L’engouement des Canadiens pour le magasinage fait gonfler les revenus des détaillants et des grossistes tout en stimulant l’emploi dans le secteur du commerce de détail. Le nombre de travailleurs du secteur du commerce de détail est presque égal à celui du secteur de la fabrication en raison de l’expansion du commerce de détail et de la diminution de la fabrication.
Les bénéfices d’exploitation des détaillants ont atteint 21,1 milliards de dollars en 2006. Il s’agit d’une hausse de 9,5 % par rapport à 2005 et le niveau le plus élevé depuis 2002.
Les recettes d’exploitation de 413,8 milliards de dollars représentaient un gain de 5,7 %, supérieur au taux de croissance moyen annuel de 4,7 % enregistré de 2002 à 2006.
L’emploi dans le commerce de détail a progressé en moyenne de 1,8 % par année de 2001 à 2006, soit 156 000 travailleurs de plus, portant l’effectif à 1,8 million. Ce secteur a 81 000 travailleurs de moins que celui de la fabrication, qui est le plus grand secteur d’emploi, malgré la suppression de 137 000 emplois durant la même période.
Pendant ce temps, les recettes d’exploitation des grossistes ont atteint 660,0 milliards de dollars en 2006, en hausse de 5,8 % par rapport à 2005. Bien que ce taux de croissance soit inférieur à celui de 2005 (7,1 %) et de 2004 (9,1 %), leurs marges bénéficiaires d’exploitation, exprimées en pourcentage des recettes d’exploitation totales, ont continué de croître.
En 2006, les grossistes ont profité d’une augmentation de la marge bénéficiaire d’exploitation de 4,7 %, en hausse par rapport à 4,4 % en 2005. La croissance de l’investissement et des dépenses de consommation, jumelée à la vigueur du secteur de la construction, a contribué à la hausse des recettes et des bénéfices. La plus grande partie du magasinage se fait encore de façon traditionnelle, soit dans les magasins.
Bien que les ventes par Internet aient doublé en moins de cinq ans, ce type de magasinage demeure marginal puisqu’il représente moins de 2 % des recettes d’exploitation totales des entreprises du secteur privé.
Si les habitudes de magasinage témoignent des intérêts des Canadiens, alors la maison en est le centre. En 2006, tous les groupes du commerce de détail, excepté les stations-service, ont déclaré des marges brutes (recettes d’exploitation totales moins coût des ventes) plus élevées, les détaillants spécialisés dans les marchandises pour la maison et le jardinage ayant enregistré des gains considérables. Les marges brutes des magasins de matériaux de construction spécialisés et de jardinage ont augmenté de 26,8 % pour atteindre 1,9 milliard de dollars, tandis que celles des magasins d’articles d’ameublement ont crû de 22,9 % pour s’établir à 2,7 milliards de dollars.
Entre-temps, les centres de rénovation et les quincailleries ont réalisé des marges brutes de 6,0 milliards de dollars, les magasins d’appareils électroniques et d’électroménagers, 3,4 milliards de dollars, et les magasins de meubles, 4,0 milliards de dollars. L’année a également été bonne pour les concessionnaires de véhicules automobiles d’occasion, de plaisance et de pièces, dont la marge brute a bondi de 20,8 % pour totaliser 4,9 milliards de dollars.
Les stations‑service ont connu un repli de 1,4 % comparativement à 2005 en raison de la croissance des coûts des produits. Leurs recettes d’exploitation ont crû de 8,9 % par rapport à 2005 tandis que le coût des biens vendus a augmenté de 11,2 %.
Malgré cette croissance presque générale des marges brutes en 2006, les détaillants en magasin ont composé avec une hausse des dépenses d’exploitation de 9,5 % par rapport à 2005, pour un total de 89,2 milliards de dollars. Les dépenses d’exploitation représentaient 39,0 % des recettes d’exploitation pour les magasins d’articles d’ameublement, comparativement à 34,6 % en 2005. Pour les magasins de matériaux de construction spécialisés et de jardinage, le ratio est passé de 26,7 % à 29,9 %.
La main-d’œuvre représentait la moitié des dépenses d’exploitation. Les dépenses de location et de location à bail arrivaient au deuxième rang avec 12,0 %, en hausse de 12,7 % comparativement à 2005. En outre, la moitié des 18 groupes du commerce de détail ont déclaré une augmentation de 10 % ou plus des dépenses de publicité.
Les stations-service font encore une fois exception : ce sont les seuls détaillants à avoir déclaré une baisse des coûts de main-d’œuvre. La diminution de 16 % était en partie attribuable à la tendance croissante du paiement à la pompe.
Les ventes totales des détaillants en magasin se sont chiffrées à 389,5 milliards de dollars en 2006, en hausse de 5,8 % comparativement à 2005, et les bénéfices d’exploitation ont progressé de 10 % en moyenne.
Dans les provinces de l’Ouest, la croissance des ventes et les profits dépassaient la moyenne nationale. En Alberta, les recettes se sont accrues de 15,4 % pour atteindre 55,9 milliards de dollars tandis que les bénéfices d’exploitation ont grimpé de 27,2 %. Ces derniers ont aussi fortement augmenté au Manitoba (23,5 %) et en Saskatchewan (21,5 %). En Colombie-Britannique, où les dépenses d’exploitation étaient en hausse de 11,4 % par rapport à 2005, les bénéfices ont augmenté de 16,2 %.
Dernièrement, l’Ontario a affiché un retard au niveau national concernant les recettes du commerce de détail, celles-ci n’ayant augmenté que de 4,0 % en 2006. La hausse de 7,5 % des dépenses d’exploitation entraîne une diminution de 2,3 % des bénéfices d’exploitation. La seule autre province ayant enregistré une diminution était Terre-Neuve-et-Labrador (-9,6 %).
Dans l’ensemble, les grossistes du Canada ont continué à tirer parti de divers facteurs favorables en 2006 : l’accroissement de l’investissement par les entreprises, la vigueur des dépenses de consommation, la croissance des importations de biens de consommation, les niveaux records de construction ainsi que les faibles prix de certains produits découlant de l’appréciation du huard.
Les tendances provinciales relatives aux bénéfices d’exploitation des grossistes n’étaient pas les mêmes que celles des détaillants. Par exemple, tandis que l’Ontario arrivait derrière en ce qui concerne le commerce de détail, les grossistes de cette province ont profité d’une hausse de 16,7 % des bénéfices d’exploitation en 2006, un pourcentage bien supérieur à la moyenne canadienne de 10,9 %.
Les grossistes de l’Ontario représentaient 42 % de l’ensemble des recettes d’exploitation. Leur marge brute moyenne de 21,6 % est au-dessus de la moyenne nationale de 19,1 %. Ce résultat est principalement attribuable à des marges élevées indiquées dans la vente pour l’habillement, les articles ménagers et personnels et le matériel de bureau et d’usage professionnel.
D’autres provinces ont affiché une croissance des bénéfices d’exploitation supérieure à la moyenne en 2006. Le Manitoba menait la marche avec une hausse de 51,6 %, suivi de la Nouvelle-Écosse (20,2 %) et de l’Alberta (16,0 %).
L’Île-du-Prince-Édouard (-22,8 %) et le Nouveau-Brunswick (-22,1 %) ont enregistré les baisses les plus prononcées de leurs bénéfices d’exploitation. La Saskatchewan a aussi affiché une diminution de ses bénéfices commerciaux de gros, en baisse de 8,9 % par rapport à 2005.