment les Canadiens perçoivent la qualité de leur source d'eau potable et les comportements engendrés par leurs préoccupations.
Eau embouteillée ou eau du robinet : les sources d'eau potable
Les ménages peuvent choisir de boire l'eau du robinet ou seulement de l'eau embouteillée ou les deux. Les ménages qui choisissent de ne pas boire l'eau du robinet, ou de ne la boire qu'après l'avoir traitée, peuvent le faire parce qu'ils n'aiment pas son goût ou parce qu'ils ont des doutes quant à sa salubrité ou encore pour se conformer à la tendance générale. Leur choix peut aussi être influencé par la provenance de leur eau de robinet, à savoir une source municipale ou une source non municipale, telle qu'un puits.
Près de 3 ménages canadiens sur 10 buvaient de l'eau embouteillée
Près de 3 ménages sur 10 buvaient de l'eau embouteillée plutôt que de l'eau du robinet. Aux endroits où l'alimentation en eau provenait de la municipalité, 29 % des ménages canadiens avaient choisi de boire de l'eau en bouteille (figure 3.1). De la même façon, 29 % des ménages qui n'étaient pas alimentés en eau par la municipalité utilisaient de l'eau embouteillée (Tableau 1 en annexe).
À l'échelle provinciale, les ménages du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve-et-Labrador alimentés en eau par la municipalité étaient les moins nombreux à ne boire que l'eau du robinet (48 % et 49 %, respectivement) et ils étaient les plus nombreux à ne boire que de l'eau embouteillée (37 % et 35 %, respectivement). Le reste des ménages buvaient à la fois de l'eau embouteillée et de l'eau du robinet. Par contre, les ménages du Nouveau-Brunswick alimentés en eau par un puits ou une autre source non municipale étaient parmi les plus susceptibles de ne boire que de l'eau du robinet (75 %); ils étaient aussi parmi ceux qui utilisaient le moins d'eau embouteillée (16 %).
À l'échelle du Canada, on a observé une grande variation parmi les régions métropolitaines de recensement (RMR) à l'égard de la proportion de ménages qui buvaient principalement de l'eau embouteillée. De nombreux facteurs peuvent avoir une incidence sur la décision des ménages de consommer de l'eau embouteillée, par exemple des événements passés concernant l'approvisionnement public en eau (p. ex. les événements de Walkerton, en Ontario, en 2000 et de North Battleford, en Saskatchewan, en 2001), les qualités sensibles de l'eau — son goût, son odeur et sa couleur —, la commodité de l'eau embouteillée, qui constitue un choix plus sain que d'autres boissons, ainsi que les activités de marketing de l'industrie de l'eau en bouteille.
De façon générale, la connaissance des conditions locales est importante pour comprendre le comportement des ménages, et cela s'applique tout particulièrement à l'eau que les gens boivent. Ainsi, les ménages de Kitchener alimentés en eau par la municipalité étaient les moins enclins à boire l'eau du robinet (41 %) et les plus nombreux à boire de l'eau embouteillée (46 %) (Tableau 2 en annexe). Ce fait pourrait être attribuable à l'éclosion de Cryptosporidium qui s'est produite à Kitchener–Waterloo en 1993. Bien qu'aucune donnée épidémiologique n'ait établi que l'eau du robinet en était la cause, une surveillance étroite de la source d'eau a confirmé la présence de Cryptosporidium dans l'eau non traitée2. Il est possible que des perceptions négatives subsistent quant à la qualité de l'eau du robinet.
À l'inverse, la municipalité de Saskatoon arrivait en tête pour la proportion de ménages qui ne buvaient que de l'eau du robinet et elle avait aussi le plus faible taux d'emploi d'eau embouteillée (77 % et 10 %, respectivement). La Ville de Saskatoon fournit des renseignements sur la qualité de l'eau sur son site Web, notamment une vidéo décrivant la manière dont l'eau est prélevée à la source, traitée et acheminée jusqu'au robinet. Il est possible qu'une telle initiative d'information du public ait contribué à l'attitude positive du public à l'égard de l'alimentation en eau.
L'eau est-elle bonne à boire? Les ménages qui font analyser l'eau qu'ils boivent
Le Canada est un pays largement urbanisé et la plupart des ménages sont alimentés en eau par leur municipalité. Seulement 13 % des ménages ont indiqué que leur eau n'était pas fournie par la municipalité, mais qu'elle provenait d'un puits, d'un lac ou d'une rivière (tableau explicatif 3.1). Cependant, la proportion de ces derniers ménages variait considérablement d'une province à l'autre. Comme on pouvait s'y attendre, c'est dans les provinces les plus rurales que sont l'Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse qu'il y avait la plus grande proportion de ménages approvisionnés en eau par des sources non municipales3,4. Par contre, en Colombie-Britannique, l'une des provinces les plus urbanisées, seulement 9 % des ménages ont indiqué que leur eau n'était pas fournie par la municipalité.
