Recyclage et compostage

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Lorsqu'on demande aux Canadiens quelles sont les mesures environnementales qu'ils prennent, le détournement des déchets — sous forme de recyclage ou de compostage — est probablement ce qui leur vient immédiatement à l'esprit.

Recyclage : pratiquement tout le monde y participe!

Maintenant que certaines des décharges situées au Canada arrivent à saturation, il existe une préoccupation croissante quant à la manière de se débarrasser des déchets produits par les ménages et les entreprises. En raison des pressions exercées par le public et des frais d'immobilisation élevés, il devient de plus en plus difficile de construire de nouvelles décharges. Le recyclage réduit la quantité de déchets qui aboutissent dans nos décharges, contribuant ainsi à conserver les ressources naturelles, à minimiser l'espace occupé par les décharges et à réduire la quantité de méthane, un gaz à effet de serre qui se dégage des décharges.

Figure 3.5: Ménages qui avaient accès à au moins un programme de recyclage, selon la province, 2006

Recyclage : accès et participation du public

En 1994, lors de la dernière EME, le recyclage était en voie de devenir pratique courante dans les collectivités de tout le Canada, puisque 7 ménages sur 10 avaient accès à une forme ou une autre de programme de recyclage. Douze ans plus tard, 93 % des ménages canadiens avaient accès à au moins un type de programme de recyclage (figure 3.5) et 97 % de ces ménages y participaient (tableau explicatif 3.7).

L'Île-du-Prince-Édouard devançait les autres provinces en matière d'accès et d'utilisation, 99 % des ménages ayant indiqué qu'ils avaient accès à un programme de recyclage et qu'ils y participaient. Cette large participation du public au détournement des déchets pourrait être attribuée à une énergique campagne d'éducation du public et à l'institution du recyclage obligatoire pour de nombreux matériaux. La Nouvelle-Écosse et l'Ontario emboîtaient le pas à l'Île-du-Prince-Édouard quant à l'accès et à la participation aux programmes de recyclage. Dans l'ensemble, 97 % des ménages de la Nouvelle-Écosse et 95 % des ménages de l'Ontario avaient accès à au moins un programme de recyclage, tandis que le taux de participation à au moins un programme de recyclage était de 99 % pour la Nouvelle-Écosse et de 98 % pour l'Ontario.

Tableau explicatif 3.7: Ménages qui avaient accès à des programmes de recyclage et qui y participaient, par matière recyclable, selon la province, 2006

Bien que l'accès aux programmes de recyclage soit plus restreint dans certaines provinces, on constate que là où ces services existent, la plupart des ménages les utilisent. Ainsi, parmi les ménages ayant accès à des programmes de recyclage, la participation à au moins un d'entre eux était de 94 % à Terre-Neuve-et-Labrador et de 96 % au Nouveau-Brunswick ainsi qu'en Alberta.

L'accès à des programmes de recyclage pour les matériaux recyclables les plus courants variait d'une province à l'autre, les municipalités offrant une gamme étendue d'options de recyclage. Ainsi, certaines administrations municipales offraient des services de collecte porte à porte, tandis que d'autres avaient installé des points de dépôt. Certains acceptaient une grande diversité de matériaux tandis que d'autres n'en acceptaient que quelques-uns. Le Tableau 20, en annexe, illustre la grande diversité des programmes offerts par les villes du Canada. Le large éventail de niveaux de services était également apparent à l'échelle provinciale. Ainsi, l'accès à un programme de recyclage du papier allait de 35 % à Terre-Neuve-et-Labrador à 98 % à l'Île-du-Prince-Édouard (tableau explicatif 3.7).

Progrès accomplis depuis 1994

L'accès des ménages canadiens à des programmes de recyclage du verre, du papier, des boîtes métalliques et des contenants de plastique s'est accru de 1994 à 2006. Durant cette période, la part des ménages canadiens qui avaient accès à des programmes de recyclage du verre, du papier, des contenants de plastique ou des boîtes métalliques a sensiblement augmenté — soit 24 points de pourcentage dans le cas du plastique (Tableau 21 en annexe).

