Section 1 : Conditions économiques actuelles

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Vue d'ensemble 1 

Les PIB du Canada et des États-Unis ont tous deux affiché des hausses au troisième trimestre. Le PIB réel du Canada a crû de 0,3 % en août, portant à 1 % le taux d'augmentation des trois derniers mois. Par ailleurs, le PIB des États-Unis a connu au troisième trimestre une hausse de 0,6 %, ce qui est surtout à mettre au compte des investissements des entreprises et des ventes d'automobiles.

La croissance mensuelle de la production au Canada a été dominée en août par le secteur de l'énergie, qui a continué de se remettre des perturbations de l'approvisionnement subies au printemps. Les ventes d'habitations et les ventes au détail ont également affiché des hausses modestes. Les exportations ont continué de remonter lentement, l'accroissement des livraisons vers les pays émergents venant contrebalancer la faiblesse de la demande aux États-Unis et en Europe.

L'emploi au Canada a reculé en octobre, surtout dans le secteur de la fabrication, après une avance appréciable en septembre. Après deux mois de tourmente sur les marchés financiers mondiaux, les cours des actions et les prix des produits de base ont rebondi fortement en octobre après que les dirigeants européens eurent annoncé les grandes lignes d'un plan de redressement de la dette et des problèmes des banques. La Bourse de Toronto a affiché l'augmentation mensuelle la plus élevée depuis 2009, les prix des produits de base sont repartis à la hausse et le dollar canadien est revenu à la parité avec le dollar américain.

Marchés du travail

L'emploi a reculé de 0,3 % en octobre, après avoir progressé de 0,4 % en septembre. La baisse est entièrement attribuable aux emplois à temps plein. Malgré une faible baisse de la population active, le taux de chômage est passé de 7,1 % à 7,3 %.

En octobre, les pertes d'emploi ont surtout eu lieu dans le secteur de la fabrication. Les emplois en usine ont augmenté rapidement au tournant de l'année, puis ils se sont stabilisés avant que des pertes enregistrées ces deux derniers mois ne ramènent l'emploi dans la fabrication pratiquement là où il se situait en novembre dernier. Le secteur de la construction a également perdu plus de la moitié des hausses enregistrées en septembre. L'emploi dans le secteur des services s'est maintenu, après deux mois de forte progression. Le ralentissement a été surtout observable dans les services gouvernementaux et fait suite à une hausse marquée dans le secteur de l'enseignement le mois précédent. Dans le secteur des finances, l'emploi s'est stabilisé après une baisse appréciable en septembre. Le secteur des ressources naturelles a enregistré l'augmentation la plus prononcée, qui a porté à près de 10 % la progression totale des deux derniers mois.

L'Ontario a assumé la plus grande partie de l'érosion de l'emploi en octobre, étant donné la part importante d'emplois dans la fabrication en Ontario. Le fléchissement en Ontario a touché uniquement les emplois à temps plein, et le taux de chômage a grimpé d'un demi-point pour s'établir à 8,1 %. Au Québec, les pertes d'emploi étaient également concentrées dans le secteur de la fabrication, alors qu'en Colombie-Britannique, les pertes ont été observées autant dans la construction que dans la fabrication. L'Alberta a affiché une sixième hausse consécutive de l'emploi, alimentée par le secteur des ressources naturelles.

Indicateurs avancés

L'indicateur avancé composite est demeuré presque inchangé en septembre, et ce, pour le quatrième mois d'affilée. Six des dix composantes ont poursuivi leur progression en septembre, soit le même nombre qu'en août. La faiblesse de l'indice a été principalement attribuable au marché boursier et au secteur de la fabrication, qui ont tous deux largement contrebalancé la reprise du secteur du logement.

Toutes les composantes liées à la demande des ménages ont affiché des hausses. Le secteur du logement est arrivé en tête, progressant de 1,2 %, soit sa hausse mensuelle la plus importante depuis le printemps. La remontée du logement a contribué à l'augmentation de 0,4 % des ventes de meubles et d'électroménagers. La demande d'autres biens durables a augmenté pour un troisième mois consécutif. La hausse de l'emploi dans les services a été surtout attribuable aux services de consommation.

