Section 1 : Conditions économiques actuelles

Avertissement Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Aperçu 1 

La production dans l'économie canadienne a diminué de 0,3 % en mai après aucun changement en avril et une hausse de 0,3 % en mars. Pour sa part, l'emploi a plafonné en juillet à la suite de gains constants au deuxième trimestre. La faiblesse est imputable en majeure partie à certains événements en mai dans le domaine de la production d'énergie, ainsi qu'à l'état de l'emploi dans le secteur public en juillet. Ces faits se dessinent sur la toile de fond d'une lenteur persistante de la reprise aux États-Unis et d'un dérèglement persistant du commerce mondial attribuable au tsunami qui a frappé le Japon en mars.

En mai, la diminution du PIB réel a été concentrée dans le secteur de l'extraction pétrolière et gazière; les phénomènes qui ont joué sont les feux de forêt en Alberta et les pauses d'entretien. Ce recul s'est répercuté en aval sur la construction d'ouvrages de génie et le raffinage pétrolier. Il faut ajouter que la production d'automobiles a accusé une baisse un deuxième mois de suite, ce que l'on doit surtout aux usines appartenant à des intérêts japonais. En avril et même en mai, des problèmes d'approvisionnement mondial en pièces auront nui à la production automobile au Canada.

Les dépenses de consommation demeurent lentes depuis le début de 2011. Une partie de la faiblesse observée en avril et en mai tient à une pénurie de modèles et au renchérissement de l'essence. Quand l'offre d'automobiles a commencé à s'améliorer en juin et que les prix ont baissé aussi bien pour les véhicules que pour l'essence, les ventes ont repris et suivi la tendance foncière de l'emploi et du revenu.

Graphique 1.1

Aux États-Unis, le PIB réel s'est élevé de 0,4 % au deuxième trimestre. Des révisions importantes ont ramené son taux de croissance à 0,1 % pour le premier trimestre. Des révisions ont aussi eu pour effet de diminuer à 5,1 % (il a été estimé initialement à 3,7 %) le taux de décroissance du PIB de crête en creux pendant la récession de 2008-2009. Ainsi, la production au deuxième trimestre de 2011 est restée inférieure à son sommet avant récession. Le peu de fermeté de la demande tant de biens de consommation que de logements dans le secteur des ménages a nui à la croissance au deuxième trimestre, tandis que les investissements des entreprises et les exportations continuaient à s'affermir.

Marchés du travail

L'emploi n'a guère varié en juillet après avoir été en croissance soutenue au deuxième trimestre. L'emploi à temps plein a toutefois crû de 0,2 %, alors que l'emploi à temps partiel décroissait de 0,5 %. Comme la population active a diminué de 0,2 %, le taux de chômage a fléchi à 7,2 %.

En juillet, l'emploi était vivement contrasté entre le secteur privé et le secteur public. Dans le premier, il s'est accru de 0,9 % grâce à de solides gains en construction, en fabrication, dans les transports et dans les services financiers. Dans le second, il s'est contracté de 2,0 %, les principaux responsables étant les secteurs de l'enseignement, de la santé et de l'administration publique. Dans le secteur de l'enseignement, les quelque 30 000 pertes d'emplois semblent refléter une tendance saisonnière récente aux licenciements en période estivale, une tendance qui se manifeste dans les facteurs saisonniers mis à jour.

La tendance aux licenciements de travailleurs de l'enseignement à titre purement temporaire pendant l'été semble plus marquée dans les provinces centrales du pays. Le nombre d'emplois en éducation a diminué de 20 000 au Québec et de 25 000 en Ontario. Ces provinces avaient dominé ces dernières années pour les baisses en juillet. Une grande partie des travailleurs en cause auraient quitté le marché du travail (contraction de 21 000 au Québec et de 36 000 en Ontario), ce qui serait depuis quelques années une tendance à la diminution de l'activité au Québec et en Ontario en juillet. Environ 40 % des personnes qui ont quitté la population active en juillet s'attendent à être rappelées au travail bientôt. Dans ces deux provinces, l'emploi a progressé dans le secteur privé surtout à cause de la fabrication en Ontario (en partie parce que l'industrie de l'automobile a accéléré sa production) et de la construction et du commerce au Québec. Dans le reste du pays, l'emploi a été en croissance soutenue en Alberta et en Colombie-Britannique, en majeure partie à cause des services.