Les préoccupations relatives à la qualité de l'eau qu'ils boivent à la maison peuvent conduire les ménages à faire analyser leur eau par un laboratoire5. On pourrait s'attendre à ce qu'une proportion importante de ménages tirant leur eau d'un puits la fassent analyser, puisque cette eau, contrairement à celle qui est fournie par les systèmes municipaux, n'a pas été testée. Toutefois, seulement 35 % des ménages dont l'eau n'était pas fournie par la municipalité ont fait analyser celle-ci par un laboratoire en 2005. Il semble que la plupart des ménages qui ne sont pas alimentés en eau par une municipalité sont raisonnablement confiants ou satisfaits à l'égard de la qualité de l'eau qu'ils boivent ou qu'ils sont déjà au courant de ses limitations. Parmi les ménages qui ont fait analyser leur eau en 2005, 85 % ont indiqué qu'aucun contaminant n'avait été découvert par le laboratoire (tableau explicatif 3.1).
En Ontario, 90 % des ménages dont l'eau n'était pas fournie par la municipalité et qui avaient fait analyser cette eau ont signalé qu'aucun problème n'avait été décelé. Par contre, les ménages du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta dont l'eau n'était pas fournie par la municipalité étaient plus susceptibles de signaler que l'analyse avait révélé des problèmes concernant la qualité de l'eau. Les substances naturelles et couramment présentes dans les eaux souterraines des Prairies comprennent les bactéries sulfatoréductrices (ou ferrobactéries) et les substances inorganiques comme le fer, le manganèse, l'arsenic, le sulfate, le calcium, le magnésium et le sodium6. Les zones dont les réserves en eau souterraine sont limitées peuvent présenter d'autres problèmes, plus couramment relevés dans les eaux de surface (p. ex. présence de nitrates). Ces substances peuvent s'accumuler dans les puits au fil du temps, puisqu'elles ne peuvent pas être filtrées aussi efficacement par le sol7.
Salubrité et qualités sensibles : traitement de l'eau potable par les
ménages
Que les résultats des analyses de laboratoire indiquent que l'eau devrait être traitée ou non, certains ménages choisissent de traiter leur eau d'une manière ou d'une autre, même si celle-ci a déjà été traitée par le fournisseur d'eau. Si beaucoup de ménages le font parce qu'ils perçoivent un risque pour la santé, d'autres le font simplement pour en améliorer le goût ou pour éliminer une odeur ou une couleur déplaisante. En s'informant sur les raisons qui conduisent les ménages à traiter l'eau qu'ils boivent, ainsi que sur les raisons du choix des méthodes qu'ils emploient, on peut mieux comprendre la manière dont ils perçoivent la qualité de l'eau; on peut aussi mieux comprendre comment ils évaluent les risques associés à la consommation de l'eau.
Environ 7 ménages sur 10 (que leur eau soit fournie ou non par une municipalité) ont indiqué qu'ils buvaient l'eau du robinet et un peu moins de la moitié d'entre eux avaient choisi de traiter cette eau avant de la boire (tableau explicatif 3.2 et tableau explicatif 3.3). Parmi les ménages qui buvaient l'eau du robinet, 4 sur 10 se servaient d'un type ou d'un autre de filtre. Les ménages alimentés en eau par une municipalité étaient plus nombreux à se servir d'un filtre autonome, tandis que ceux dont l'eau provenait d'un puits ou d'une autre source non municipale étaient plus susceptibles de se servir d'un filtre raccordé à un robinet ou à une canalisation d'alimentation. Dans les RMR du Canada, la moitié des ménages qui buvaient l'eau du robinet fournie par la municipalité traitaient cette eau d'une manière ou d'une autre (Tableau 4 en annexe). Le traitement de l'eau par filtre autonome était la méthode de choix (30 %), par opposition à l'emploi de filtres raccordés aux conduites d'alimentation (15 %) ou à d'autres méthodes.
À l'échelle du Canada, parmi les ménages approvisionnés en eau par la municipalité et qui traitaient l'eau de leur robinet, 59 % le faisaient principalement pour en améliorer le goût et l'apparence (tableau explicatif 3.4). Les ménages du Québec étaient les moins susceptibles (31 %) de traiter l'eau du robinet, tandis que les ménages de Terre-Neuve-et-Labrador étaient les plus enclins (60 %) à le faire. Dans l'ensemble des RMR, l'amélioration du goût et de l'apparence était la principale raison du traitement de l'eau par les ménages, à l'exception de Windsor, où l'élimination des substances chimiques utilisées pour le traitement de l'eau (un facteur affectant le goût) était la première raison invoquée (Tableau 5 en annexe).
