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Section 1 : Conditions économiques actuelles

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Apercu 1 

La vive contraction de la demande qui s’opère depuis novembre a paru subir un ralentissement en février et mars et l’emploi s’est redressé en avril. En février, les exportations ont fini de piquer du nez, mettant fin à trois mois de reculs où les revenus avaient diminué de 25 %. Les ventes d’automobiles et d’habitations ont remonté vers la fin du premier trimestre. Les mises en chantier ont également repris en mars, mais ce mouvement s’est limité au sous-secteur des logements multifamiliaux dans les provinces centrales du pays. La production manufacturière s’est stabilisée en février, surtout grâce à l’industrie de l’automobile qui a poursuivi sa lente remontée en mars. Aux États-Unis, la production automobile ne s’est redressée qu’en mars. Il reste que, dans l’ensemble, la production industrielle a encore régressé dans ce pays, car l’affermissement des ventes a d’abord servi à comprimer les stocks à un rythme record au premier trimestre.

Une reprise partielle se remarquait dans un certain nombre de marchés financiers qui étaient en pleine tourmente depuis la mi-septembre. Les valeurs boursières sont redevenues haussières en mars et avril (des métaux en particulier), sous l’impulsion du renchérissement des produits de base. Au premier trimestre, le marché du papier commercial des sociétés non financières a regagné le tiers de sa perte cuisante des quatre derniers mois de 2008. Les émissions d’actions et d’obligations ont aussi augmenté dans ce trimestre.

On peut juger à de nombreuses mesures que la contraction actuelle a été plus accentuée aux États-Unis qu’au Canada. Au quatrième trimestre, le PIB réel a rétréci deux fois plus vite dans le premier de ces pays que dans le second et son taux de décroissance y a encore été de 1,6 % au premier trimestre de 2009. Aux États-Unis, 4,2 % des emplois ont disparu dans une suite ininterrompue de suppressions mensuelles depuis décembre 2007. Au Canada, l’emploi a diminué de 1,9 % depuis novembre 2008. Aux États-Unis, la production industrielle a fléchi de 15,7 % depuis novembre 2007, marquant ainsi son pire recul depuis la Seconde Guerre mondiale. Au Canada, cette même production a baissé de 9,6 % depuis novembre 2007.

Signalons également que la production industrielle s’est contractée moins vivement en Amérique du Nord que dans les pays d’outre-mer qui sont membres du Groupe des Sept. Au Japon, la production a décliné de 34 % en mars par rapport à l’année précédente, le marasme à l’exportation ayant coïncidé avec une forte valorisation de son taux de change. Dans la zone de l’euro, le fléchissement a été de 18 % en février, ce que l’on doit avant tout à l’Allemagne où la demande à l’exportation a aussi rétréci rapidement, plus particulièrement pour les automobiles et les biens d’équipement. Enfin, la Chine a devancé tous les autres pays avec une croissance de 8 % durant l’année écoulée jusqu’en mars.

Marché du travail

L’emploi a progressé de 0,2 % en avril pour la première fois en sept mois. Le rythme mensuel des pertes d’emplois s’est modéré, passant d’un sommet de 0,8 % en janvier à 0,4 % en mars. Après avoir évolué rapidement en hausse au premier trimestre, le taux de chômage s’est fixé à 8,0 %. La population active, qui avait crû pendant le plus clair de 2008, a culminé en octobre, après quoi elle a légèrement diminué jusqu’à mars en réaction à un appauvrissement des possibilités d’emploi, notamment en Alberta et en Colombie-Britannique. Elle a recommencé à croître en avril.

Graphique 1.2
Graphique 1.3

Tout le gain de l’emploi s’est présenté dans le sous-secteur du travail indépendant, puisque l’emploi n’a pas changé dans le sous-secteur de l’emploi rémunéré. Les services sont à l’origine du gros de cette progression. Mentionnons à cet égard les services aux entreprises, les services d’information et les services récréatifs. Dans les services de distribution de biens, l’emploi a un peu diminué, mais bien plus lentement qu’au premier trimestre. Il y a aussi eu un ralentissement marqué des pertes d’emplois en construction et dans les ressources naturelles, notamment dans l’Ouest canadien.