L'utilisation des programmes de recyclage par les ménages canadiens s'est aussi accrue pour tous les types de matériaux recyclables. De 1994 à 2006, la part des ménages qui recyclaient le verre et les boîtes métalliques est passée de 84 % à 94 % dans les deux cas. Le taux de recyclage du papier est passé de 83 % à 94 %, et celui du plastique, de 82 % à 95 %. Ces changements pourraient être attribuables au fait que les Canadiens sont de plus en plus conscients de l'importance du recyclage; ils pourraient aussi être attribuables à une amélioration des programmes et méthodes de collecte municipale des déchets.

En 2006, l'Île-du-Prince-Édouard arrivait en tête pour l'accès et la participation à toutes les formes de programmes de recyclage, supplantant l'Ontario, qui s'était classé premier en 1994. En 1994, 21 % ou moins des ménages de l'Île-du-Prince-Édouard avaient accès à chaque type de programme de recyclage et 70 % ou moins de ces ménages utilisaient chaque type de programme de recyclage. En 2006, l'accès et la participation à des programmes de recyclage ont dépassé 95 % pour chacun des matériaux recyclables.

Tableau explicatif 3.8: Ménages qui compostaient les déchets domestiques ou de jardin, selon la province, 2006

Compostage : une pratique qui se répand

Le compost résulte de la décomposition et de la transformation de certains types de déchets, sous l'effet des bactéries et de la chaleur, en un produit terreux appelé humus. Les matériaux organiques, tels que les déchets de nourriture, les feuilles et les déchets de jardin, le papier et le bois, fournissent la matière première nécessaire à la création de compost. Après que ces déchets organiques ont été transformés en compost, on peut s'en servir pour améliorer la texture et la fertilité du sol et en augmenter la capacité de rétention d'eau. Le compostage détourne des matériaux des décharges tout en ayant un effet bénéfique sur l'environnement.

On peut composter les matériaux dans son jardin ou bien les placer sur le trottoir où ils seront recueillis dans le cadre de programmes municipaux de déchets organiques séparés à la source, que cette source soit un ménage ou une entreprise. La séparation à la source consiste habituellement à placer les déchets organiques dans des contenants différents, tels que des réceptacles fermés ou des sacs pour les déchets de jardin; les déchets recueillis sont acheminés à un centre de compostage.

À l'échelle nationale, le taux de compostage par les ménages est passé de 23 % en 1994 à 27 % en 2006 (tableau explicatif 3.8). C'est dans les provinces de l'Atlantique que le changement en matière de participation a été le plus remarquable. Les ménages du Québec et des provinces situées à l'ouest de ce dernier ont d'avantage pratiqué le compostage en 2006 qu'en 1994 (sauf la Colombie-Britannique), mais les progrès réalisés ont été bien moindres dans cette province que chez ses voisins de l'Est.

Ces résultats mettent en évidence l'incidence de la réglementation sur les pratiques. L'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse ont toutes deux élaboré des politiques interdisant la mise en décharge et l'incinération des matières organiques. En 2006, la proportion de ménages qui pratiquaient le compostage était bien plus importante dans ces deux provinces que dans les autres et ces provinces arrivaient aussi en tête pour l'augmentation du taux de compostage de 1994 à 2006. En Nouvelle-Écosse, la mise en décharge des feuilles et déchets de jardin a été interdite à partir de 1996, et, en 1997, cette interdiction a été étendue à tous les matériaux organiques compostables. Le programme Waste Watch de l'Île-du-Prince-Édouard, qui interdisait la mise en décharge des matières organiques, a été pleinement appliqué en 1999.

