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L’environnement, sujet préoccupant pour les Canadiens, fait la manchette dans les médias depuis des années. En 2007, c’était le principal sujet d’inquiétude de la population, 45 % des Canadiens ont qualifié la qualité de l’environnement de « passable », classant le changement climatique parmi les principaux problèmes du pays.
Selon les Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement de 2007, les pressions environnementales sont stables ou à la hausse. De 1990 à 2005, les émissions de gaz à effet de serre (GES) et la qualité de l’air ont été des préoccupations constantes. Pendant cette période, les recommandations sur la protection de la vie aquatique n’étaient pas toujours respectées, et ce, à bon nombre de sites de surveillance du pays.
Quoique les Canadiens tentent de modifier leurs activités pour protéger l’environnement, il est difficile de réduire l’impact environnemental de la population, surtout en situation de croissance démographique et économique. De 1990 à 2005, la population a augmenté de 17 %, passant de 27,7 millions à 32,3 millions de personnes tandis que le produit intérieur brut grimpait de 51,4 %, en prix constants de 2002.
La croissance économique peut amener les industries à consommer plus d’énergie et à émettre davantage de GES et de polluants atmosphériques. Toutefois, certaines grandes industries énergivores sont devenues plus éconergétiques, atténuant quelque peu la hausse des émissions de GES. Par exemple, l’industrie de la fabrication a réduit de 33 % ses besoins énergétiques pour produire une unité de biens et de services de 1990 à 2002, mais l’utilisation totale d’énergie a augmenté de 4 %.
Les GES d’origine naturelle aident à réguler le climat en retenant la chaleur dans l’atmosphère et en la renvoyant à la surface. Les émissions de GES liées aux activités humaines amplifient l’effet de serre naturel et contribuent au changement climatique. L’indicateur canadien des émissions de GES mesure les rejets annuels de six GES : dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), oxyde nitreux (N2O), hexafluorure de soufre (SF6), hydrocarbures fluorés (HFC) et hydrocarbures perfluorés (HPF). Au Canada, les émissions de GES ont augmenté d’environ 25 % de 1990 à 2005. En 1990, l’équivalent de 59 mégatonnes de CO2 a été émis dans l’atmosphère, contre 747 mégatonnes en 2005.
Bien que la tendance à long terme soit à la hausse, les émissions ont cessé d’augmenter de 2003 à 2005, surtout en raison d’une réduction des émissions liées à la production d’électricité. Elle est expliquée par la diminution de la production des centrales au charbon conjuguée à la hausse de la production des centrales hydroélectriques et nucléaires, par la baisse de la demande de combustibles de chauffage en raisons d’hivers plus doux et par le taux réduit de l’accroissement de la production de combustibles fossiles.
En 2005, la production et la consommation d’énergie représentaient environ 82 % des émissions de GES au Canada. Les émissions de GES des industries pétrolière, gazière et charbonnière ont grimpé de 48 % de 1990 à 2005, accompagnant la croissance de la production et de l’exportation de pétrole brut et de gaz naturel. Les émissions liées au transport routier ont crû de 33 % durant cette période, principalement en raison de l’engouement des consommateurs pour les véhicules plus énergivores que l’automobile et de l’augmentation du camionnage lourd. Les émissions de GES liées à la production thermique d’électricité et à la production de chaleur ont augmenté de 37 %, hausse principalement causée par une demande grandissante en électricité et par l’augmentation du recours aux combustibles fossiles pour répondre à cette demande.
Partout au Canada, des stations de surveillance évaluent la qualité de l’air selon l’exposition à l’ozone troposphérique et aux particules fines, deux composants clés du smog, lequel figure parmi les polluants atmosphériques les plus envahissants et les plus répandus.
L’ozone troposphérique provient de réactions chimiques principalement entre les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV) en présence de la lumière du soleil. La combustion de carburants fossiles à des fins telles que le transport, l’activité industrielle et la production d’électricité ainsi que la production et l’utilisation de peintures, de produits cosmétiques et de solvants augmentent les concentrations de NOx et de COV, dont la réaction produit de l’ozone troposphérique.
L’exposition à l’ozone a augmenté d’environ 12 % de 1990 à 2005, soit d’environ 0,8 % par année. Les concentrations ont grimpé de 17 % dans le sud de l’Ontario et de 15 % dans le sud du Québec. Ailleurs au pays, l’exposition à l’ozone n’a affiché aucun changement notable.
Les particules fines peuvent être des polluants rejetés directement dans l’atmosphère ou des polluants secondaires issus des émissions de dioxyde de soufre, de NOx, de COV et d’ammoniac. Les émissions de particules fines proviennent surtout de la production industrielle, de la combustion du bois de chauffage et du transport. De 2000 à 2005, les particules fines n’ont affiché aucune variation importante à l’échelle nationale ou régionale.
Au moins 115 000 tonnes de polluants ont été rejetées directement dans les eaux de surface du Canada (eau douce et côtière) en 2005. Les fabricants et les fournisseurs de services, les établissements institutionnels et les ménages rejettent des centaines de substances différentes dans les rivières et les lacs.
Après avoir été rejetés dans l’air ou sur le sol, de nombreux polluants provenant des terres agricoles et des zones urbaines ruissellent jusqu’aux étendues d’eau. Ce ruissellement a souvent des concentrations élevées d’azote et de phosphore qui peuvent dégrader la qualité de l’eau, tout comme les changements dans les débits d’eau, la fonte des neiges et les fortes pluies qui augmentent la quantité de sédiments en suspension, lesquels sont souvent riches en nutriments et en métaux.
La dégradation de la qualité de l’eau nuit à la vie aquatique et aux différentes utilisations humaines de l’eau. Des concentrations élevées d’azote ou de phosphore dans l’eau peuvent provoquer la croissance excessive des plantes, comme les fleurs d’eau, réduisant la quantité d’oxygène dissous disponible pour les poissons et autres animaux aquatiques. Certaines fleurs d’eau sont toxiques et peuvent entraîner la mort d’animaux d’élevage et de mollusques.
La qualité de l’eau douce est mesurée par l’Indice de la qualité des eaux, qui indique le degré de respect des recommandations pour la protection de la vie aquatique (plantes, invertébrés et poissons) dans des sites de surveillance de lacs et de rivières sélectionnés partout au Canada.
Parmi les 359 sites de surveillance du Sud du Canada, la qualité de l’eau douce des sites était considérée comme « bonne » ou « excellente » (44 %), « moyenne » (33 %) et « médiocre » ou « mauvaise » (23 %). Dans 36 sites de surveillance du Nord du Canada, elle était considérée comme « bonne » ou « excellente » (56 %), « moyenne » (31 %) et « médiocre » ou « mauvaise » (14 %).