L’Alberta et la Colombie-Britannique ont mené pour la croissance de l’emploi. Dans la première de ces provinces, les services et la construction ont été les chefs de file et, en Colombie-Britannique, la fabrication et cette même construction. Ce sont ces provinces qui ont écarté le plus de travailleurs au premier trimestre. Le Québec a continué à mieux s’en tirer que les autres provinces. Avec un gain de 0,6 % en avril, l’emploi s’y situait presque à son niveau d’il y a un an. Il a poursuivi sa croissance dans les services aux entreprises, les services de santé et la fabrication. En Ontario, l’emploi s’est stabilisé après avoir largement régressé au premier trimestre, plus particulièrement dans le secteur de la fabrication.

Indicateurs avancés

La version lissée de l’indicateur composite avancé a diminué de 1,3 % en mars après avoir reculé de 1,4 % en février. La contraction dans le secteur de la fabrication s’est intensifiée à la suite des compressions généralisées dans l’industrie de l’automobile au début de la nouvelle année. La gravité de la baisse a été compensée par une atténuation de la chute du marché de l’habitation et des marchés boursiers.

Les trois indicateurs de la fabrication se sont rabattus de concert. La plus forte baisse a été une diminution record de 10,3 % des nouvelles commandes attribuable à la demande décroissante de véhicules automobiles. La baisse des livraisons a également fait reculer le ratio des livraisons aux stocks.

Les indicateurs financiers ont continué de s’améliorer. La masse monétaire est demeurée la seule composante qui a augmenté. Le marché boursier a poursuivi sa tendance à la baisse, reculant de 2,3 % après avoir enregistré cinq baisses consécutives représentant en moyenne près de 8 % par mois.

Le recul de l’indice du logement a également ralenti, passant de 7,7 % en février à 4,3 % en mars. Tant les mises en chantier que les ventes des maisons existantes ont augmenté, après s’être repliées pendant plusieurs mois. Les ventes d’autres biens durables ont également affiché un taux de recul beaucoup plus faible, soit de 0,6 %, la forte chute des ventes d’automobiles vers la fin de 2008 commençant à se stabiliser au début de la nouvelle année.

Production

Après trois mois de décroissance rapide, le PIB réel n’a guère varié en février (-0,1 %). La situation s’est le plus inversée en fabrication avec une petite hausse après trois grandes baisses. Cela devait aider à stabiliser les services de distribution de biens, aussi en net recul dans les trois derniers mois. L’industrie de la construction a continué à freiner le plus la production.

La stabilisation de la production manufacturière est dans une large mesure à mettre au compte de l’industrie de l’automobile, qui a recouvré environ le cinquième de ses pertes des sept derniers mois (qui se sont élevées à 58 %). Le taux de décroissance des industries des biens d’équipement a aussi fortement diminué. Comme les flux de fabrication n’étaient plus en décroissance rapide, l’activité s’est aussi stabilisée dans les transports et le commerce de gros.

Dans d’autres industries de biens, on a encore comprimé la production. Dans l’industrie de la construction, la perte a été de 2 %, la pire qu’ait connue tout grand groupe d’industries et qui est largement imputable au sous-secteur de la construction résidentielle. Dans les mines, la production régressait toujours lentement. On a relevé de nouveaux gains pour le pétrole et le gaz et, en contrepoids, de fortes baisses pour les métaux et la potasse.

La demande s’est stabilisée dans la plupart des services en février. Dans les services de consommation, il y a surtout eu de légères hausses; les ventes d’habitations ont augmenté une première fois en cinq mois. Dans les services aux entreprises, la production n’a guère bougé après plusieurs mois de recul. L’activité financière s’est également stabilisée. Enfin, la production a été stationnaire dans les services publics.

Demande des ménages

En volume, les ventes au détail se sont accrochées en février au gros de leur gain de 2 %, ne perdant que 0,4 %. On peut y voir une stabilisation de la demande après des diminutions rapides en novembre et décembre pour un total de près de 6 %. Cette stabilisation se remarquait d’emblée dans les ventes d’automobiles, qui se sont redressées de 10 % en janvier (en période de chute des prix) et avaient en gros ce rythme encore en février. Les unites vendues s’amélioraient toujours en mars pour ainsi regagner la moitié de ce qu’elles avaient perdu (18 %) en novembre et décembre.

Graphique 1.4

Hors industrie de l’automobile, les dépenses sont descendues de 0,2 % en février après une remontée de 0,5 % en janvier. L’industrie du vêtement a ajouté à sa hausse de janvier, mais les dépenses en meubles et en appareils ménagers ont diminué, alors que les dépenses en produits informatiques et électroniques entreprenaient l’année en faiblesse. Le renchérissement des aliments a amorti la consommation alimentaire.