La Colombie-Britannique a été la seule province où la participation des ménages au compostage a décliné de 1994 à 2006. Cela pourrait être attribuable à une augmentation de la part de la population vivant dans des immeubles en copropriété et des appartements, surtout à Vancouver. Si les ménages de la RMR de Victoria étaient des fervents du compostage, avec un taux de participation de 40 %, ce résultat a été neutralisé par un pourcentage plus faible (23 %) dans la RMR de Vancouver (Tableau 22 en annexe).

À l'ouest des Maritimes, la RMR qui avait la plus large proportion de ménages pratiquant le compostage était St. Catharines–Niagara (figure 3.6). Dans le cadre d'une stratégie globale de gestion des déchets, la région de Niagara a fait la promotion active du compostage. Parmi les RMR, c'est la ville de Québec qui s'est classée en dernière position quant à la participation à un programme de recyclage (8 %).

Figure 3.6: Ménages qui compostaient, selon la région métropolitaine de recensement, 2006

Tableau explicatif 3.9: Traitement des déchets ménagers spéciaux, Canada, 2005

Déchets spéciaux des ménages : peinture, médicaments et matériel électronique

Les déchets spéciaux des ménages, ou déchets dangereux, comme on les désigne parfois, comprennent les produits dont les ménages veulent se débarrasser, mais dont la mise en décharge s'accompagne d'un risque de contamination des eaux souterraines par le biais du lixiviat (liquide contaminé qui s'infiltre dans le sol). De nombreuses municipalités disposent de centres de dépôt de déchets dangereux qui traitent ces déchets et les éliminent de manière sécuritaire. Dans le cadre de l'enquête, on a demandé aux ménages s'ils avaient des restants de peinture, des restes de médicaments ou des médicaments périmés ou encore de l'équipement électronique dont ils souhaitaient se débarrasser et ce qu'ils avaient fait, le cas échéant, pour les éliminer.

Vingt-neuf pour cent des ménages avaient de la peinture restante à éliminer; il s'agissait d'ailleurs de l'article que les ménages apportaient le plus souvent à un centre de dépôt de déchets dangereux; d'autres ménages retournaient la peinture au fournisseur. Cinquante-quatre pour cent des ménages ont dit s'être débarrassés de leur peinture de l'une ou l'autre manière (tableau explicatif 3.9). Toutefois, 38 % ont répondu qu'il leur restait de la peinture dont ils voulaient se débarrasser, mais qu'ils ne savaient qu'en faire.

Sur les 24 % de ménages qui avaient des restes de médicaments ou des médicaments périmés dont ils voulaient se débarrasser, 39 % les jetaient aux ordures, dans les toilettes ou aux égouts. Dans de nombreuses villes, on peut retourner sans frais ces médicaments dans les pharmacies, qui se chargent de les éliminer de façon sécuritaire. Trente et un pour cent des ménages ont déclaré qu'ils avaient retourné leurs médicaments dans une pharmacie.

Le nombre de vieux ordinateurs et périphériques, téléphones cellulaires, jeux électroniques et lecteurs de musique portatifs dont les gens se débarrassent est de plus en plus grand. Ces déchets d'un nouveau type peuvent être éliminés par l'entremise de centres de dépôt de déchets dangereux. Certaines entreprises reprennent leur équipement après que sa durée de vie utile est passée.

Sur les 18 % de ménages qui avaient des ordinateurs et d'autres appareils électroniques à éliminer, près d'un cinquième se servaient de ces programmes pour s'en débarrasser et une proportion encore plus importante (24 %) en faisaient don à des œuvres de charité ou en faisaient cadeau à quelqu'un. Toutefois, si près de 1 ménage sur 6 jetait son équipement électronique aux ordures, 35 % des ménages ne savaient qu'en faire. Comme dans le cas de la peinture restante, ces résultats semblent indiquer qu'il pourrait y avoir un accès insuffisant à des centres de dépôt de déchets dangereux ou bien un manque d'information sur l'existence de ces centres, ce qui empêcherait les ménages de les utiliser.