Les trois composantes liées au secteur de la fabrication ont connu un recul, par rapport à deux le mois précédent. Les nouvelles commandes se sont repliées de 0,7 % après avoir affiché deux hausses consécutives de 3,4 %. Tandis que les ventes ont rebondi après deux baisses d'affilée, le ratio des livraisons aux stocks a continué de reculer, reflétant l'accroissement des stocks de produits finis. La durée hebdomadaire moyenne de travail a légèrement régressé pour un quatrième mois consécutif.

Production

Le PIB réel a augmenté de 0,3 % en août, après des hausses révisées de 0,4 % en juillet et de 0,2 % en juin. La progression est attribuable à un accroissement de la production de biens, surtout les produits énergétiques, puisque la production de services est restée stable. L'augmentation de la production d'énergie s'explique par la remontée continue de la production pétrolière et gazière après une série de perturbations de l'approvisionnement qui ont réduit la production pendant quatre mois de suite à partir de février. En août, la production pétrolière et gazière avait presque rejoint son niveau de janvier. En outre, des conditions climatiques favorables ont encouragé une recrudescence des activités de forage d'exploration et d'exploitation, après plusieurs mois de ralentissement.

La production de la plupart des autres biens n'a guère varié en août. Toutefois, la production manufacturière a diminué, effaçant ainsi environ le quart de la hausse enregistrée en juillet, en grande partie à cause des baisses de production dans les industries dépendantes de la forêt et de la construction. Les industries de l'automobile et de l'aérospatiale ont poursuivi leur remontée pour un troisième mois d'affilée, tandis que le secteur de la sidérurgie a affiché sa première progression depuis une hausse marquée en avril. Ailleurs dans les biens, le secteur de la construction est resté stable, puisqu'un cinquième recul consécutif dans la construction non résidentielle a annulé les hausses dans la construction résidentielle et les chantiers d'ingénierie. Une récolte de céréales réduite cette année a continué de freiner la production agricole.

Les principaux développements dans le secteur des services ont été un recul de 1,4 % dans le commerce de gros et une hausse de 1,4 % dans le secteur des finances, cette dernière découlant de fortes ventes sur le marché financier. La plupart des autres services ont peu varié. Les services gouvernementaux sont restés stables, parce que la réduction progressive des opérations du recensement a neutralisé les hausses observées ailleurs. Une faible hausse dans le commerce de détail a été annulée par une baisse dans les industries liées au voyage.

Graphique 1.2

Demande des ménages

Le volume des ventes au détail s'est accru de 0,3 % en août, après un recul de 1,1 % en juillet qui a amoindri en grande partie la hausse enregistrée en juin. Le ralentissement des ventes au cours de l'été a surtout touché les automobiles; les ventes ont fait un bond en juin, lorsque les fabricants ont signalé le retour à une production normale en abaissant leurs prix, mais lorsque les prix sont revenus à des niveaux plus normaux en juillet et en août, la demande des consommateurs s'est contractée durant ces deux mois. Des données provisoires indiquent que les ventes d'automobiles ont augmenté légèrement en septembre.

Les dépenses en biens durables autres que les automobiles ont regagné tout le terrain perdu en juillet, les ordinateurs et les meubles étant à l'avant-plan de la progression. Un ralentissement dans les hausses des prix des aliments et de l'énergie a contribué à raffermir la consommation de biens non durables, après un lent départ en début d'année lorsque les prix ont grimpé rapidement. Les achats de vêtements ont régressé après deux mois de forte croissance.

Le marché de l'habitation a continué de s'améliorer graduellement en septembre. La revente de maisons a grimpé de 2,7 %, après de légères diminutions en juillet et en août. Les mises en chantier d'habitations ont fait un bond de 7,3 %, dépassant 200 000 logements (aux taux annuels) pour la deuxième fois seulement cette année. La hausse est entièrement attribuable aux immeubles à logements multiples, puisque les mises en chantier de maisons unifamiliales ont diminué lentement au cours des trois derniers mois.

