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Section 1 : Conditions économiques actuelles

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Vue d’ensemble 1 

L’économie a continué de se contracter rapidement pour un troisième mois d’affilée en janvier, sous l’effet de vastes fermetures dans le secteur de l’automobile. Les exportations se sont repliées d’un pourcentage record de 25 % pendant cette période de trois mois, une mesure de la vitesse et de la gravité des répercussions de la récession mondiale sur le Canada.

La faiblesse des cours des marchandises qui l’a accompagnée a eu un effet immédiat sur le marché de l’habitation en Alberta et en Colombie-Britannique, à mesure que les emplois et les revenus ont perdu du terrain. En février, les mises en chantier d’habitations dans ces deux provinces étaient trois quarts plus bas que leur sommet du début de 2008. De plus, l’industrie manufacturière a affiché de vives baisses dans la production et dans l’emploi, surtout dans le secteur de l’automobile en Ontario.

Il y a eu des signes hésitants d’une atténuation de la forte contraction de l’économie dans la nouvelle année. Malgré les coupes plus profondes de la production automobile en janvier, la baisse du PIB total a été tempérée par une hausse des services non liés aux manipulations de biens. Cette situation provient d’une progression des ventes au détail, alors que la diminution marquée dans les ventes d’automobiles à la fin de 2008 a commencé à ralentir au premier trimestre. Les ventes de maisons existantes en février ont affiché leur première hausse depuis septembre. Globalement, les marchés boursiers ont aussi marqué une reprise en mars, et les prix des produits de base se sont raffermis.

Ces indices d’un taux moins rapide de diminution de l’économie se sont reflétés dans l’emploi. Après avoir connu une diminution de 0,8 % en janvier à cause des fabricants d’automobiles et d’autres manufacturiers, les pertes d’emploi ont légèrement diminué pour s’établir à 0,5 % en février et à 0,4 % en mars. Cela fait contraste avec les États-Unis où les emplois ont continué de disparaître à un taux de 0,5 % au cours de chacun des trois premiers mois de l’année.

L’origine des pertes d’emploi a aussi été différente au Canada et aux États-Unis. Au Canada, le secteur de la fabrication et de la construction ont représenté la plus grande partie (83 %) de la baisse de l’emploi depuis décembre, contre environ la moitié (54 %) aux États-Unis. Cette situation traduit la façon dont la récession aux États-Unis influe sur beaucoup de branches d’activité, au-delà des secteurs habituellement sensibles aux cycles de l’économie, comme la fabrication et la construction.

Les États-Unis ont aussi enregistré de modestes mais non moins perceptibles augmentations des ventes d’automobiles et d’habitations en mars, alors que les nouvelles commandes de biens durables progressaient pour la première fois en sept mois. Néanmoins, une période d’attente sera nécessaire avant que l’on remarque une reprise de la production causée par la progression des ventes (jusqu’à ce que le stock des biens non écoulés soit réduit), surtout dans le cas des automobiles et des logements.

Marchés du travail

L’emploi a chuté de 0,4 % en mars, un taux de diminution légèrement moins rapide que celui plus tôt dans l’année. La diminution a été concentrée dans les postes à plein temps, surtout dans le secteur privé. Une légère chute de la population active a contribué à limiter l’augmentation du taux de chômage à 0,3 point, qui s’est élevé à 8,0 %, après s’être accrû de plus de un point complet au cours des deux premiers mois de l’année.

Les pertes d’emploi ont en grande partie été confinées aux secteurs de la construction et de la fabrication, qui ont figuré pour 52 000 des 61 000 pertes d’emploi totales. Les ressources naturelles ont également poursuivi leur repli rapide, surtout dans l’Ouest canadien. Les services sont demeurés stables, les baisses dans les finances et l’immobilier ayant neutralisé les gains observés dans les services aux entreprises.