Le marché de l’habitation s’est aussi ranimé un peu vers la fin de l’hiver. En mars, le marché de la revente a offert un deuxième gain consécutif (mais il faut aussi dire que, comme les ventes d’automobiles, les ventes de maisons le cèdent toujours de 14 % environ à leur valeur d’il y a un an). Les trois premières villes du pays ont dominé dans cette reprise des ventes. Par ailleurs, les mises en chantier d’habitations se sont élevées de 14 %, marquant leur première avance depuis août 2008, après quoi elles devaient être amputées du tiers. La progression s’est concentrée dans le sous-secteur des logements multifamiliaux dans les provinces centrales. Dans le sous-secteur des logements unifamiliaux, les mises en chantier sont restées discrètes, reflet de la lenteur persistante des ventes de maisons neuves et de l’abondance de logements inoccupés.

Commerce de marchandises

Après trois mois de décroissance rapide, et les exportations et les importations se sont redressées en février. Les premières ont regagné 5 % après avoir été en perte à plus du cinquième d’octobre à janvier; les secondes ont augmenté de 1 % seulement, ce qui devait laisser un léger excédent du bilan commercial après deux mois de déficit.

Les exportations ont progressé dans tous les secteurs. On relève les meilleurs résultats dans le secteur des machines et du matériel en général et dans l’industrie aéronautique en particulier. L’industrie de l’automobile a avancé le plus rapidement (taux de 20 %), mais après un recul de près de moitié l’année précédente (sa part des exportations était alors tombée sous les 10 %). Dans le secteur des produits industriels, les métaux ont été à l’origine de tout le gain constaté, tandis que, dans le secteur de l’énergie, le pétrole figurait comme chef de file dans un contexte de chute des exportations de gaz naturel.

À l’importation, les moteurs ont été le secteur des machines et du matériel et l’industrie de l’automobile. Dans le premier cas, une hausse de 4 % faisait suite à une baisse de 10 % dans les deux derniers mois et, dans le second, un gain du même ordre succédait à des pertes bien plus lourdes. Dans l’industrie de l’automobile, les pièces de rechange ont prédominé, car on a voulu réduire les stocks en situation de hausse des ventes de véhicules au Canada. Pour faire largement pendant à ces augmentations, il y a eu une diminution des importations de pétrole brut.

Prix

De février à mars, les prix à la consommation ont descendu de 0,3 %, effaçant en majeure partie le gain de 0,4 % du mois précédent. C’est ainsi que, d’une année à l’autre, le taux d’inflation est tombé à 1,2 %.

Graphique 1.5

Les automobiles ont mené le mouvement de décroissance, les entreprises du secteur rabattant nettement leurs prix une deuxième fois en trois mois pour stimuler la demande. Les prix du chauffage domestique ont également diminué.

Les aliments sont demeurés la grande source de pressions à la hausse sur les prix. Dans leur renchérissement de 7,9 % de la dernière année, il y a surtout eu une croissance à deux chiffres des prix des fruits et des légumes, dont le fort contenu importé a subi l’influence d’une large dévalorisation du dollar vers la fin de 2008.

Les cours des produits de base ont diminué en avril après avoir un peu repris en mars. Les cours énergétiques ont mené le mouvement, notamment le prix du gaz naturel qui a glissé sous la barre des 4 $ le million de BTU en raison de la faiblesse de la demande dans l’industrie et de la clémence des conditions hivernales aux États-Unis. Les prix des métaux et des aliments ont continué à se redresser lentement avec le prix du cuivre en tête (celui-ci s’est élevé du tiers depuis le début de l’année).

Les prix dans l’industrie se sont accrus de 0,3 % en mars après l’avoir fait de 0,5 % en février. C’est là une légère remontée après une descente de 6 % dans les cinq derniers mois. Pour aider, il y a eu le redressement des prix des métaux de première transformation et la baisse du taux de change.

Marchés financiers

La bourse de Toronto a gagné 7 % en avril comme dans sa reprise de mars. Cette progression était étalée, mais les métallifères ont été le chef de file une fois de plus, avançant de plus du tiers dans l’un et l’autre de ces mois.

On a abaissé le taux d’escompte d’un autre quart de point et celui-ci n’était plus que de 0,25 % en avril. Malgré la faiblesse record des taux d’intérêt, les investisseurs ont continué à privilégier le marché monétaire (en hausse de 11 % d’octobre 2008 à mars 2009) par rapport au reste.