Commerce de marchandises

Les exportations ont continué de se rétablir graduellement après le repli observé au printemps dernier; grâce à une hausse de 0,5 % en août ayant fait suite à une autre de 3 % en juillet, elles ont atteint leur plus haut niveau depuis janvier. Comme les exportations vers les États-Unis sont presque à leur niveau le plus bas de l'année, cette remontée a été provoquée par la demande des marchés émergents. La hausse des exportations en août est entièrement attribuable au fait que les prix ont remonté après avoir baissé en juillet et qu'ils sont parvenus à leur sommet cyclique. Les importations ont augmenté au même rythme que les exportations, également à cause de la hausse des prix, de sorte que le déficit commercial mensuel, chiffré à 0,6 milliard de dollars, est resté stable.

La hausse des recettes d'exportation a continué d'être surtout à mettre au compte des biens industriels ainsi que des machines et du matériel. Les exportations de biens industriels ont dépassé les 10 milliards de dollars pour la première fois depuis le niveau record de la mi-2008. Elles ont atteint un creux de 6,1 milliards de dollars au printemps 2009. Encore une fois, ce sont les métaux qui ont surtout contribué à la hausse des recettes d'exportation. Les exportations de machines et de matériel ont grimpé de 7 % pour atteindre 7,4 milliards de dollars, soit leur plus haut niveau depuis mars 2009; elles restent toutefois bien inférieures au sommet de 8,2 milliards de dollars atteint avant la récession et au niveau record de 10,0 milliards de dollars atteint au plus fort de la bulle technologique en décembre 2000. Les hausses récentes touchant les machines et le matériel ont été surtout attribuables aux aéronefs, qui ont affiché quatre hausses consécutives totalisant environ 70 %, lorsque les livraisons ont commencé à répondre à l'arrivée de nouvelles commandes pour des produits aérospatiaux pendant la première moitié de l'année.

La plupart des autres secteurs d'exportation ont enregistré un recul en août. Les exportations d'automobiles ont perdu tout le terrain gagné en juillet et sont tombées sous le niveau observé au printemps après que la production eut été perturbée dans les usines japonaises. Les exportations d'énergie ont poursuivi leur tendance à la baisse affichée jusqu'à maintenant en 2011 et sont tombées à leur plus bas niveau depuis novembre 2010 (bien que l'estimation provisoire d'un fléchissement des exportations d'énergie en juillet ait été révisée en une hausse). Une faible remontée des exportations de produits forestiers au printemps s'est dissipée pendant l'été.

Les importations sont revenues au niveau observé en mai, avant que l'arrivée d'une grande plateforme de forage n'ait occasionné une forte hausse des importations en juin suivie d'une baisse en juillet. Si l'on exclut ce matériel de forage, les importations de machines et de matériel ont été stables à environ 10,5 milliards de dollars pendant les cinq derniers mois. Les importations d'automobiles ont affiché une autre augmentation en juillet, les concessionnaires ayant continué de reconstituer leurs stocks. Les importations d'énergie ont connu une forte baisse, attribuable surtout au recul des prix du pétrole.

Prix

Les prix à la consommation ont progressé de 0,3 % d'août à septembre, portant à 3,2 % le taux d'une année à l'autre. Les prix de l'indice de référence ont suivi ceux de l'IPC mensuel et ont augmenté de 0,3 %, et de 2,2 % pour la dernière année.

La hausse des prix mensuels s'est surtout limitée à deux des sept composantes de l'IPC. Les prix des vêtements ont augmenté de 1,0 %, ce qui a neutralisé en grande partie les baisses des trois mois précédents. Les prix des transports ont grimpé un peu plus, à cause de la hausse des prix de l'essence et des automobiles. Les prix des aliments ont augmenté de 0,2 %, soit la plus faible hausse depuis février, lorsque des pénuries ont commencé à gonfler le coût de certains produits de base. Trois autres composantes (dépenses et équipement du ménage, santé et loisirs) ont affiché une hausse de 0,1 point chacune, alors que deux composantes (logement et produits du tabac et boissons) ont enregistré une légère baisse.