La Colombie-Britannique, l’Alberta et l’Ontario ont continué de soutenir tout le poids des pertes d’emploi. La construction est intervenue pour la plus grande partie de la diminution en Alberta et en Colombie-Britannique, traduisant le repli dans les mises en chantier d’habitations dans ces provinces. L’Ontario a été entravé par d’autres diminutions dans son secteur manufacturier, de même que dans les finances. La construction est demeurée une source de croissance à la fois en Ontario et au Québec, même si les mises en chantier d’habitations ont amorcé un ralentissement dans ces deux provinces au cours de la nouvelle année. L’emploi dans les usines au Québec est demeuré stable au cours de la dernière année, aidant à faire descendre son taux de chômage sous celui de l’Ontario. Malgré un repli en mars, la Saskatchewan a enregistré, au cours de la dernière année, une croissance de l’emploi de 2,3 % qui a été supérieure à celle de toutes les autres provinces.

Indicateurs avancés

En février, l’indice avancé composite a fléchi de 1,1 % après s’être replié de 0,9 % en janvier. Neuf des dix composantes ont diminué. Le logement et les marchés boursiers ont continué d’afficher les reculs les plus importants en février, tandis que les pertes en fabrication se sont accentuées en raison des nombreuses fermetures d’usines dans l’industrie de l’automobile en fin d’année.

Les trois indicateurs de la fabrication ont baissé de concert. Les nouvelles commandes ont diminué de 4,8 %, alors que la faiblesse dans le secteur de l’automobile s’intensifiait pour se propager à d'autres industries comme celle du fer et de l’acier. Les stocks ont décru pour un septième mois consécutif, mais pas aussi rapidement que les ventes, ce qui a fait diminuer le ratio des livraisons aux stocks.

Le secteur de l’automobile a aussi été durement touché par la diminution des dépenses des ménages. Les ventes de biens durables ont baissé de 1,4 %, en grande partie en raison d’une chute marquée des ventes d’automobiles à la fin de 2008. L’indice du logement a reculé de 8 %, soit la baisse la plus prononcée de toutes les composantes, tandis que la reprise des ventes de maisons n’a pas été suffisante pour compenser la baisse du nombre de mises en chantier en février.

L’offre de monnaie est la seule composante qui a augmenté. La stimulation par la politique monétaire a également été un facteur important ayant freiné le recul de l’indicateur avancé aux États-Unis.

Production

Le PIB réel a perdu 0,7 %, sa troisième importante diminution d’affilée. Même si les coupes survenues dans le secteur de l’automobile se sont intensifiées énormément, le taux global de diminution a ralenti par rapport au niveau de 1,0 % de décembre. Cette situation est attribuable à une reprise des services non liés à la manutention de biens, de même qu’à une plus forte production d’énergie.

Seulement 33 % des industries ont haussé leur production au cours des trois derniers mois, ces derniers étant les plus faibles depuis le creux de la récession de 1990-1991 (en se référant au PIB en dollars constants de 2002). Un graphique de l’indice de diffusion illustre la vitesse et la force avec lesquelles le marasme s’est fait ressentir au Canada en 2008. En moyenne, plus de la moitié des entreprises ont augmenté leur production au cours de l’année jusqu’en septembre et en octobre, avant de s’effondrer au cours des trois mois suivants.

Les secteurs de la fabrication et de la construction sont demeurés l’épicentre de la baisse de production, les deux enregistrant une contraction de 3 % pour le deuxième mois d’affilée. Plus de la moitié de la diminution de production des usines en janvier a été directement imputable à une baisse de 38 % sur les chaînes de montage d’automobiles. Il s’agissait de la septième diminution d’affilée pour le secteur de l’automobile, pour une baisse globale de 57 %. Toutefois, les chaînes de montage d’automobiles ont connu un regain en février, le nombre d’unités assemblées ayant augmenté de plus d’un quart. Les autres fabricants ont affiché des pertes notables, notamment le bois et le papier, et la plupart des biens d’équipement, surtout les machines de construction et d’extraction minière. La construction a été entravée par une accélération des pertes survenues dans la construction d’habitations et par les coupes observées à la fois dans les travaux de génie et les immeubles non résidentiels.