Le crédit aux ménages a crû de 0,6 % en février et le crédit à la consommation a augmenté plus rapidement que le crédit hypothécaire. En revanche, le crédit à court terme aux entreprises a diminué un troisième mois de suite en mars, les entreprises se tournant vers les obligations et les actions pour mobiliser des fonds. Le papier commercial émis par les sociétés non financières s’est élevé de 1,6 milliard de dollars les trois premiers mois de 2009, effaçant ainsi un peu de la perte de 4,4 milliards essuyée dans les quatre derniers mois de 2008.

Économies régionales

La demande des ménages s’est affermie dans les provinces centrales du pays. Les mises en chantier d’habitations et les ventes au détail ont été en hausse tant en Ontario qu’au Québec. Par ailleurs, les mises en chantier étaient encore en proie au marasme sur le marché résidentiel dans tout l’Ouest canadien et les ventes au détail y ont réévolué en baisse.

L’Ontario a dominé pour la reprise des mises en chantier avec une augmentation de 34 % en mars. Le logement en copropriété a été le plus en progression, ce qui devait laisser dans l’ensemble les mises en chantier à court de près du tiers de leur sommet d’août 2008. Les ventes au détail ont ajouté 1 % à leurs 4 % de gain en janvier, recouvrant ainsi environ la moitié de leurs pertes des derniers mois de 2008. Les livraisons manufacturières se sont élevées de 7 % après six diminutions consécutives dans un mouvement soutenu par des livraisons d’automobiles en reprise.

La croissance a été plus lente au Québec qu’en Ontario. Sur le marché québécois de l’habitation, les mises en chantier se sont accrues de 23 %, mais elles sont plus proches de leurs maxima de 2008 que dans l’autre région. Les ventes au détail ont progressé de 1,1 % après s’être stabilisées en janvier. Les ventes manufacturières se sont ressenties d’un fléchissement des livraisons dans le secteur de l’aérospatiale.

Dans le secteur résidentiel, les mises en chantier ont été de moins de 10 000 logements (aux taux annuels) en Alberta comme en Colombie-Britannique et elles se situaient à un niveau inférieur de 80 % à leur valeur de culmination en 2008. Dans les Prairies et en Colombie-Britannique, les ventes au détail se sont contractées de 1 % après s’être légèrement redressées en janvier. Dans cette dernière province, les ventes manufacturières ont fléchi de 2,5 % – c’était là une quatrième baisse consécutive – à la suite de pertes persistantes pour les produits forestiers. En Alberta et en Colombie-Britannique, elles sont en baisse de 18 % depuis septembre 2008 et égalent en décroissance celles de l’Ontario au tableau national.

Économies internationales

Aux États-Unis, le PIB réel a diminué de 1,6 % au premier trimestre, autant qu’au quatrième trimestre de 2008. Les dépenses de consommation ont réévolué en hausse après deux diminutions de suite, mais le secteur de l’habitation a continué à se contracter rapidement. Fait plus important encore, les investissements des entreprises ont perdu près de 10 %, le plus dans un trimestre depuis 1947, et les stocks ont aussi marqué leur pire recul jamais constaté. La chute des dépenses intérieures a enfoncé les importations plus précipitamment que les exportations.

Le marché de l’habitation paraissait devoir toucher le fond à la fin du premier trimestre. Les ventes d’habitations neuves et de maisons existantes ont fléchi en mars, mais sans atteindre leurs minima de janvier. En février, les gains ont été gonflés par un temps singulièrement clément (ce dont témoignait éloquemment un bond de 62 % des mises en chantier de logements multifamiliaux). Les pressions s’exerçant à la baisse sur les prix des maisons se sont aussi un peu modérées. Les demandes de prêts hypothécaires ont connu une hausse marquée après que les taux sont tombés sous les 5 %.

En mars, les ventes au détail ont diminué de 1 % après des augmentations consécutives en début d’année. Dans l’industrie de l’automobile, les ventes unitaires ont légèrement monté, mais pour perdre en valeur avec la multiplication des remises de prix consenties. Dans les magasins de produits électroniques, les dépenses de consommation ont chuté; au début de 2009, des ventes de liquidation ont amplifié la demande.

La production industrielle a encore baissé de 1,5 % et, d’une année à l’autre, son taux de décroissance représente un record (12,8 %) depuis la Seconde Guerre mondiale. Le secteur des biens de consommation a profité d’une légère reprise de la production automobile, mais la construction et les biens d’équipement ont continué à se contracter vivement. Le taux d’utilisation des capacités a été de moins de 70 % pour la première fois depuis 1966. Toutefois, le ratio stocks-livraisons de biens durables a cessé de monter en mars et les nouvelles commandes de biens d’équipement ont présenté un deuxième gain consécutif.