Les prix des produits de base ont affiché une faible augmentation pour le mois, à mettre au compte de l'énergie en raison d'un redressement du prix du pétrole brut en Amérique du Nord (l'écart entre les prix d'un baril de WTI et d'un baril de Brent s'est rétréci après le renversement du régime libyen). Le prix des métaux a connu une hausse légère, les prix du cuivre et du nickel ayant crû.

Les prix des produits fabriqués ont progressé de 0,4 % en septembre; il s'agit de la deuxième hausse consécutive après trois baisses de suite. L'augmentation observée en septembre est entièrement attribuable à la faiblesse du taux de change, qui a fait grimper le prix des exportations telles que celles des produits automobiles et des produits forestiers.

Marchés financiers

Le marché boursier de Toronto a rebondi de 5,4 % en octobre, mettant fin à une série de sept reculs mensuels consécutifs; il s'agit en outre de sa plus forte hausse mensuelle depuis mai 2009. L'énergie et les métaux ont mené le mouvement avec des hausses à deux chiffres.

Le dollar canadien est revenu à la parité avec le billet vert américain à la fin octobre, après s'être maintenu en moyenne à moins de 0,96 $US en septembre. L'indice de taux de change pondéré en fonction des échanges n'a pas avancé aussi rapidement, surtout après que l'euro s'est raffermi à la fin du mois.

Le crédit à court terme aux entreprises n'a pour ainsi dire pas bougé en septembre, le premier mois où il n'a pas augmenté depuis mars. Cependant, l'appel de fonds par les entreprises a continué de s'intensifier de façon continue, le fléchissement du marché boursier à la fin de l'été n'ayant pas ralenti l'émission de nouvelles actions. La croissance du crédit des ménages s'est maintenue, celui-ci ayant affiché une hausse de 0,5 % en août, sous l'effet des prêts hypothécaires puisque les ventes de maisons ont rebondi au cours de l'été.

Graphique 1.3

Économies régionales

Au Québec, la croissance s'est concentrée dans les secteurs de l'habitation et de la fabrication. Les mises en chantier d'habitations ont fait un bond de 32 % en septembre, qui a suffi pour renverser trois reculs consécutifs et permettre une hausse de 3 % pour le troisième trimestre. En août, les ventes des fabricants ont monté de 4 %, soit la plus forte progression au Canada, après une hausse de 2 % en juillet alors que l'industrie aérospatiale poursuivait sa remontée. Les ventes au détail ont peu varié pour un deuxième mois d'affilée et ont maintenu une avance de 1,7 % en juin.

En Ontario, les ventes au détail ont augmenté de 0,9 % en juillet, revenant à leur tendance à la hausse du printemps dernier après une courte interruption en juillet. Les ventes des fabricants ont légèrement relevé leur hausse de 5 % en juillet, sous l'impulsion du matériel de transport et des métaux de première transformation. Les mises en chantier d'habitations ont reculé de 4 % en septembre, laissant une croissance nulle pour le troisième trimestre après une progression à deux chiffres pour les deux premiers trimestres de l'année.

Les ventes au détail dans les provinces des Prairies ont progressé de 1,1 % en août, soit la quatrième hausse en cinq mois. Les ventes des fabricants n'ont guère évolué, puisqu'une baisse des recettes tirées des produits pétroliers raffinés a neutralisé d'autres hausses des recettes tirées des biens d'équipement. Les mises en chantier d'habitations ont chuté de 12 % en septembre, mais elles ont connu une progression à deux chiffres pour le trimestre.

En Colombie-Britannique, les mises en chantier d'habitations ont continué d'afficher une extrême instabilité d'un mois à l'autre et ont grimpé de 19 % en septembre. Au cours des cinq derniers mois, le taux moyen de variation absolue a été de 25 %. Cependant, d'un trimestre à l'autre, les mises en chantier ont montré une plus grande stabilité et ont augmenté de 8 % à chacun des deux derniers trimestres. Les ventes des fabricants ont progressé d'environ 1 % pour un troisième mois de suite, malgré un ralentissement dans le secteur des produits forestiers. Les ventes au détail sont restées faibles et étaient inférieures de près de 1 % au niveau d'avril.