Indicateurs avancés

L'indice composite a progressé de 0,2 % en juin après avoir augmenté de 0,8 % en mai. Quatre des dix composantes ont reculé alors qu'aucune n'avait diminué le mois précédent. La plupart des revirements ont été observés dans le secteur de la fabrication où les trois composantes ont affiché des baisses ou n'ont connu aucune variation après avoir enregistré des hausses le mois précédent. La plus grande partie du recul de la fabrication a été attribuable au secteur de l'automobile où la perturbation de la chaîne d'approvisionnement mondiale causée par le tsunami qui a dévasté le Japon a entraîné un ralentissement temporaire des assemblages au Canada au printemps.

Le ratio des ventes aux stocks des fabricants a diminué pour la première fois en sept mois, principalement en raison du recul des livraisons d'automobiles. La semaine de travail moyenne dans les usines a également affiché sa première baisse en dix mois. Les nouvelles commandes de biens durables sont demeurées inchangées, se maintenant au niveau élevé atteint après une hausse marquée de 9,3 % le mois précédent, qui était attribuable à plusieurs grosses commandes passées dans l'industrie de l'aérospatiale.

Les dépenses des ménages sont demeurées inégales. L'indice du logement a progressé de 0,3 %, les mises en chantier ayant atteint en juin leur niveau le plus élevé de l'année. Les augmentations dans le secteur du logement ont contribué à soutenir la croissance des ventes de meubles et d'articles électroménagers. Toutefois, les dépenses au chapitre des autres biens durables ont reculé de 0,3 % du fait, en partie, de la pénurie de certains véhicules de producteurs japonais qui semble avoir entraîné des retards dans les achats.

Par ailleurs, l'indicateur avancé des États-Unis a augmenté de 0,4 % pour le deuxième mois consécutif, la hausse des exportations et des investissements des entreprises ayant compensé le ralentissement des dépenses de consommation. En juin, le marché boursier de Toronto a affiché sa baisse la plus marquée depuis l'été dernier.

Production

Le PIB réel a baissé de 0,3 % en mai après une absence de variation en avril et un gain de 0,3 % en mars. Si la production a ralenti au printemps, c'est surtout par suite de perturbations de l'approvisionnement dans l'industrie de l'automobile en avril et dans le secteur de l'énergie en mai. La production pétrolière et gazière a régressé de 4,2 % en mai à cause d'incendies de forêt dans le nord de l'Alberta et de pauses prévues d'entretien dans les usines du secteur des sables bitumineux (les préavis pour ces pauses prévues peuvent être aussi courts que deux semaines). La production en exploration et mise en valeur du pétrole et du gaz a diminué de 11 % en grande partie à la suite d'inondations dans les provinces des Prairies. Les incendies et les intempéries ont également ralenti la construction d'ouvrages de génie après trois mois de croissance pour une moyenne de 1,5 %. Le recul de la production pétrolière a entraîné en aval une baisse du raffinage pétrolier. Collectivement, les pertes subies par ces industries s'occupant de pétrole et de gaz expliquent environ les trois quarts de la décroissance de la production en mai.

En dehors des mines, c'est dans la fabrication que la production a accusé sa pire baisse. Le raffinage pétrolier a prédominé à cet égard avec une diminution de 11 %. La production automobile a perdu 1 % après avoir régressé de 11 % en avril, mois où les effets d'une pénurie de pièces en provenance du Japon ont commencé à se faire sentir. Pour compenser ces pertes dans une large mesure, il y a eu des gains pour l'industrie chimique et celle des biens d'équipement. Dans ce dernier secteur, on a relevé des gains de taille tant pour les ordinateurs que pour les machines.

Les services ont marqué leur meilleure avance (0,2 %) en quatre mois. Le commerce de gros a mené le mouvement malgré des quantités moindres de biens en circulation dans l'économie et une absence de variation dans l'industrie des transports, et ce, avant même le lock-out à Postes Canada en juin. Le secteur de l'hébergement et de la restauration a offert son meilleur gain depuis le début de l'année. La production a augmenté dans le secteur public en grande partie à cause du recrutement de travailleurs du recensement. Pour effacer en partie ces hausses, il y a eu une légère baisse des ventes sur le marché immobilier et une absence relative de variation de la production dans les services aux entreprises.