Graphique 1.3

Le secteur minier a connu en même temps des gains dans le pétrole et le gaz, mais des diminutions ailleurs. La production pétrolière et gazière a augmenté pour la troisième fois en quatre mois, malgré le récent glissement des prix. Les mines métalliques ont aussi connu une hausse à cause de l’or, où les prix ont oscillé près des niveaux records. Tous ces gains ont été neutralisés par des diminutions dans les mines non métalliques et par une baisse de l’exploration pétrolière et gazière.

La diminution de la production de biens s’est traduite par une baisse de la demande des services de transport et de commerce des biens. Si l’on exclut les transports et le commerce de gros, la production des services en dollars constants a marqué un gain de 0,2 %, sous l’impulsion d’une reprise du commerce de détail, suivi de près par les arts et les loisirs (où le jeu a connu une remontée après quatre diminutions de suite). Le secteur de l’information et de la culture a aussi enregistré une augmentation, alors que les services aux entreprises se sont stabilisés après avoir diminué à la fin de 2008. Les services publics ont ralenti à la suite d’une baisse dans les soins de santé, tandis que le repli dans les ventes d’habitations a continué d’influer négativement sur l’immobilier.

Demande des ménages

En volume, les ventes au détail ont progressé de 1,8 % en janvier, récupérant environ le tiers des pertes subies en novembre et en décembre. La plus grande partie de cette reprise s’est produite dans le secteur de l’automobile où les ventes se sont stabilisées au début de la nouvelle année après avoir connu de vives diminutions à la fin de 2008.

Les ventes de produits hors automobile ont légèrement augmenté, surtout en ce qui concerne les ordinateurs. Cependant, les dépenses ont continué de fléchir pour les autres biens électroniques ainsi que pour les meubles et les appareils ménagers, traduisant par là la faiblesse continue du marché de l’habitation.

Les mises en chantier d’habitations en février ont régressé de 12 % pour le deuxième mois d’affilée, s’établissant à 134 700 unités (en taux annuels), leur plus bas niveau en 9 ans. Les mises en chantier d’habitations unifamiliales et multifamiliales ont chuté de près du tiers depuis le début de l’année. Malgré ces fortes coupes dans la construction neuve, le nombre de logements neufs non vendus a continué de monter, ce qui a eu pour effet d’intensifier le ralentissement du prix des maisons neuves, en baisse de 0,8 % pour l’année terminée en janvier. Le marché des logements existants a fait mieux, progressant de près de 9 % en février après que les fortes diminutions en octobre et en novembre aient été suivies par des replis beaucoup moins importants en décembre et janvier.

Graphique 1.4

Commerce de marchandises

Le commerce transfrontalier a poursuivi sa contraction rapide en janvier. Les exportations se sont repliées de 9 %, pour une baisse totale de 28 % depuis le sommet observé en juillet 2008. Les importations ont chuté de 7,9 %, leur diminution depuis octobre 2008 s’établissant à 16 %. La contraction importante survenue dans le secteur de l’automobile a dominé les diminutions mensuelles en janvier. La balance commerciale du Canada a accusé un déficit pour le deuxième mois d’affilée.

Les exportations d’automobiles ont diminué du tiers, intervenant ainsi pour près de la moitié dans la baisse globale des exportations, leur sixième recul d’affilée. Depuis novembre 2007, les exportations d’automobiles ont reculé de 52 % sous l’effet d’une érosion constante des ventes aux États-Unis. Les produits forestiers ont aussi accusé une diminution à deux chiffres en janvier, sous l’effet d’une diminution observée dans le bois de construction. Les minerais métalliques et les alliages ont connu un ralentissement sous l’effet de la faiblesse des prix. Les produits agricoles ont été le seul secteur où les exportations ont augmenté, traduisant la hausse des livraisons de blé.

La chute de 23 % dans le secteur de l’automobile a aussi dominé la diminution globale des importations. Les importations de véhicules assemblés et de pièces ont vivement chuté dans les deux cas. La faiblesse de la demande de téléviseurs à écran plat chez les consommateurs a aussi contribué au repli de 9 % dans les machines et le matériel. La baisse généralisée de la production industrielle a donné lieu à une perte de 9 % des importations des biens industriels.