Économies internationales

Aux États-Unis, le PIB réel a augmenté de 0,6 % au troisième trimestre. Il s'agit de la neuvième hausse trimestrielle d'affilée, mais l'économie ne fait que revenir au niveau antérieur à la récession, ce qui témoigne à la fois de l'ampleur de la crise et de la lenteur de la reprise. Les investissements des entreprises, en hausse de 4 %, ont mené le mouvement de croissance au troisième trimestre. Les dépenses de consommation ont monté de 0,6 %, le réapprovisionnement en automobiles ayant neutralisé l'effet de ralentissement des hausses de prix pour les aliments et l'énergie. Toutefois, la construction résidentielle est demeurée stagnante et les dépenses publiques sont restées inchangées. Le déficit commercial a continué de régresser, puisque les exportations ont augmenté plus vite que les importations. Les stocks ont diminué pendant le trimestre, malgré le réapprovisionnement effectué par les détaillants de véhicules japonais.

Graphique 1.4

La demande des ménages a été étonnamment forte en septembre, peut-être parce que certaines dépenses avaient été retardées à la fin août à cause de l'ouragan Irene. Les ventes au détail ont progressé de 1,1 % grâce surtout aux automobiles, et les ventes de biens autres que les automobiles, de 0,5 %. Les mises en chantier d'habitations ont grimpé de 15 %; la hausse est essentiellement attribuable aux immeubles à logements multiples, dont la construction peut être affectée par les vents forts qui soufflent sur une grande partie de la côte est en août. Les ventes de maisons neuves ont affiché leur première hausse depuis avril. Un léger recul dans le secteur de la revente de maisons a suivi une forte augmentation en août.

La production industrielle s'est accrue de 0,2 % en septembre, après être restée stable en août. Pendant ces deux mois, la production a été ralentie par une baisse marquée de la demande de services publics, à mettre au compte de températures inférieures aux normales saisonnières. Cependant, les fabricants ont augmenté leur production pour un troisième mois d'affilée, surtout dans le secteur des véhicules automobiles et de l'outillage des entreprises. Le secteur minier a été plus actif et a connu une sixième hausse consécutive, qui s'explique du fait que la production de gaz naturel a augmenté grâce à l'adoption de nouvelles techniques.

Alors qu'un brusque dégagement a été observé sur le marché boursier en août, les données sur les mouvements de capitaux montrent un apport de 74,7 milliards de dollars sous forme d'achats nets de titres à long terme; il s'agit du montant le plus élevé observé depuis janvier, alors qu'il était de 55 milliards de dollars. Ce sont en presque totalité des achats de bons et d'obligations du Trésor, ce qui a aidé à amener le rendement sur les obligations de 10 ans à moins de 1,90 %, soit le plus faible niveau depuis 1951 (lorsque la Réserve fédérale et le Trésor ont convenu de cesser de fixer les taux de rendement sur la dette publique américaine). En conséquence, le taux moyen des prêts hypothécaires ordinaires à taux fixe sur 30 ans est tombé à moins de 4 % pour la première fois au début d'octobre, ce qui est également un effet de la vente par la Réserve fédérale de ses avoirs à court terme pour les remplacer par des obligations à long terme.

La production industrielle a été vigoureuse dans la zone euro en août; elle a grimpé de 1,2 % dans le sillage d'une hausse de 1,1 % en juillet, sous l'impulsion des biens d'équipement et des produits semi-finis. Les nouvelles commandes ont remonté de 1,9 %, tous les grands secteurs ayant affiché une progression, sauf celui des biens de consommation durables. Le secteur de la construction a connu sa cinquième hausse en six mois. Le commerce extérieur s'est accru, les importations d'énergie ayant augmenté davantage que les exportations de produits fabriqués. Les dépenses de consommation ont diminué en août, après des ventes nourries plus tôt pendant l'été. Le taux de chômage est monté à 10,2 % en septembre, tandis que le taux d'inflation annuel a grimpé à 3 % alors qu'il se chiffrait à 2,5 % en août.