Demande des ménages

En volume, les ventes au détail n'ont guère évolué en mai après avoir progressé de 0,4 % en avril. Les dépenses en biens durables ont été stationnaires, une nouvelle baisse pour les produits de l'industrie de l'automobile ayant contrebalancé une quatrième hausse consécutive pour les biens durables autres que les automobiles. Le recul observé dans l'industrie de l'automobile était le deuxième de suite en situation de bouleversement de la chaîne d'approvisionnement des modèles japonais, ce qui devait avoir pour conséquence un manque de véhicules à vendre chez les concessionnaires et une montée des prix. Quand la chaîne d'approvisionnement a commencé à se rétablir en juin, les prix ont chuté et les ventes de véhicules se sont redressées de 10 %. En dehors de l'industrie de l'automobile, la vigueur de la demande tenait avant tout aux produits électroniques et aux ordinateurs, les ventes de meubles et d'appareils ménagers accusant un ralentissement.

L'augmentation des prix a nui aux dépenses en biens semi-durables et non durables. Les prix des vêtements ont augmenté de plus de 1 % après les aubaines du mois précédent. La consommation de biens non durables a un peu baissé, car les prix des aliments et le prix de l'essence en particulier ont monté pendant le mois.

Les mises en chantier d'habitations ont continué à se remettre d'un début d'année plutôt lent. En juin, elles ont gagné 2 % pour se situer à un taux annuel de 197 400 logements, ce qui venait couronner une remontée de 12 % au deuxième trimestre. Les mises en chantier de logements unifamiliaux ont particulièrement été solides avec un gain de 11 % en juin qui devait les porter à leur plus haut niveau depuis juillet 2010. Toutefois, les ventes d'habitations neuves se sont affaissées en juin au moment où l'activité reprenait en construction, d'où une première augmentation mensuelle du nombre de logements neufs inoccupés depuis le début de l'année.

Commerce de marchandises

En mai, les exportations se sont redressées de 1,2 %, recouvrant le gros de la perte subie en avril. Les produits industriels ainsi que les machines et le matériel sont venus en tête de ce mouvement rétrograde en avril et cette remontée en mai. Les exportations d'automobiles ont légèrement progressé et en avril et en mai. Les métaux ont été les chefs de file parmi les produits industriels, notamment le cuivre et l'or. L'industrie instable de l'aérospatiale a fait monter les exportations de machines et de matériel. Il reste que, après avoir franchi la barre des 10 milliards de dollars en janvier pour une neuvième fois seulement dans l'histoire, les exportations énergétiques ont constamment régressé pour n'être plus que de 9,1 milliards de dollars en mai. Le pétrole brut a été le facteur premier dans cette décroissance, tombant d'un sommet de 6,4 milliards de dollars en janvier à 5,2 milliards de dollars en mai. La valeur record des exportations pétrolières en janvier est à mettre au compte d'une progression du tiers en volume depuis le milieu de 2008, puisque les prix étaient toujours de 21 % en deçà de leur sommet de juin 2008 (dans l'ensemble, les exportations énergétiques demeurent bien à court de leur valeur de culmination en 2008, en grande partie parce que les cours du gaz naturel ont diminué des deux tiers).

En mai, les importations se sont élevées de 1,1 %, demeurant donc proches du sommet atteint en mars dans le cycle en cours. Les automobiles ont dominé à cet égard après une interruption de l'approvisionnement japonais causée par le tsunami. Cette reprise s'est toutefois limitée aux véhicules, car les pièces en provenance du Japon étaient toujours rares, ce qui devait continuer à nuire à la production au Canada dans les usines appartenant à des intérêts japonais. Les importations de machines et de matériel ont continué à évoluer en hausse avec une cinquième progression en six mois qui était largement attribuable aux livraisons d'aéronefs. Les importations de produits industriels se sont accrues grâce à des apports de métaux précieux à affiner en sol canadien. La croissance générale des importations a été tempérée par un deuxième recul de suite des produits énergétiques.