Prix

Les prix à la consommation ont augmenté de 0,4 % en février, leur première hausse mensuelle en cinq mois, sous l’effet d’un renversement partiel de la baisse des prix de l’essence. Par conséquent, l’augmentation d’une année à l’autre de l’IPC est passée de 1,1 % à 1,4 %. Les prix des aliments ont aussi poursuivi leur progression constante.

Si l’on exclut les aliments et l’énergie, les prix ont quand même progressé de 0,3 %. Les importants rabais accordés dans le secteur de l’automobile en janvier ont en partie été renversés en février. Les prix ont aussi monté pour les autres biens durables, surtout les meubles et les appareils ménagers, les appareils photos et quelques autres produits électroniques. La plupart des autres biens n’ont à peu près pas connu de changement. Les logements ont continué d’exercer le plus d’effet d’entraînement sur les services, traduisant en grande partie le fait que, pour les propriétaires ayant une hypothèque sur cinq ans, le prix des logements est plus élevé qu’il y a cinq ans.

Les prix des produits de base ont augmenté en mars. La reprise a été amorcée par le secteur de l’énergie, la faiblesse continue des prix du gaz naturel ayant été neutralisée par le prix du pétrole brut qui franchissait 50 $US le baril. Les prix des aliments ont poursuivi leur remontée en 2009. Les métaux ont aussi marqué une hausse après un long marasme, les prix du cuivre augmentant de presque un quart jusqu’ici dans l’année. Les prix des produits forestiers sont demeurés faibles.

Les prix industriels ont aussi progressé de 0,4 % en février, leur premier gain depuis le marasme mondial du secteur manufacturier au début de l’automne dernier. La plus grande partie de l’augmentation traduisait la chute du dollar canadien et la stabilisation du prix des produits de base (surtout les métaux et le pétrole).

Marchés financiers

La bourse a progressé de 7,3 % en mars, sa première augmentation mensuelle suite à un recul de 41 % ayant débuté en août dernier. Les métaux ont pris la tête, augmentant de plus du tiers, suivis par l’énergie et les actions du secteur des finances. Les actions bancaires ont dominé la reprise sur les marchés aux États-Unis, même si la reprise n’a pas été aussi importante qu’au Canada.

Le taux d’escompte a perdu un autre demi-point en mars pour s’établir à moins de 1 %. Le taux privilégié et le taux hypothécaire ont fait de même. Les taux d’intérêt à long terme ont peu varié, alors que le dollar canadien continuait d’osciller autour de 80 cents US.

Les agrégats monétaires ont poursuivi leur expansion constante, M2 croissant de 0,9 % en février. Le crédit des ménages a connu une hausse de 0,7 % en janvier, sous l’impulsion de la reprise des ventes d’automobiles qui ont fait progresser la demande de crédit à la consommation. Le crédit des entreprises à court terme a diminué pour un deuxième mois d’affilée en février, mais le crédit total des entreprises a poursuivi sa croissance sous l’effet d’une augmentation des émissions d’actions et d’obligations.

Économies régionales

L’industrie manufacturière de l’Ontario a assisté une nouvelle fois à un recul à deux chiffres de ses ventes en janvier. La diminution de 11 % a été presque entièrement attribuable aux fermetures dans le secteur de l’automobile. Le secteur de la construction avait en partie neutralisé les pertes du secteur manufacturier en 2008, mais les mises en chantier d’habitations ont régressé de 14 % au cours des deux premiers mois de l’année et ne se situaient qu’à la moitié du niveau de l’été dernier. Facteur plus reluisant, les ventes au détail ont connu un regain de 3 % après avoir enregistré une baisse de 5 % au quatrième trimestre.

L’habitation a aussi poursuivi son fléchissement au Québec, les mises en chantier régressant de 20 % sur les traces d’un repli de 13 % en janvier. Les mises en chantier ont diminué d’environ le quart par rapport à leur moyenne en 2008. Les ventes du secteur manufacturier au Québec se sont stabilisées en janvier, ce qui explique en grande partie pourquoi son taux de chômage est moins élevé que celui de l’Ontario jusqu’ici en 2009 pour la première fois depuis 1976. Même à cela, la croissance de 0,3 % des ventes au détail en janvier a été la plus faible au Canada.