En Allemagne, la production industrielle s'est contractée de 1 % en août après une hausse de 3,9 % le mois précédent, en raison d'une baisse de production pour l'énergie et les biens de consommation. Les nouvelles commandes ont reculé pour un deuxième mois de suite. Après un répit en juillet, la construction a diminué en août pour une cinquième fois en six mois. Les exportations ont continué de mener l'économie, l'Allemagne affichant toujours l'excédent du commerce extérieur le plus élevé dans la zone euro. Les consommateurs ont freiné leurs dépenses en août, et l'inflation a grimpé à 2,9 % en septembre, alimentée par la hausse des prix du pétrole et la diminution des rabais sur les vêtements.

En France, la production industrielle a augmenté de 0,6 % en août, après une hausse de 1,8 % en juillet. Les nouvelles commandes ont récupéré après un recul le mois précédent attribuable à une baisse de la demande de matériel de transport lourd. La construction a remonté, après avoir stagné la plus grande partie de l'année. Les ventes au détail ont été à la hausse un troisième mois d'affilée. Les prix ont peu varié en septembre, et le taux de chômage s'est maintenu à 9,9 %.

Au Royaume-Uni, la production industrielle s'est accrue de 0,2 % en août, recouvrant seulement la moitié de la perte subie le mois précédent. Les nouvelles commandes sont restées vigoureuses, en hausse pour un cinquième mois d'affilée. La construction est restée stable, après avoir été à la hausse plus tôt pendant l'été. Les importations ont encore été supérieures aux exportations, ces dernières étant freinées par la vigueur de la livre sterling et l'affaiblissement de la demande. Les consommateurs ont réduit leurs dépenses sous l'effet de l'effritement des salaires réels et de la confiance. Le taux d'inflation annuel est monté à 5,2 % en septembre, son plus haut niveau en trois ans, ce qui s'explique par la hausse des coûts de l'électricité, du gaz et des vêtements. Le taux de chômage a atteint 8,1 %, un sommet en 15 ans attribuable aux suppressions d'emplois dans la fonction publique, qui étaient prévues dans le plan d'austérité du gouvernement britannique.

Au Japon, la production industrielle a augmenté en août pour un cinquième mois de suite, ce qui l'a presque ramenée au niveau affiché avant le tsunami de mars dernier. La production a été alimentée par le matériel de transport, les pièces électroniques ainsi que le fer et l'acier. Les livraisons ont monté de 0,3 % et les stocks, de 2,1 %. Les exportations ont progressé en septembre pour un deuxième mois consécutif, en hausse de 2,4 % par rapport à un an plus tôt, surtout à cause des exportations vers la Chine.

Le PIB réel de la Chine a augmenté de 9,1 % au troisième trimestre par rapport à un an plus tôt, après avoir affiché des taux de 9,5 % au deuxième trimestre et de 9,7 % au premier. En septembre, la croissance des échanges a connu une décélération causée par une croissance des exportations à 17,1 % d'une année à l'autre, en baisse par rapport à 24,5 % en août, et par une croissance des importations à 20,9 %, en baisse par rapport à 30,2 % le mois précédent. Le taux d'inflation annuel a reculé légèrement en septembre pour s'établir à 6,1 %. L'inflation a été surtout liée à la hausse des coûts des aliments attribuable à des pénuries de viande de porc, de légumes et d'autres aliments de base. Le gouvernement a mis en place des mesures pour accroître l'approvisionnement, mais elles ont été retardées par des tempêtes estivales.

En Inde, le taux d'inflation d'une année à l'autre a grimpé à 9,7 % en septembre; l'augmentation découle d'une forte montée des prix des aliments et s'est traduite par douze hausses des taux d'intérêt depuis mars 2010.

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