Prix

Les prix à la consommation ont baissé de 0,4 % de mai à juin et leur taux d'accroissement d'une année à l'autre a fléchi à 3,1 %. Les prix de l'essence ont diminué de 3,7 % dans le mois après avoir mené au premier semestre dans la montée des prix. Les prix de base ont également régressé de 0,2 % avec, surtout, un fort recul des prix des véhicules. Au Canada, les prix des véhicules accusent une baisse de 3,1 % d'une année à l'autre, ce qui contraste vivement avec leur augmentation de 3,9 % aux États-Unis. Les prix ont aussi baissé en juin pour les vêtements.

Les prix des produits de base ont été en progression en juillet après deux mois de régression. L'énergie et les métaux ont mené le mouvement. Les prix du pétrole brut ont remonté pour approcher des 100 $ pour la catégorie West Texas Intermediate, mais l'écart entre celle-ci et la catégorie Brent a culminé à 20 $ en fin de mois. Cette divergence a fait que le prix du pétrole importé au Canada a constamment augmenté, alors que le prix du pétrole exporté par notre pays n'a guère évolué depuis le début de l'année. Les prix des métaux ont monté partout et le prix de l'or a dépassé la barre des 1 600 $ l'once pour la toute première fois, en partie à cause des inquiétudes au sujet de la solvabilité des États-Unis et de certains pays en Europe. Les cours agricoles étaient toujours en baisse parce qu'on s'attendait à de bonnes récoltes de blé et de maïs.

En juin, les prix industriels ont baissé de 0,3 %. Le pétrole raffiné et les métaux ont été les principaux responsables, alors qu'ils avaient poussé l'indice en hausse pendant le plus clair de 2011. Une légère contraction du taux de change a fait monter les prix d'un certain nombre de produits d'exportation, notamment des automobiles et du papier.

Marchés financiers

La bourse de Toronto a encore perdu 2,7 % en juillet, subissant une cinquième baisse mensuelle de suite qui devait la laisser à son niveau de novembre 2010. Les actions liées aux dépenses discrétionnaires de consommation ont le plus reculé, suivies des actions industrielles et financières. Les métallifères et les actions du secteur de l'énergie se sont stabilisées après avoir mené le mouvement baissier au printemps.

Graphique 1.4

Le dollar canadien a monté à 1,05 dollar américain et les cours obligataires à long terme ont été en décroissance à mesure que se poursuivaient les négociations sur le relèvement du plafond de la dette publique aux États-Unis, bien que ces développements aient pris une autre tangente au début d'août en raison des nouvelles inquiétudes concernant l'économie mondiale. Dans les cinq premiers mois de 2011, les non-résidents ont acheté des obligations canadiennes pour une valeur de 28,0 milliards de dollars après en avoir acheté pour une valeur de 84,6 milliards de dollars au cours de toute l'année 2010.

La demande de crédit des ménages et des entreprises a constamment augmenté. En juin, les entreprises ont de plus en plus recouru au crédit à court terme pour combler leurs besoins de financement en situation de ralentissement des émissions obligataires.

Économies régionales

L'économie ontarienne s'est généralement améliorée après de cuisantes pertes le mois précédent pour l'industrie de l'automobile et le secteur du logement. Les mises en chantier d'habitations se sont redressées de 30 % en juin, portant à 12 % leur progression au deuxième trimestre après un gain de 10 % au premier, ce qui est de loin la meilleure performance au pays. Les ventes au détail ont affiché une seconde hausse de 0,5 % en mai après un premier trimestre de faiblesse. Les ventes manufacturières se sont élevées de 0,4 %, recouvrant seulement une partie de leur perte de 1,8 % en avril, puisque les livraisons de l'industrie de l'automobile étaient toujours en contraction.

En revanche, la plupart des indicateurs économiques devaient marquer un ralentissement au Québec. Dans cette province, les mises en chantier d'habitations ont baissé de 4 % en juin, ce qui devait limiter à 5 % l'augmentation de cet indicateur au deuxième trimestre, la plus faible à l'échelle des grandes régions. Les ventes au détail ont légèrement monté de 0,1 % après être descendues de 0,8 % en avril et de 0,9 % au premier trimestre. C'était là les reculs les plus prononcés au Canada. Les ventes manufacturières ont fléchi d'environ 1 % un deuxième mois de suite, surtout à cause d'un recul de l'aérospatiale.