Dans le secteur de la fabrication, les ventes se sont également stabilisées dans les provinces des Prairies, puisque la forte diminution des prix du pétrole au quatrième trimestre s’est stabilisée. Toutefois, les mises en chantier d’habitations ont continué de chuter rapidement, perdant 20 % après une baisse de 30 % en janvier, et elles se situaient au quart de leur plafond enregistré en mars 2008. Les ventes au détail ont repris lentement, progressant de 1,4 %.

En Colombie-Britannique, l’habitation a poursuivi sa baisse rapide, les mises en chantier régressant de 12 % pour atteindre un recul total de 75 % au cours de l’année écoulée. À 12 100 unités, les mises en chantier ne sont que légèrement plus élevées que celles de la région de l’Atlantique (elles étaient quatre fois plus élevées en 2007). Les ventes du secteur manufacturier ont perdu 3 %, leur troisième diminution d’affilée sous l’effet du marasme continu dans le secteur des produits forestiers. Les ventes au détail ont connu un gain de 3 %, après avoir enregistré la plus importante baisse au Canada au quatrième trimestre.

Économies internationales

Aux États-Unis, le marché de l’habitation a commencé à montrer des signes de dégel en février. Les ventes de maisons neuves ont progressé de 5 % après avoir enregistré six diminutions consécutives qui totalisaient 36 %. Les ventes de maisons existantes ont atteint le même pourcentage d’augmentation, leur deuxième hausse en trois mois, lorsque les acheteurs ont profité de la faiblesse des prix et des taux hypothécaires. Les mises en chantier d’habitations ont progressé de 22 %, mais la plus grande partie de cette hausse semble traduire un temps anormalement chaud, et les permis ont enregistré une augmentation de seulement 3 %.

En février, les ventes au détail n’ont à peu près pas perdu le gain de 1 % affiché en janvier. Les ventes d’automobiles ont diminué, mais ont été neutralisées par les fortes augmentations dans le secteur du vêtement et de l’électronique pour le deuxième mois d’affilée. Les ventes d’automobiles ont repris en mars, les consommateurs semblant reprendre confiance, mais très faiblement.

La production industrielle a chuté de 1,4 % en février à cause d’une diminution de 8 % de la demande des services publics attribuable à la hausse des températures. La production manufacturière a ralenti après avoir connu trois diminutions d’affilée, passant de plus de 2 % à juste 0,7 %. Les chaînes de montage d’automobiles ont enregistré une augmentation de 10 % après avoir connu une perte de 41 % en janvier à cause d’un grand nombre de fermetures d’usines. La production non automobile a régressé de 1,2 % après avoir enregistré des pertes moyennes de 2 % au cours des trois mois précédents. Le plus encourageant a été le gain de 3,4 % dans les commandes de biens durables, le premier en sept mois. Les biens d’équipement ont pris la tête de cette reprise. De plus, les stocks de biens durables ont régressé pour le deuxième mois d’affilée. Le déficit du compte courant a reculé pour atteindre son plus bas niveau en cinq ans (133 milliards de dollars) au quatrième trimestre. Le déficit commercial mensuel a poursuivi son fléchissement en janvier. La faiblesse des prix du pétrole et la diminution des importations d’automobiles ont été à l’origine de ces diminutions.

Les salaires ont continué de se replier à un taux mensuel de 0,5 % en mars, pour une baisse totale de 3,7 % depuis le début de 2008. Le taux de chômage a augmenté à son plus haut niveau en 26 ans (8,5 %), alors qu’il était à 6,2 % en septembre 2008. Qui plus est, le nombre de travailleurs involontaires à temps partiel a augmenté de 423 000 pour se chiffrer à 9,0 millions (ou 5,8 % de la population active).