La forte baisse de 24 % des exportations depuis août 2008 a pris fin avec une hausse de 1,6 % en février. Les biens de consommation, les automobiles et les aliments ont reculé à l’exportation. De leur côté, les importations ont continué à décroître rapidement (-5 %); depuis juillet 2008, elles ont régressé de 34 % dans l’ensemble. Le déficit commercial a beaucoup rétréci un septième mois de suite.

Dans la zone de l’euro, l’économie a encore fléchi en février. La production industrielle a décru de 2,3 % pour une sixième baisse mensuelle d’affilée. La production s’est contractée dans tous les secteurs, plus particulièrement dans celui des biens durables de consommation. La demande est restée faible chez les consommateurs et les entreprises ont continué à éliminer des emplois, ce qui devait faire monter le taux de chômage à 8,9 % en mars. Pour stimuler la demande d’automobiles, un grand nombre de gouvernements ont commencé à encourager l’échange de véhicules anciens contre de nouveaux moins polluants. En mars, le taux d’inflation est tombé à 0,6 %. C’est la moitié seulement de ce qu’il était le mois précédent (1,2 %) avec des diminutions de prix tant pour les automobiles que pour les carburants.

En Allemagne, la production industrielle était en baisse de 3,2 % en février et de 21 % depuis un an, amortie par la faiblesse de la demande à l’exportation. Les nouvelles commandes ont encore décru; la perte est de 39 % depuis l’an dernier. Bien que l’Allemagne ait présenté en mars à 0,4 % un des taux d’inflation les plus faibles du continent européen, la demande de consommation y était toujours stagnante dans un contexte de multiplication des pertes d’emplois. Dans ce pays, le taux de chômage s’est élevé à 7,6 % en mars.

En France, la production industrielle était toujours en décroissance en février, mais plus lentement. La production a diminué de 0,5 %; c’est là un sixième recul de suite. Les nouvelles commandes se sont redressées, mettant fin à un marasme de cinq mois, car la demande de biens d’équipement s’est affermie. Les exportations ont encore été languissantes. Le déficit commercial de la France a été le deuxième en importance dans la zone de l’euro. Malgré des encouragements gouvernementaux à l’achat d’automobiles, les ventes au détail ont chuté en février après une reprise en début d’année. Le taux d’inflation a faibli à 0,7 % en mars et le taux de chômage a atteint les 8,8 %.

En Grande-Bretagne, l’économie s’est encore contractée et le PIB réel a fléchi de 1,9 % au premier trimestre. La baisse des cours pétroliers dans le monde a amorti les exportations malgré la diminution du taux de change. La demande intérieure a été marquée par une perte de confiance des consommateurs et des entrepreneurs. En volume, les ventes au détail ont décru de 1,7 % en février à la suite de généreuses remises de prix qui avaient stimulé la demande en début d’année. Pour aiguillonner la demande et le crédit, la Banque d’Angleterre a encore abaissé ses taux en mars.

Le Japon a présenté son premier déficit commercial annuel en près de trois décennies pour la période de janvier à mars. Le facteur qui a joué est l’important renchérissement des produits de base plus tôt dans l’année. Après 10 baisses mensuelles consécutives, les exportations ont été en hausse de 2,2 % en mars, ce qui a amené un léger regain de confiance chez les gens d’affaires, mais un certain nombre de fabricants se sont mis à délocaliser leur production pour faire des économies. Le résultat en partie est un taux de chômage qui, en février, a atteint son plus haut niveau (4,4 %) en trois ans.

En Chine, le taux de croissance du PIB a été de 6,1 % dans l’année se terminant au premier trimestre de 2009, surtout à cause de la demande des ménages. La demande de consommation a remonté, aidée en cela par la faiblesse des taux hypothécaires et des allégements fiscaux sur les automobiles qui, en mars, ont augmenté les ventes de 5 % et les ont portées à un niveau record de 1,11 million d’unités.

À Singapour, l’économie s’est contractée de 11,5 % au premier trimestre par rapport à sa valeur d’il y a un an et les exportations ont subi une 11e baisse mensuelle consécutive. La décroissance de la demande, plus particulièrement dans le cas des produits électroniques, pharmaceutiques et chimiques, a mené à de larges réductions d’activité dans le secteur de la fabrication.

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