En Colombie-Britannique, l'économie a connu des ratés partout, ce qui implique une faiblesse persistante de la fabrication et une contraction de la demande des ménages. Les ventes manufacturières ont chuté de 4 % en mai après avoir décru de 0,8 % en avril, entraînées vers le bas par des pertes qui s'accentuent dans le cas des produits forestiers. Les mises en chantier d'habitations ont régressé de 28 %, mais les gains imposants d'avril et de mai laissent cet indicateur en hausse de 8 % pour le deuxième trimestre. Enfin, les ventes au détail se sont contractées de 0,7 % après trois gains mensuels consécutifs pour une moyenne de 1 %.

Économies internationales

Aux États-Unis, le PIB réel s'est accru de 0,4 % au deuxième trimestre après avoir présenté un gain de 0,1 % au premier (l'estimation provisoire était de 0,4 %), ce mouvement ayant été révisé à la baisse. Les dépenses de consommation ont piétiné. En effet, une pénurie de produits a nui aux ventes des concessionnaires automobiles et la montée des prix a obligé les gens à réduire leurs dépenses en aliments et en énergie. Les ventes d'automobiles ont pris du mieux en juillet, surtout grâce aux ventes de véhicules japonais, les stocks de ceux-ci se reconstituant graduellement. La relance était toujours à peine perceptible sur le marché de l'habitation. La croissance est plutôt venue des exportations et des dépenses des entreprises. Les investissements des entreprises se sont élevés de 1,5 % et les stocks ont également contribué à la croissance. Le déficit commercial a rétréci, car les exportations ont crû plus rapidement que les importations.

Graphique 1.5

La production industrielle a augmenté de 0,2 % en juin au rebours même des diminutions de 0,1 % des deux derniers mois après révision à la baisse. La production manufacturière a été inerte et la production automobile a diminué un troisième mois de suite, les producteurs ayant du mal à se remettre du bouleversement de l'approvisionnement en pièces en provenance du Japon. Il reste que les calendriers de production de l'industrie automobile sont en nette progression pour le troisième trimestre, le secteur étant aidé en cela par l'ouverture d'une nouvelle usine au Tennessee. Dans l'ensemble, la production industrielle a été stimulée par une constante progression de l'activité minière et une reprise de la demande de services publics à cause d'une vague de chaleur dans les États du sud.

En mai, le déficit commercial américain s'est alourdi à 50,2 milliards de dollars, atteignant son plus haut niveau depuis octobre 2008. Ce bond s'explique par une forte augmentation des importations, plus particulièrement de pétrole dans un double mouvement en valeur (prix) et en volume. Ajoutons que les importations d'automobiles en provenance du Japon ont entamé une lente reprise après avoir nettement régressé en avril. Parallèlement, les exportations ont faibli après plusieurs mois de ferme croissance.

En juin, les ventes au détail n'ont guère changé pour un troisième mois de suite. En valeur nominale, les ventes d'automobiles ont un peu monté malgré une diminution des ventes unitaires, ce qui s'explique par des prix en hausse. Les prix des automobiles ont crû de 1 %, ce qui devait aider à faire monter de 0,3 % l'IPC hors alimentation et énergie. Dans l'ensemble, les prix à la consommation ont baissé de 0,2 % en juin, les prix de l'essence ayant glissé de leurs récents sommets.

En juin, les mises en chantier d'habitations ont fait un bond de 15 %, dépassant le niveau annuel des 0,6 million de logements pour la deuxième fois seulement depuis un an. Les ventes d'habitations neuves se sont contractées de 2 %, annulant en partie leurs gains imposants d'avril et de mai. Toutefois, la demande a fléchi une troisième fois en quatre mois sur le marché de la revente, effaçant près de la moitié de ses gains du second semestre de 2010. Une note encourageante est que le prix médian sur ce même marché est en progression trimestrielle, ce qui n'était pas arrivé depuis les premiers mois de 2010.