Dans la zone de l’euro, l’économie a poursuivi sa contraction au cours de la nouvelle année. La production industrielle a perdu 3,5 % en janvier, la plus importante de cinq diminutions consécutives. La production a fléchi dans tous les secteurs, la principale diminution étant survenue dans les biens d’équipement. Les nouvelles commandes ont aussi régressé, mais à un rythme moins rapide que dans les mois précédents. La construction a connu une légère reprise, sans doute attribuable à une détente des marchés du crédit. Le déficit commercial extérieur a pris de l’ampleur après que la hausse du déficit au titre de l’énergie eut plus que neutralisé l’augmentation dans les machines et l’automobile. Les exportations aux États-Unis et au Japon se sont resserrées en 2008 dans l’ensemble, mais elles ont vivement augmenté vers le Brésil et la Russie. Les dépenses de consommation ont inversé un marasme de trois mois en janvier, principalement sous l’effet des aliments et boissons. L’inflation a légèrement progressé pour s’établir à 1,2 % en février, sous l’impulsion de la hausse des prix des vêtements et des transports. Le taux de chômage a augmenté, étant passé de 8,3 % en janvier à 8,5 %, alors qu’il se situait à 7,2 % il y a un an.

L’économie de l’Allemagne a encore diminué, la production industrielle ayant fléchi de 7,5 % en janvier par rapport au mois précédent, la cinquième diminution accélératrice d’affilée. Les nouvelles commandes ont chuté à un rythme semblable et étaient inférieures de presque 38 % à leur niveau d’il y a un an, les commandes d’outremer ayant perdu 43 %. La dépendance de l’Allemagne à l’égard des exportations, surtout les biens d’équipement, a eu pour effet de gêner la production lorsque la demande de l’étranger s’est tarie. En mars, la confiance des entreprises a atteint son plus bas niveau en 26 ans. Les consommateurs ont freiné leurs dépenses dans la nouvelle année à cause de l’augmentation des pertes d’emploi, qui ont poussé le taux de chômage à 7,4 % en février. L’inflation a légèrement monté pour atteindre 1 %.

La production industrielle a régressé en France de 3,1 % en janvier, une sixième diminution consécutive faisant partie de la plus longue contraction continue jamais enregistrée. La production manufacturière s’est repliée de 4,1 % sous l’effet, principalement, des produits électriques, électroniques et liés aux transports. Le secteur de l’automobile a connu une reprise après avoir enregistré des fermetures en décembre. Les nouvelles commandes ont régressé de 7,6 % pendant le mois, ce qui constitue une diminution semblable à celles qu’on avait observées dans les quatre mois précédents. Les dépenses de consommation ont augmenté pour le deuxième mois d’affilée en janvier, malgré la hausse de l’inflation et du chômage.

En Grande-Bretagne, la production industrielle a encore diminué, de 2,4 %, en janvier, malmenée par la faiblesse de la demande intérieure et d’exportation. Les nouvelles commandes ont légèrement augmenté, cependant, sous l’effet d’une remontée des exportations attribuable à la baisse du taux de change. La construction a augmenté pour la première fois en cinq mois en janvier, et les dépenses de consommation ont progressé sous l’effet des diminutions de prix.

L’économie du Japon a continué de se contracter en janvier, la production manufacturière ayant chuté de 10 % pendant le mois pour atteindre un niveau inférieur de 31 % à celui enregistré un an auparavant. Les exportations ont perdu presque 50 % en février, depuis l’année dernière, leur quatrième diminution d’affilée. Les importations ont diminué de 43 % sous l’effet d’une faible demande intérieure et des prix du pétrole réduits. La confiance des entreprises a atteint son plus bas niveau dans la nouvelle année sous l’effet d’une baisse des exportations d’automobiles et de produits de haute technologie. En février, le taux de chômage a atteint son plus haut niveau en trois ans (4,4 %) à cause des pertes d’emploi dans la fabrication.

La production industrielle chinoise a ralenti de 3,8 % d’une année à l’autre en février, son plus faible niveau jamais enregistré. Les projets d’infrastructure ont fait augmenter la demande, les exportations régressant de 26 % en février par rapport à l’année précédente. Les prix à la consommation se sont repliés de 1,6 % dans l’année, même si le coût des aliments avait grimpé en février 2007 à cause des fortes tempêtes de neige.

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