Un pourcentage légèrement inférieur de ménages dont l'eau n'était pas fournie par la municipalité que de ménages alimentés par une municipalité (45 % contre 48 %, respectivement) ont indiqué qu'ils traitaient l'eau du robinet avant de la boire (tableau explicatif 3.3). Plus de la moitié des premiers (53 %) ont indiqué que l'élimination des métaux ou des minéraux était la principale raison pour laquelle ils traitaient leur eau (Tableau 6 en annexe). La plupart des sources non municipales d'approvisionnement en eau consistent en eau souterraine, dont la teneur en minéraux est généralement plus élevée que celle de l'eau de surface habituellement fournie par les municipalités. À l'échelle nationale, 40 % des ménages alimentés en eau par une municipalité et qui traitaient leur eau ont indiqué qu'ils le faisaient afin d'éliminer le risque de contamination bactérienne. Ce taux est à comparer avec celui de 34 % pour les ménages alimentés par un puits privé ou une source d'eau de surface.
Fermeture des robinets : la conservation de l'eau s'intensifie
Outre les questions liées à l'eau potable, un autre thème important de l'enquête concernait les pratiques des ménages par rapport à la conservation de l'eau. L'accessibilité aux sources d'eau potable constitue un nouveau sujet de préoccupation dans certaines parties du pays et cette pénurie peut être exacerbée par les changements climatiques. Par exemple, durant l'été 2001, de nombreuses régions du Canada ont connu une sécheresse ou une quasi-sécheresse, ce qui a conduit les municipalités à prendre des mesures de réglementation (p. ex. la restriction de la consommation d'eau) ou amené les ménages à adopter des mesures volontaires de conservation de l'eau8. En d'autres endroits, où la pénurie d'eau ne constitue peut-être pas un problème, les municipalités et les contribuables se trouvent confrontés à des coûts croissants pour le traitement de l'eau, à mesure que la demande augmente.
L'enquête comportait un certain nombre de questions sur les pratiques des ménages liées à la conservation de l'eau ou à la réduction de son usage. En particulier, on a demandé aux ménages s'il y avait chez eux une pomme de douche à faible débit ou une toilette à faible consommation d'eau. Cinquante-quatre pour cent des ménages canadiens ont indiqué qu'ils avaient une pomme de douche à faible débit et 34 % d'entre eux ont mentionné qu'ils avaient une toilette économisant l'eau (tableau explicatif 3.5). En réponse aux mêmes questions, lors du sondage de 1994, 42 % des ménages avaient indiqué qu'ils possédaient des pommes de douche à faible débit et seulement 15 % d'entre eux avaient dit posséder une toilette à faible consommation d'eau.
Pratiques de conservation de l'eau et utilisation d'un compteur d'eau
La présence de compteurs d'eau variait largement selon les provinces. Ainsi, seulement 4 % des ménages de Terre-Neuve-et-Labrador ont déclaré en posséder un, contre 92 % des ménages du Manitoba.
En général, les municipalités utilisent des compteurs pour mesurer le volume d'eau employé par un ménage ou une entreprise et pour les facturer en conséquence. Il semblerait logique que les compteurs encouragent les ménages à conserver l'eau. Pourtant, le nombre de ménages sans compteur d'eau à posséder une pomme de douche à faible débit était plus important que celui des ménages qui avaient un compteur d'eau. Les ménages ayant un compteur d'eau étaient un peu plus enclins à posséder des toilettes à faible consommation d'eau (tableau explicatif 3.6).
Quatorze pour cent des ménages possédaient un réservoir d'eau de pluie tel qu'un baril ou une citerne, tandis que 23 % des ménages fixaient une minuterie à leur système d'arrosage automatique lorsqu'ils arrosaient leur jardin (Tableau 7 en annexe).
1. Groupe de travail sur le Système canadien d'information pour l'environnement. Octobre 2001. Partage des décisions en matière d'environnement —Sommaire et recommandations: Le rapport final du groupe de travail du Système canadien d'information pour l'environnement, Ottawa.
2. Hrudey, S.E. et E.J. Hrudey. 2004. Safe Drinking Water,Lessons from Recent Outbreaks in Affluent Nations, IWA Publishing, London, p. 231 à 233.
3. Les provinces ayant la plus grande proportion de population définie comme rurale, selon le Recensement de la population.
4. Statistique Canada. 2001. Tableaux sommaires. Population urbaine et rurale, par province et territoire (site consulté le 15 mai 2007).
5. Seuls les ménages qui n'étaient pas alimentés en eau par une municipalité devaient indiquer s'ils avaient fait analyser leur eau.
6. Agriculture et Agroalimentaire Canada. 2003. Les problèmes de qualité de l'eau dans les Prairies (site consulté le 2 mai 2007).
7. Ibidem.
8. Agriculture et Agroalimentaire Canada. 2005. Lessons Learned from the Drought Years January, 2001 and 2002: Synthesis Report. SRC Publication no 11602-46E03. Saskatchewan Research Council. Saskatoon.
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