Dans la zone euro, la production industrielle s'est accrue de 0,1 % en mai grâce surtout à l'énergie et aux biens d'équipement, puisque la demande de biens de consommation a décru après des mois de croissance soutenue. Les nouvelles commandes se sont élevées de 3,6 %. Elles ont été fermes dans tous les secteurs sauf dans celui des biens durables de consommation. L'activité a reculé dans le mois en construction, continuant comme ces derniers mois à évoluer en dents de scie, la demande refrénée pendant les rigueurs de l'hiver étant maintenant en baisse. Le commerce extérieur a encore battu son plein, plus particulièrement avec des économies émergentes comme celles de la Turquie, de la Russie, de la Chine, de l'Inde et du Brésil. Les dépenses des consommateurs ont rebondi de 0,9 % en juin, soit leur hausse la plus élevée jusqu'à maintenant cette année.

En Allemagne, la production industrielle s'est redressée de 1,2 % en mai après avoir fléchi de 0,5 % le mois précédent. Les nouvelles commandes se sont accrues un deuxième mois de suite, car la demande qui s'attache aux biens d'équipement est demeurée ferme. L'activité en construction s'est remise à croître après avoir fait une pause en avril. Les exportations ont également remonté de 4,3 % en mai et les importations se sont élevées de 3,7 %. Le volume des ventes au détail a rebondi de 6,3 % en juin, pour ainsi venir en tête de la reprise dans l'UE. L'inflation s'est maintenue constante à un taux annuel de 2,4 % en juin et le taux de chômage a fléchi à 6,1 % en juin comparativement à 7,1 % une année plus tôt.

En France, une production industrielle en reprise en mai a gagné 2 %, faisant plus que compenser des baisses mensuelles subies coup sur coup. Les nouvelles commandes ont suivi le mouvement, gagnant 2,3 % dans le mois. L'activité en construction a diminué une troisième fois en quatre mois, la demande restant tiède. Les importations ont encore devancé les exportations et la France s'est retrouvée en mai avec le deuxième déficit le plus lourd de la zone euro. Les consommateurs ont diminué leurs dépenses malgré une certaine amélioration sur le plan du chômage. Les prix ont un peu monté en juin après avoir été stationnaires pendant trois mois. Les consommateurs ont freiné leurs dépenses au deuxième trimestre, le chômage ayant oscillé autour de 9,7 %, tandis que les prix montaient en juin après avoir plafonné pendant trois mois.

En Grande-Bretagne, le PIB réel a crû de 0,2 % au deuxième trimestre, son mouvement ayant été amorti par le congé qui s'était ajouté à l'occasion du mariage princier et par le bouleversement des chaînes d'approvisionnement manufacturier causé par le tsunami au Japon. La production industrielle s'est élevée de 0,9 % en mai, recouvrant la moitié de sa perte du mois précédent. Les nouvelles commandes ont été vigoureuses après deux mois de faiblesse. Les ventes au detail ont crû de 0,8 % en juin, soit leur troisième augmentation en quatre mois. En juin, le taux annuel d'inflation a été de 4,2 %, en baisse par rapport à 4,5 % en mai.

Au Japon, l'économie a continué à se remettre du tremblement de terre et du tsunami de mars, affichant en juin un excédent commercial pour la première fois en trois mois. L'activité manufacturière s'est affermie, les usines déplaçant une partie de leur production vers les week-ends en raison de restrictions de l'alimentation en électricité qui ont été maintenues. Les dépenses de consommation ont été vives. Les ventes au détail ont progressé de 2,9 % en juin après avoir monté de 2,4 % en mai, les gens étant surtout en quête de produits économes d'énergie à cause de la pénurie d'électricité et de téléviseurs neufs avant la conversion de juillet du mode analogique au mode numérique.

En Chine, l'économie a crû de 9,5 % dans l'année se terminant au deuxième trimestre, donc un peu à court de son niveau de 9,7 % au premier trimestre. La production manufacturière s'est redressée et les ventes au détail ont connu une progression à deux chiffres, alors que les investissements des entreprises accusaient un retard, amortis par le resserrement du crédit. Le taux d'inflation a atteint en juin un sommet de 6,4 % en trois ans avec un taux de 14,4 % de renchérissement des aliments.

Suivant